«Minorités majoritaires»

Addendum vidéo : Extrait du film « Président par accident » (2003)

(…) Pour les démographes attentifs à l’évolution de la population des Etats-Unis dans ses différentes strates, la nouvelle n’a rien de surprenant. Mais pour tous les autres, elle fait au moins sursauter, à défaut de provoquer un choc psychologique. Les bébés blancs dans les maternités américaines sont descendus de la barre des 50%, a révélé le Bureau du recensement dans des statistiques qu’il a publiées et qui portent sur une période de 15 mois d’avril 2010 à juillet 2011.

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Belgique. Philippe Moureaux (PS) : «Il n’y a pas de vote ethnique»

Philippe Moureaux (PS) est revenu sur la victoire de la N-VA en Flandre. Il estime qu’«il ne faut pas minimiser» ce qui s’est passé.

Il n’y a pas de vote ethnique (…) Il y en a eu naguère un peu. Maintenant, c’est totalement fini.

«C’est l’alerte rouge» , dit-il, car pour le bourgmestre sortant de Molenbeek, «la Belgique est vraiment menacée dans sa solidarité sur le plan social».

Concernant Saint-Josse, Philippe Moureaux s’est dit «choqué» par les propos tenus par le bourgmestre socialiste sortant de la commune qui a déclaré, en d’autres mots, sur nos antennes que si Emir Kir a remporté plus de voix préférentielles que lui c’est grâce aux votes ethniques.

«Je regrette ces paroles. Moi, je fais quasi 6000 voix à Molenbeek dont une grande partie vient…heu…de toute la population, y compris la population étrangère. Je pense qu’il faut pouvoir simplement avoir une attitude qui vous rapproche de ces populations», a-t-il dit.

Et d’ajouter : «Cela me choque car cela distille un discours qui pourrait aller jusqu’au rejet de l’autre». Avant de conclure : «[…] Il y a des candidats d’origine étrangère, comme on les appelle mais qui sont des Belges comme les autres , qui entre eux, ont une sorte de match donc tout cela fait partie des rêves ou des cauchemars de certains».

RTBF

Libération : Hollande élu grâce aux minorités ethniques

Une courte victoire démographique

Par Laurent Chalard, géographe, European Centre for International Affairs

François Hollande a été élu président à une courte majorité, avec un score de 51,6%. Ce résultat s’explique en partie par un facteur oublié des analystes politiques, la démographie, au rôle pourtant majeur, en France comme aux Etats-Unis. Le corps électoral évolue en fonction de la croissance démographique. [...]

Du fait des naturalisations (plus de 100 000 par an) et d’une hausse naturelle sensiblement supérieure aux populations d’ascendance européenne, leur part dans l’électorat s’accroît, faisant plus que compenser le vieillissement de la population, ce que n’ont pas su voir les dirigeants de droite, leur stratégie reposant sur l’espoir que cette population s’abstiendrait.

Sans le vote des immigrés extra-européens naturalisés et de leurs enfants et petits-enfants nés français (leur pourcentage dans l’électorat est impossible à déterminer), le candidat socialiste aurait été difficilement élu président, étant donné le vieillissement de la population.

[...] Il s’est produit à l’occasion de l’élection présidentielle de 2012, le même phénomène qu’à celle de 2008 aux Etats-Unis, où Barack Obama a été élu grâce à l’apport des minorités ethniques, alors qu’il était minoritaire dans la catégorie «blanc non hispanique». François Hollande devra tenir compte de l’espoir qu’il porte pour cette jeunesse d’origine extra-européenne qui a des réelles difficultés d’insertion dans le pays, au risque sinon de la faire définitivement basculer dans le communautarisme, processus déjà engagé, mais encore potentiellement réversible. Quant à la droite, elle devra prendre en compte l’existence de cette population, appelée à croître dans l’électorat, si elle souhaite reconquérir le pouvoir. La stratégie de droitisation de son discours et d’éventuelle alliance avec l’extrême droite est donc suicidaire à long terme.

Libération

(merci à Artichaud)

93% des musulmans ont voté pour François Hollande

Une étude réalisée par l’institut de sondages OpinionWay le jour du deuxième tour révèle une adhésion massive des musulmans au parti socialiste. Elle témoigne d’un rejet du sarkozysme mais pas de toutes les valeurs de la droite, notamment sur les questions sociétales comme l’homosexualité.

Les musulmans réclamaient le changement, et ils l’ont eu. Selon une étude du corps électoral menée par OpinionWay et Fiducial le 6 mai pour Le Figaro sur 10 000 votants, 93% des pratiquants ont glissé un bulletin « François Hollande » dans leur enveloppe. Seuls 7% d’entre eux ont voté pour Nicolas Sarkozy.

Le candidat socialiste est plébicité depuis le début de la campagne par cette partie de la population, qui représente environ 2 millions d’électeurs selon l’institut de sondages.

Déjà au premier tour, la même étude avait montré que 59% d’entre eux avaient voté pour lui. Les deuxième et troisième places revenaient au candidat du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon (23%) et au centriste François Bayrou (7%). Le président sortant, lui, arrivait quatrième, avec seulement 4% des suffrages.

Il est même un point qui les oppose totalement à la gauche et qui les rapproche du vote catholique : la libéralisation des moeurs. « C’est un électorat très conservateur, qui rejette en bloc l’homosexualité par exemple ».

La Vie