Un collectif d’intellectuels : « Ne stigmatisons pas les musulmans! » (maj)

[Maj 28 avril - étude sur les noms et professions des signataires (voir fin d'article)]

La haine et le rejet s’expriment de plus en plus ouvertement à travers l’Europe ; force est de constater que la classe politique française ne prend pas suffisamment la mesure d’une forme de racisme qui se manifeste désormais librement dès lors qu’elle se dissimule sous les atours d’une laïcité dévoyée de son sens historique, pour en faire, entre autres, un outil de stigmatisation et d’exclusion des musulmanes et des musulmans.

(…) Nous voulons réaffirmer notre volonté de vivre et d’évoluer dans une société où la différence est reconnue comme une richesse et où le respect de chacun, dans tout ce qui fait sa singularité, est une valeur centrale, en accord avec les droits humains tels qu’y souscrit notre pays.

Plutôt que de se lancer dans une surenchère législative (…)  nous proposons de faire un état des lieux de l’islamophobie en France. Une commission parlementaire pourra étudier les dérives auxquelles a donné lieu l’instrumentalisation de l’identité nationale, des luttes féministes et de la laïcité, et prendre la mesure du racisme, voire de la haine, qui visent aujourd’hui nos concitoyens musulmans, ou perçus comme tels.

Liste des signataires [décompte : 15 "sociologues"]

Armelle Andro, démographe, Paris 1 ; Valérie Amiraux, sociologue, Université de Montréal ; Houssen Amode, chevalier de la Légion d’Honneur, président de l’association musulmane de la Réunion ; Jean Baubérot, historien et sociologue ; Laure Bereni, sociologue ; Christophe Bertossi, sociologue, directeur du Centre Migrations et Citoyennetés, IFRI, Paris ; François Burgat, politologue ; Samy Debah, professeur d’histoire, président du CCIF ; Dominique de Courcelles, chercheur en histoire comparée des religions, CNRS-CIRID ; Bruno Cousin, sociologue, maître de conférences à l’Université de Lille 1 ; Christine Delphy, sociologue, ENS ; Rokhaya Diallo, essayiste et chroniqueuse ; Abdelhak Eddouk, aumonier ; Renaud Epstein, politiste, Université de Nantes ; Nabil Ennasri, doctorant et écrivain ; Mireille Fanon-Mendès France, Experte ONU ; Eric Fassin, sociologue, Paris 8 ; Veysel Filiz, secrétaire général d’EMISCO ; Virginie Gautron, maître de conférences en droit pénal et sciences criminelles, Université de Nantes ; Virginie Guiraudon, politiste, CNRS et Sciences Po Paris ; Vincent Geisser, président du CIEMI ; Nacira Guénif, sociologue et anthropologue ; Abdellali Hajjat, sociologue ; Stéphanie Hennette-Vauchez, juriste, Université Paris Ouest Nanterre ; Jean-Marie Heydt, président de la conférence INGO du Conseil de l’Europe ; Noémie Houard, chercheuse associée au Centre de recherches politiques de Sciences Po ; Thomas Kirszbaum, sociologue, ENS Cachan ; Pierre Lenel, sociologue, Think Tank Different ; Raphaël Liogier, sociologue ; Françoise Lorcerie, CNRS ; Grégoire Mallard, sociologue ; Jean-Paul Martin, historien ; Virginie Martin, politologue, présidente de Think Tank Different ; Zaouia Meriem, syndicaliste ; Kamel Meziti, historien des religions, secrétaire général du Gric ; Marwan Mohammed, sociologue ; Marwan Muhammad, statisticien, porte parole du CCIF ; Catherine Samary, économiste, militante altermondialiste ; Frédéric Sarkis, conseiller municipal EELV, membre fondateur de la coopérative « laïcité n’est pas racisme! » ; Madjid SI Hocine, médecin, animateur de l’Egalité d’abord ; Patrick Simon, démographe, INED ; Sihem Souid, chroniqueuse ; Djamel Djeziri, chercheur en gnostique et Consultant-dirigeant en Management ; Line Sultani, chef d’entreprise ; Pierre Tevanian, professeur de philosophie, auteur ; Tommaso Vitale, sociologue, Centre d’études européennes, Sciences Po, directeur scientifique du Master « Governing the Large Metropolis » ; Valentine Zuber, Ecole Pratique des Hautes Etudes.

Le Monde

Une visite au Louvre pour contrer la stigmatisation des enfants roms

«Loin des clichés assmilant Roms et pickp­ckets à l’affût des touristes», 11 enfants issus d’un camp de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, ont visité mercredi le musée du Louvre sous l’égide d’une associa­tion d’aide à la scolarisation des enfants tsiganes.

«Nous voulions montrer que l’on peut être rom et profiter d’un lieu culturel sans voler les touristes.»

