Turquie, l’antichambre de l’immigration clandestine

Le nombre de migrants vers l’Union européenne est de plus en plus important. Près de 43 000 clandestins ont été interceptés sur le sol européen au troisième trimestre 2013. C’est deux fois plus que l’année précédente sur la même période.

De plus en plus, les migrants africains abandonnent la route méditerranéenne pour passer par la Turquie. En attendant de rejoindre l’Europe, les migrants vivent ou plutôt survivent dans des conditions terribles, entre travail au noir et marchands de sommeil.

Émission audio à écouter sur RFI

Immigration : l’Europe (aussi) construit des murs

Il n’y a pas que les Etats-Unis qui construisent des murs : pour empêcher le passage des migrants clandestins, l’Espagne ou la Grèce le font aussi.

Des grillages et des barbelés pour empêcher des migrants d’entrer : l’image évoque la barrière de séparation entre les Etats-Unis et le Mexique. Mais l’Europe aussi a ses barrières, plus ou moins poreuses, comme dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Tour d’horizon de ces murs, barrières et grillages, construits ou en projet.

Les deux enclaves espagnoles au Maroc (Ceuta et Melilla.) ont fait les gros titres des médias en 2005, quand une dizaine de migrants ont perdu la vie en tentant de traverser cette frontière vers l’Union européenne. L’Espagne a ensuite décidé de renforcer sa frontière, composée de trois grillages encerclant les deux villes. Depuis le début de l’année, la pression s’accentue sur Ceuta et Melilla. Mardi matin, quelque 500 migrants ont ainsi pénétré dans l’enclave de Melilla. En réaction, le gouvernement a annoncé un nouveau renforcement des barrières pour tenter de décourager les clandestins.

A l’est aussi, l’Europe se barricade : en 2012, le gouvernement grec a lancé la construction du mur d’Evros, à la frontière avec la Turquie, alors l’un des points de passage les plus prisés des migrants. La barrière de fils barbelés court le long de ces 10.600 mètres qui séparent Nea Vyssa, en Grèce, d’Edirne, en Turquie. Montant de la facture : 3,2 millions d’euros, selon The Guardian.

Bientôt en Bulgarie. A l’automne 2013, c’est la Bulgarie qui a, à son tour, annoncé un projet de barrière à la frontière avec la Turquie. Le but ? Faire face à l’afflux grandissant de réfugiés syriens. Haute de trois mètres, cette clôture couvrira 30 des 259 kilomètres de frontière entre la Turquie et la Bulgarie, précise Le Monde. Le projet doit être terminé au printemps. Au total, la facture s’élève à 5 millions d’euros pour Sofia, qui ne bénéficie d’aucune aide de Bruxelles.

Europe 1

Belgique : A l’occasion des 50 ans de l’immigration marocaine et turque, la RTBF … (vidéo)

A l’occasion des 50 ans de l’immigration marocaine et turque, la RTBF a prévu, tout au long de la saison et sur l’ensemble de ses antennes, une programmation aux couleurs de la diversité.

Clip de promotion :

Votre histoire, c’est notre histoire – Laurent Dehossay, journaliste RTBF


réalisation: Sofiane Hamzaoui

La RTBF souhaite rendre hommage à toutes les immigrations; à tous ceux qui, venus du Maroc, de Turquie ou d’ailleurs ont quitté leur terre, leur culture et leurs habitudes pour se retrouver dans un univers inconnu, avec le lot de surprises et d’inattendus qu’apportent nécessairement ce genre d’expérience.

Ces petites histoires, ces petites anecdotes tendres ou drôles, qui font le sel de la vie et que l’on se raconte au coin du feu ou autour d’un bon repas, qui se transmettent de génération en génération et qui font partie de la grande Histoire de la Belgique, la RTBF veut les mettre en valeur sur ses antennes en radio, en télé, sur le web et les reseaux sociaux.

 » Chacun a une histoire. Vous aussi vos parents sont venus du Maroc ou d’ailleurs, il y a 50 ans, vous avez une grand-mère extraordinaire ; une anecdote, un souvenir à raconter, nous attendons vos vidéos, vos photos, vos témoignages écrits, pour nous les faire découvrir. Car votre historie, c’est notre histoire « .

