L’Euro : implosion ou sursaut ?

Le pari de l’Euro était de construire une zone modèle. En exacerbant les différences, on affirme, voire on crée, et on enkyste des différences : modèle rhénan pour l’Allemagne ; modèle anglo-saxon pour l’Irlande ou l’Espagne, etc.

Lorsque la crise financière devient crise économique, et que les Etats s’épuisent à maintenir les demandes globales en creusant de façon historique les déficits publics, c’est le navire tout entier qui est menacé.

Si naguère, en résultante des abandons monétaires, les marchés politiques se sont assez spontanément dirigés vers la création d’une zone monétaire largement artificielle, vont-ils, à la faveur de la crise, poursuivre la construction européenne et arrimer la monnaie à un grand Etat européen ?

Sur le papier des croyants du constructivisme, les choses sont simples : il existe désormais un seul Etat, sans doute hétérogène, mais disposant d’une monnaie souveraine. Il n’y a plus de dettes souveraines au pluriel, mais une dette souveraine au singulier.

Le couple monnaie unique / grand Etat suppose d’énormes changements, qui se ramènent tous à la question de l’évaporation progressive des marchés politiques nationaux, au profit de la naissance de marchés politiques européens. Les énormes coûts d’une implosion de l’Euro pourraient faciliter cette perspective.

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Ivan Rioufol garde espoir en l’UMP

Ivan Rioufol, chroniqueur au Figaro, est bien conscient que l’électorat de Nicolas Sarkozy est perturbé par la politique suivie par le chef de l’Etat. Mais après avoir fustigé la gauche, avoir reconnu les insuffisances de la droite, il espère un sursaut de la part de la majorité.

(…) la majorité devrait prendre garde à ne pas se laisser caricaturer comme un parti godillot et renfermé sur lui-même. En se raidissant à l’unisson, elle offre à l’opposition la démonstration qu’elle attend quand elle dénonce une UMP aux ordres d’un hyperprésident.

Le pouvoir ne se montrerait pas si susceptible s’il se savait en harmonie avec son électorat. Or, l’élection du populaire David Douillet, dimanche, n’est par une démonstration suffisamment probante quand sa victoire s’accompagne d’une telle abstention. Il reste à la droite à reconquérir les désabusés qui ne voient dans les réformes (dernièrement, celle du lycée) ou les mesures (mercredi, l’expulsion de trois Afghans clandestins) que des réponses en demi-teinte. D’autant que les trois semaines du procès Clearstream n’ont rien fait pour rehausser la politique, prise ici au piège de sa médiocrité.

Le volontarisme de Sarkozy reste bien sûr un atout. Il a habilement manœuvré durant la crise financière et Barack Obama devrait s’inspirer de sa fermeté face à la dictature iranienne. Mais le chef de l’État gagnerait aussi à relire ses discours qui le firent élire et qu’il semble vouloir oublier. Ainsi celui sur l’identité française, thême sur lequel Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée, vient de lancer une OPA en reconnaissant que « la France se fissure en silence » (voir mon blog). Les sujets ne manquent pas pour remobiliser la droite. Horripilerait-elle aussi la majorité ?
(Source)