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« A la Libération, t’aurais été tondue » : L’éditrice d’Eric Zemmour vilipendée dans les couloirs d’Albin Michel (MàJ)

07/07/2021

Celle qui éditait, avec succès, les polémistes de la « réacosphère » a décidé, mardi 6 juillet, de quitter Albin Michel. Un départ attendu depuis que la maison d’édition a annoncé, le 29 juin, qu’elle ne publierait pas le prochain Eric Zemmour, son auteur fétiche, potentiel candidat à la présidentielle.

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En octobre 2014, lorsque paraît Le Suicide français, Lise Boëll essuie une fronde menée par le responsable du département Spiritualité, Jean Mouttapa : « Comment peut-il se faire qu’une éditrice, sans aucune compétence historique, engage ainsi toute seule la responsabilité morale de la maison ? », s’indigne ce dernier dans un e-mail qui tourne en interne, déplorant « l’entreprise systématique de réhabilitation du régime de Vichy » du livre de Zemmour.

L’éditrice prend un avocat et menace de l’attaquer en diffamation. Au pot de Noël de 2014, le grand patron, Francis Esménard, 80 ans, petit-fils d’Albin Michel, doit s’excuser publiquement pour faire retomber l’affaire… Qui repart de plus belle en 2016, lorsqu’elle publie Le moment est venu de dire, de Philippe de Villiers. L’éditrice enchaîne les succès de librairie, mais devient une pestiférée : « A la Libération, t’aurais été tondue », lui lançait-on dans les couloirs.

Des procès avec des collaborateurs ont fini d’alimenter une réputation de « tueuse sans états d’âme ». Elle s’isole, organise « une maison dans la maison », avec juriste et service de presse intégré. « Elle n’avait pas le choix, elle savait que tout serait torpillé en interne, elle avait peur des fuites », raconte un éditeur.

Entre deux brûlots politiques, elle publie le docteur Frédéric Saldmann (Le meilleur médicament c’est vous !, 500 000 exemplaires), l’oncologue David Khayat, le présentateur Stéphane Bern, l’essayiste Eric Naulleau… Ses auteurs représentent 12 % à 13 % du chiffre d’affaires de la maison. Chez Albin Michel, beaucoup ont dénoncé un « Etat dans l’Etat », qui demeurait toléré par Francis Esménard et son bras droit, Richard Ducousset.

Le Monde


Dans un entretien accordé à Livres Hebdo, le secrétaire général [NDFDS: d’Albin Michel, Gilles Haeri] l’affirme : il n’avait pas lu une ligne de l’ouvrage que Zemmour s’apprêtait à publier. Comment donc affirmer que l’essayiste s’engageait, à travers l’ouvrage, dans un combat idéologique « qui ne correspond tout simplement pas à la ligne éditoriale d’une grande maison généraliste comme Albin Michel », ainsi qu’il l’avait assuré dans une première communication ? Les choses deviennent troubles. Et plus trouble encore, une assertion démentie par le polémiste Zemmour : « Éric Zemmour dément formellement avoir dit à Gilles Haeri qu’il était candidat à l’élection présidentielle de 2022. »

Selon nos informations, l’ouvrage n’aurait non seulement rien à voir avec un manifeste politique, mais plus encore, il aurait été signé voilà cinq ans — et son écriture commencée bien avant Destin français. 

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Dans tous les cas, l’avocat de Zemmour est formel : « En aucun cas, fort heureusement, un éditeur qui s’est librement engagé ne peut rompre unilatéralement le contrat qu’il a choisi de signer. Si la loi permettait d’agir de la sorte, tous les auteurs de la place seraient en péril. »

Pour sa part, Gilles Haéri assurait à Livres Hebdo : « Que ceux qui craignent qu’Albin ne cède aux diktats de la bien-pensance se rassurent. Nous avons la chance d’être une maison indépendante, et nous resterons fidèles à notre tradition de liberté de penser et d’irrévérence à l’égard de tous les pouvoirs. »

Actualitté

29/06/21


Albin Michel avait publié cinq ouvrages d’Eric Zemmour, dont « Le suicide français ». Dans un communiqué cité par l’AFP, les éditions confirment qu’elles ne publieront pas son prochain livre. Leur président, Gilles Haéri, s’explique :

« Nous avons eu un échange très franc avec Eric Zemmour, qui m’a récemment confirmé son intention de s’engager dans la présidentielle et de faire de son prochain livre un élément clé de sa candidature. »

« Eric Zemmour a décidé de changer de statut, il veut devenir un homme politique, engagé dans un combat idéologique personnel, qui ne correspond tout simplement pas à la ligne éditoriale d’une grande maison généraliste comme Albin Michel », a-t-il ajouté.Eric Zemmour et la nouvelle pensée unique

« Albin Michel a eu raison de publier ses précédents livres, car ils étaient ceux d’un journaliste essayiste […] Nous souhaitons bien sûr qu’il puisse être publié, mais il doit l’être par une maison prête à le soutenir dans cette démarche politique assumée », a estimé Gilles Haéri.

Selon « le Point », Zemmour pourrait trouver un éditeur au sein du groupe Editis, qui a le même actionnaire principal que la chaîne CNews, Vivendi.

Pas de décompte de son temps de parole

Les velléités présidentielles d’Eric Zemmour, qu’il n’a jamais explicitement verbalisées, devraient également lui coûter sa place de chroniqueur au « Figaro » si elles se concrétisent : la SDR (société des rédacteurs) du quotidien a récemment fait savoir qu’il devrait quitter son poste en cas de candidature.

(…) L’Obs

28/06/21

L’écrivain devait sortir son prochain ouvrage à l’automne, mais devra se trouver un nouvel éditeur.

« Je suis un peu perturbé », a reconnu Eric Zemmour sur CNews, sans cependant s’étendre sur le sujet. Sur Twitter, les admirateurs de l’écrivain ont rapidement dénoncé une « censure », certains appelant au boycott de l’éditeur. D’autres dénoncent une étrange coïncidence, quelques semaines après qu’Eric Zemmour a évoqué la possibilité de se lancer dans l’arène politique.

En août dernier, l’éditeur, interrogé par Valeurs Actuelles, semblait pourtant ravi de cette nouvelle collaboration et de la teneur de l’ouvrage : « Ce sera un ouvrage extrêmement puissant, je n’ai pas peur d’affirmer qu’il connaîtra le même succès d’édition que le Suicide français », disait alors Lise Boëll, directrice éditoriale « non-fiction » d’Albin Michel.

Valeurs



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