«Seulement six de ces enfants sont scolarisés. Cela prend plus de temps pour les Bulgares, notamment parce qu’il faut faire traduire leurs extraits de naissance», déplore Amélie.

Heureusement, Memet, 16 ans, prend son rôle d’aîné à coeur et traduit en turc les explications des adultes à Dimo, 9 ans, et Alexi, 10 ans. «Ils sont issus d’une minorité turque rom de Bulgarie », précise Julien, qui enseigne à l’Aset depuis 5 ans. […]

NousVousIls (Merci à Agasias)

Pickpockets du Louvre : Ne pas stigmatiser les Roms « car ce sont la pauvreté et la misère qui engendrent ce genre de situation »

Après la grève des agents mercredi, le musée a annoncé un certain nombre de mesures pour renforcer la sécurité.

[...] Souvent décrits comme «des mineurs venant d’Europe de l’Est» par les agents du musée, les pickpockets se déplacent quelquefois à «vingt ou trente». [...]

Christelle Guyader, adjointe technique à la direction du Louvre et membre du syndicat Sud, refuse pour autant toute stigmatisation d’une catégorie de population, rappelant que «ces mesures vont déplacer ailleurs le problème, car ce sont la pauvreté et la misère qui engendrent ce genre de situation».

Libération

Christophe Caresche ( PS) : «Le voile, une obsession bien française»

Pour Christophe Caresche, député PS de Paris, la polémique sur le port du voile traduit plus un problème identitaire français qu’un problème de communautarisme.

Une nouvelle fois, la France s’apprête à revoir sa législation sur le port du voile après l’avoir modifiée à plusieurs reprises ces dernières années. Cette inflation législative ne s’observe dans aucun autre pays, alors même que la France dispose déjà d’une des législations les plus restrictives au monde. L’universalisme français au nom duquel sont invoqués les principes républicains est de moins en moins universel et de plus en plus français ! Le débat récurrent sur le port du voile n’apparaît pas tant comme le signe d’une montée inexorable du communautarisme que comme le symptôme d’une crispation identitaire de la société française.

C’est bien l’incapacité d’une partie de la France à se penser comme une société ouverte et tolérante qui explique cette volonté obsessionnelle de rendre toujours plus invisibles les signes d’appartenance à la religion musulmane.

C’est pour cette raison qu’il faut récuser l’argument selon lequel «il ne faut pas laisser la défense de la laïcité à Marine Le Pen». Cet argument, outre qu’il légitime l’opération de captation de la notion de laïcité par l’extrême droite, ne peut conduire qu’à l’alignement sur les positions les plus radicales. La réponse au malaise identitaire que connaît notre pays ne réside pas dans un nouveau durcissement de la loi sur le port du voile. Elle passe par la réaffirmation du principe de laïcité devenu l’instrument de toutes les manipulations. La laïcité n’est pas un principe d’exclusion ou de stigmatisation. Elle est au contraire un cadre qui garantit la possibilité de vivre ensemble. […]

Des indicateurs, comme le nombre de mariages mixtes ou la plus grande tolérance des jeunes générations à l’égard de l’immigration, montrent une société plus ouverte qu’on ne le dit. C’est sur ces tendances d’avenir que la gauche doit s’appuyer et non pas sur les tendances mortifères du repli hexagonal.

Libération

Un collectif d’intellectuels : «Ne stigmatisons pas les musulmans !»

Tribune d’un collectif d’intellectuels dénoçant la «stigmatisation» des musulmans et la «laïcité d’exclusion». Parmi les signataires : Raphaël Liogier, sociologue ; Samy Debah, professeur d’histoire, président du CCIF ; Catherine Samary, économiste, militante altermondialiste …

Plutôt que de se lancer dans une surenchère législative qui viendra, une fois de plus, restreindre les libertés fondamentales au mépris des dispositions du droit positif, national et international, nous proposons de faire un état des lieux du développement de l’islamophobie en France.

A l’heure où nous traversons une crise économique et sociale de grande ampleur, la haine et le rejet s’expriment de plus en plus ouvertement à travers l’Europe ; force est de constater que la classe politique française ne prend pas suffisamment la mesure d’une forme de racisme qui se manifeste désormais librement dès lors qu’elle se dissimule sous les atours d’une laïcité dévoyée de son sens historique, pour en faire, entre autres, un outil de stigmatisation et d’exclusion des musulmanes et des musulmans. […]

Le devoir de neutralité, tel qu’invoqué par les tenants d’une laïcité d’exclusion, est la négation de toute forme de diversité. Il n’est ni plus ni moins qu’une censure de l’expression d’un choix, en l’occurrence religieux. […]

Le Monde

Belgique : 8000 fascicules sur l’immigration distribués dans les classes

Un livret sur l’immigration en Belgique a été distribué dans de nombreuses classes secondaires d’Anderlecht, dans la capitale Bruxelloise. Le livret publié par deux universitaires prône l’enseignement de l’immigration dans les écoles secondaires.

