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Sur Internet, sa photo circule souvent, agrémentée de l’expression « violeur de Tinder ». Qu’en pense Salim B., dépeint comme « un monstre » – expression qu’il utilise lui-même ? « Je suis d’accord, seize plaintes contre moi, c’est énorme, c’est vertigineux, c’est effrayant, j’ai été mauvais, ces femmes ont dû se sentir utilisées, mais je n’ai violé personne, j’en suis sûr », se défend-il, seul dans un café du nord de Paris, cet après-midi neigeux d’avril.

Par souci du contradictoire dans cette enquête tentaculaire, il a fallu rencontrer cet homme de 36 ans, qui n’a pas d’avocat, connaît son dossier sur le bout des doigts et estime qu’il y a des fragilités dans plusieurs de ces plaintes. Il consacre des journées entières à faire de la spéléologie dans son ordinateur, explorant toutes les traces numériques pouvant infirmer les nombreuses déclarations de jeunes femmes contre lui, et à faire autant de demandes d’investigations supplémentaires à la justice.

Avec seize parties civiles, Salim B. est mis en examen dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour « viol et agression sexuelle » depuis octobre 2016. Une vieille affaire – du temps de l’apogée de Tinder, d’avant le mouvement #metoo de libération de la parole – « toujours en cours » à l’instruction, selon le parquet de Paris, et toujours pas renvoyée devant une cour d’assises.

D’abord incarcéré à Fleury-Mérogis jusqu’à mi-2019, cet ancien photographe est désormais sous contrôle judiciaire. Il a l’interdiction de réaliser des images de modèle vivant, doit pointer toutes les semaines au commissariat, mais reste libre de se connecter aux applications de rencontres pour séduire d’autres jeunes femmes, et potentiellement réitérer les faits. Pour lui, aller sur les applications semble être un droit, d’autant plus qu’il a déjà « perdu deux ans et huit mois » de sa vie en prison – « Je n’ai fait de mal à personne, je ne vois pas pourquoi je m’amputerais de ma liberté. »

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L’article dans son intégralité sur Le Monde


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