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De jeunes Guinéens se réfugient en France pour échapper à des « jalousies familiales »

17/04

A leur arrivée en France, de nombreux jeunes Guinéens expliquent que l’une des causes de leur départ étaient les problèmes familiaux. C’est le cas de Mouminy, victime de discrimination au sein de sa propre famille. Aujourd’hui âgé de 22 ans, de retour au pays après avoir été expulsé par la France, il avait quitté la Guinée alors qu’il n’avait que 16 ans. InfoMigrants l’a rencontré à Conakry.

Mouminy vit entre deux mondes. Pour ses collègues de l’hôtel de Conakry où il travaille depuis quelques mois, ce jeune homme de 22 ans, après cinq ans passés en France est devenu « un blanc, un Français ». L’État français l’a expulsé en décembre 2018.
Chez les Peuls de Guinée, le prénom Mouminy est donné aux petits garçons qui n’ont pas connu leur père. C’est justement son cas. Il n’a que trois ans quand il est confié à un oncle, selon la tradition en Guinée. Sa mère n’a pas eu son mot à dire.
Mouminy s’est installé dans la maison cossue de cet oncle et de ses quatre femmes dans le quartier de Kissosso, à Conakry. La vie y est dure mais l’enfant n’a pas conscience de la situation. C’est en grandissant que Mouminy constate une différence de traitement entre lui et les autres enfants de la maison : « J’avais beaucoup de corvées à faire contrairement aux autres, je ne dormais pas dans la maison avec tout le monde mais dans une annexe et à chaque fois qu’il y avait un vol dans la maison, c’est moi que les femmes de mon oncle accusaient », confie-t-il à InfoMigrants.
Les choses s’enveniment quand Mouminy se révèle être un bon élève en classe. « Comme je réussissais mieux à l’école que leurs enfants, certaines des femmes de mon oncle pensaient que j’étais un sorcier ou quelque chose comme ça », explique le jeune homme.
Un marabout convainc l’oncle que Mouminy est à l’origine de tous ses malheurs. Le jeune homme craint de finir en prison aux prochains méfaits dont on l’accusera.
Sept ans après le décès de son père, la mère de Mouminy meurt à son tour. Sa perte finit de le convaincre que sa place est ailleurs. « A ce moment là, je me suis dit que plus rien ne me retenait en Guinée. »
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Très courant en Guinée, le « confiage » des enfants à des oncles lors du décès de leurs parents pose parfois problème. Au sein des familles polygames, la jalousie s’installe vite lorsqu’un enfant semble avoir plus de succès que les autres.
Selon l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides), parmi les mineurs non-accompagnés arrivés en France en 2018, les Guinéens étaient la nationalité la plus représentée. Beaucoup assurent à leur arrivée que ce sont des problèmes familiaux qui ont motivé leur départ.

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Info Migrants

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