Idée pour loger les SDF : à Paris, l’Eglise regorge de logements vides (Rue 89)

« Pour les nonnes et les bons pères, charité bien ordonnée commence toujours par eux-mêmes » : mercredi, Le Canard enchaîné a dressé la liste des couvents, abbayes ou monastères parisiens vides ou sous-occupés. Une sorte de « pèlerinage pas très catholique », résume l’hebdomadaire satirique.

Alors que des milliers de personnes sont à la rue dans la capitale, la ville est remplie de logements vides – Cécile Duflot, ministre du Logement, avait d’ailleurs promis de renforcer les réquisitions avant d’adoucir sa proposition.

On compte parmi ces espaces vacants les ensembles immobiliers des communités religieuses, dont certains jouissent de plusieurs hectares dans les arrondissements les plus chics (voir carte ci-dessus). L’hebdomadaire a pu constater que les logements de l’Eglise sont le plus souvent au trois quarts vides (…)

Rue 89

Seine-Saint-Denis : le Secours catholique veut transformer les salles paroissiales en centres d’hébergement

Face à l’explosion du nombre de sans-abri, le Secours catholique veut transformer les salles paroissiales du 93 en centres d’hébergement cet hiver. Reste à convaincre les fidèles.

Durant tout le mois de novembre, l’association humanitaire va sensibiliser les paroisses de la Seine-Saint-Denis afin de convaincre les bénévoles d’accueillir des sans-domicile-fixe, soit dans les salles paroissiales, soit dans des appartements de prêtres inoccupés.

(…) Le Parisien

Foyers saturés : Les SDF changent de visages

Chaque année, c’est la même rengaine. Il manque des places d’hébergement. Selon un rapport de la Cour des comptes paru en décembre 2011, il y en aurait 82 890 pour au moins 150 000 sans-abri en France. La pauvreté s’étend et «revêt de nouveaux visages» : femmes seules, familles de clandestins, Roms…

Face à l’urgence, la ministre du Logement, Cécile Duflot, a annoncé la semaine dernière que 19 000 places supplémentaires seraient mobilisables pour cet hiver. Et en 2013, le budget de l’hébergement d’urgence augmentera de 13 %, ce qui permettra la création de 5 000 places. Des efforts encore insuffisants étant donné la violence de la crise. […]

«On est sorti du modèle SDF = homme seul âgé. Car avec la crise, de nouveaux publics se sont retrouvés à la rue», observe Florent Gueguen, directeur général de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars). […]

Autre constat : de plus en plus de familles, surtout monoparentales, se retrouvent à la rue. «En octobre 2011, elles représentaient 16 000 personnes logées dans les hôtels de Paris et de proche banlieue. Aujourd’hui, elles sont 19 000», observe Eric Molinié, président du Samu social de Paris. «Ce sont souvent des familles de migrants sans papiers, mais aussi des Roms qui ont été expulsés de leurs camps. Sans oublier des couples de travailleurs pauvres avec enfants, qui ne parviennent plus à se loger avec la flambée de l’immobilier.»

Autre phénomène récent : les graves difficultés économiques rencontrées par les pays d’Europe du Sud (Grèce, Espagne, Portugal, Italie) ont entraîné des migrations vers la France. […]

20minutes

Paris : un SDF de 59 ans, ex-légionnaire, mort de froid dans la rue à Paris (MàJ)

Addendum 28/10/2012 : L’homme avait 59 ans et était un ex-légionnaire

Un bouquet de chrysanthèmes a été déposé dimanche sur le trottoir de la rue Kellner, à Paris (XVIIe). C’est là qu’est mort dans la nuit, probablement de froid, Bernard, un SDF de 59 ans, ancien légionnaire dont la santé s’était détériorée, se souviennent les habitants du quartier.

[...] « Je l’ai connu légionnaire. Un grand bonhomme comme ça, en galon, ça marque. Mais il a plongé dans l’alcool, comme d’autres », raconte-t-il [...]

Libération

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Un homme sans domicile fixe (SDF), dont l’âge n’a pas été précisé, a été découvert mort, probablement de froid, dimanche 28 octobre dans une rue du XVIIème arrondissement de Paris. L’homme, un « familier » de ce quartier a été retrouvé mort sur un trottoir vers 08h20 après une nuit où des températures inhabituellement basses pour la saison ont été enregistrées.

Nouvel obs

Merci à Joyeux Luron

Thierry, SDF : « On est pas racistes, mais on est le même peuple, faut faire passer les Français en premier. Il y a des profiteurs »

[...] Nacer est rentré de son entretien, bredouille, comme attendu. Il est nerveux, presque agressif, s’emporte contre le système d’hébergement d’urgence qui privilégie « les fous » et les étrangers « qui ne parlent même pas français ». « Ça fait trois semaines que je dors dehors ! », enrage-t-il. [...]

