Manucure, clandestin et révolté, il va frapper à la porte de la CGT

La France, il la rêvait comme un pays merveilleux. En Chine, devant sa télévision, Gang Huang s’émerveillait de la tour Eiffel et des grands magasins. Mais la réalité de la vie quotidienne n’est pas celle du petit écran. À 23 ans, sans papiers, Gang est en grève depuis la mi-février. Il s’est révolté pour dénoncer les conditions de travail du salon de beauté où il officie comme manucure depuis trois ans. Avec ses huit collègues d’infortune, toutes des femmes, deux Ivoiriennes et six Chinoises, ils s’opposent au chantage de leur patron ivoirien, qui refuse de payer leurs salaires de janvier et février.

Plutôt que de se taire, et malgré les risques, ils sont allés toquer à la porte de la CGT. Décision a été prise d’occuper la boutique jusqu’au règlement des salaires et jusqu’à la régularisation de la situation des employés. Face à cette rébellion inattendue, leur employeur a pris la fuite. La boutique est depuis occupée 24 heures sur 24. Et l’argent gagné file dans une caisse commune. « Jamais je n’aurais pu faire grève en Chine. Je ne savais même pas que c’était possible », raconte-t-il, aidé d’un interprète.

En plus d’être le seul homme de la boutique, Gang est l’un des deux derniers salariés à ne pas avoir reçu de récépissé en vue de l’obtention de sa carte de séjour. Tout juste a-t-il été reçu à la préfecture pour l’ouverture de son dossier. Soutenus depuis le début par Raymond Chauveau, en charge des travailleurs sans papiers à la CGT, Gang et ses camarades aspirent tous à une vie meilleure « où ils n’auront plus à subir les foudres d’un patron voyou ». Son rêve ? « Obtenir ma carte de séjour. Retourner en Chine pour me reposer quelques jours. Revenir en France pour travailler. Et gagner plus de 2 000 euros par mois. »

le Point

12.000 régularisations de clandestins de plus en 2013

Près de 12.000 sans-papiers ont obtenu un titre de séjour en 2013 en vertu des nouvelles règles de régularisation fixées par Manuel Valls lorsqu’il était à l’Intérieur, selon des statistiques officielles publiées aujourd’hui.

Hebergeur d'image

Le nombre d’ »admissions exceptionnelles au séjour » est passé de 23.294 en 2012 à 35.204 en 2013, une hausse de 51%. L’écart concerne en grande majorité des parents d’enfants scolarisés (9.400) et des salariés (2.100), d’après un bilan publié sur le site du ministère de l’Intérieur. [...]

Le Figaro

À Orléans, le maire UMP veut chasser les clandestins

En découvrant la liste des délégations attribuées aux conseillers et adjoints de Serge Grouard, maire UMP d’Orléans réélu haut la main, les militants des associations d’aide aux sans-papiers se sont étranglés. Au même titre que la gestion des appels d’offres ou du tourisme, l’édile local aura désormais un bras armé à « la lutte contre l’immigration clandestine », qui demeure pourtant une prérogative des services de l’État. Et ceci au moment même où le Front national fait son entrée sur les bancs du conseil municipal. [...]

Hebergeur d'imageMilitant du Réseau Éducation sans frontières (RESF), Jean-Pierre Perrin-Martin voit s’écrouler plusieurs décennies d’avancées collectives :

« Dans les années 1990, des étrangers ont obtenu d’être régularisés après des grèves de la faim. Tous réussirent à être débarrassés du nom de clandestins pour prendre celui de sans-papiers. Et aujourd’hui, le maire d’Orléans nous ramène à ce qualificatif. »  [...]

Dans un communiqué transmis aux médias, la municipalité se justifie en dénonçant le « laxisme de l’État » en matière de chasse aux clandestins et précise que, grâce à ses « quelques compétences » (attestations d’accueil, regroupement familial, avis sur la délivrance de la carte de résident de 
dix ans…), elle pourra redresser la barre. [...]

L’Humanité

Saint-Denis (93) : Un lycée mobilisé contre l’expulsion d’une élève brésilienne «sans papiers»

Une Brésilienne, Thais Moreira, 20 ans, élève en 1re au lycée Suger à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) a reçu, le 7 mars, dans sa boîte aux lettres, une «OQTF», autrement dit une Obligation de quitter le territoire français d’ici trente jours. Des élèves et des enseignants se mobilisent contre cette expulsion.

Didier Paillard, maire (PC) de Saint-Denis, candidat à sa réélection, a signé la pétition «Thais vit ici! Thais étudie ici! Thais reste ici!», lancée par Réseau Education sans frontières 94.

