Tunis. Les Femen s’excusent en appel. Màj : « Nous avons été tabassées et humiliées, mais nous ne regrettons rien (…) si c’était à refaire on le referait ! »

Addendum : 28 juin : Nous avons été tabassées et humiliées, mais nous ne regrettons rien.

La Femen allemande, Joséphine Markma, à déclaré : « Nous avons présenté nos excuses lors de cette audience en appel parce qu’on ne savait pas que les feux des projecteurs étaient braqués sur nous et que des médias du monde entier avaient suivi de près notre affaire.
C’était vraiment l’enfer, nous avons donc décidé de prendre cette mesure, d’exprimer nos regrets parce que nous avions peur qu’au bout de 4 mois, nous ne pourrions plus jamais être des Femen. Nous voulions sortir en tant que Femen, c’est-à-dire libres et fortes. Nous savions que si nous devions passer plus d’un mois dans ces prisons-là, cela nous aurait détruites. Nous avons exprimé nos regrets, mais bien entendu Femen ne regrette jamais ! Nous sommes très heureuses d’être ici, nous sommes très heureuses d’être libres et je terminerais en disant que Femen ne regrette jamais ! »
Quant aux deux Femen françaises, elles ont précisé : « Il faut que vous compreniez ce qu’on a enduré et les raisons qui nous ont poussé à tout faire pour en sortir le plus vite possible, avant d’être complètement détruites (…) Après notre arrestation devant le Palais de justice de Tunis, nous avons été emmenées et enfermées dans une pièce sombre où nous avons été tabassées par les policiers et insultées ( …)
Nous avons connu deux prisons en Tunisie, la première s’appelle geôle, c’est une sorte de garde à vue, où les prisonnières tunisiennes passent cinq jours normalement. Nous avons eu la chance de n’y passer qu’un jour. On nous a dit, méfiez-vous c’est une prison mixte, vous pouvez y être frappées ou violées » (…)

Pour toutes ces femmes, on ne regrette rien et si c’était à refaire on le referait !

»

(…) BusinessnewsMerci à BOMAP

Addendum 27 juin : Les femen libérées.

Les trois militantes européennes de Femen emprisonnées en Tunisie ont été condamnées, mercredi en appel, à une peine avec sursis et devraient très vite être de retour en France. Peu avant 1 heure du matin ce mercredi soir, elles ont quitté leur prison. Selon leur avocat Me Patrick Klugman contacté par Le Parisien, les Femen devraient poser le pied sur le sol français ce jeudi.

(…) Le Parisien

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Addendum 26 juin :

Les trois militantes féministes emprisonnées depuis le 29 mai pour avoir montré leurs seins en Tunisie seront libérées dans les heures à venir. Les Femen viennent d’être condamnées à de la prison avec sursis en appel.

France Info

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Les Femen expriment des excuses devant la cours d’appel.

Trois Femen européennes, condamnées à quatre mois de prison pour une manifestation seins nus en Tunisie, ont exprimé des excuses et promis de ne pas recommencer, lors d’une audience de leur procès en appel mercredi à Tunis. « Je regrette cet acte et je m’en excuse« , a dit l’Allemande Josephine Markmann au juge Moez Ben Frej, qui lui faisait remarquer en français que « le droit musulman interdit de tels actes. »

« On ne pensait pas choquer les Tunisiens à ce point, il est hors de question pour nous de recommencer » a répondu à son tour la Française Pauline Hillier, drapée comme ses co-accusées et comme de coutume pour les femmes jugées en Tunisie, du safsari, le voile traditionnel blanc les recouvrant de la tête au pied.

(…) Le Parisien

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Addendum du 12/06 : Tunisie: les Femen condamnées à 4 mois de prison ferme
Le juge a condamné les trois activistes, deux Françaises et une Allemande, à une peine de prison ferme pour « atteinte aux bonnes moeurs et à la pudeur » après avoir manifesté seins nus à Tunis en soutien à Amina.

BFM

Quelques précisions sur Pauline, une des FEMEN impliquée

Au moment de son arrestation, ses parents, qui habitent La Roche-sur-Yon (Vendée) ignoraient que Pauline était en Tunisie. « C’est sa sœur qui l’a vue aux infos, à la télé », explique sa mère, ancienne élue socialiste, à Ouest-France. Danielle Hillier dit comprendre que leur action ait « pu provoquer un choc visuel violent dans un pays arabo-musulman. Je ne sais pas si elles l’ont bien analysé ».