La brochure a été testée mercredi devant une trentaine d’élèves d’Anderlecht, dans la capitale Bruxelloise. Ces derniers sont entre autres marocains, turcs, brésiliens, pakistanais etc. Huit mille fascicules ont été distribués dans des classes secondaires.

Marco Martiniello et Andrea Rea sont deux universitaires belges qui viennent de publier un livret intitulé Une brève histoire de l’immigration en Belgique. En distribuant plus de huit milles fascicules dans les classes de secondaires, les deux universitaires entendent sensibiliser l’opinion nationale belge sur la question de l’immigration. […]

Cette initiative a été déjà connue en France, terre d’immigrés. Le pays compte plus de 7,2 millions d’immigrés venant d’horizons différents. Majoritairement de l’Afrique du Nord et de l’Afrique subsaharienne.

Ce livret résume plus d’un siècle d’immigration, de tensions et de questions qui y sont liées. Aujourd’hui, la question de l’immigration devient cruciale dans plusieurs pays européens. Pas uniquement en Belgique. Mais en France aussi. Les stigmatisations prennent de l’ampleur. Les maladresses commises par certains politiciens suscitent davantage de polémiques. […]

afrik.com

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En savoir plus sur le contenu de la brochure : cliquer l’image ci-dessous ou ici

Bruz/homme torturé : le maire appelle à ne pas « stigmatiser » (màj)

Addendum 01/02/13

En marge du débat d’orientation budgétaire, lundi soir, le maire de Bruz, Philippe Caffin, a fait une déclaration sur le fait-divers qu’a connu sa commune il y a tout juste une semaine.

Objectif : dire « toute [son] émotion » mais aussi demander qu’on évite la stigmatisation d’un quartier. « Ce drame s’est passé au Vert Buisson. Je sais que la tentation est grande de prendre les raccourcis les plus démagogiques pour expliquer l’inexplicable et je mets en garde ceux qui seraient tentés par l’amalgame simpliste et caricatural. Ils feraient fausse route. [...]

Cet événement dramatique dépasse largement le cadre de notre commune. Depuis plusieurs années, chacun sent la dégradation qui s’opère partout en France, alimentée par des ingrédients qui s’appellent le chômage, la crise, la misère sociale, la désespérance…»

MaVille.com

Merci à kalamine

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Un jeune homme de 21 ans a été retrouvé nu, mardi matin, dans un chariot de supermarché laissé dans une rue de Bruz (Ille-et-Vilaine). Il souffre de graves blessures. Huit personnes soupçonnées d’avoir participé à des degrés divers à son agression ont été placées en garde à vue.

Frappé de plusieurs coups de couteau, il «a subi des violences multiples de trois hommes, un majeur et deux mineurs», dans la nuit de lundi à mardi dans un appartement de cette ville proche de Rennes, a indiqué le procureur de la République de Rennes, Thierry Pocquet du Haut-Jussé.

 «Ces faits paraissent résulter d’une volonté de vengeance» a-t-il précisé. [...]

Le Parisien

Merci à Zatch

Todd/Le Pen ; le rire interdit

La boulette : il a rigolé. Invité de Mots Croisés sur France 2, Emmanuel Todd a ri à une remarque de Marine Le Pen. Choquant ? Pire : ce serait « un suicide en direct » pour le journaliste de Libé, Jean Quatremer, qui considère que Todd a ainsi affiché « sa complicité ». Vrai dérapage de Todd ou procès d’intention de Quatremer ? Le débat s’est poursuivi sur twitter entre Quatremer et le fondateur de Mediapart, Edwy Plenel. Avec une question de fond : peut-on approuver les propositions économiques de Marine Le Pen, et condamner ses positions sur l’immigration ? [...]

Invité de Mots croisés lundi 28 janvier, l’historien démographe (reçu à de nombreuses reprises dans nos émissions et auteur d’un livre publié chez nous) a ri à une remarque de Marine Le Pen à propos de l’intervention militaire de la France au Mali. Interrogé sur l’importance de la construction d’une défense européenne, Le Pen a assuré que la France n’avait pas à s’excuser d’être partie seule au combat. « Est-ce que c’est un succès d’être ensemble ? Moi j’ai vu en Afghanistan, tout le monde y était. Excusez-moi, quand on regarde les résultats, ce n’était pas particulièrement brillant », a-t-elle ironisé. Et là, c’est le drame… [...]

Mais pour le correspondant de Libération à Bruxelles, Jean Quatremer, pas de doute : il s’agit d’un rire complice. Réagissant sur twitter, il  s’est dit choqué par cette attitude :

Hebergeur d'image

Ce n’est pas la première fois que Todd est accusé d’être sur la même ligne économique que le Front national. Todd a déclaré avant la campagne présidentielle que le Front national avait le « seul programme économique raisonnable ». [...]

Arrêt sur images

Merci à antibarbare

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Les extraits de l’émission :