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Aux Etats-Unis, le film « Intouchables » est jugé « raciste et choquant »

10/06

Alors que le New York Times s’intéresse au film-phénomène cette semaine, le très sérieux Variety évoque un film raciste et choquant, bourré de stéréotypes.

« Quand il est sorti le mois dernier, « Intouchables » semblait n’être qu’une comédie française banale, un peu simplette, un film à petit budget porté par des acteurs peu connus en dehors des frontières françaises », explique le New York Times dans un article publié hier et consacré au film phénomène « Intouchables« , qui a déjà attiré plus de 12 millions de spectateurs dans les salles obscures de l’Hexagone en cinq semaines à peine.

Mais aux Etats-Unis, c’est un autre problème qui est soulevé notamment par Variety, une institution outre-Atlantique, qui a vu le film à la rentrée dernière et dont les propos sont repris dans l’article du New York Times. Pour le critique de Variety , « Intouchables » est tout simplement raciste. « Bien qu’ils ne soient pas connus pour leur subtilité, les co-réalisateurs et co-scénaristes Eric Toledano et Olivier Nakache n’ont jamais produit un film aussi choquant que « Intouchables », qui met en avant un racisme digne de l’Oncle Tom qui a, on l’espère, définitivement disparu des écrans américains », commence ainsi la critique.

C’est le personnage de Driss, campé par Omar Sy, qui est l’objet de toutes les attaques de Variety. « Driss n’est traité que comme le singe d’un spectacle de cirque, avec toutes les associations racistes de ce terme, expliquant au blanc coincé comment s’amuser en remplaçant Vivaldi par « Boogie Wonderland » et lui montrant comment bouger sur le dancefloor », note ainsi le magazine spécialisé, qui applaudit la performance et le talent d’Omar Sy mais regrette que le rôle soit si stéréotypé.

« On est mal à l’aise de voir Omar Sy, un acteur charismatique et joyeux, dans un rôle qui n’est pas bien loin du cliché de l’esclave d’antan, qui amuse son maître tout en représentant tous les stéréotypes de classe et de race », poursuit le magazine, qui a du mal à imaginer comment un remake américain pourra rester fidèle au film français. « La Weinstein Company, qui a acquis les droits pour un remake américain, va devoir procéder à une réécriture en profondeur pour rendre acceptable cette comédie qui met le spectateur mal à l’aise ».

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