Signes religieux à l’école : «La France est ankylosée sur des concepts débiles de la laïcité»

La loi du 15 mars 2004, qui interdit le port de signes religieux dans les établissements scolaires publics, est perçue comme discriminante pour une majorité de musulmans et de sikhs. le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU qui, dans une note rendue publique en décembre 2012, a donné raison à Bikramjit Singh, viré de son lycée en raison de son turban invite la France à offrir réparation à M. Singh et à réviser la loi. Pour l’avocat lyonnais Gilles Devers cette loi est donc «nulle».

«C’est un rapport de force qui commence», commente Gilles Devers, qui estime toutefois que la France doit se plier aux recommandations de l’ONU.

Si cette décision sonne comme une victoire pour les jeunes hommes sikhs qui portent le turban mais aussi pour les jeunes filles voilées musulmanes, le silence autour de cette décision est assourdissant en France. Un signe manifeste qu’elle ne songe pas à modifier la loi du 15 mars 2004.

Le Comité ne peut menacer d’aucune sanction la France pour l’obliger à modifier sa législation, qui viole l’article 18 sur la liberté de religion du Pacte des droits civils et politiques des Nations Unies que la France a pourtant signé. Sans menace de sanctions, difficile de faire reculer la France sur cette loi, adoptée en 2004 et qui visait particulièrement les élèves musulmanes voilées. […]

«La France a signé un traité pour reconnaître la jurisprudence du Comité de l’ONU qui lui dit que la loi du 15 mars 2004 est nulle. L’Etat doit s’y soumettre sauf s’il prend le profil d’un Etat voyou. La France doit respecter sa signature», insiste-t-il. […]

saphirnews

Cour européenne : Une hôtesse de l’air a le droit d’arborer un signe chrétien, trois autres chrétiens déboutés

La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a condamné la Grande-Bretagne pour discrimination envers une hôtesse de l’air de British Airways. Celle-ci s’était vu refuser le droit d’arborer une croix chrétienne.

La cour relève que des employés d’autres religions pouvaient au même moment porter un foulard islamique ou un turban sikh et que la croix chrétienne, comme l’étoile de David, ont été finalement autorisées pour les hôtesses de l’air à partir de 2007.

La cour estime que les tribunaux britanniques, qui ont débouté cette hôtesse anglo-égyptienne de ses recours contre son employeur, n’ont pas ménagé un juste équilibre entre son désir de manifester sa foi et la volonté de la compagnie d’imposer un code vestimentaire. […]

Trois autres chrétiens britanniques, qui s’estimaient également victimes de discrimination dans leur vie professionnelle, ont en revanche été déboutés […] dont une femme officier d’Etat civil qui refusait de célébrer les partenariats civils entre personnes homosexuelles et une troisième femme, qui refusait de conseiller les couples homosexuels au sein d’une association qui le formait comme psycho-sexothérapeute. […]

Romandie (Merci à Vandenberghe)

New-York : hijab et turban autorisés pour les employés du transport

Le réseau de transports de New-York a rendu publique sa décision d’accepter que ses employés sikhs et musulmans se couvrent la tête. D’après Reuters, ce nouveau règlement n’imposerait plus le logo de la société sur l’habit religieux de ces travailleurs.

Un règlement judiciaire change la donne

Les femmes musulmanes employées par le réseau de transports New-Yorkais auront à présent le droit de porter le hijab. Dans le bus ou le métro, ces femmes seront protégées par un règlement judiciaire déposé ce mercredi à la cour fédérale de Brooklyn.

