Allemagne – Le vent en poupe pour le parti des eurosceptiques : « l’Euro, ça suffit ! »

______________________________________

Helmut Kohl : ‘S’il y avait eu un referendum sur l’introduction de l’euro, je l’aurais perdu à 7 contre 3′

Je savais que je ne pourrais jamais remporter un referendum en Allemagne. Si un referendum avait été organisé pour l’introduction de l’euro, nous l’aurions perdu. C’est assez évident. Je l’aurais perdu, et de 7 contre 3

a déclaré en 2002 l’ancien chancelier allemand Hemut Kohl, au cours d’un entretien avec Jens Peter Paul, un journaliste allemand.
Cette année là, les euros avaient remplacé le deutschemark, mais ce n’est que récemment que cette interview, dont le Telegraph s’est fait l’écho, vient d’être publiée. « Pour qu’un chancelier implémente quelque chose, il doit être un homme de pouvoir. Et s’il est intelligent, il sait quand c’est le bon moment.

Dans un cas en particulier – l’euro –j’ai agi comme un dictateur.

(…) L’euro est un synonyme pour l’Europe.

L’express

« Une augmentation du smic serait inefficace sans une sortie de l’euro »

François Contensou, professeur honoraire à l’Essec, estime que l’augmentation du salaire minimum – mesure proposée notamment par François Hollande et Jean-Luc Mélenchon – n’est viable que si elle s’accompagne de mesures protectionnistes et d’une sortie de l’euro.

(…) Pourtant, le smic a déjà fait l’objet d’augmentations en France…

En effet, le salaire minimum a notamment été relevé après les accords de Grenelle en 1968. Mais à l’époque, la situation était différente, puisque notre monnaie était le franc. Sa dépréciation a pu maintenir la compétitivité des produits français, et ce, malgré la hausse des prix.

Or, aujourd’hui, avec l’euro, on ne peut pas compter sur une dépréciation monétaire.

C’est pourquoi une hausse substantielle du smic n’est pas une mesure viable si elle est isolée. Elle devrait forcément être accompagnée d’un certain nombre de mesures, notamment protectionnistes. Il faudrait également sortir de l’euro, pour être en mesure d’effectuer une dévaluation compétitive de notre monnaie – ou bien il faudrait que le smic soit également augmenté de manière comparable dans les autres pays européens.

Le Monde

Marc Touati : « La fin de l’euro, un débat interdit »

Dans son dernier livre, l’économiste, d’ordinaire très demandé par les médias pour son franc parlé, s’inquiète du soudain black out qui lui a été imposé. Pour lui, l’évocation même de l’explosion de l’euro est un sujet tabou.

[...] Marianne : Vous êtes classé parmi les économistes libéraux qui ont accès aux grands média, vos interventions sont nombreuses sur toute une série de sujets. Pourtant, on vous a peu entendu sur l’explosion de euro. Pourquoi ?

Marc Touati : L’idée de ce livre est née à la suite d’une tribune intitulée « Le jour ou la zone euro a explosé » qu’un grand journal de droite n’a finalement pas publié. Comme si l’on ne pouvait pas débattre de ce sujet. Que Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen s’attaquent à l’euro, tout le monde considèrent qu’ils sont dans leur rôle. Mais qu’un économiste comme moi ose poser la question de la pérennité de la monnaie unique et c’est le black out médiatique. [...]

La question de l’euro est tabou. En France, on ne peut pas parler des sujets qui fâchent. Tant qu’on dit « cette crise est une crise grecque », ça va.

Mais quand on dit « c’est une crise de l’euro et que la France est menacée », ça ne passe pas. Il faut pourtant dire aux gens que c’est possible. Quand bien même je ne le souhaite pas, cela demeure une issue possible. Mais comme l’establishment économique et médiatique a décrété que c’était un non sujet, on n’en parle pas [...]

Marianne