Pourquoi la chaîne al-Jazeera s’intéresse «au côté noir de la France»

A quelques semaines d’intervalle, la chaîne qatarie al-Jazzera English diffuse deux séries de documentaires sur le rapport singulier que la France entretient avec l’Afrique. D’abord en retraçant son passé colonial, The french african connection, puis l’histoire des Noirs en France, Black France.

La programmation de ces deux séries est assez symptomatique de l’intérêt des chaines anglo-saxones et arabes pour l’actualité «communautaire» en France. La laïcité, le voile, l’islam, les Noirs, la race…reviennent fréquemment agiter les esprits français et suscitent souvent de vifs débats. A l’étranger, cela est grandement commentée, notamment dans la presse arabophone.

Dans la présentation de la dernière série, le ton est clair: la France républicaine ne reconnaît pas «son côté noir». Après avoir rappelé que le mot «race» avait été supprimé des textes de loi français, en mai 2013, le site al-Jazeera note que les Français de couleur noire ne se sont pas très représentés dans les divers institutions du pays. Un paradoxe très français.

«Même aujourd’hui, sur 577 députés, l’Assemblée nationale ne compte que 4 Noirs» Black France

Divisée en trois volets, cette série entreprend de raconter «l’histoire des Noirs en France»: «une longue histoire de ségrégation, racisme, protestation, violence, culture et développement communautaire», introduit le site internet de la chaîne qatarie. Une semaine plus tôt, al-Jazeera s’intéressait à la Françafrique : son histoire et ses résurgences dans l’actualité contemporaine. […]

Slate Afrique (Merci à Zatch)

Aux Etats-Unis, 40% des blancs n’ont aucun ami d’une autre « race »

Un sondage, publié par l’agence de presse Reuters, illustre les divisions raciales encore présentes aux Etats-Unis. Leur étude montre que seulement un blanc sur dix aurait un compagnon ou une compagne d’une autre « race », et que 40% des blancs n’auraient aucun ami issu d’une autre minorité. Une tendance qui tend toutefois à se réduire chez les jeunes Américains.

France Info

Detroit (Etats-Unis) : 84% de Blancs en 1950. 83% de Noirs en 2010

[Extrait d'interview] Heidi Ewing et Rachel Grady ont réalisé un documentaire sur Détroit, sur le déclin de la ville et sur les bouleversements de population.

La ville de Detroit a connu un bouleversement démographique durant les récentes décennies. On est passé d’une ville habitée à 84% par des Blancs en 1950 à une ville habitée par des Noirs à 83% en 2010.

Beaucoup de gens voient dans les émeutes des années 60 le tournant de la ville en termes de viabilité et de qualité de vie.

La plupart des habitants blancs ont commencé à abandonner la ville et n’y sont jamais retournés. Et c’est ce qui s’est passé dans beaucoup d’autres villes. Les Blancs s’enfuyaient. De partout.

Dans beaucoup de villes, le même phénomène a eu lieu. Ce qui est arrivé à Détroit n’a rien de particulier. Mais ca s’est fait à plus grande échelle.

Washington Post

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Rappel :  le 18 juillet 2013, la ville de Detroit s’est déclarée officiellement en faillite

La Grèce condamnée pour ségrégation

La Grèce a été condamnée aujourd’hui par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour avoir instauré dans un bourg du centre du pays une école réservée aux enfants Roms, une pratique que la Cour qualifie de « ségrégation ethnique » et qui perdure encore aujourd’hui.

Les juges européens ont estimé que l’organisation de l’enseignement scolaire dans la petite ville de Sofades, peuplée à moitié de Roms, était discriminatoire et portait atteinte au droit à l’instruction. Ils ont ordonné aux autorités grecques de verser 1.000 euros de dommage moral à chacune des huit familles requérantes.

(…) Le Figaro

(Merci à Chantecler)

Fin de la gratuité des classes préparatoires : Un «amendement punitif» ?

