Cités de Marseille : après la police, le social

La 2e phase des opérations « globales » dans les quartiers sensibles engagée. L’exemple de Bassens et de la Paternelle

À la Paternelle, les CRS ont levé le camp. Des opérations chirurgicales vont être menées pour dissuader les trafiquants. Place désormais aux acteurs sociaux.

À quoi aspirent les habitants de Félix-Pyat (3e), de Bassens (15e), du Clos la Rose (13e), la Paternelle (15e) ou la Solidarité (15e) ? Dans leur grande majorité, à mener une existence paisible, à nourrir honnêtement leur famille et à ne pas subir les pressions du petit groupe de trafiquants qui tire leurs cités vers le bas. En clair, sortir de leur précarité sociale. En initiant les opérations « globales » dans la Zone de sécurité prioritaire (ZSP), c’est bien vers cet objectif que les pouvoirs publics se sont tournés.

Une mission très ambitieuse lorsque tous les indicateurs sont au rouge, qu’il s’agisse d’emploi, de niveau de vie ou de l’image déplorable dont jouit l’État dans certains quartiers. La sécurité est le préalable.

Depuis le mois de janvier, les cités désignées pour inaugurer la méthode globale, qui comprend des phases de répression et de resocialisation, ont vécu les descentes de police, les dealers arrêtés et ont vu les CRS occuper le terrain, contrôler les allées et venues, afin d’éviter que les trafics ne se réinstallent

Marie Lajus, préfète déléguée à l’égalité des chances, supervise le volet social de l’opération menée dans les cités. Elle livre les grandes lignes de l’action de l’État en matière de réinsertion professionnelle et d’amélioration du cadre de vie.

Comment initier l’action de l’État dans ces zones sensibles ?
Marie Lajus : À partir du moment où la sécurité est rétablie, l’action sociale peut s’exprimer. Maintenant, il faut aller au-delà et aider la population à franchir cette étape. Dans certaines cités, les travailleurs sociaux ne vont plus, où les dealers les empêchent d’intervenir. Dans ces cas-là, c’est une catastrophe.

Quelles sont les étapes que vous allez mettre en oeuvre ?
M.L. : Dès que l’opération policière est lancée, nous assurons une présence plus forte des éducateurs. Puis, dans les jours qui suivent, nous réunissons l’ensemble des acteurs sociaux, dans chaque cité. Ensuite, l’idée, c’est de mettre en oeuvre tout de suite des actions très visibles. Le bâilleur va murer des caves ou des appartements squattés par les dealers et les rénover pour les rendre à la population.[...]

La Provence

Social ou sociétal, la gauche doit-elle choisir ?

L’urgence sociale permet-elle de mener dans le même temps des réformes «sociétales» comme le mariage pour tous ou le droit de vote des étrangers ? A gauche, le débat n’est pas nouveau. Mais il se fait d’autant plus jour quand celle-ci se retrouve au pouvoir dans un contexte de croissance quasi nulle.

Certains vont plus loin en accusant la majorité parlementaire de se servir de ces thèmes sociétaux comme d’un paravent clivant aux renoncements économiques socio-libéraux de l’exécutif.

Après un peu plus de six mois de gauche au gouvernement, le juste équilibre entre le social et le sociétal nourrit les argumentaires de l’opposition et divise de plus en plus au sein du PS.

De la gauche du parti, emmenée par Emmanuel Maurel, à la Gauche populaire, un collectif d’élus animé par les députés Laurent Baumel et Philippe Doucet avec le conseiller régional François Kalfon, de plus en plus de voix s’élèvent pour juger que face à la crise, ses wagons de plans sociaux et ses fins de mois toujours plus difficiles pour des millions de Français, il n’est pas pertinent que le mariage pour tous ou le droit de vote des étrangers – mais aussi dans une moindre mesure le non cumul des mandats ou même la loi sur la fin de vie –, fassent partie des sujets dont le gouvernement et surtout la majorité parlent le plus. […]

Dans un appel adressé lundi à François Hollande, une douzaine de députés autour de Doucet, Baumel et Kalfon l’ont enjoint à changer de cap. Pour éviter le décrochage social et électoral des millions d’ouvriers et d’employés qui ont permis son élection. Une demande à laquelle Bruno Le Roux, a opposé une fin de non recevoir. […]

Libération

« Le Collectif des mal logés en colère » a occupé le Centre d’analyse stratégique de Paris (+vidéo de l’évacuation)

Une cinquantaine de mal-logés ont occupé jeudi 15 novembre 2012 en milieu de journée l’hôtel particulier accueillant à Paris le siège du Centre d’analyse stratégique (CAS), un institut dépendant du premier Ministre. Ils en ont été délogés vers 14H00 par les forces de l’ordre, sans avoir eu accès à un interlocuteur, a précisé un porte-parole du collectif.