[...]
Si elle est présentée par le quotidien du soir comme faisant partie « du noyau dur du mouvement », son adhésion au mouvement est récente. Pauline a rejoint les Femen après les violents incidents survenus le 18 novembre 2012 avec les extrêmes-droites de Civitas.

Depuis, elle a participé à plusieurs opérations marquantes des Femen, détaille l’organisation sur sa page Facebook, dont notamment l’action à Notre-Dame-de-Paris pour « fêter » la démission du pape.
Avant les Femen, Pauline était déjà une jeune femme militante. « Au moment des dernières élections » selon son père, elle avait pris sa carte au parti socialiste à Bordeaux. Elle s’était inscrite également au comité de soutien de Michèle Delaunay lors des dernières législatives.

Sud-Ouest

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Les trois militantes féministes Femen emprisonnées dans la capitale tunisienne depuis le 29 mai vont devoir passer encore quelques jours en détention provisoire. Les Françaises Pauline Hillier et Marguerite Stern (27 et 23 ans), ainsi que leur comparse allemande Joséphine Markmann(19 ans), étaient jugées au tribunal de Tunis ce mercredi pour «outrage public à la pudeur» et «atteinte aux bonnes moeurs».

Mais l’audience a été interrompue en début d’après-midi, après l’intervention de plusieurs avocats extérieurs au procès, représentant des associations, notamment islamistes, qui ont réclamé le droit se constituer parties civiles. Le parquet a finalement décidé de reporter l’audience.

(…) Le Parisien

(Merci à Quidam)

Daniel Cohn-Bendit, le «blanchisseur des islamistes»

L’écrivain et journaliste tunisien Taoufik Ben Brik considère qu’il a perdu un ami. Depuis le Printemps arabe en Tunisie, il ne supporte plus les prises de position de l’eurodéputé Daniel Cohn-Bendit concernant un islam qui peut aller de pair avec la démocratie. Il s’en explique.

Je suis au bord de l’apoplexie. Je n’en reviens pas. Jugez-en par vous même : par les temps qui courent, les gens du nord, nos amis français, allemands, italiens, espagnols, hollandais, suédois… tiennent coûte que coûte à nous vendre une marchandise formatée dans leurs boîtes de renseignements et leurs polices de désinformation : la démocratie musulmane. […]

Incroyable, tu deviens un blanchisseur des islamistes ? Hier seulement, tu étais mon ami. Je faisais appel à toi chaque fois que je me brouille avec Ben Ali. Tu m’accompagnais à Tunis et tu leur disais : « Ne touchez pas à mon pote ». Tu m’invitais au Parlement européen pour parler de la Tunisie bafouée, humiliée, meurtrie. Tu as préfacé mon livre « Ben Avi la momie ». Tu m’as offert un ordinateur portable pour écrire « Le rire de la baleine ». […]

Aujourd’hui, tu t’es vendu à l’ennemi. Nos routes se séparent.. […]

Le Nouvel Obs

Le racisme contre les noirs : « une honte » pour la Tunisie

Beaucoup de Tunisiens pensent que le racisme et la xénophobie n’existent pas, mais la réalité fait honte à voir.

A Sidi Makhlouf, par exemple, les écoliers blancs et noirs prennent des bus différents.

Réunis à la  Maison du droit et des migrations autour d’un déjeuner-débat, vendredi dernier, des Noirs tunisiens et étrangers ont pu exposer la réalité de leur situation. Le constat est alarmant.

Depuis la chute du régime Ben Ali, l’expression du racisme et de la xénophobie a explosé.
Le 29 avril, des Tunisiens ont attaqué un immeuble d’étudiants noirs-africains à La Fayette (Tunis). Arrivé sur place, la police embarque la personne qui l’a appelée et laisse les agresseurs en liberté.

«Le racisme existe partout mais la Tunisie est peut-être le seul pays où il n’est pas condamné», s’indigne Touré. Quand les victimes vont se plaindre dans un commissariat, on leur dit que le racisme n’existe pas. Et sur le plan juridique, il n’y a pas de lois contre la discrimination raciale qui pénalisent les propos et actes racistes.

Les Noirs tunisiens ne sont pas mieux lotis que les étrangers. L’expression oussif, qui veut dire esclave, continue d’être couramment utilisée.

A Djerba, on continue d’inscrire la mention  «atig» (esclave affranchi) sur les actes de naissance des Noirs, révèle Maha Abdelhamid, co-fondatrice de l’Association de défense des droits des Noirs (Adam) dans une interview accordée à une radio française.

