Fin octobre 2017, les faits avaient suscité émoi et récupération politique : un Érythréen de 22 ans était suspecté d’avoir violé une Calaisienne à Calais-Nord, près de la plage. L’homme, Felomon Agby, a été reconnu coupable de ce viol, et de l’avoir commis sous la menace d’un couteau. Récit d’audience.
De l’aveu même de ses avocats, la question de sa culpabilité ne ferait pas de doute auprès du jury. Ce vendredi, la cour d’assises du Pas-de-Calais, à Saint-Omer, a condamné Felomon Agby, Érythréen de 24 ans, à 14 ans de prison pour viol aggravé sur une Calaisienne, le 30 octobre 2017, sous la menace d’un couteau. L’avocate générale avait requis 15 ans de réclusion criminelle, qualifiant les faits de « mauvais scénario d’un film d’horreur », et l’accusé de « prédateur », tout en insistant : « Vous n’aurez pas à juger une problématique migratoire, mais un homme ».
La cour a en outre prononcé une interdiction définitive du territoire français à l’encontre de Felomon Agby, au terme de sa peine. Il devra aussi verser 20 000 € à la victime, en réparation du préjudice subi. Une victime qui, envahie par l’émotion, a pleuré à l’énoncé du verdict.
(…) Sevin Kasay et Florent Fache, avocats de l’accusé, estiment que le verdict de la cour d’assises est « très sévère ».
« Son comportement a joué contre lui. Mais on est loin de la jurisprudence habituelle dans ce genre d’affaire. N’est-ce pas dû à son statut de migrant ? », commente la première. « Le jugement reflète le fait que les faits font peur, et que les gens peuvent s’y identifier. Il dénote aussi un manque de recul évident sur ce qui s’est vraiment passé, et sur la personnalité de l’accusé », ajoute le second. Les deux juristes vont conseiller à leur client de faire appel.