Syrie. Jean-Pierre Willem : «80% de djihadistes» dans la rébellion

Il a connu de nombreuses zones de conflit. Le Dr Jean-Pierre Willem, fondateur de l’association Les médecins aux pieds nus (et auteur du livre Mémoires d’un médecin aux pieds nus» (ed. Albin Michel), a vécu Septembre noir en Jordanie, la guerre d’Irak ou encore les guerres du Liban. De fin décembre à début janvier, il a accompagné l’association SOS Chrétiens d’Orient sur un autre point chaud : la Syrie, où il a pu constater les persécutions dont sont victimes les membres de la communauté. 

Quelle est la situation des chrétiens dans ce pays ?

Les histoires qu’on m’a rapportées sur les massacres de chrétiens m’ont attristé.

Les rebelles islamistes ont mis des bonnes sœurs dans un four à pain et ont mis le feu, ils ont décapité des médecins chrétiens dans certains villages…

Quelle est selon vous la part des jihadistes dans la résistance ?

D’après les témoignages que j’ai pu recueillir sur place, elle est composée à 80% de djihadistes. Et je suis très étonné de voir le nombre de jeunes qui partent en Syrie : on compterait en réalité près de 5000 jeunes européens au sein de la rébellion. Mais ils ne sont pour la plupart pas armés. Ils font des tâches ménagères, et sont parfois utilisés comme bombes humaines.

Quelles ont été vos impressions sur place ?

J’ai pu aller discuter avec les gens, le soir. Ceux que j’ai pu rencontrer soutenaient tous Bachar al-Assad, et on sentait que la victoire des troupes gouvernementales étaient proches. J’ai pu me faire une idée de la situation en rencontrant des gens, mais au bout d’un moment, ma tête a été mise à prix à 5 millions de dollars par la rebellion.

Direct Matin

Assad accuse Paris d’être le vassal de Doha et de Ryad sur le dossier syrien

DAMAS – Le président syrien Bachar al-Assad a accusé la France, qui soutient la rébellion dans son pays, d’être devenue un pays vassal du Qatar et de l’Arabie saoudite en échange des pétrodollars.

La France est devenue un pays vassal qui exécute la politique du Qatar et de l’Arabie saoudite. Comment les pétrodollars peuvent-ils pousser certains responsables occidentaux, notamment en France, à échanger les principes de la Révolution française pour quelques milliards de dollars ?, a-t-il dit dans une interview exclusive à l’AFP réalisée dimanche à Damas.

La France a pris fait et cause pour la coalition de l’opposition, qu’il fut parmi les premiers pays à reconnaitre et a appelé à plusieurs reprises au départ du chef de l’Etat.

Pour le chef de l’Etat syrien, après 2001 et les attaques terroristes du 11 septembre à New York, il n’y a pas de politique européenne, il y a seulement une politique américaine en Occident, et que certains pays européens exécutent.

Je ne pense pas que l’Europe, surtout la France qui dirigeait jadis la politique européenne, soit capable de jouer le moindre rôle en Syrie dans l’avenir. Et peut-être même dans les pays voisins, a-t-il souligné lors de l’entretien qui s’est déroulé au palais du Peuple, un vaste édifice perchée sur une colline dominant la capitale.

Je ne pense donc pas que la France aura un rôle à jouer dans le proche avenir, à moins qu’elle ne change totalement et fondamentalement de politique, et qu’elle ne devienne un Etat indépendant dans ses prises de positions, comme ce fut le cas dans le passé, a-t-il insisté faisant allusion à la politique indépendante du général de Gaulle très appréciée par les pays arabes.

A Paris, le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères, Vincent Floreani, a qualifié les accusations de M. Assad de provocations que la France n’a pas vocation à commenter.

Romandie

500 à 600 djihadistes français passés en Syrie : «Des bombes à retardement potentielles»

La guerre civile syrienne attire un nombre important de jeunes Français fascinés par le Jihad. Plusieurs centaines de Français sont partis se battre en Syrie. Souvent, leur profil est le même : jeunes, de 18 à 25 ans, plutôt désoeuvrés, originaires des banlieues des grandes villes du nord et de l’est de la France ou bien de la région toulousaine. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, évoque le chiffre de 200 départs, mais un haut responsable du renseignement estime qu’il y aurait en réalité 500 à 600 djihadistes français passés par la Syrie.

Ces jeunes sans casier judiciaire ni appartenance claire à un réseau extrémiste sont difficiles à identifier. Ils seraient, pour près d’un quart, de nouveaux endoctrinés, récemment convertis à l’islam. Les autres sont souvent binationaux ou d’origine nord-africaine.

