Mali : Des Touareg noirs réclament une loi criminalisant l’esclavage

Des représentants des Touareg noirs du Mali ont réclamé vendredi à Bamako une loi criminalisant l’esclavage, phénomène qui selon eux persiste «surtout» dans le nord du pays, où une opération militaire franco-africaine est menée contre des groupes islamistes armés.

«Nous demandons au gouvernement malien de faire rapidement adopter une loi criminalisant l’esclavage dont nos parents sont toujours victimes dans le nord du Mali». (Ibrahim Ag Idbaltanat, président de l’association Temedt)

Selon les organisateurs de la rencontre, à laquelle ont assisté notamment des défenseurs des droits de l’Homme et des diplomates, l’esclavage persiste dans les communautés touareg (où l’on distingue entre Noirs et individus à «peau claire»), arabe et peul.

En l’absence d’étude fiable, l’association évalue à «plusieurs centaines», voire «quelques milliers» le nombre de personnes traitées en esclaves dans le nord du pays. […]

malijet (Merci à nimpoteki)

La crise malienne révèle au grand jour « la duplicité et l’ambiguïté algériennes »

La crise malienne a révélé au grand jour « la duplicité et l’ambiguïté algérienne », a affirmé le directeur du Centre européen pour le renseignement stratégique et la sécurité (ESISC), Claude Moniquet.

L’Algérie joue depuis toujours sur plusieurs tableaux. Un double jeu qui vise à instrumentaliser les problèmes extérieurs pour assurer une certaine stabilité intérieure », a indiqué M. Moniquet à la MAP, ajoutant que la crise malienne est une nouvelle preuve de cette duplicité.

Dans sa mission de médiateur entre Bamako et les rebelles Touaregs qui nourrissent des revendications autonomistes, Alger insistait sur l’importance du dialogue. Or, a-t-il fait observer, cette démarche ne procède pas de la volonté d’Alger de préserver l’intégrité territoriale du Mali, mais par son seul souci de calmer les prétentions de sa propre population, en particulier Berbère, qui aspire à un territoire autonome dans le sud algérien. [...]

Emarrakesh

Merci à Lilib

1894 : La défaite des Touareg

12 février 1894 : prise de Tombouctou par les Français.

Partie de Sansanding, la colonne de renfort commandée par le lieutenant-colonel Étienne Bonnier, devait arriver le 10 janvier à Tombouctou.

Le 14, elle est assaillie par les Touareg à Takoubao, près de Goundam, qui l’anéantissent.

Le commandant Joffre rétablit la situation dès le 20 janvier. Il atteint Niafunké et inflige une sanglante défaite aux Touaregs quelques jours plus tard. À Tombouctou, Joffre édifie le fort Bonnier et construit des fortifications à Kabara, Korioumé et Goundam.

Puis il lance des expéditions contre les diverses factions qui ont participé au combat de Takoubao, les contraignant à faire officiellement leur soumission. Joffre quitte Tombouctou le 10 juillet, après avoir fermement établit le contrôle de l’armée française sur la ville et ses environs

Wikipédia

L’armée malienne accusée d’exactions contre les Touaregs et les Arabes

L’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch a annoncé samedi être en possession d’informations crédibles sur de graves exactions, dont des meurtres, commises par les forces de sécurité maliennes à l’encontre de civils dans la localité de Niono, dans le centre du pays.

« Nous invitons instamment les autorités maliennes, tout comme les soldats et les autorités françaises et ouest-africaines, à faire le maximum pour garantir la protection de tous les civils », a fait savoir l’ONG, dont le siège est à New York, dans un communiqué.
D’après HRW, les Touareg et les Arabes, deux communautés assimilées aux insurgés qui contrôlent aujourd’hui les deux-tiers du Mali, sont tout particulièrement visés. [...]

Le Figaro

Kirikou revient au cinéma

Dessin animé Kirikou, le petit garçon courageux et malin du réalisateur Michel Ocelot, est de retour. Grâce à un enfant Touareg, il a envie d’apprendre une nouvelle langue.

Quatorze ans après la sortie au cinéma de Kirikou et la sorcière, inspiré d’un conte de l’Afrique de l’Ouest, le petit garçon au pas de course aussi rapide que son audace et son cœur sont grands revient dans un troisième dessin animé, Kirikou et les hommes et les femmes.