Thierry le Réunionnais aussi avait une famille. Un divorce pour faute l’a mis à la rue. « C’est de ma faute, je l’avais trompée. » Une larme coule sur sa joue. Sa dernière nuit dehors l’a épuisé. Il a 42 ans : « J’ai les moyens de travailler, je veux m’en sortir seul. Mais sans un logement, c’est impossible. » « Faut nous aider, reprend-il. On est pas racistes, mais on est le même peuple, faut faire passer les Français en premier. Il y a des profiteurs. » [...]

Le Monde

(merci à Jérôme)

A la demande de sa compagne, Valls chasserait les SDF du quartier de la Bastille (MàJ)

Sur les ordres du ministre de l’Intérieur Manuel Valls, les policiers du XIe arrondissement de Paris redoublent d’efforts pour chasser les sans-abri de la rue de la Roquette. C’est ce qu’affirme en tout cas Le Canard Enchaîné. L’Express s’est rendu sur place.

« Ils étaient sept ou huit, juste à côté de l’entrée. Parfois ils venaient dans le magasin et importunaient les clients… »

24h après les révélations du Canard Enchainé sur une supposée « directive Valls » visant à éloigner SDF et roms, la rue de la Roquette ne connaît plus ces « désagréments ». Aucun SDF ou Rom sur les trottoirs, pas de mendiant à la sortie des magasins. « Depuis lundi, il n’y a plus personne », confirme un employé du Franprix.

Selon le Canard Enchainé, Manuel Valls aurait demandé au commissariat du XIe arrondissement de « nettoyer » le quartier des SDF, car l’un d’entre eux aurait importuné sa femme, Anne Gravoin. « Depuis deux semaines, les policiers passent trois ou quatre fois par jour dans la rue », affirme l’employée d’un commerce à proximité du Franprix.

« C’est mieux comme ça », « c’est plus calme », « c’est plus propre »… Les même commentaires reviennent inlassablement dans la bouche des commerçants. (…)

L’Express

Selon le Canard Enchaîné, Manuel Valls aurait donné pour consigne la « tolérance zéro » dans son quartier pour les Roms et les SDF, à la demande de sa compagne, la violoniste Anne Gravoin. Le cabinet du ministre dément. (…)

L’Express

Sans-papiers, le coach des Bleus suit le Mondial des SDF sur YouTube

Entraîneur de l’équipe de France des sans-abris, Boris Mirakian devait accompagner ses joueurs à Mexico. Faute de titre de séjour valable, l’éducateur sportif géorgien suit la Coupe du monde sur YouTube. (…)

« J’ai un numéro de sécurité sociale, je paye mes impôts… »

Le lendemain du départ pour Mexico, la préfecture de Caen a appelé Boris pour qu’il vienne retirer un titre de voyage, sésame délivré exceptionnellement. Un jour trop tard.

« J’ai un numéro de sécurité sociale, je paye mes impôts… C’est mon permis de conduire qui me sauve la plupart du temps.

Si vous avez votre permis et un numéro de sécurité sociale, vous pouvez bosser sans problème parce que, du coup, vous n’avez pas besoin de présenter le titre de séjour. »

Boris a même réussi à travailler deux ans sans régulariser sa situation. La police ne lui cause pas d’ennuis. Les gendarmes arrêtent parfois sa voiture pour des contrôles de routine, et tiquent sur le lieu de naissance noté sur le permis : Tbilissi, la capitale géorgienne.

Pour Boris, l’impossibilité de partir à Mexico est une mésaventure de plus dans l’histoire cahoteuse qui est la sienne. Celle d’un exilé des confins de l’Europe déstabilisés par la fin du communisme.

Père garagiste, mère infirmière, la famille Mirakian, aux racines arméniennes, s’est établie en Géorgie. Boris se remémore :

« On vivait très bien, il y avait une solidarité entre les communautés. On trouvait des Grecs, des Russes, des Arméniens, des juifs…

Après la chute de l’URSS, la Géorgie a commencé à connaître des problèmes de racisme, d’exclusion. Les Géorgiens se révoltaient contre les immigrés, tu voyais les voisins changer d’attitude. Beaucoup de gens sont partis. »

Le père évite alors la maison et les descentes de police, puis fuit vers la Russie nouvelle, vite suivi par le reste de a famille.

Qui ne s’attarde pas : traversant l’Ukraine, la Pologne et l’Allemagne, elle décroche un visa pour la France. Les Mirakian s’arrêtent enfin à Caen (…)

Rue 89