Etats-Unis : une mesure destinée à favoriser la « diversité » fait progresser la ségrégation raciale

A Minneapolis, un programme gouvernemental destiné à favoriser l’égalité des chances entre enfants de toutes origines a eu pour effet d’augmenter la ségrégation raciale.

Une étude de l’université du Minnesota a montré qu’il y avait plus d’étudiants blancs que d’étudiants de couleur qui quittaient les quartiers « racialement diversifiés » ["racially diverse"] pour s’inscrire dans des zones majoritairement blanches.

C’est une variante du « white flight » des années 70 et 80, où les familles blanches déménageaient de zones urbaines dont la composition ethnique se modifiait, ou qui envoyaient leurs enfants dans des écoles privées plutôt qu’à l’école publique.

Selon cette étude, la tendance observée est d’ailleurs en augmentation. En 2000-2001, les déplacements d’étudiants d’une zone à une autre ont provoqué un accroissement de 20% de la ségrégation raciale. Ce chiffre est passé à 36% en 2009-2010.

Les zones qui ont gagné le plus d’étudiants sont les zones majoritairement blanches, qui sont devenues plus blanches encore.

Source en anglais
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Complément vidéo

« La ghettoïsation de la société française est en marche : les gens se fuient mutuellement. Toute famille française qui veut un avenir pour ses enfants et qui veut un bon voisinage, elle se sauve ! Tous les gens des classes moyennes de Sarcelles et de Montfermeil, ils n’ont qu’une envie, c’est de se tirer. » Jacques Marseille [1945-2010]

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Arkansas : Confessions d’un élu raciste (vidéo)

• « L’esclavage a été un bienfait déguisé », les Noirs sont « indisciplinés », « ignorants ». Des propos tirés du dernier livre de Jon Hubbard, représentant républicain à la légisature de son Etat. Dans cette région très conservatrice, le ségrégationnisme hante encore la mentalité de certains élus.

(…) Courrier International

Eric Fassin: «La politique actuelle oppose à l’immigration une identité nationale blanche»

Eric Fassin participe jeudi au débat sur le racisme organisé au musée du quai Branly en partenariat avec le CNRS. En attendant, le sociologue répond aux questions de 20 Minutes pour dresser un panorama du racisme en France.

Quelles formes prend le racisme en France en 2012?

Aujourd’hui, la question du racisme ne se pose plus dans les mêmes termes qu’hier. Il s’agit moins d’un racisme d’en bas, populaire, et davantage d’un racisme d’en haut, d’Etat. Par exemple, Brice Hortefeux, alors ministre, a été condamné pour injure raciale [avant d’être relaxé en appel]. Ce n’est pas un problème individuel: la politique actuelle entraîne une racialisation de la France, en opposant à l’immigration une identité nationale blanche.

Est-il du coup plus difficile à combattre?

L’anti-racisme ne doit plus seulement combattre le racisme idéologique, mais aussi les discriminations systémiques, qui dépassent les intentions et les idéologies. Prenons deux exemples: les journalistes et les universitaires. Dans les deux cas, presque tout le monde est anti-raciste, mais tout le monde ou presque est blanc.

Mais la discrimination positive n’entretient-elle pas une certaine forme de racisme?

On touche ici au paradoxe minoritaire cher à l’historienne féministe américaine Joan Scott. Les minorités prennent la parole «en tant que» pour ne plus être traitées «en tant que». Il est trop facile d’y dénoncer une contradiction qui est en réalité inscrite dans notre société: on prône l’universalisme républicain, mais on pratique la ségrégation. Comment parler de discriminations raciales sans parler de catégories raciales? (…)

20 minutes

Norvège : Ségrégation contre les élèves de minorités ethniques dans une école parce que les enfants blancs se sentaient «en minorité»

Au lycée Bjerke d’Oslo, cette décision divise étudiants et parents, suscitant une vague de protestation à travers la ville.

Les enseignants ont déclaré que la ségrégation dans l’une des trois classes de la filière générale tenait au fait que de nombreux Blancs avaient changé d’école parce qu’ils se sentaient «en minorité».

Après que les autorités eurent été alertées par des parents inquiets, l’établissement a été contraint d’envoyer une lettre aux parents pour s’excuser et abandonner ce système.

Toutefois, un chrétien démocrate dénommé Robert Wright, ancien directeur du Conseil d’administration des écoles municipales, a indiqué que les autorités avaient eu tort de s’opposer à cette décision, alors que d’autres écoles d’Oslo suivaient l’exemple de Bjerke pour mettre fin à « l’exode des Blancs ».

«Je pense que nous devons essayer de voir comment cela fonctionne, a-t-il déclaré au Daily Telegraph. Le lycée de Bjerke a mis au point une solution radicale à un problème réel, mais les politiciens ont simplement dit «non».

Le Ministre de l’Éducation Torge Odegaard a déclaré que toute ségrégation fondée sur la race était inacceptable.

