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Mocro Maffia (également orthographié Mocro-maffia), Mocro-oorlog et Mocro War sont les appellations génériques données aux organisations mafieuses marocaines, spécialisées dans le trafic de cocaïne et de drogue de synthèse et basées aux Pays-Bas et en Belgique.

Wikipédia


23/10/2022

Devenue surpuissante, cible des autorités depuis 2012, la « Mocro » est tellement célèbre qu’elle a fait l’objet d’une fiction, une série tournée en 2018 et vue par des milliers de Néerlandais. Son principal dirigeant, Ridouan Taghi, 45 ans, né au Maroc et arrivé aux Pays-Bas à l’âge de 2 ans, a été arrêté en décembre 2021 à Dubaï, d’où il ­contrôlait le trafic de drogue dans les Emirats, avant d’être extradé. Il est actuellement jugé avec 16 de ses complices présumés, dont son bras droit, Saïd Razzouki, ­appréhendé par le FBI en février 2020 en Colombie. Les autres prévenus sont pour la plupart les hommes de main d’une organisation que Taghi a dotée de connexions dans le sud de l’Europe, en Amérique latine et dans divers pays arabes. Il aurait vécu en Iran et en Belgique, où divers clans de la Mocro Maffia ont mis la main sur le gigantesque trafic de cocaïne qui irrigue toute l’Europe à partir du port d’Anvers.

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Faire libérer Ridouan Taghi constitue, selon une source policière, le but de divers projets déjoués au cours des derniers mois. Outre l’enlèvement de personnalités, ces projets incluaient une attaque de l’institution ultra-sécurisée de Vught, dans le sud du pays, une « prison dans la prison » où le chef de la Mocro Maffia est incarcéré. Des membres du groupe criminel auraient également tenté de se procurer l’adresse de gardiens – eux aussi masqués désormais – qui approchent le détenu. Quant à Youssef Taghi, cousin et avocat du dirigeant de la Mocro, il a été arrêté à l’automne 2021 et est soupçonné d’avoir, lors de ses nombreuses visites à Vught, préparé l’évasion de Ridouan Taghi.

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Selon John van den Heuvel, du quotidien De Telegraaf, cela n’empêcherait pas le truand de continuer à communiquer avec l’extérieur. C’est ce journaliste d’investigation, lui-même sous protection policière, qui a été le premier à évoquer les menaces pesant sur la princesse Amalia. Les enquêteurs s’intéressent aussi de près à d’autres avocats de Taghi, qu’ils suspectent de servir de courroie de transmission avec l’extérieur, à moins qu’ils soient eux-mêmes menacés et forcés de collaborer avec leur client. « Nous n’avons pas d’indications suffisantes à cet égard », commente un membre du parquet national. La loi néerlandaise prévoit que tout détenu peut communiquer, par lettre ou par téléphone, avec ses défenseurs, sans contrôle de la justice ou de la police. « La question est désormais de savoir si la justice dispose d’assez de moyens, de possibilités et de courage, analyse Wil Thijssen, du quotidien De Volkskrant. La confidentialité [des échanges] est, bien sûr, solidement ancrée dans la législation mais le procès Marengo a déjà ­amplement prouvé que, parfois, la législation a des défaillances. »

Le criminologue Hans Werdmölder est plus catégorique : Nederland Narcostaat (« Pays-Bas Narco-Etat ») est le titre d’un livre (non traduit) qu’il a publié en février. Il y décrit la « naïveté » d’un pays prisonnier de son pragmatisme, qui a cru a une approche tolérante et à la distinction entre drogues dures et douces. Ses dirigeants, souligne le criminologue, n’ont pas vu qu’ils pavaient la voie à des « bandes criminelles sans conscience » en légalisant, au milieu des années 1970, la vente et la consommation de ­petites quantités de haschisch sans organiser la culture de celui-ci et l’approvisionnement des célèbres coffee-shops (il y en eut jusqu’à 1 500 dans le pays). L’Etat, selon M. Werdmölder, a ainsi laissé le champ libre à des mafias qui se sont très rapidement enrichies, avant que la Mocro se tourne vers les drogues de synthèse, puis vers la cocaïne. Dans le même temps, les moyens de la police restaient insuffisants et Wim van de Donk, commissaire dans le Brabant, résume la situation qui prévaut aujourd’hui : « Nous avons affaire à une autorité publique désorganisée face à une criminalité organisée. »

Le Monde

Merci à MarcelVincent


14/10/2022

Pays-Bas : Après le ministre de la Justice belge, l’héritière du trône et le Premier Ministre néerlandais menacés par la mafia marocaine

La pression s’accroît sur les personnalités néerlandaises, alors que dix-sept membres présumés de la « Mocro Mafia » sont actuellement jugés dans une enceinte ultrasécurisée de la banlieue d’Amsterdam.
La princesse héritière néerlandaise Amalia, 18 ans, a été placée sous haute protection à la suite des menaces d’attentat et d’enlèvement qui ont été proférées à son encontre. Elle a quitté son logement d’Amsterdam pour vivre au palais royal Huis ten Bosch de La Haye et ne sort pour se rendre à l’université que sous forte escorte. Tous les regards se tournent vers la « Mocro Maffia », la mafia néerlandaise de la drogue, qui a aussi menacé récemment le ministre de la justice belge, Vincent Van Quickenborne, évacué vers une maison sécurisée où il a passé plusieurs jours avec sa famille après la révélation d’un possible enlèvement le concernant lui aussi.

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Interrogé jeudi soir, le premier ministre, Mark Rutte, qui serait également ciblé par les criminels, a parlé d’une « terrible nouvelle, très violente, mauvaise pour notre pays ». Le chef du gouvernement a lui-même déjà fait l’objet de menaces à l’automne 2021. Après avoir refusé, il avait dû se résoudre à accepter une protection rapprochée à la suite de rumeurs d’un possible enlèvement ou d’un attentat. D’autres élus, ainsi que des journalistes et des magistrats, avaient également été menacés et protégés. L’assassinat, en juillet 2021, à Amsterdam, du journaliste d’investigation, Peter R. de Vries, très vraisemblablement victime de la Mocro Maffia, a eu l’effet d’un électrochoc. Auparavant, un avocat et le frère du témoin-clé dans un procès intenté contre des barons de la drogue avaient déjà été assassinés.

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Dix-sept membres présumés de la mafia néerlandaise de la drogue sont actuellement jugés dans une enceinte ultrasécurisée de la banlieue d’Amsterdam, dans un climat extrêmement tendu. Le chef de ce groupe ultraviolent, Ridouan Taghi, a réagi, jeudi, par l’intermédiaire de son avocate, aux informations le désignant comme l’instigateur des menaces contre la princesse et le chef du gouvernement. Il a parlé de nouvelles « fausses, infondées, absurdes ».

Le Monde

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