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12/05/2020

L’entourage de Tariq Ramadan a-t-il cherché à se procurer des informations personnelles sur l’une de ses victimes présumées ? L’islamologue doit être convoqué le 24 juin devant le tribunal correctionnel pour avoir dévoilé à 84 reprises dans son dernier livre l’identité de P-E A., connue sous le prénom d’emprunt « Christelle ». Celle-ci l’accuse d’avoir abusé sexuellement d’elle dans un hôtel de Lyon en 2009 avant une conférence du prédicateur suisse. Tariq Ramadan est toujours mis en examen pour ces faits allégués.

Or, nous sommes en mesure de révéler que début mars 2018, des demandes relatives à l’identité de cette quadragénaire ont été commandées sur le Darknet, le versant caché d’internet. Dans un procès-verbal daté du 11 septembre 2018 que nous avons pu consulter, il apparaît que « Haurus », policier du renseignement tombé en disgrâce pour avoir vendu des informations sensibles, a effectué une série de recherches dans les fichiers de police pour identifier P-E A. Ceci à la demande d’un mystérieux internaute. L’agent a depuis été mis en examen pour ce commerce occulte qu’il menait en parallèle de ses activités antiterroristes. Tout comme certains de ses clients aux profils très variés : détective privé, faussaire, voyou marseillais…

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« Bidule 7575 » déclare ce jour-là au policier ripou que des gros clients à lui sont prêts à payer pour savoir qui est la plaignante de Tariq Ramadan nommée « Christelle ». C’est sous ce prénom d’emprunt que la quadragénaire a témoigné dans les médias. L’intermédiaire demande son identification ainsi que des éléments de sa vie privée. Rien de difficile pour Haurus qui, en tant qu’enquêteur judiciaire, a accès à de nombreux fichiers de police.

Il effectue alors « une recherche inversée » pour remonter à P-E A. Le 7 mars, à 8h53, il tape d’abord le nom de Tariq Ramadan dans le fichier de police « Cristina », destiné au renseignement intérieur. Puis il consulte à 9h05 le « Traitement d’antécédents judiciaires » (Taj), recensant les mis en cause dans les affaires pénales. Sur la fiche de Tariq Ramadan qui synthétise la procédure qui lui vaut d’être mis en examen, les noms de ses deux victimes présumées figurent : Henda Ayari, la première à avoir porté plainte contre l’islamologue, et dont le nom est public, et une autre dénommée P-E A. Par déduction, il ne peut s’agir que de Christelle.

Une fois le nom obtenu, Haurus consulte le méga fichier d’identité TES (titres électroniques sécurisés), qui recense les données personnelles des citoyens. L’agent a ainsi accès au passeport de la plaignante mais aussi à « tous les documents présentés à l’administration pour obtenir la pièce d’identité » comme le mentionne le PV : facture EDF, photographie, copie de la carte d’identité, mais aussi formulaire CERFA comportant filiation, adresse, numéro de téléphone, e-mail… Dès le soir même, Haurus informe « Bidule 7575 » qu’il a récupéré les précieuses informations. Mais l’intermédiaire fait traîner en longueur le paiement de la commande, payable « avant livraison ». Il rencontre visiblement des difficultés pour se faire rémunérer par ses clients.

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Le Parisien


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