Les députés ont adopté peu après minuit, dans la nuit de jeudi 23 à vendredi 24 mai, le principe de payer des droits d’inscription en classe préparatoire et ont créé un droit d’accès à ces classes pour les meilleurs bacheliers, dans le cadre du projet de loi sur la recherche et l’enseignement supérieur. La gratuité de l’enseignement dans les lycées publics ne bénéficiera donc plus aux élèves des classes préparatoires aux grandes écoles, selon un amendement PS voté contre l’avis du gouvernement.

Jérôme Guedj a défendu cet amendement qui a pour but de lutter «contre les ségrégations notamment spatiales».

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso a donné un avis défavorable, craignant qu’il contrevienne au «principe constitutionnel de gratuité». L’origine sociale des élèves en classe préparatoire est «particulièrement favorisée» : 50% d’étudiants dont les parents sont cadres supérieurs alors qu’ils représentent 30,3% des étudiants de l’ensemble des formations de l’enseignement supérieur, selon le député PS Vincent Feltesse rapporteur du projet de loi et auteur de cet amendement [...]

«Ce n’est pas un amendement symbolique, mais un amendement punitif, construit sur des idées reçues» s’indigne déjà Sylvie Bonnet, présidente de l’Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques.

Pour M. Feltesse, «c’est une mesure symbolique, qui rapportera quelques millions d’euros et alimentera un fonds pour les boursiers.» [...]

Europe 1 ; Le Monde

Etats-Unis : une mesure destinée à favoriser la « diversité » fait progresser la ségrégation raciale

A Minneapolis, un programme gouvernemental destiné à favoriser l’égalité des chances entre enfants de toutes origines a eu pour effet d’augmenter la ségrégation raciale.

Une étude de l’université du Minnesota a montré qu’il y avait plus d’étudiants blancs que d’étudiants de couleur qui quittaient les quartiers « racialement diversifiés » ["racially diverse"] pour s’inscrire dans des zones majoritairement blanches.

C’est une variante du « white flight » des années 70 et 80, où les familles blanches déménageaient de zones urbaines dont la composition ethnique se modifiait, ou qui envoyaient leurs enfants dans des écoles privées plutôt qu’à l’école publique.

Selon cette étude, la tendance observée est d’ailleurs en augmentation. En 2000-2001, les déplacements d’étudiants d’une zone à une autre ont provoqué un accroissement de 20% de la ségrégation raciale. Ce chiffre est passé à 36% en 2009-2010.

Les zones qui ont gagné le plus d’étudiants sont les zones majoritairement blanches, qui sont devenues plus blanches encore.

Source en anglais
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Complément : Jacques Marseille

« La mixité sociale ? Ca ne marche pas. Ca ne marche absolument pas. La plupart des Français* veulent se retrouver entre eux. Les gens se fuient mutuellement. Toute famille française qui veut un avenir pour ses enfants et qui veut un bon voisinage, elle se sauve ! Tous les gens des classes moyennes de Sarcelles et de Montfermeil, ils n’ont qu’une envie, c’est de se tirer. » Jacques Marseille [1945-2010]

[*Jacques Marseille sous-entend les Français de souche]

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Arkansas : Confessions d’un élu raciste (vidéo)

• « L’esclavage a été un bienfait déguisé », les Noirs sont « indisciplinés », « ignorants ». Des propos tirés du dernier livre de Jon Hubbard, représentant républicain à la légisature de son Etat. Dans cette région très conservatrice, le ségrégationnisme hante encore la mentalité de certains élus.

(…) Courrier International

Eric Fassin: «La politique actuelle oppose à l’immigration une identité nationale blanche»

Eric Fassin participe jeudi au débat sur le racisme organisé au musée du quai Branly en partenariat avec le CNRS. En attendant, le sociologue répond aux questions de 20 Minutes pour dresser un panorama du racisme en France.

Quelles formes prend le racisme en France en 2012?

Aujourd’hui, la question du racisme ne se pose plus dans les mêmes termes qu’hier. Il s’agit moins d’un racisme d’en bas, populaire, et davantage d’un racisme d’en haut, d’Etat. Par exemple, Brice Hortefeux, alors ministre, a été condamné pour injure raciale [avant d’être relaxé en appel]. Ce n’est pas un problème individuel: la politique actuelle entraîne une racialisation de la France, en opposant à l’immigration une identité nationale blanche.