La playlist de « 50 ans d’immigration » :

  • Nabil Ben Yadir et sa maman
  • Mohamed Mesbani et Walter
  • Foyer des jeunes de Molenbeek: M’rabet Bachir
  • Ugur Caliskan
  • Alain Berenboom

«Les chrétiens du Moyen-Orient vivent leur période de déclin la plus spectaculaire, et c’est irréversible»

Selon le président de la Fondation syriaque-orthodoxe d’Istanbul, Sait Susin, plus de 5 000 d’entre eux sont arrivés en Turquie puis, de là, sont partis en Europe. Un exemples parmi d’autre de la fuite des communautés chrétiennes du Moyen-Orient.

Louis Bandak a pris la décision de partir au printemps 2013, lorsque des combattants étrangers ont contrôlé ses papiers et l’ont accusé de collaboration avec l’État sur la seule foi de son nom à consonance non musulmane.

L’église et le couvent des capucins de Deir Ezzor en Syrie, détruits le 15 avril 2013 (Photo: leveilleurdeninive.com)

Quand Louis Bandak a fui les violences en Syrie, il a trouvé refuge dans le pays que son grand-père avait dû abandonner il y a 90 ans presque jour pour jour. Louis Bandak et sa famille ont rejoint la cohorte, de plus en plus grande, de ces chrétiens qui ont traversé la frontière au Nord pour rejoindre la Turquie et laisser derrière eux une guerre qui a déjà fait plus de 140 000 victimes. «Même si je n’y étais jamais allé, je ne m’y sens pas étranger. Ici aussi, c’est chez moi», affirme-t-il à l’entrée du monastère Mor Abrohom, un vestige du Ve siècle, à une cinquantaine de kilomètres au nord du dernier village syrien. […]

S’ils ont quitté leur maison, c’est en partie parce que la communauté chrétienne, considérée comme un soutien du pouvoir de Bachar el-Assad, s’est sentie menacée par la rébellion. Les chrétiens, qui représentaient environ 10 % de la population du pays avant le conflit, se sont pourtant tenus à l’écart des affrontements entre des rebelles souvent sunnites, d’un côté et, de l’autre, Bachar el-Assad, qui appartient au clan alaouite, et ses alliés chiites. «Les chrétiens sont pris pour cible parce qu’ils sont vus comme des alliés d’Assad, mais aussi parce qu’ils représentent une cible naturelle pour les fondamentalistes», explique l’historien William Dalrymple, spécialiste des communautés chrétiennes du Moyen-Orient.

Jusqu’au déclenchement du conflit, la Syrie était un havre de paix relatif pour les chrétiens à l’image de ce que pouvait être l’ensemble du Moyen-Orient, plus tolérant il y a 50 ans, selon William Dalrymple. «Les chrétiens du Moyen-Orient vivent leur période de déclin la plus spectaculaire, et c’est irréversible », ajoute-t-il, en soulignant que l’Irak a perdu près de 70 % de sa population chrétienne depuis l’intervention américaine en 2003. […]

L’Orient Le Jour (Merci à antibarbare)

Turquie: le président Gül valide la loi de censure du Net

Le niveau de contrôle des télécommunications en Turquie a atteint celui des Etats les plus autoritaires. Dans ce pays aux 33 millions de comptes Facebook, la nouvelle loi renforçant très fortement le contrôle d’Internet a été aprouvée par le président turc Abdullah Gül sous la pression d’Erdogan.

Pour apaiser les esprits, le président a promis d’amender l’article de loi qui pose le plus de problème. Celui qui pose que l’Autorité des télécommunications (TIB) turque a désormais le pouvoir de bloquer l’accès à une page en quatre heures, et sans injonction judiciaire. L’amendement proposé impose désormais à la TIB de communiquer sa décision de blocage à un tribunal, qui aura 48 heures pour se prononcer faute de quoi celle-ci sera annulée.

C’est un amendement de la loi de 2007 qui interdisait déjà les insultes au fondateur de la République turque Mustafa Kemal Atatürk, ainsi que l’incitation au suicide, à la pédophilie, à la fourniture de drogues, à la promotion de la prostitution ou aux jeux illicites. S’ajouteront les cas d’« atteinte à la vie privée », de contenus « discriminatoires ou insultants à l’égard de certains membres de la société » ou pour protéger la famille et l’enfance. Le ministre des Transports, des Affaires maritimes et de la Communication pourra lui aussi proposer directement des blocages. Ce texte autorise également le stockage des historiques de navigation des particuliers pendant deux ans. Un niveau de censure devenu proche de celui de l’Iran ou l’Arabie Saoudite.