A la DCRI, on considère en avoir identifié 382. La propagande est bien faite : vidéos, sites Internet, etc. Ce qui explique la croissance arithmétique des départs depuis un an, même en l’absence de tout réseau structuré. Ils rejoignent le groupe islamiste Djabhat Al-Nosra ou la faction locale d’Al-Qaïda, l’EIIL (Etat islamique en Irak et au Levant). Un groupe d’au moins dix jeunes ont quitté la région de Strasbourg en décembre, indiquant à leurs parents qu’ils partaient en vacances.

En octobre, un jeune Strasbourgeois se faisant appeler Abou Al-Qaaqaa trouvait la mort près d’Alep, dans un attentat-suicide. […] Pour ceux qui franchissent le pas, la Syrie s’avère souvent une terre de désillusion. «Les recrues européennes, et donc françaises, sont utilisées comme chair à canon», expliquent deux officiels du renseignement. On s’en sert comme kamikazes. Au moins 17 Français ou binationaux sont déjà morts en Syrie, et près de 80 sont revenus en Europe depuis le début de l’insurrection, en 2011. «Le problème n’est pas tant qu’ils partent, c’est quand ils reviennent, explique un haut responsable. Ils sont formés idéologiquement et capables de passer à l’action où et quand ils veulent. Des bombes à retardement potentielles.»

Paris Match

Toulouse : Un adolescent de 15 ans rejoint les jihadistes en Syrie (Vidéo)

Le jeune garçon a fait le voyage avec l’un de ses amis du lycée des Arènes à Toulouse (Haute-Garonne), en passant par la Turquie.

C’est un père désespéré qui lance un appel aux pouvoirs publics pour ramener son fils de 15 ans qui a rejoint les rangs des jihadistes d’Al-Qaïda en Syrie. Le 6 janvier, le jour de la rentrée des vacances de Noël, le collège a appelé le père du jeune garçon pour lui annoncer que son fils n’était pas venu en cours. En fait, l’adolescent avait embarqué pour la Turquie, avec l’un de ses amis du lycée des Arènes à Toulouse (Haute-Garonne).

Le garçon est entré en contact avec ses amis restés à Toulouse, via les réseaux sociaux. Ces lycéens témoignent, vendredi 17 janvier, devant la caméra de France 2. Ils se rappellent du changement d’attitude du jeune garçon : « Il n’écoutait plus de musique, il écoutait des chants du Coran », dit l’un d’eux. Les deux adolescents ont par ailleurs adressé des photos d’eux avec des kalachnikovs à la main.

Les familles de ces deux adolescents sont particulièrement inquiètes. Le parquet de Toulouse a prévenu le parquet antiterroriste de Paris.

Belgique. Mgr Léonard : «Ne restons plus indifférents à tant de chrétiens discriminés»

Mgr Léonard, primat de Belgique, a dénoncé les persécutions dont sont victimes les chrétiens du Proche et Moyen-Orient. Il n’a cependant fait aucune allusion à l’islam.

Le texte intégral de l’homélie

Mgr Léonard, primat de Belgique, a demandé aux fidèles, dans son homélie, de «tourner (leur) cœur vers (leurs) frères et sœurs dans la foi, gravement menacés, voire franchement persécutés, en Syrie et en plusieurs autres pays où pourtant ils sont présents depuis parfois près de vingt siècles, tels que, par exemple, l’Irak ou l’Égypte».

«Entendons le cri de ceux pour qui la pratique de leur foi implique quotidiennement une menace de mort.» Mgr Léonard a ainsi comparé la Syrie actuelle à une crèche, «une étable ouverte sans porte, froide, démunie et si pauvre (…) Des milliers d’enfants qui ont perdu leur maison vivent sous des tentes aussi pauvres que la crèche de Bethléem ».

«Ne restons plus indifférents en Occident à tant de frères et sœurs chrétiens qui sont discriminés, menacés, persécutés, qui doivent quitter leur patrie pour assurer la sécurité de leur famille et, par cette émigration, affaiblissent encore la position de leur frères dans leur pays d’origine», a conclu l’archevêque de Bruxelles-Malines.

Le Soir

La France va accueillir davantage de réfugiés syriens

Laurent Fabius souhaite que la France accueille plus de réfugiés syriens. Le ministre des Affaires étrangères a déclaré ce jeudi sur RTL avoir donné «des instructions pour que la demande de droit d’asile puisse être instruite beaucoup plus rapidement que dans le passé. Nous allons aller vers un accueil plus large de toute une série de familles qui ont une attache avec la France».