«Le racisme est institutionnalisé, c’est pour ça que nous tenons à ce que la Constitution traite de cette question», explique Saadia Mosbah.
Pour l’heure, aucun article dans la nouvelle Constitution ne condamne le racisme et la xénophobie.

Un mouvement de lutte contre le racisme et la xénophobie, mené par des associations, commence à voir le jour en Tunisie. Dernièrement, M’nèmty Heducap et l’Aesat se sont associées à l’Association Tunisienne de Soutien des Minorités pour déposer une plainte contre une enseigne de grande distribution, suite à la publication  d’une photo «à caractère raciste» sur sa page Facebook.

La Presse.tn  via  Slate Afrique
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Rappel :
Jacques Attali est le président du conseil de surveillance de Slate (le site qui publie l’article ci-dessus)
• Slate, créé par Michael Kinsley, couvre la politique, l’économie, la culture et le sport. Depuis 2008, David Plotz en est le rédacteur en chef, en remplacement de Jacob Weisberg, devenu président et rédacteur en chef du Slate Group. (Wikipedia)

Deux Femen interpellent le président au Bourget

Deux Femen ont manifesté seins nus au passage de François Hollande, ce vendredi au salon du Bourget, avant d’être rapidement maîtrisées et menottées par les services de sécurité.

Les deux militantes féministes, qui portaient sur leur dos l’inscription «Fly away from Islam» (Eloignez-vous de l’Islam), ont eu le temps de crier les prénoms de deux Françaises de l’organisation condamnées et emprisonnées en Tunisie pour avoir manifesté seins nus et peint «FEMEN» sur le muret d’un cimetière musulman pour protester contre un rassemblement salafiste à Kairouan (centre).

(…) Le Parisien

Tunisie : Une journaliste franco-tunisienne devant la justice lundi. Elle s’enfuit de «son pays» (MàJ)

Addendum18.06.2013 : La journaliste franco-tunisienne Hind Meddeb s’est réfugiée à Paris (elle est née à Chatenay Malabry ).

«Hier, j’ai quitté mon pays, car je n’ai plus confiance dans la Tunisie d’aujourd’hui»

afrik.com

Vous êtes à la fois française et tunisienne, quel est votre rapport à ces deux pays ?

Ma mère est maroco-algérienne, mon père tunisien (l’écrivain Abdelwahab Meddeb), je suis née en France et j’y ai toujours vécu, j’y ai fait mes études de journalisme à Sciences Po, et de philosophie. J’ai un seul passeport, français, même si j’ai de facto la nationalité tunisienne par mon père. Je parle l’arabe dialectique tunisien et marocain de mes parents, et j’ai commencé à travailler en Tunisie au moment de la Révolution : avant, on ne pouvait rien faire !

Télérama

Une journaliste à France Info, franco-tunisienne, Hind Meddeb, est convoquée lundi par la justice tunisienne. Elle appartient au comité de soutien au rappeur Weld El 15, un musicien condamné le 13 juin à deux ans de prison pour insultes. L’annonce de sa condamnation avait entraîné des heurts devant le tribunal où il était jugé. Elle est la fille de l’écrivain tunisien Abdelwahab Meddeb.

Hind Meddeb avait écrit une tribune dans Libération (12 juin 2013)

Je ne défends pas un rappeur qui insulte la police,je défends mon pays qui a le droit de disposer d’une police respectueuse de ses citoyens.

La journaliste ne sait toujours pas à quoi s’attendre lundi. En effet, les chefs d’inculpation retenus contre elle sont inconnus, puisqu’elle n’a pas pu prendre connaissance du contenu du procès verbal de la police. […]

20 minutes

Contrefaçon : 10.000 paquets de faux BN tunisiens saisis au port de Marseille

Les ministres de l’Economie et des Finances, du Commerce extérieur et du Budget ont salué mercredi la saisie de 10.000 paquets de biscuits contrefaisant la marque « BN » par les douaniers marseillais.

Tout a commencé le 15 mai dernier, alors que la brigade maritime a décidé de cibler spécifiquement les douanes de Marseille. Un poids lourd est contrôlé à sa sortie du port. A l’intérieur, les agents découvrent 20.000 paquets de biscuits fabriqués par une société alimentaire tunisienne et destinés à une société basée à Lyon.