Ce règlement met un terme à la politique de ségrégation « brand or segregate » du New York City Transit Authority mise en place après les attentats du World Trade Center en septembre 2001. Les sikhs et les musulmans pourront de nouveau travailler en harmonie avec leurs pratiques religieuses. Les femmes musulmanes ne seront plus obligées de choisir entre le logo de la société et leur pudeur. D’après les documents judiciaires, la seule condition de cette tolérance : que le foulard ou le turban soit de la même couleur que l’uniforme, c’est à dire bleue. La contrainte est autant dire inexistante. [...]

ajib.fr

(merci à Zatch)

Policiers sikhs en turban aux USA : une « leçon de laïcité éclairée » (oumma.com)

Quand la leçon de laïcité éclairée nous vient des Etats-Unis, terre de contrastes, capable du pire comme du meilleur, la conception laïcarde de la France, ou qui feint de l’être au nom d’intérêts supérieurs, paraît plus étriquée que jamais, recroquevillée dans ses certitudes sans éclat, et désespérément sans hauteur de vue.

Washington ouvre la voie de la tolérance religieuse au sein de sa police, à travers une grande première dont se félicite sa responsable en chef Cathy Lanier : les agents de police sikhs de la capitale sont désormais autorisés à porter le turban, et pas plus tard que début août, le premier policier sikh prendra ses fonctions, arborant barbe et turban. Quand on sait l’importance que revêtent ces deux symboles essentiels dans la construction identitaire des hommes sikhs, on mesure la formidable ouverture consentie par les Etats-Unis pour favoriser leur intégration dans la société.

On imagine sans mal le retentissement d’une telle nouvelle dans le microcosme politico-médiatique hexagonal, où la philosophie de comptoir a supplanté, en l’espace de quelques années, et avec l’émergence des chaînes d’informations en continu, la réflexion distanciée, lumineuse et profonde. Nul doute que la vision de policiers barbus et enturbannés sur le sol national susciterait une avalanche de commentaires, mais par le petit bout, tout rabougri, de la lorgnette…

oumma.comLe Monde

Note aux rédacteurs d’oumma.com : La religion sikh interdit formellement la consommation de viande halal.

Naturalisation : pourquoi pas moi ?

Gurdial Singh est un Sikh. Arrivé en France dans les années 80, il possède une PME du BTP florissante. Bien intégré économiquement, patriarche de sa communauté pour laquelle il fait construire un temple à Bobigny, il ne comprend pas que sa demande de nationalité française lui ait été refusée deux fois.

En 2004, le parlement promulgue la loi sur l’interdiction des signes religieux à l’école. Le turban de trois jeunes Sikhs, au cœur de la polémique, ne rentre plus dans le nouveau cadre de l’école publique. Jusqu’à cette date, ses deux fils aînés avaient pu suivre leur scolarité avec leur couvre-chef traditionnel.

Il décide donc d’ouvrir un lycée qu’il considère laïc, car ouvert à tous, sans interdiction du port de signes religieux.  Il devrait faire sa première rentrée en septembre 2011.

« Je suis un 3 en 1 ! » lâche-t-il avec humour. Seul point douloureux de son parcours : les deux refus de nationalité française qu’il a essuyés.
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L’Inde demande à la France de lever l’interdiction du turban sikh sur les photos d’identité

L’Inde demande à la France de lever l’interdiction du port du turban sur les photos d’identité de la communauté sikh vivant en France, mettant en avant l’enregistrement d’informations inexactes par les autorités françaises, rapporte lundi The Times of India.

« La France prend des photos et des empreintes digitales comme des marqueurs d’identité. Or si les sikhs sont photographiés sans turban, alors elle enregistre des données inexactes car normalement un sikh porte toujours un turban », déclare la secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Preneet Kaur, citée par le quotidien. « La question est étudiée et nous avons bon espoir qu’elle soit résolue », a-t-elle poursuivi.

Selon la secrétaire d’Etat, la visite en France en juillet 2009 du premier ministre indien Manmohan Singh, lui-même sikh, est un « message fort » selon lequel Paris n’est pas hostile au port du turban. De nouvelles normes relatives aux photographies sur les documents français d’identité tels que les passeports, les cartes d’identité, les permis de conduire et les titres de séjour pour les étrangers interdisent depuis 2005 le port de couvre-chefs. Depuis la loi française sur la laïcité de mars 2004 interdisant les signes religieux « ostensibles » dans l’éducation, des élèves sikhs portant le turban ont été exclus d’établissements scolaires publics.

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(merci à Yann)