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Plusieurs organismes avaient dénoncé mercredi les entraves que la France mettait, selon elles, à l’accueil de réfugiés syriens sur son territoire. [...]

Le Parisien

Poutine : « Les rebelles ont utilisé l’arme chimique »

Le président russe Vladimir Poutine estime dans le New York Times que ce sont les rebelles syriens, et non l’armée du régime de Bachar el-Assad, qui ont utilisé des armes chimiques le 21 août près de Damas, dans le but de provoquer une intervention des Etats-Unis.

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« Il y a toutes les raisons de croire que (le gaz toxique) a été utilisé non pas par l’armée syrienne, mais par les forces d’opposition, pour provoquer une intervention de leurs puissants soutiens étrangers, qui se seraient mis du même côté que les fondamentalistes », affirme le président russe dans une tribune publiée par le quotidien américain et diffusée mercredi soir. [...]

Des frappes en Syrie pourraient déclencher une « nouvelle vague de terrorisme, (saper) les efforts multilatéraux pour résoudre le problème nucléaire iranien et le conflit israélo-palestinien, et déstabiliser davantage le Proche-Orient et l’Afrique du Nord », affirme en outre le dirigeant russe. [...]

TF1 News

Syrie: crimes de guerre dénoncés (ONU)

La Commission d’enquête mandatée par l’ONU sur les crimes contre les droits de l’Homme en Syrie dénonce des « crimes contre l’humanité » commis par les forces gouvernementales et des « crimes de guerre » commis par l’opposition armée dans son dernier rapport. Elle mentionne sans pouvoir les confirmer « des allégations (…) concernant l’utilisation d’armes chimiques, principalement par les forces gouvernementales ».

« Sur la base des éléments de preuve actuellement disponibles, il n’a pas été possible de parvenir à une conclusion quant aux agents chimiques utilisés, leur système vecteur ou les auteurs de ces actes. Les enquêtes se poursuivent », affirme le rapport.
« Les forces du gouvernement et de ses partisans ont continué de lancer des attaques généralisées contre la population civile, commettant meurtres, tortures, viols et disparitions forcées constitutifs de crimes contre l’humanité », souligne ce rapport rendu public aujourd’hui à Genève.

Il dénonce également « les groupes armés antigouvernementaux (qui) ont commis des crimes de guerre, notamment des meurtres, des exécutions sans procédure régulière, des actes de torture, des prises d’otages et des attaques contre des objets protégés ».

La Commission d’enquête dirigée par quatre juristes internationaux soumet ce rapport portant sur la période entre le 15 mai et le 15 juillet 2013 au Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies pour qu’il soit ensuite adressé au Conseil de sécurité.

(…) Le Figaro

Manifestation contre guerre Syrie : légers incidents (vidéo)

Des partisans de Bachar Al-Assad se sont réunis près de l’ambassade du Qatar à Paris le 09 septembre 2013 pour manifester leur hostilité aux frappes de la coalition contre la Syrie. Ils étaient encadrés par de nombreuses personnalités et militants d’extrême droite. A l’issu des discours quelques dizaines de manifestants notamment de l’Action Française ont tenté de se rapprocher de l’ambassade d’Arabie Saoudite et de très légers incidents se sont produits avec les forces de l’ordre ; les Syriens se sont opposés à tout débordement.

Syrie : les rebelles sont toujours à Maaloula (màj)

Addendum 11/09/13

Les rebelles syriens se trouvaient toujours mercredi dans la ville chrétienne de Maaloula, près de Damas, malgré l’annonce la veille de leur retrait, et l’armée syrienne tentait de les en déloger, selon un responsable de la sécurité. « L’armée n’a pas encore repris Maaloula. Les combats sont toujours en cours, mais elle progresse », a indiqué cette source. « Il y a encore de petites poches rebelles à l’intérieur de Maaloula, ainsi que dans son périmètre. » [...]

La ville de Maaloula est stratégique pour les rebelles qui tentent de resserrer leur étau autour de Damas et menacer la route principale reliant la capitale à Homs, plus au nord, voie-clé pour le ravitaillement des troupes du régime. Les combats avaient commencé mercredi dernier et de nombreux civils avaient fui la ville.

Le Point

10/09/13

Des rebelles syriens ont annoncé mardi leur retrait de la ville chrétienne de Maaloula, près de Damas, deux jours après en avoir pris le contrôle.  »Pour s’assurer que du sang n’est pas versé, que les biens des habitants de Maaloula sont préservés, l’Armée syrienne libre (ASL, rebelle) annonce que la ville de Maaloula sera tenue à l’écart des combats entre l’ASL et l’armée du régime », a indiqué un porte-parole rebelle sur une vidéo mise en ligne sur internet.

