Le score du FN inquiète l’UE

Plusieurs pays européens ont exprimé lundi leur préoccupation après le score historique obtenu par « l’extrême droite » eurosceptique française au premier tour de l’élection présidentielle, qui confirme une tendance lourde dans plusieurs pays de l’UE.

Je suis inquiet de ce sentiment que nous constatons contre des sociétés ouvertes, une Europe ouverte. Cela me préoccupe, et pas seulement en France. (Carl Bildt, ministre suédois des Affaires étrangères)

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise, Jean Asselborn (socialiste), a accusé le chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy d’être en partie responsable du succès de la candidate du Front national (FN) par son choix de faire campagne sur les frontières européennes trop poreuses à ses yeux et le contrôle de l’immigration. Ces inquiétudes ont été exprimées en marge d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Luxembourg.

Le ministre danois des Affaires étrangères, Villy Sovndal, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne jusqu’à fin juin, a jugé que le résultat du vote de dimanche était «extrêmement préoccupant», estimant qu’il s’inscrivait dans une tendance générale en Europe également illustrée par la poussée de partis politiques de la même famille au Danemark ou en Finlande.Son homologue autrichien, Michael Spindelegger, a parlé d’un «résultat très probant pour (Marine) Le Pen» qui «doit tous nous faire réfléchir» [...].

Le Progrès (Merci à Firewall2 )

Oslo : La violence refoulée des sociétés scandinaves

Analyse d’André Grjebine, ancien chef du service économique du journal Combat et chercheur en sciences politiques au CERI, sur les sociétés scandinaves.

Dans un pays aussi homogène culturellement et ethniquement que l’était la Norvège, cette évolution peut être perçue par certains comme traumatisante. D’autant plus traumatisante que les élites culturelles et politiques, notamment les sociaux-démocrates, se sont acharnées à nier le problème […].

Les sociétés scandinaves sont relativement mal connues en France, mais elles sont souvent dépeintes comme des sociétés idéales, de bien-être, pacifiques, où règne un consensus politique.

La recherche systématique du consensus a pour contrepartie la crainte répandue d’une marginalisation de celui qui ose exprimer une opinion contraire à ce que la majorité considère comme «moralement acceptable». C’est la fameuse «loi de Jante» décrite au début des années 1930 par l’écrivain norvégien Aksel Sandemose. Un ancien ministre norvégien me disait : «la loi de Jante, c’est la loi la plus importante de notre pays beaucoup plus que notre constitution». […]

Pour «expliquer» son geste, Anders Breivik a expliqué sa détermination à combattre la politique d’immigration et empêcher la diffusion de l’Islam. Quelle est la politique d’immigration de la Norvège et les débats sont-ils ouverts sur le sujet ?

L’immigration non occidentale, était encore très faible au début des années 1970. Elle a progressé spectaculairement depuis lors. Au 1er janvier 2009, les immigrés et les personnes d’origine immigrée (au moins un parent né à l’étranger) représentaient 14,7 % de la population (10,6 % si on ne compte que les personnes immigrées et celles qui ont leurs deux parents nés à l’étranger), dont près de la moitié était des non-Occidentaux. […]

Avant même les événements dramatiques dont nous parlons, des médias norvégiens ont commencé à prendre conscience que la politique de l’autruche n’était plus de mise. L’un des principaux journaux, Dagbladet, a publié il y a quelques temps des articles retentissants sur le thème : qu’arrivera-t-il quand la Norvège sera musulmane ? avec des interviews d’intellectuels, des sondages. Ce sont des choses inconcevables en France. Ce qui prouve que tout n’est pas aussi figé et homogène. […]

Marianne 2