Deux semaines plus tôt, la jeune fille, qui vit depuis 2009 dans un pavillon de Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne), s’était rendue, «en toute confiance», à la sous-préfecture de Nogent-sur-Marne pour demander sa régularisation. Selon elle, rien ne pouvait lui laisser présager un tel refus: elle réside France depuis cinq ans, aux côtés de sa mère, également sans papiers, qui a quitté le Brésil deux ans plus tôt. Elle a, selon ses dires, suivi une scolarité «exemplaire» dès son arrivée – une année en classe d’accueil (CLA), puis une seconde générale et un CAP validé avec succès. Elle est aujourd’hui en 1re pour préparer un bac professionnel en photographie.

Selon la circulaire du 28 novembre 2012, une régularisation s’obtient –non automatiquement – au bout de cinq ans de présence sur le territoire et au moins trois ans de scolarisation. Des critères que la jeune fille remplit. Seule ombre au tableau : en 2010, celle-ci retourne au Brésil un mois, pour les vacances, et y renouvelle son passeport. De fait, selon ce document, sa date officielle d’arrivée en France remonte à 2010, et non à 2009. «Non seulement c’est faux, mais en plus, c’est vraiment un détail», s’agace Véronique Giraud, ancienne professeure d’espagnol de Thais, une élève «bouée de sauvetage dans une classe agitée». […]

Blog/Le Monde

A Gentilly, les clandestins ne veulent pas partir. « On a déjà dépensé 300.000 euros pour eux »

Devant la mairie de Gentilly, les sans-papiers clandestins manifestent. Dix-sept d’entre-eux, dont l’hébergement est payé par la ville, ont eu la confirmation qu’ils devaient partir.

«On ne sait pas où aller. C’est comme si on recommençait depuis le début»

Le groupe s’est pressé sur le parvis de l’hôtel de ville pour y rentrer :«Laissez nous entrer, s’il vous plaît». «Non», répond un adjoint.

«La ville a fait beaucoup pour vous. On a depensé plus de 300 000 euros. On ne peut pas faire plus.» Les sans-papiers clandestins ne sont pas de cet avis. «On nous a dit qu’on ne nous laisserait pas tomber. Il faut que les promesses soient tenues.»

La maire (PC) s’adresse aux sans papiers :

«Vous êtes déloyaux et votre situation ne justifie pas l’agression [l'agressivité] dont vous faites preuve à l’égard de nos agents.(…) Dans d’autres villes, on vous aurait virés. Si vous voulez aller au ministère de l’Intérieur, il y a un car. C’est la dernière chose que nous ferons».

Le Parisien

Clandestin, il obtient ses papiers français grâce aux échecs

Hier soir, le journal de 20H de France 2 a rencontré Fahim. Le jeune garçon, âgé de 13 ans, est l’un des meilleurs joueurs d’échecs de sa génération.

Grâce à ses victoires – il est champion de France d’échecs -, l’adolescent, sans papiers et menacé d’expulsion, a reçu, avec son père, son titre de séjour.

« Cette coupe a changé ma vie, quand je suis devenu champion de France. Après on a eu des papiers. Lors de ma victoire, on vivait sans logement. Mon père dormait dans une tente et moi, une fois, j’ai dormi dehors. C’était horrible », confie-t-il. [...]

Morandini

Valérie Pécresse veut supprimer l’aide aux transports aux clandestins. MàJ : c’est l’UMP qui l’avait créée

Addendum :

L’exécutif régional a rappelé que la tarification sociale dépend de la loi SRU et qu’en « 2004, le Stif (Syndicat des transports d’Ile-de-France) alors dirigé par l’Etat et le gouvernement Raffarin (UMP), a décidé d’étendre l’aide aux bénéficiaires de la CMU-C et de l’AME« . De plus, « en 2012, le groupe UMP, dirigé par Mme Pécresse, a voté la reconduction de la tarification sociale en Ile-de-France », a souligné la région, y voyant donc « un manque de cohérence »

Le JDD

                                                  

Valérie Pécresse est en campagne pour prendre la tête de la région Ile-de-France en 2015. Et une nouvelle fois, ce sont les transports qui concentrent son attention. Dans Le Parisien, la député des Yvelines et chef de file de l’opposition régionale dénonce l’aide aux transports accordée aux étrangers en situation irrégulière.

Pour elle, il faut supprimer l’aide aux transports accordée par la Région à des étrangers sans papiers. La responsable UMP fustige l’aide aux transports accordée à certains bénéficiaires de l’Aide médicale de l’Etat, qui pourrait être 125.000 selon elle :

Pour ces personnes et leurs familles, la région prévoit une réduction de 75% de leur abonnement sur les transports (…) à l’arrivée c’est une quasi-gratuité des transports pour les étrangers en situation irrégulière.

D’après son calcul, non-confirmé par l’équipe de Jean-Paul Huchon, le coût de cette mesure est « autour de 80-100M d’euros ». Soit « dix rames de trains neufs » ou « deux fois le plan de bus prévu pour la grande couronne »…

Le lab

Le généticien pro-clandestins Albert Jacquard est mort

Le généticien Albert Jacquard est mort mercredi soir à l’âge de 87 ans. Ce polytechnicien était président d’honneur de l’association Droit au logement (DAL). [...]