Curieux, imaginatif et courageux, Kirikou apporte à nouveau son aide aux villageois. Pour la première fois, un garçon blanc apparaît dans l’une des cinq histoires  de ce volet. C’est un Touareg. En l’apercevant, avec la peau blanche et des vêtements bleus, les enfants du village de Kirikou en ont peur. «Il doit être très malade.» «C’est le garçon incolore.» «Pourquoi met-il son corps dans une prison?» Un rejet de cinéma, malheureusement proche de la réalité: «Je ne le savais pas, mais c’est en train de se passer. Des pays noirs combattent les Touareg et ça passe par des violences extrêmes», regrette le réalisateur Michel Ocelot.

Kirikou est le seul à entrer en contact avec le jeune Touareg, qui parle tamacheq. «Je pense que cette histoire est juste parce qu’on voit arriver le racisme très naturellement, comme on le voit repartir très naturellement.

Entre individus, je suis sûr qu’on peut s’entendre. S’il s’agit de groupements politiques ou de religions, je ne sais pas quoi faire.» (…)

Coopération

« Nous ne voulons pas que les Noirs ni les Arabes nous dirigent »

Une tribune inspirée par Bernard Lugan dans Le Monde ?_________________________________________________

Les crises identitaires ne sont solubles ni dans la démocratie, ni dans le développement

La proclamation de l’indépendance de la république de l’Azawad par le MNLA, organisation politico-militaire essentiellement composée de Touareg, replace d’éclatante façon la problématique identitaire au centre des préoccupations internationales. Cette évidence semble pourtant difficile à accepter pour certains analystes. Ainsi, dans une tribune publiée le 29 mars par Le Monde.fr, Serge Michailof, chercheur à l’IRIS, professeur à Sciences-Po et consultant pour la Banque mondiale, évoque la nécessité de « la restauration de l’Etat de droit au Mali », laquelle passerait par des « programmes de développements de grande ampleur », en sus d’une « nécessaire réponse militaire ». [...]

Comment seulement envisager oublier le contenu de la lettre envoyée en 1960 au général de Gaulle par des notables touareg réunis à Kidal : « Puisque vous quittez le pays touareg, rendez nous notre bien tel que vous nous l’avez arraché [...] Nous ne voulons pas que les Noirs ni les Arabes nous dirigent [...] Puisque l’indépendance s’annonce et que vous la donnez, alors nous les Touaregs nous voulons nous diriger nous-mêmes » ?

Comment ne pas prêter attention au fait qu’avant l’effondrement de l’Etat malien, il y a quelques semaines, les gouverneurs des trois provinces du septentrion appartenaient tous à l’ethnie majoritaire au sud du Mali, les Bambara ? [...]

Le nécessaire recours au facteur identitaire dans la compréhension des événements contemporains ne doit pas se limiter aux pays pudiquement appelés « du Sud ». Au contraire, elle éclaire de nombreuses dynamiques européennes. [...]

Les Etats qui persistent à nier la diversité ethnique et culturelle de leurs peuples et à dénier à ceux-ci les moyens de s’autogérer accélèrent leur propre implosion et, partant, leur sortie de l’Histoire.

Le Monde

Une Française échappe à Aqmi grâce aux Touaregs

La seule Française de Gao, au nord-est du Mali, a été rapatriée dimanche saine et sauve à Paris après avoir été évacuée vers l’Algérie par les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

«Ils sont arrivés dans des 4 × 4 beiges, brandissant leurs kalachnikovs, habillés en tenue militaire, coiffés d’un chèche touareg. Ils ont tiré en l’air. L’assaut a duré au moins deux heures. Dès que je les ai vus, j’ai su que c’était des islamistes…» [...]

Le Figaro

Militaires maliens, AQMI et « pigeons européens » : Interview de Bernard Lugan dans Atlantico

Les militaires maliens abusent de la menace Al Qaida pour convaincre « les pigeons européens de leur éviter le naufrage »

La défaite de l’armée malienne face à la rébellion touareg est la principale cause de la destitution du Président Amadou Toumani Touré. Les militaires Maliens invoquent une proximité entre les Touaregs et Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi). Une manière d’effrayer les Européens. La relation est loin d’être évidente, les Touaregs restant imperméables au fondamentalisme musulman. [...]

Nos responsables politiques doivent donc faire un choix, et vite. Or, comme ils sont formatés à travers le double prisme de la démocratie individualiste, celle du « un homme, une voix » et sur celui de l’Etat-nation unitaire, il est à craindre qu’ils ne soient pas en mesure d’appréhender la réalité régionale qui repose tout au contraire sur les groupes et sur les peuples. Dans ces conditions, il va être difficile de leur faire comprendre que le règlement de la crise passe par une profonde redéfinition de ces deux façons d’Etats que sont le Mali et le Niger…

Atlantico via Blog de Bernard Lugan