Capital et Libération

Mayotte : les syndicats boudent la signature de l’accord de sortie de crise


© AFP/RICHARD BOUHET

Il ne manquait plus qu’une signature pour mettre fin à quarante-cinq jours de grève à Mayotte. L’intersyndicale et les associations de consommateurs de l’île avait en effet donné leur accord, mercredi 9 novembre, à la « suspension » du mouvement social contre la vie chère et leur intention de signer le projet de sortie de crise présenté par le médiateur gouvernemental et ex-préfet de ce département de l’océan Indien, Denis Robin. […]

BAISSE DES PRIX
Pourtant, l’intersyndicale n’est pas venue signer, jeudi matin, l’accord tant attendu. […] Comme prévu. Le projet d’accord prévoit une baisse des prix de la viande de bœuf de 10 %, principal point de crispation du mouvement, une fixation du prix du sable de construction à 35 euros la tonne partout dans l’île et une négociation concernant le gaz, dont le prix est maintenu jusqu’à l’entrée en vigueur de la réglementation par l’Etat.

Présent à la Case Rocher, M. Robin a affirmé que sa tâche était terminée. Il laisse désormais le protocole entre les mains du préfet de l’île et doit quitter le département après un peu moins de dix jours passés sur place. […] La crise a conduit à des pénuries, à l’interruption de l’activité commerciale et touristique ainsi qu’à des heurts violents entre manifestants et forces de l’ordre. Des violences qui ont fait un mort et plusieurs blessés depuis le 21 septembre.

Le Monde

Roubaix : Un comité de quartier très actif

Hier, le comité de quartier du Pile organisait sa cérémonie de voeux dans son local de la rue Desaix. Dans l’assistance aucun élu mais une poignée de dames qui suivent les cours d’alphabétisation organisés en partenariat avec la Solidarité.

Raymond Platteau, ancien enseignant coordonne le dispositif alphabétisation. Un succès : 75 femmes conscientes de ce que leur émancipation passe par la maîtrise du français.

Un nouveau bureau a vu le jour l’an dernier. C’est un résidant de l’ARELI (agissons ensemble pour l’insertion), Abdelkader Senouci qui le préside. La trésorière Nawal Badaoui qualifie de mitigée l’année écoulée. Certes, en raison de retards de financement, le comité a dû licencier le permanent – l’écrivain public a pour sa part été reclassé au centre social.

Des nouveaux venus ont rejoint le conseil d’administration. Des relations ont été nouées avec la mosquée Abou Bakr et les associations Rhizomes et Détournoiement.

Roubaix ma ville/Nord Éclair

Mondialisation, délocalisations, dumping

Tribune libre de Paysan Savoyard, faisant suite à celles parues les 8/04/10, 13/06/10 et 24/09/10, ces différents articles composant une série consacrée aux politiques économiques et sociales suivies depuis cinquante ans.

Le processus de libéralisation entrepris dans les pays industrialisés à la fin des années 1970 (voir la Tribune parue le 24/09/10) s’est accompagné de la mondialisation de l’économie de marché. La mondialisation est le processus qui conduit d’une part la plupart des pays de la planète à adopter l’économie de marché et qui les amène d’autre part à développer entre eux des échanges économiques croissants, échanges qui concernent les biens, les services et les capitaux.

La mondialisation : une application des thèses libérales

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Les trois France : France des privilégiés, France d’origine immigrée, France ostracisée

Par Michel Geoffroy

La crise sociale rampante que connaît notre pays révèle une fracture profonde qui divise de plus en plus la France en trois groupes concurrents, en trois France rivales.

La France des autochtones comprend désormais qu’elle est abandonnée de la France des privilégiés, de la France officielle, et concurrencée par la France immigrée pour l’accès aux emplois et aux prestations sociales. Cette situation est politiquement et socialement explosive.