L’immigration est devenue un sujet difficile pour les Norvégiens depuis qu’Anders Breivik, l’extrémiste anti-islamique qui a massacré 77 personnes à Oslo en juillet, a déclaré aux policiers qu’il voulait provoquer une «révolution» contre le multiculturalisme qui, selon lui, détruisait le patrimoine de l’Europe.

Il y a actuellement à Oslo 420 000 citoyens «non nordiques » qui ont immigré entre 1990 et 2009, et qui représentent 28% de la population.

La politique de l’école a été découverte seulement après qu’un parent d’élève originaire du Punjab, Avtar Singh, eut demandé à la directrice du lycée, Gro Flaten, pourquoi son fils Gurjot n’avait pas de camarades d’origine ethnique norvégienne.

«Elle a dit sans ambages que les étudiants d’origine norvégienne décrochaient s’ils n’étaient pas regroupés dans des classes plus petites », a-t-il indiqué au journal Dagsavisen.

Mme Flaten déclaré au Daily Telegraph: «Nous avons pris cette décision en raison du fait que de nombreux étudiants norvégiens partaient dans d’autres établissements parce que le pourcentage d’élèves provenant d’autres nations était trop élevé. Ils semblaient être en minorité. »

Des élèves du lycée se sont élevés contre cette politique.

«C’est de l’apartheid. Ils font cela parce que je suis originaire d’Afrique et que mon père est originaire d’Afrique», a déclaré Ilias Mohamed, 17 ans, originaire de Somalie, qui faisait partie de la classe constituée uniquement d’immigrants. «Mais nous sommes tous Norvégiens.»

Daily Mail

(Merci à Aegir,  Jeanjean et Tartampion)

NPA : Appel 2012 pour «un printemps des quartiers populaires»

Le 4e Forum social des quartiers populaires aura lieu les 11 et 12 novembre à l’Université de Saint-Denis (93). Le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) y participe. Dès sa création en février 2009, le NPA a déclaré prioritaire son intervention dans les quartiers populaires (QP).

Les militantEs ayant dynamisé le mouvement révolutionnaire de Mai 68 ont fait leurs «armes» pendant la guerre d’Algérie aux côtés du FLN et par la suite aux côtés du MTA.

Chacun le sait… ceux qui vivent dans les quartiers populaires, les femmes et les hommes, issus de l’immigration ou pas, souvent musulmans, noirs ou roms, sont soumis à la ségrégation, au chômage, au racisme, et au contrôle policier au faciès – et ne trouvent dans les institutions et la vie politique aucun moyen d’exprimer leurs attentes et aspirations.

Les oppressions et les résistances qui se tissent dans les banlieues sont traitées en termes de problème sécuritaire ou de réactivation de l’«identité nationale» – les musulmans d’aujourd’hui étant de plus en plus stigmatisés comme les juifs d’hier.[…]

Programme (extrait). Vendredi 11 novembre. 14 heures : s’organiser dans les quartiers, une histoire politique spécifique.
Avec Khemissi Djataou (Mouvement des travailleurs arabes), Tarek Kawtari (Comité contre la double peine au Mouvement de l’immigration et des banlieues, Île-de-France), Pierre-Didier Tchétché Apéa (Agora à Divercité, Lyon), Salah Amokrane (Tactikcollectif et Motivé-e-s, Toulouse) et Abdelaziz Chaambi ((Union des jeunes musulmans au Collectif des musulmans de France). […]

NPA (Merci à BZHskunkià)

Villiers-le Bel : la guerre des races mise en scène

Samedi, je participais à une discussion sur le thème : « « Nous et eux ». Héritage colonial ou nouveau débat ? » Ça se passait à l’École Normale Supérieure. Bien loin de Villiers-le-Bel. L’intérêt de l’intitulé résidait dans le « Nous et Eux », figures interchangeables de l’autre. Chacun se vivant comme le « nous » et voyant celui d’en face comme le « eux ». De Villiers, nous avons peu parlé. Il s’est plutôt agi de tenter de déterminer la part du post-colonial, du racial ou du social dans le malaise français.

Mais ces mots me sont restés. « Nous et eux ». Et leur signification dans ce procès en appel qui s’ouvre aujourd’hui. En première instance, ce qui frappait c’était la stricte séparation de la salle entre Noirs et Blancs. Noirs : les accusés et le public. Blancs : les policiers, les juges et les jurés. Comme une photographie monstrueuse de notre société qui venait prouver à tous qu’il n’y avait rien à faire contre cette racialisation de la France. Cette impossibilité à construire un pays dans lequel nous vivrions ensemble. Cette assignation de chacun à sa catégorie. Le Blanc incarnant l’ordre juste ou la répression. Le Noir la résistance à l’injustice ou le crime. C’est selon. Dans ce procès là, pas de place pour le musulman, le juif ou le Rom, ils apparaissent dans d’autres faits-divers d’autres affrontements, le long des nombreuses lignes de fracture qui traversent la société française.

Karim Miské