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Canada : il écrase mortellement un cycliste et invoque le racisme de la police pour se justifier d’avoir détruit les preuves. Il échappe à la prison

20/04

Un paysagiste d’Ottawa qui avait couvert ses traces et s’était caché de la police après son délit de fuite mortel a été épargné par la juge qui a accepté son explication selon laquelle la peur de se rendre était accrue par le fait d’être un « homme de couleur » qui a peur des policiers racistes.

En 2015, Andy Nevin, 39 ans, roulait le long du chemin Leitrim lorsque la camionnette de Deinsberg St-Hilaire l’a percuté. St-Hilaire avait été reconnu non coupable de conduite dangereuse ayant causé la mort en 2018, mais avait plaidé coupable d’entrave à la justice.

Au cours de son procès, le tribunal a appris que M. St-Hilaire s’était donné beaucoup de mal pour cacher son implication dans la mort de Nevin.

La peine maximale pour entrave à la justice est de deux ans d’emprisonnement, mais la juge Catherine Aitken, de la Cour supérieure de l’Ontario, a plutôt condamné St-Hilaire à 100 heures de travaux d’intérêt général. Dans la condamnation à l’emprisonnement avec sursis, rendue mercredi, la juge a également imposé à St-Hilaire un couvre-feu de 22 h pour un an, à moins qu’il ne neige. (Pour s’adapter à son travail sur chasse-neige l’hiver.)

La juge a fait remarquer que la crainte de M. St-Hilaire à l’égard de la police raciste était liée à des contrôles routiers antérieurs pour lesquels il a dit avoir été traité injustement.

Bien que la police d’Ottawa ne commente habituellement pas les décisions de justice, le chef Charles Bordeleau a fait une inhabituelle déclaration mercredi : « Il est malheureux que ces commentaires mirent en doute le professionnalisme de nos membres durant cette enquête difficile. »
[…]

St-Hilaire n’a jamais arrêté son véhicule après avoir heurté Nevin, qui a été balancé à quelque 18 mètres de son vélo et laissé dans le fossé où il a fini par mourir seul le 28 juin 2015. Le juge a accepté l’histoire de M. St-Hilaire pendant le procès selon laquelle il s’était endormi au volant avant d’être réveillé par un grand bruit. Il a continué à conduire en vérifiant le rétroviseur et n’a rien vu d’anormal.

Il faisait du 80 kilomètres à l’heure dans une zone à 50 kilomètres à l’heure. Il était 5h55 du matin et il revenait d’un mariage après la fête. Il a témoigné qu’il n’avait bu qu’un verre de vin toute la nuit. C’était le mariage de son frère et il était témoin. St-Hilaire a pris le volant d’une camionnette Ford F-250 après avoir été debout pendant 22 heures.
[…]

Et lorsque la juge a annoncé mercredi qu’elle épargnera la peine de prison à St-Hilaire, Kerry Nevin, le père d’Andy, a quitté le tribunal par dégoût. Il a dit que son fils méritait mieux.

« Il n’y a pas de justice pour Andy. Je comprends l’autodéfense de nos jours parce que le système judiciaire ne fonctionne pas. Tout ce procès a été de la folie. C’est de la folie depuis le début, dit-il.
[…]

La famille Nevin en deuil a dit que la juge avait passé trop de temps à peindre un portrait sympathique de l’homme qui avait tué leur fils, au lieu de parler de sa victime. Le juge a mis l’accent sur le fait que M. St-Hilaire s’était rendu à l’église et avait été victime de racisme et d’intimidation dans la cour d’école parce qu’il était un immigrant noir pauvre.

Ottawa Citizen

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