Après retenue douanière, la moitié du chargement, soit 10.000 paquets de 16 biscuits, est reconnue comme contrefaisant la marque BN, en raison du visage souriant sur le biscuit .

Pour l’heure, des échantillons de ces produits sont en cours d’analyse par le Service Commun des Laboratoires. [...]

La Tribune

Tunisie: Carrefour poursuivi en justice pour une photo jugée raciste (+photo)

Une photo parue sur la page officielle Facebook de Carrefour prise au Sierra Leone montre les joueurs de l’Equipe nationale tunisienne donnant des bananes à des enfants sierraléonais.

La photo a été jugée “non respectueuse des conventions internationales spécifiques aux droits de l’Homme“.

La présidente de l’Association tunisienne de soutien aux Minorités, a indiqué qu’elle va déposer une plainte pour racisme contre l’hypermarché et appelle d’autres associations à la soutenir dans sa démarche. Elle demande à Carrefour Tunisie de présenter officiellement et publiquement ses excuses pour avoir commis une publicité à connotation raciste.

lemag.ma - africatopsports.com

Tunisie : La tentation du jihad (Vidéo)

Depuis la révolution, le mouvement salafiste-jihadiste séduit de plus en plus en Tunisie. Plusieurs dizaines de milliers de jeunes Tunisiens se revendiquent aujourd’hui d’Ansar al Charia (les partisans de la charia), une organisation ouvertement favorable au jihad.

Le parti islamiste, arrivé au pouvoir au soir des dernières élections, doit composer avec bien plus radical que lui. Le mouvement Ansar Al Charia aimerait instaurer la loi islamique et le Califat. Ansar Al Charia étend son action prosélyte à la manière du Hamas, en comblant les vides sociaux laissés par le pouvoir en place.

Mais également en envoyant des martyrs au front, en Syrie ou sur le territoire même d’une Tunisie peu habituée aux débordements du genre. Une situation assez inédite, que les velléités démocratiques de la révolution n’avaient pas forcément anticipée.

Karim, clandestin, dénonce le «rêve européen» mais veut rester en France

Sept tentatives pour rejoindre l’Europe, quatre expulsions : Karim Bahri, tunisien, raconte son périple afin d’alerter les Maghrébins qui rêvent d’ailleurs. Mais il n’envisage par de retourner dans son pays… Son portrait sur Rue 89.

«Lors de ma dernière expulsion en août 2009, 50 personnes m’ont entouré quand je suis revenu au village. C’était tous mes cousins mais je ne les connaissais pas. Ils se sont moqués de moi comme on se moque de tous les expulsés.»

Doudoune noire, jean et cheveux gominés, Karim Bahri est un jeune homme timide. Mais quand il prend la parole pour raconter son histoire, son regard en dit long sur les épreuves qu’il a traversées. En Tunisie, où il est né, en France, qui refuse depuis toujours de l’accueillir, et lors de ses nombreux voyages en mer pour aller de l’une à l’autre. […]

Comme d’autres, il s’est laissé influencer par «les frimeurs», ces jeunes «qui reviennent au bled, roulent dans leurs belles voitures avec la musique à fond», et qui, en réalité, vivent dans une misère noire en France. «Ils doivent revendre leurs vêtements pour se payer le retour» décrit-t-il, amer. […]

«Il va jusqu’à filmer des gens qui dorment par terre pour les montrer en Tunisie. Une preuve nécessaire, car là-bas, «personne ne peut croire que des Français dorment dehors ou mangent dans les poubelles».

En France, il a donné la vie deux fois et a fait reconnaître son droit de visite sur le plus jeune de ses enfants. Il est en train d’essayer de renouer le contact avec le premier qu’il a perdu de vue après sa dernière expulsion et qui vit aujourd’hui à Cannes avec sa mère.[…]

Aujourd’hui, Karim est toujours sous la menace d’une expulsion. Son avocate, maître Maktouf, qui défend de nombreux Tunisiens de Lampedusa, tente de régulariser sa situation. Elle considère que «le cas de Karim entre parfaitement dans le cadre de la circulaire Valls, qui prévoit les régularisations au cas par cas». Mais elle déplore « le zèle des préfectures qui demandent de nombreux documents qui ne sont pas réclamés par le texte».

En attendant, Karim continue la mission qu’il s’est fixée : «Je veux montrer qu’il ne faut pas risquer sa vie pour faire des allers-retours. Les jeunes doivent faire des études.» […]

Rue 89 (Merci à Centurion)