A quatre jours des élections en Tunisie, le parti islamiste Ennahda, donné favori du scrutin, a mis en garde contre une « manipulation des résultats » et dénoncé par anticipation toute tentative de l’écarter du futur gouvernement par un jeu d’alliances.
Pour Rached Ghannouchi, le président d’Ennahda, « il y a un risque de manipulation des résultats des élections ». « Les surprises sont toujours possibles. S’il y a une manipulation, nous rejoindrons les forces et les gardiens de la révolution qui ont fait tomber Ben Ali et les premiers gouvernements (intérimaires) », a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse à Tunis.
Le fondateur du mouvement islamiste, durement réprimé sous le régime de Ben Ali, a rappelé que son parti était « en tête » de tous les sondages. Surtout, le leader d’Ennahda a haussé le ton alors que plusieurs partis progressistes ont entamé des pourparlers en vue d’une coalition pour faire barrage aux islamistes au sein de la future assemblée.
« Si de petites formations se coalisent contre Ennahda, au cas où il remporterait les élections, je peux dire, dans ce cas là, qu’il s’agira d’un coup de force contre la démocratie », a-t-il affirmé. [...]