Peut-être le plus choquants pour les Turcs, ce sont les multiples sites et plateformes (Vimeo par exemple) censurés au nom des atteintes à la vie privée. C’est l’argument employé pour interdire tous les sites hébergeant des informations, enregistrements ou vidéos dénonçant la corruption qui touche jusqu’à la proche famille du Premier ministre Erdogan.

« Les dernières dispositions ne sont pas de la censure ni une interdiction. Ce sont des mesures visant à protéger la confidentialité de la vie privée », se défend un député AKP Necdet Unuvar sur son site personnel. Des milliers de policiers et plus de 200 procureurs ont été révoqués ou mutés depuis que l’affaire a éclaté au grand jour le 17 décembre dernier, avec l’arrestation d’hommes d’affaires et de trois fils de ministres. Les Kurdes et les homosexuels sont les autres principales cibles de la censure. Et le constat est sans appel :

En 2002, il n’y avait qu’un seul site Internet bloqué par le gouvernement turc.
En 2006 : 4 sites interdits
En 2008, après la première loi répressive : 835
En 2010 : 1667.
En 2012 : 8409, après l’ajout de 138 mots « obscènes » à bannir : Parmi lesquels « jupe », « blonde » ou « belle-sœur », des prénoms féminins ou encore le mot « interdit ».
En 2013 : 10295 sites bloqués
Début janvier 2014 : 35038
Fin janvier 2014 : 40733

L’humanité

La France va « prêter » 150 millions d’euros à la Turquie pour ses forêts

Premier pays forestier du Sud de la Méditerranée par l’importance de ses massifs (27% du territoire national), la Turquie subit de plein fouet les impacts associés au dérèglement climatique dans la région. Le nouveau prêt de l’AFD vient en appui à des actions de reforestation et de restauration.

Associés au développement industriel et urbain qu’induit une croissance économique soutenue, les impacts dus au dérèglement climatique se traduisent en Turquie par la dégradation régulière des milieux forestiers et par une érosion parmi les plus importantes au monde….

L’AFD soutient ce programme ambitieux depuis 2011. Le second du genre, un prêt de 150 millions d’euros a été signé le 27 janvier qui viendra ainsi en appui des investissements de la Direction Générale des Forêts turques….

 

Les objectifs du premier prêt d’un montant de 150 000 millions octroyé à la DGF en 2011, centrés sur les actions de restauration forestière et de lutte contre les risques érosifs ou d’incendie ont été atteints à plus de 90%, une performance liée aux excellentes capacités de la DGF turque, créée en 1839 et qui emploie aujourd’hui 39.000 agents réparties dans 27 centres régionaux.

Installée en Turquie depuis 2005, l’AFD développe avec ce pays une collaboration technique et financière centrée sur les problématiques relatives au changement climatique….

La convention de financement de 150 millions d’euros a été signée entre l’AFD et le Trésor turc en marge de la première visite du Président de la République, François Hollande en Turquie et en présence des deux Présidents…

AFD

Lire : 150 000 nouveaux logements sociaux chaque année, c’est l’objectif à atteindre pour le Gouvernement.

France Info :  » Il y a à Istanbul moins de femmes voilées qu’à Paris »

Le Premier ministre Erdogan a autorisé les femmes à porter le voile au Parlement et dans les institutions publiques. Il avait déjà restreint la vente d’alcool et interdit la mixité dans les cités universitaires.

Il veut réislamiser la basilique Sainte-Sophie en la transformant en mosquée. L’opposition dénonce l’islamisation de la société turque. Mais contrairement à d’autres pays, il y a peu de risques que l’on se dirige vers un affrontement entre deux Turquies, l’une laïque, l’autre religieuse.