Le porte-parole du Front de libération de Qalamoun, qui regroupe des forces anti-régime dans le secteur de Qalamoun près de Damas, a cependant indiqué que le retrait des rebelles était « conditionnel ».  »L’armée et ses chabihas (milices) ne doivent pas entrer dans la ville », a indiqué le porte-parole, dont le nom n’est pas mentionné. [...]

Le Figaro

08/09/13

Les combats ont fait 17 morts et plus de 100 blessés parmi les rebelles et des dizaines de morts et de blessés dans les rangs des forces gouvernementales et leurs supplétifs, selon des ONG. [...]

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« Dans la nuit, les troupes du régime sont entrées dans la ville mais les rebelles y ont envoyé des renforts et ont pu prendre le contrôle de toute la cité », a déclaré à l’AFP le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. [...]

Une habitante, jointe par téléphone, a confirmé le retrait de l’armée et la présence de forces rebelles à Maaloula, l’une des plus célèbres localités chrétiennes de Syrie dont les habitants parlent l’araméen, la langue de Jésus-Christ. S’exprimant sous le couvert de l’anonymat, elle a indiqué que la situation était calme dimanche matin. « Les rebelles sont à l’intérieur de Maaloula, dans toute la ville. Les troupes du gouvernement s’en sont retirées ». M. Abdel Rahmane a déclaré que « de violents combats ont opposé dans la nuit les forces du régime aux rebelles et les soldats se sont repliés aux confins de la ville ». Les rebelles sont constitués notamment de combattants du groupe jihadiste du Front al-Nosra, a-t-il précisé.

Maaloula, située à 55 km au nord de Damas, doit sa renommée à ses refuges troglodytiques datant des premiers siècles du christianisme. La majorité de ses habitants chrétiens sont grecs-catholiques.

TF1 News

Syrie : Damas et les rebelles responsables de nouveaux crimes de guerre

[...] Des rebelles et des combattants étrangers venus leur prêter main-forte ont également commis des crimes tels qu’exécutions sommaires, prises d’otages et bombardement de zones civiles, ajoutent-ils dans ce document qui couvre la période allant du 15 mai au 15 juillet.

Hebergeur d'image

« Les auteurs de ces violations et de ces crimes, quel que soit leur bord, ont agi en violation du droit international. […] Il est impératif de les traduire en justice », ajoute la commission d’enquête dirigée par le diplomate brésilien Paulo Pinheiro.

Ouest France

Djihadistes français : la grande inquiétude du juge Trévidic (vidéo)

Invité de France Info ce jeudi matin, le juge antiterroriste Marc Trévidic n’a pas caché l’inquiétude que lui inspire le pourrissement de la crise syrienne. Ce qui le préoccupe le plus : l’augmentation de ce qu’il appelle « l’immigration djihadiste », ces jeunes Français qui partent combattre en Syrie et dont il faudra gérer le retour.

« La menace terroriste augmente depuis deux ans et demi. Tous les mois qui passent voient les rangs des islamistes grossir par des recrues européennes et françaises d’où l’inquiétude grandissante » affirme Marc Trévidic.

« Nos jeunes musulmans qui veulent en découdre, qui sont nourris depuis des années grâce à internet de cette théorie djihadiste comme quoi ils sont obligés de faire le djihad sont chauffés à fer blanc » explique le juge antiterroriste. Et c’est le retour de ces jeunes, ils seraient une centaine, qui l’inquiète beaucoup :

« Certains d’entre eux seront dangereux car ils voudront continuer le djihad chez eux« 

« Quand le conflit syrien n’existera plus, on aura affaire à pas mal de jeunes qui auront été entraînés, armés, pris en main par de vrais terroristes. Et qui pour certains d’entre eux seront dangereux car ils voudront continuer le djihad chez eux. C’est à moyen terme qu’on peut avoir peur de cette immigration djihadiste importante » a-t-il dit.

Une menace qui sera selon lui encore plus importante dans un an ou deux :

« Quand vous travaillez sur trente personnes qui reviennent d’Irak, ce n’est pas comme de travailler sur 200 qui reviennent de Syrie. Là c’est en train d’augmenter. C’est exponentiel ».

De 2’15 à 3, passage sur le braquage du quick pour financer le jihad :
« Cela fait partie du package idéologique. C’est un butin halal. C’est dans leur théorie, c’est codifié. (…) on peut voler légalement des mécréants parce que l’argent va servir la cause d’Allah. Il y a une théorisation de la licité de voler. »


Terrorisme : « l’inquiétude » du juge Trévidic par FranceInfo

France Info, merci à Milou