Est-il du coup plus difficile à combattre?

L’anti-racisme ne doit plus seulement combattre le racisme idéologique, mais aussi les discriminations systémiques, qui dépassent les intentions et les idéologies. Prenons deux exemples: les journalistes et les universitaires. Dans les deux cas, presque tout le monde est anti-raciste, mais tout le monde ou presque est blanc.

Mais la discrimination positive n’entretient-elle pas une certaine forme de racisme?

On touche ici au paradoxe minoritaire cher à l’historienne féministe américaine Joan Scott. Les minorités prennent la parole «en tant que» pour ne plus être traitées «en tant que». Il est trop facile d’y dénoncer une contradiction qui est en réalité inscrite dans notre société: on prône l’universalisme républicain, mais on pratique la ségrégation. Comment parler de discriminations raciales sans parler de catégories raciales? (…)

20 minutes

Norvège : Ségrégation contre les élèves de minorités ethniques dans une école parce que les enfants blancs se sentaient «en minorité»

Au lycée Bjerke d’Oslo, cette décision divise étudiants et parents, suscitant une vague de protestation à travers la ville.

Les enseignants ont déclaré que la ségrégation dans l’une des trois classes de la filière générale tenait au fait que de nombreux Blancs avaient changé d’école parce qu’ils se sentaient «en minorité».

Après que les autorités eurent été alertées par des parents inquiets, l’établissement a été contraint d’envoyer une lettre aux parents pour s’excuser et abandonner ce système.

Toutefois, un chrétien démocrate dénommé Robert Wright, ancien directeur du Conseil d’administration des écoles municipales, a indiqué que les autorités avaient eu tort de s’opposer à cette décision, alors que d’autres écoles d’Oslo suivaient l’exemple de Bjerke pour mettre fin à « l’exode des Blancs ».

«Je pense que nous devons essayer de voir comment cela fonctionne, a-t-il déclaré au Daily Telegraph. Le lycée de Bjerke a mis au point une solution radicale à un problème réel, mais les politiciens ont simplement dit «non».

Le Ministre de l’Éducation Torge Odegaard a déclaré que toute ségrégation fondée sur la race était inacceptable.

L’immigration est devenue un sujet difficile pour les Norvégiens depuis qu’Anders Breivik, l’extrémiste anti-islamique qui a massacré 77 personnes à Oslo en juillet, a déclaré aux policiers qu’il voulait provoquer une «révolution» contre le multiculturalisme qui, selon lui, détruisait le patrimoine de l’Europe.

Il y a actuellement à Oslo 420 000 citoyens «non nordiques » qui ont immigré entre 1990 et 2009, et qui représentent 28% de la population.

La politique de l’école a été découverte seulement après qu’un parent d’élève originaire du Punjab, Avtar Singh, eut demandé à la directrice du lycée, Gro Flaten, pourquoi son fils Gurjot n’avait pas de camarades d’origine ethnique norvégienne.

«Elle a dit sans ambages que les étudiants d’origine norvégienne décrochaient s’ils n’étaient pas regroupés dans des classes plus petites », a-t-il indiqué au journal Dagsavisen.

Mme Flaten déclaré au Daily Telegraph: «Nous avons pris cette décision en raison du fait que de nombreux étudiants norvégiens partaient dans d’autres établissements parce que le pourcentage d’élèves provenant d’autres nations était trop élevé. Ils semblaient être en minorité. »

Des élèves du lycée se sont élevés contre cette politique.

«C’est de l’apartheid. Ils font cela parce que je suis originaire d’Afrique et que mon père est originaire d’Afrique», a déclaré Ilias Mohamed, 17 ans, originaire de Somalie, qui faisait partie de la classe constituée uniquement d’immigrants. «Mais nous sommes tous Norvégiens.»

Daily Mail

(Merci à Aegir,  Jeanjean et Tartampion)