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La «remigration», un concept qui essaime au-delà des identitaires (Libé)

12/04

La candidature de Renaud Camus aux élections européennes risque de populariser encore ce concept clé de la pensée identitaire, désignant le retour massif et forcé d’immigrés dans leurs pays d’origine.

Tribune. Le 9 avril, Renaud Camus, penseur de la théorie complotiste du «grand remplacement», a annoncé sa candidature aux élections européennes. Outre ses écrits sur le «grand remplacement», Camus a consacré ces dernières années à promouvoir l’idée de «remigration» comme remède à «l’immigration de masse» et «l’islamisation» qui séviraient en France.

Concept clé de la pensée identitaire française, la remigration est un nouvel euphémisme pour un phénomène ancien, à savoir le déplacement forcé de populations entières. Cette notion fait partie intégrante du projet idéologique de la mouvance identitaire et figure en bonne place dans sa littérature, comme en témoignent des titres tels que 30 mesures pour une politique d’identité et de remigration (éd. IDées, 2017). Jusqu’à récemment confiné dans les cercles fermés des colloques de cette mouvance, ce concept commence néanmoins à faire son chemin plus largement dans la fachosphère et même plus largement dans le discours politique français. […]

Les figures de l’extrême droite française hésitent encore à employer l’expression de «remigration». Mais ils n’ont pas les mêmes précautions quand il s’agit d’évoquer le «grand remplacement» (et ses diverses variantes), qui participe pourtant d’une même vision victimiste du monde où les populations blanches européennes seraient menacées par l’arrivée de populations d’ethnicité différente, laquelle contient en germe la possibilité d’appels à des solutions radicales. Il y a quelques jours, Marion Maréchal déclarait dans l’hebdomadaire britannique The Economist que la théorie du «grand remplacement» «n’est pas absurde», tandis que Jordan Bardella, tête de liste RN aux élections européennes, évoquait une «substitution» des populations locales dans les banlieues. […]

Plus de vingt ans après les massacres de Srebrenica, nous devons redoubler de vigilance face à la résurgence et à la normalisation insidieuse de rhétoriques extrémistes aux implications d’épuration ethnique en Europe, pour témoigner de cette rhétorique et de son potentiel de polarisation.

Libération

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