La phrase du jour : Pascal Sciarini, politologue suisse

Extrait d’un article intitulé : « L’UDC a-t-elle encore sa place au Conseil fédéral ? [assemblée nationale suisse]

« La réussite de l’UDC affole la statistique : alors que seule une initiative [referendum] sur dix trouve généralement grâce devant le peuple, cinq des neuf initiatives de l’UDC  ont été acceptées. (…)
Il faut bien sûr accepter le verdict des urnes. Mais cela ne nous dispense pas de nous interroger sur la responsabilité de ceux qui recourent à la démocratie directe pour retourner le peuple contre le gouvernement auquel ils  [les membres de l'UDC] appartiennent. »

[l'UDC fait partie du gouvernement NDLR]

Lire l’article sur Le Temps

Immigration : Bahia Amrani n’aime pas la démocratie suisse

[ Extrait d'un article signé Bahia Amrani et publié sur le site marocain "Le reporter" ]

Cette semaine, un petit pays riche, la Suisse, envoyait au monde son  message sur l’immigration. (…) A l’issue d’un référendum, 50,3% des votants suisses ont dit oui à des quotas d’immigration.

C’est un parti politique qui a poussé à une consultation populaire. Donc, in fine, c’est le peuple qui a choisi.

Or, personne ne peut remettre en cause un choix populaire, fût-il xénophobe. Toute la malice de l’UDC populiste tient dans ce postulat.

La France et les autres pays d’Europe désapprouvent… Les politiques suisses ont dit leur honte, les Européens ont dit leur colère, mais l’immigration en Suisse peut désormais être légalement limitée.

Ce sont les miracles de la démocratie. Et c’est à méditer.

Reporter.ma

Expulsion des délinquants étrangers : les députés suisses viennent de donner le feu vert

(extraits) Votée en 2010, mais contraire au droit international, la disposition prévoyant l’expulsion des délinquants étrangers n’était pas appliquée. Les députés viennent de donner le feu vert.

En 2010, les Suisses avaient voté à 52,9% pour une résolution qui prévoit l’expulsion systématique de tous les étrangers condamnés pour meurtre, viol, brigandage, traite d’êtres humains, trafic de drogue. Devaient être expulsés aussi ceux qui « avaient perçu abusivement des prestations des assurances sociales ou de l’aide sociale ». (…)

Depuis plus de trois ans, le gouvernement et le Parlement freinaient des quatre fers. En 2012, l’initiative n’était toujours pas appliquée (…) En 2013, pour noyer le poisson, le gouvernement tentait d’apporter des restrictions.

(…) Confrontée à une nouvelle victoire de l’UDC concernant « l’immigration massive », la commission des Institutions politiques du Conseil national (l’Assemblée nationale) a décidé de désavouer le gouvernement et de donner satisfaction à l’extrême droite.

Un étranger criminel sera automatiquement expulsé pour un délit grave, et s’il est récidiviste concernant d’autres délits, moins graves, comme le vol, une rixe ou l’abus en matière d’aide sociale.

Adapté du Point

59% des Français favorables à des quotas d’immigrés (européens)

Près de six Français sur 10 (59%) souhaitent une restriction des conditions de circulation des citoyens européens dans le pays, comme l’a récemment décidé la Suisse, selon un sondage Ifop pour Atlantico publié ce samedi.

«Comme en Suisse, (…) on a une demande de contrôle et de fermeture qui est majoritaire», dit à Atlantico Jérôme Fourquet directeur du Département opinion publique à l’Ifop.

«L’un des piliers fondamentaux de la construction européenne est la libre circulation des personnes. Or, une large majorité de Français est pour une remise en cause de ce pilier», ajoute Jérôme Fourquet.

Les Français sont divisés sur cette question en fonction de leur orientation politique, d’après cette étude. Moins de la moitié des électeurs de gauche (46%) se disent favorables à une limitation des immigrés européens en France, contre 68% des électeurs de l’UMP et 75% des sympathisants du Front national. […]

Dans la semaine, Le Figaro.fr avait posé la question suivante à ses internautes : «Immigration : êtes-vous favorable à l’idée d’instaurer des quotas en France ?» Une grande majorité de personnes (90%) avaient répondu «oui». Près de 50.000 personnes avaient participé à cette question.

Le Figaro

Mireille Valette, socialiste et journaliste suisse : «Oui, je suis islamophobe»

(Tribune de Genève, blog de la journaliste suisse Mireille Valette,  auteur de Islamophobie ou Légitime défiance ? et de Boulevard de l’islamisme)

(extraits) (…)  Nos sociétés tentent de regagner le terrain perdu avec telle petite loi par ci, telle petite loi par là. Elles ont auparavant choisi de laisser s’étendre cette incroyable régression, accepté le retour de préceptes et de pressions religieux dans l’espace public. Elles se sont fait rouler dans la farine de «l’islamophobie» avec volupté.