D’abord la rue. Il y a à Istanbul moins de femmes voilées qu’à Paris. Il ne faut pas oublier que la Turquie est musulmane mais profondément laïque comme l’a voulu le fondateur de la République Atatürk. Pourtant, depuis le printemps dernier, il y a eu les immenses manifestations de Gezi en plein centre d’Istanbul et les fins de semaines sont souvent agitées. Car Erdogan est en train d’appliquer son programme. C’est le constat qu’a fait Eray Hokelek.

Au début, il n’y prêtait pas attention. Mais quand les interdictions sont tombées – alcool, avortement – ce spécialiste des médias sociaux, un peu rond, tranquille, rien d’un gauchiste, s’est retrouvé dans la rue pour protester contre ces nouvelles contraintes pour une société qu’il ne veut pas….

France info

Le modèle turc en voie d’épuisement

Il a fait rêver nombre de pays arabes et, longtemps, a rassuré les Occidentaux. Ce n’était ni le modèle iranien – dictatorial et antioccidental – ni le saoudien – dictatorial et propagateur du venin islamiste.

Le « modèle turc », c’était l’alliance de la démocratie et du capitalisme, le tout sous la houlette d’un parti islamo-conservateur sûr de lui et proche des Etats-Unis.

Il représentait la voie de la modernité dans le monde arabo-musulman. Il mariait le Mall – le centre commercial – et la mosquée dans une synthèse inédite qui assurait l’expansion continue, économique et diplomatique, de la Turquie (75 millions d’habitants, 17e PNB mondial, membre de l’OTAN et candidate à l’entrée dans l’Union européenne).

Sans doute ne faut-il pas l’enterrer trop tôt. Mais le « modèle turc » a du plomb dans l’aile depuis l’été. Et, depuis quelques jours, il vacille.

L’été, ce fut la révolte d’une partie de la classe moyenne contre la dérive autoritaire du premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, chef du parti AKP, arrivé à la tête du gouvernement en 2003. Depuis le 17 décembre, c’est un scandale au coeur de l’Etat qui touche l’entourage immédiat du chef du gouvernement.

Trois ministres – économie, intérieur et environnement – ont dû démissionner après que leurs fils ont été inculpés puis arrêtés. La justice les soupçonne d’être les acteurs principaux, avec nombre de hauts fonctionnaires, d’un gigantesque scandale financier : corruption, malversations, blanchiment d’argent, etc…

Autre pilier du « modèle turc », les relations entre Ankara et Washington, longtemps excellentes, se sont récemment détériorées. Sur la Syrie et sur l’Egypte, notamment – M. Erdogan, défendant les Frères musulmans au Caire et les factions islamistes les plus radicales de la rébellion syrienne –, le premier ministre s’est éloigné du président Barack Obama. Aujourd’hui, la presse turque pro-Erdogan appelle à l’expulsion de l’ambassadeur américain à Ankara…

Le Monde

UE: Ankara signe un accord sur l’immigration, premier pas vers la fin des visas

La Turquie a signé lundi à Ankara avec l’Union européenne un accord de réadmission des migrants clandestins qui doit permettre, à l’horizon 2017, la levée de l’obligation de visa imposée par Bruxelles à ses ressortissants.

Le gouvernement turc avait paraphé cet accord en 2012 mais avait suspendu sa signature formelle à un engagement de l’UE à étendre la libre circulation sur son territoire aux citoyens de nationalité turque.
Cet accord, salué comme « historique » lundi par le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu, a été signé en présence du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan par le ministre turc de l’Intérieur, Muammer Güler, et la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström.
En contrepartie, l’UE s’est engagée à garantir une circulation sans visa aux Turcs dans un délai de trois ans et demi.

« La porte de l’Europe sans visa va désormais être ouverte », s’est félicité M. Erdogan, assurant que « la Turquie remplira sans faille tous les engagements qui lui incombent à propos de l’accord de réadmission ».
La Turquie a toujours refusé de signer l’un sans l’autre. Associée à l’Europe depuis 1963, membre de l’union douanière depuis 1995, candidate à l’UE depuis 1999, elle considère comme un droit légitime la libre circulation de ses citoyens dans les 26 Etats de l’espace Schengen.

Selon l’accord, la Turquie, aux portes de l’Irak, l’Iran et la Syrie et l’un des principaux points de passage des immigrants candidats à l’Europe, va désormais accepter le « retour » des migrants clandestins expulsés qui avaient rejoint l’UE depuis son territoire.

Les Echos