Tocqueville : »Ce sont encore des Français trait pour trait »

Tocqueville lors de son voyage au Bas-Canada:

« Ne serait-on pas vraiment tenté de croire que le caractère national d’un peuple dépend plus du sang dont il est sorti que des institutions politiques ou de la nature du pays ? Voilà des Français mêlés depuis quatre-vingts ans à une population anglaise; soumis aux lois de l’Angleterre, plus séparés de la mère patrie que s’ils habitaient aux antipodes. Eh bien ! Ce sont encore des Français trait pour trait; non pas seulement les vieux, mais tous, jusqu’au bambin qui fait tourner sa toupie. Comme nous, ils sont vifs, alertes, intelligents, railleurs, emportés, grands parleurs et fort difficiles à conduire quand leurs passions sont allumées. Ils sont guerriers par excellence et aiment le bruit plus que l’argent. A côté, et nés comme eux dans le pays, se trouvent des Anglais flegmatiques et logiciens comme aux bords de la Tamise; hommes à précédents, qui veulent qu’on établisse la majeure avant de songer à passer à la mineure; gens sages qui pensent que la guerre est le plus grand fléau de la race humaine, mais qui la feraient cependant aussi bien que d’autres, parce qu’ils ont calculé qu’il y a des choses plus difficiles à supporter que la mort. »

(Merci à François T.)

De la démocratie totalitaire, un entretien brillant avec Michel De Jaeghere (Radio Courtoisie)

Radio Courtoisie ‘Les trésors en poche’ 31/01/2013

        Anne Brassié recevait Michel De Jaeghere, journaliste, écrivain, directeur des hors-série du Figaro et du Figaro histoire, pour une émission intitulée “C’est mon choix, c’est ma loi”, à l’occasion de la publication de La Démocratie peut-elle devenir totalitaire ?

 

    11 auteurs, 406 pages, Éditions Contretemps 2012 ISBN 978-2-916951-13-3
    22 € Paru le 25 novembre 2012.

l’entretien commence à 8’03

Une réflexion dont le point de départ sont deux articles de la Déclaration des Droits Universels de L’Homme :
- Article 3 : toute autorité qui n’est pas élective, n’est pas légitime
- Article 6 : la loi est l’expression de la volonté générale

Quelques points clés de l’émission :

  • Le bien commun vs la volonté générale
  • Aveuglement collectif révolutions arabes : le chaos a remplacé un ordre injuste
  • Du risque d’un pouvoir démocratique illimité
  • Pas de principe transcendant : c’est la majorité qui décide du bien et du mal
  • Les ferments totalitaires de la démocratie
  • Populisme vs volonté du peuple
  • Un paradoxe contradictoire : le principe démocratique vs loi de la majorité
  • Les attaques de biais des institution non démocratique : famille, religion catholique, entreprise, nation
  • Les catholiques ont intériorisé les attaques contre leur religion non démocratique
  • l’abandon de souveraineté, l’immigration, l’Europe …
  • Le couac du referendum
  • De l’invention du populisme
  • le regard lumineux de St Thomas d’Aquin sur l’exercice bien compris de la démocratie
  • 2 principes antagonistes : volonté générale vs bien commun
  • Hypertrophie de l’individualisme : l’individu roi
  • C’est mon choix, c’est ma loi
  • les « vieux » envoyés ad patres : 1 conséquence irrésistible d’un choix possiblement démocratique
  • Église et démocratie à travers l’histoire
  • Le choc frontal de la religion catholique et de la démocratie : les papes virulents : Jean Paul II en tête
  • Tocqueville prophète de la démographie totalitaire : un texte édifiant à connaitre
  • Démocratie athénienne et démocratie moderne
  • Athènes contre les droits de l’homme

Ivan Rioufol : Ces outrances qu’autorise l’idéologie antiraciste

L’idéologie antiraciste est une plaie pour la démocratie. Elle détourne les mots et les regards au profit de minorités protégées qui tentent de subvertir la République avec l’appui de faiseurs d’opinion somnolents.

Le fait que François Hollande refuse de présenter les excuses du PS et que son lieutenant  Michel Sapin dise « comprendre parfaitement », ce mercredi matin sur RFI, l’outrance du parlementaire,

rappelle combien la gauche est imprégnée de cet antiracisme qui ne dit rien, par exemple, des nouvelles formes de racisme et d’antisémitisme qui s’observent au sein de certaines communautés protégées :

un fait que dénoncent, ce mercredi dans Libération, des « Français juifs et de gauche » qui demandent de raviver « les valeurs d’humanisme, de tolérance et de respect »…

La France saura-t-elle s’extraire de cette prison intellectuelle, qui met scandaleusement les opinions sous surveillance pénale (l’association Riposte Laïque étant la dernière victime en date) et interdit d’aborder les réalités qui dérangent? Le hasard de l’actualité veut que le Conseil de Paris a voté, mardi, l’attribution du nom d’Alexandre Soljenitsyne à une place Porte Maillot (XVI e), en dépit de l’opposition de certains élus de gauche qui veulent voir dans l’écrivain russe un antisémite pour l’un, un homophobe pour l’autre. Soljenitsyne a le mieux décrit, notamment dans L’archipel du Goulag, ce qu’est l’omniprésence du mensonge idéologique et de sa novlangue, mis au service d’une société totalitaire.

L’intellectuel libéral, lecteur de Montesquieu et Tocqueville, explique que c’est par refus délibéré de la réalité que se construisent ces mondes faux et oppressifs, détachés des faits, des hommes et du sens commun. (…)

 

Le Figaro

 

29 juillet 1805 : naissance d’Alexis de Tocqueville

Charles Alexis Henri Clérel de Tocqueville est un penseur politique, historien et écrivain français. C’est une des grandes figures du libéralisme. Méfiant envers un État omnipotent, «immense et tutélaire», la tension permanente entre liberté et égalité fut une de des préoccupations majeures.

Tocqueville naît à Paris dans une famille légitimiste de la noblesse normande qui compte parmi ses ascendants Malesherbes. Son père, Hervé Clérel de Tocqueville, comte de Tocqueville, soldat de la Garde constitutionnelle de Louis XVI et sa mère, Louise Madeleine Le Peletier de Rosanbo, évitent la guillotine grâce à la chute de Robespierre en l’an II (1794).

Il fréquente le collège de Metz. De 1820 à 1826, il fait ses études de droit et est nommé juge auditeur à Versailles en 1827. Il décide d’aller étudier le système carcéral américain, modèle possible pour remplacer le vieux système français mais, en fait, comme le révèle sa correspondance, il entend examiner le système politique. Ses observations et analyses seront rassemblées dans son ouvrage, De la Démocratie en Amérique dont le premier tome est publié en 1835.

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