Plutôt que de refuser ces retours en arrière, nos autorités ont enculé les mouches pour savoir s’il fallait interdire à partir de 10 ou de 100 burqas, elles ont accepté le foulard en faisant semblant de le prendre pour un attribut culturel (…)

Oui, décidément, je ne comprends pas que nous comptions si peu d’islamophobes, de critiques du Coran et d’adversaires acharnés de la charia.

Tribune de genève

La Suisse dit non à l’immigration de masse ( #CHvote en direct). Edito du Monde (MàJ)

Addendum 10 02 2014 : Extrait de l’éditorial du Monde : «Suisse : les deux leçons d’une votation inquiétante».

Ce vote traduit aussi une réalité à laquelle n’échappe aucun pays occidental : à tort ou à raison, une bonne partie de l’opinion est gagnée par la perception d’une immigration incontrôlée qui met à mal les populations les plus fragiles de nos sociétés. Il ne faut pas laisser la réflexion sur ce sujet aux seuls démagogues des partis protestataires.

Le Monde


09/02/14

Pascal Sciarini, professeur à l’Université de Genève : «Un vote identitaire, contre l’immigration, pas contre l’Europe»

«La problématique de l’immigration se retrouve dans d’autres pays européens. C’est rendu visible en Suisse par le recours à la démocratie directe. Si on procédait au même vote dans d’autres pays, on risquerait d’avoir le même résultat. Jusque-là, notre démocratie directe est restée à l’abri des dérives populistes, mais ça commence à déraper. » Le Monde


 


[19h00]  «Contre le Conseil fédéral, contre le Président de la Confédération, contre la majorité de la classe politique suisse, contre l’immense majorité des médias, contre la propagande du PLR et du patronat, le peuple suisse a parlé. 

Cette votation restera dans les annales. Elle redéfinit nos critères en matière d’immigration. Elle inverse, au sein de la droite suisse, le rapport de forces entre les adeptes du libre-échange absolu et ceux d’un contrôle des flux. Au sein de la gauche, elle redéfinit les forces entre les bobos et les réalistes.» (…) Les Observateurs.ch

[18h55] Le résultat de ce référendum signifie la fin de l’accord de libre-circulation des personnes signé avec l’UE. Car cette « immigration de masse » est notamment constituée de ressortissants de l’UE.

Dans un communiqué, la Commission européenne a « regretté » le vote des Suisses pour introduire des quotas d’immigration. La Commission « examinera les implications de cette initiative sur l’ensemble des relations entre l’UE et la Suisse ». Huff Post

[18h52] Communiqué de l’UDC : « Malgré une campagne de dénigrement qui a coûté plus de 10 millions de francs à ses auteurs, les citoyennes et citoyens ont accepté le principe d’un contrôle indépendant de l’immigration. Les menaces et tentatives de pression de l’UE n’a pas impressionné non plus le souverain suisse. Il appartient maintenant au Conseil fédéral d’appliquer la volonté populaire. Cela signifie, d’une part, que le l’accord de libre circulation des personnes avec l’UE doit être renégocié et que la priorité des travailleurs résidents doit être imposée sur le marché du travail. D’autre part, il s’agit de former rapidement un groupe de travail chargé de faire des propositions pour limiter et gérer l’immigration.» Les Observateurs.ch

 

 

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Demandeurs d’asile en Suisse : un cinquième des renvois par avion annulés en 2013

Près de 3000 renvois de requérants d’asile par avion n’ont pas pu avoir lieu en 2013. Les changements de réservation et les annulations ont coûté 670’000 francs à la Confédération l’an dernier.

Quand la Suisse décide de renvoyer un requérant d’asile chez lui par avion, la Confédération réserve une place sur un vol. Mais tous les passagers ne se présentent pas sur le tarmac. Soit ils se volatilisent, sont malades ou refusent à la dernière minute de monter dans l’engin.

Ces annulations de dernière minute ont un coût. L’an dernier, près de 3000 tickets n’ont pas été honorés.

En 2013, près de 12’700 requérants ont été renvoyés dans leur pays en avion. Le coût: 9,5 millions de francs.

De leur côté, les «vols spéciaux», qui impliquent la contrainte, ont été au nombre de 38 pour 118 requérants l’an dernier. Le coût a atteint 2,6 millions de francs.

Utilisés comme «ultima ratio», ces vols sont particulièrement controversés auprès des organisations humanitaires.

Le Temps