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Jérôme Sainte-Marie : «Macron a compris que la réconciliation entre libéralismes économique et culturel donnerait une base électorale suffisante pour l’emporter»

11/11

Dans son nouveau livre, « Bloc contre bloc-La dynamique du macronisme », le politologue Jérôme Sainte-Marie décrit une bataille entre deux blocs : un bloc élitaire et un bloc populaire. Pour lui, le macronisme est un phénomène politique durable qui entraîne «une mise sous tension de la société française et une entrée dans une ère de conflit».

Le macronisme correspond à une réunification de la bourgeoisie au service d’un programme commun aux libéraux de gauche et de droite afin de modifier à son avantage les règles du jeu social.

Macron a compris le pouvoir unificateur de l’idéologie et l’arme qu’elle constitue pour la conquête des institutions politiques, d’autant plus que le public auquel il s’adresse en priorité, de gauche ou de droite, est celui qui exerce les fonctions de direction et d’influence à tous les niveaux de la société.

Certes, Emmanuel Macron rassemble une bonne partie de l’élite française, mais pour avoir un poids électoral décisif il a dû rallier les cadres et les retraités.

Pour Sainte-Marie, la société française se polarise autour de deux blocs, l’un populaire, l’autre élitaire. Si la dernière élection présidentielle a pulvérisé le traditionnel clivage droite-gauche, ce n’est pas par accident ; ce scrutin structurant a donné naissance à un nouveau chapitre de notre histoire politique. […]

Jusqu’en 2012, ce qui faisait voter à gauche était souvent le fait d’avoir un bon niveau de diplôme et des revenus modestes, et pour la droite, grosso modo, c’était l’inverse. Aujourd’hui, on se retrouve dans le contexte du référendum de 2005 : il y a, d’une part, les gens qui cumulent tous les atouts, patrimoniaux, intellectuels, et sont optimistes ; et de l’autre, ceux qui n’ont rien et cultivent une vision plus négative de l’existence. Ce qui donne une structuration de l’espace politique en deux pôles. Il y a d’un côté, le bloc élitaire, de l’autre, le bloc populaire. Comme dans la rue, où l’on a, d’une part, le monde de la réussite, et de l’autre, celui des Gilets jaunes, opposition qui apparaissait de manière criante lors des manifestations sur les Champs-Élysées début décembre 2018. […]

Vous accréditez donc la lecture macronienne d’un affrontement bloc contre bloc, opposant l’actuel chef de l’État à Marine Le Pen ?

Absolument. Emmanuel Macron a très bien perçu ceci avant même son élection. Il l’exprime fort clairement dans son meeting fondateur du 12 juillet 2016 à La Mutualité à Paris alors qu’il était encore ministre. Il y soulignait que la réconciliation entre libéralismes économique et culturel donnerait une base électorale suffisante pour l’emporter. Une situation qui présente l’avantage de ne pas avoir à faire des arrangements, c’est-à-dire des compromis sociaux tels que devaient toujours les opérer les représentants de la gauche ou de la droite de gouvernement avec la composante la plus populaire de leur électorat de second tour. […]

Le Point

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