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L’extrême droite censurée par les médias en Belgique ? Ce que prévoit vraiment le cordon sanitaire

17/04

ANALYSE J-39 avant les prochaines élections régionales, fédérales et européennes. D’ici le 26 mai, les traditionnels débats et autres interviews en direct vont se multiplier dans les médias d’information. Mais certains partis et personnalités politiques seront absents de ces dispositifs en raison du cordon sanitaire médiatique, effectif en Belgique francophone depuis près de 30 ans. Une pratique souvent assimilée au boycott, à la censure et à une atteinte à la liberté d’expression. À raison? Comment s’applique-t-il concrètement? Pourquoi a-t-il été instauré? Qui est concerné?

Le cordon sanitaire, c’est quoi?

« Il n’est pas question de ne pas donner la parole aux partis d’extrême droite. Il convient de ne pas les laisser s’exprimer en direct » Jean Faniel, directeur général du CRISP

Le cordon sanitaire est d’abord politique. Au début des années 90, plusieurs partis flamands prennent l’engagement ferme de ne pas gouverner avec le Vlaams Blok et de ne pas faire passer des propositions de lois ou de décrets qui nécessitent l’appui de ce parti.

« Il est formalisé en Flandre, puis repris par les familles politiques francophones. Cela va ensuite plus loin au sud du pays où il est décidé d’établir un cordon sanitaire médiatique. L’idée est claire, il ne faut pas donner de liberté aux ennemis de la liberté », commente Jean Faniel, directeur général du CRISP (NDLR: centre de recherche et d’information socio-politique).

Concrètement, les partis jugés antidémocratiques, xénophobes ou racistes, qui véhiculent un discours de haine ne peuvent jouir d’une libre antenne. « Il n’est pas question de ne pas donner la parole aux partis d’extrême droite. Ce dont il est question, c’est de ne pas les laisser s’exprimer en direct », poursuit le docteur en sciences politiques.

« Les médias s’attellent à ce que des propos délictueux, racistes ou négationistes ne soient pas tenus sur leur antennes afin de ne pas être associés au délit. L’approche se veut très juridique à l’origine », avance Marc de Haan, président de l’Association pour l’autorégulation de la déontologie journalistique.

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