Les conflits sociaux, parfois violents, accompagnant la réforme des retraites constituent un avertissement adressé à la France privilégiée par la France ostracisée.

Un avertissement qui s’inscrit dans le grand mouvement de protestation populaire qui se dessine partout en Europe pour des raisons comparables et que les médias appellent « populisme » pour tenter de le dévaluer. Mais le mouvement est en marche.

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Bye bye salaire fixe

Frappés par la crise et victimes d’une dette publique écrasante, plusieurs États ont décidé de baisser les revenus. Une mesure impopulaire, mais jugée nécessaire faute de pouvoir dévaluer leur monnaie.

Dublin, février 2009. Manifestation contre les mesures d’austérité imposées par le gouvernement Irlandais.

L’intouchable, le sacro-saint salaire garanti des fonctionnaires n’est plus. La Grèce, qui a décidé de réduire d’environ 7% la rétribution des employés du secteur public n’est que le dernier des pays qui ont fait des choix semblables à l’intérieur et hors de la zone euro, il y a un peu plus d’un an. L’histoire a toutefois commencé non pas sur les rives de la Méditerranée, mais sur celles de la Baltique.

Les salaires des fonctionnaire de Lettonie, ce petit pays balte qui a le premier allumé les feux de détresse de cette course au rabais, étaient redescendus en octobre 2009 aux niveaux de 2006. Les réductions, jusqu’à 20% pour les enseignants et quelques autres catégories, ont été durement contestées pendant l’hiver et le printemps dernier, mais elles ont finalement toutes été acceptées.

Les prévisions quant à une dévaluation imminente ont ainsi été déjouées ; le pays a finalement surmonté l’effondrement de son PIB – moins 17% en 2009 – et aujourd’hui il a redressé ses comptes. Et la dette du pays n’est plus considérée à haut risque par les sociétés de notation.

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Crise et mutation (suite et fin)

Il y a quelques jours, nous avons publié sur Fortune deux extraits d’un livre-dialogue, insolite et inclassable, qui vient de paraître, « Crise et mutation ». En voici un troisième et dernier passage, dû à Jean-Pierre Crépin, ex-associé du groupe de marketing HighCo, spécialiste de la mutation consommateur citoyen.

« L’individu ayant abandonné sa liberté au profit du social, peut, en cas de retournement, se déchaîner contre ce qu’il adulait jusque-là. » (Charles Antoni)

Certes, mais depuis la chute des idéologies, les insurrections auxquelles nous aurons droit seront d’un autre ordre ou plutôt le prolongement de celui-ci. Nous sommes devenus les sous-produits d’un mode de vie érigé en tant que culture : le consumérisme et la culture des Marques devenus philosophie de vie.

Les émeutes de la Gare du Nord avaient donné lieu à des commentaires, où il s’agissait de déterminer si nous étions en présence d’une révolte sociale, ou d’actes de délinquance. Un syndicat de police nous certifiant que nous étions en présence de délinquants, puisqu’il y avait eu pillage d’un magasin de chaussures.

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La fallacieuse théorie du libre échange et la diabolisation du protectionnisme

Marc Rousset, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou. Le continent paneuropéen face au choc des civilisations » (Editions Godefroy de Bouillon, 2009), critique le dogme du libre-échangisme et prône le rétablissement du protectionnisme.

«  De tous les dogmes économiques, le libre-échange est celui sur lequel les néo-libéraux sont le plus intraitables. Formulé il y a presque deux siècles dans le contexte théorique de l’immobilité des facteurs de production (capital et travail) et de la division internationale du travail, il est toujours présenté comme le nec plus ultra de la modernité, et comme la recette du développement et de la croissance.

Ses hérauts ont réussi le tour de force de le pérenniser dans un contexte exactement contraire à celui de sa conception : aujourd’hui, le capital ne connaît plus aucune entrave à sa circulation internationale et la main d’œuvre devient, elle aussi, de plus en plus mobile. Quant à la division internationale du travail, elle appartient au passé, avec la multiplication des entreprises mettant en œuvre des technologies de pointe dans les pays à bas salaires. L’économie mondiale est devenue un bateau ivre, sans gouvernail.

(…) Alors que le discours dominant du journalisme économique proclame depuis deux décennies que le protectionnisme est le mal absolu, les travaux scientifiques les plus récents aboutissent à un résultat inverse. Il y a donc discordance entre les discours économiques médiatiques et le discours scientifique.  »

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