Hebergeur d'image

Dans les années 1990, Albert Jacquard va mettre sa verve médiatique au service d’une autre cause : les mal-logés et les sans-papiers. Occupation d’un immeuble rue du Dragon en 1994, de l’Eglise Saint-Bernard en 1996… son visage de vieux faune grec devient vite aussi familier que celui de l’Abbé Pierre, Mgr Gaillot ou Emmanuelle Béart, ses compagnons de lutte. [...]

TF1 News

Clermont-Ferrand/église/clandestins : de nombreuses femmes viennent d’accoucher (màj)

Addendum 05/09/13

Jean-Jacques Bourdin donne le micro à Françoise, gérante d’un hôtel qui héberge les clandestins.

« Il y a des mamans qui ont accouché depuis qu’elles sont là, une maman était à la maternité lundi dernier quand il y a eu l’évacuation, une autre était hospitalisée  pour un problème de grosses, et une maman qui est là avec un bébé de quinze jours. » – Françoise

03/09/13

Vidéo :

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A Clermont-Ferrand, la Ligue des droits de l’homme exige que l’Etat fournisse un toit à des familles immigrés, pour certaines clandestines.

« Je rappelle que les demandeurs d’asile, qui ne sont pas tous comme vous le dites en situation irrégulière, certains viennent d’arriver et sont en cours de procédure, ils ne sont pas logés et ils sont en situation régulière sur le territoire, puisqu’ils sont en cours de procédure. D’autres sont effectivement déboutés mais ont commencé des démarches pour une régularisation à titre humanitaire, ils doivent être logés ! » -  Marie-Luce Pouchard (Ligue des droits de l’homme)

Puy de Dôme : 49,8% de demandeurs d’asile en plus en deux ans

La situation des sans-papiers qui campent place de Jaude à Clermont-Ferrand faute d’hébergement d’urgence soulève un problème sur lequel La Montagne a enquêté en avril dernier.


«Pour nous, le retour est impossible. On n’a pas le choix ». Marcel (*) a 44 ans. Il y a un an et demi, il a fui son pays, le Rwanda, où son statut d’ancien militaire opposé au pouvoir l’avait conduit en prison. Arrivé en France, il a déposé sa demande d’asile, en octobre 2011, et « attend toujours la réponse ». « Certains de mes compatriotes ont patienté quatre ans pour un avis négatif. On vit dans le doute ».

1 Des chiffres en hausse. Comme Marcel, les demandeurs d’asile, poussés par la crise et les conflits, sont de plus en plus nombreux à affluer. L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) a publié, la semaine dernière, les statistiques pour l’année 2012. Le Puy-de-Dôme a comptabilisé 460 nouvelles demandes d’asile. Une augmentation de 49,8 % par rapport à 2010.

Depuis septembre 2012, le flux s’est encore renforcé, confirment les services de l’État. Il se double de l’arrivée massive de mineurs étrangers. Le département en accueille environ 120 actuellement, même s’ils échappent aux statistiques de l’asile. « Ils en font rarement la demande », souligne la préfecture.

2 L’accueil « à saturation ». Cet afflux pose le problème de l’accueil de ces populations. Faute de structures adaptées, près de 250 demandeurs d’asile et déboutés du droit d’asile ont été hébergés à l’hôtel, par le Samu social, cet hiver. « On arrive à saturation », reconnaît Mireille Lacombe, vice-présidente du Conseil général.

(…)

6 Des mesures qui coûtent cher. Cette politique d’accueil a un coût, pour l’État, comme pour le Conseil général. 300.000 € ont été budgétés pour faire fonctionner Alternative Hôtel, en 2013. « Mais ça permet de diviser par deux le coût de l’accueil, avec de la qualité et de l’accompagnement », annonce Mireille Lacombe.

En 2012, le Conseil général a également déboursé 3,8 M€ au titre de l’aide à l’enfance, pour tenir compte de l’arrivée des mineurs étrangers isolés. L’État, il s’agit pour lui d’une obligation légale, a dépensé 3 M€, l’année dernière, pour les demandeurs d’asile. Dont un million pour l’hébergement à l’hôtel et en accueil d’urgence.

[...]

(*) Prénom modifié.

La Montagne 

 

Lille : Extorsion au ciseau et coup de couteau sur une jeune fille, prison pour Mohamed et Amir

Dimanche, un peu après minuit, alors que la braderie se termine, J. est agressée rue de La Bassée à Lille. Deux jeunes gens à vélo s’approchent, arrachent son sac en coupant la lanière avec une paire de ciseaux et menacent la jeune femme. Les griffures de la lame atteignent la jeune fille et son visage.

Le sac contenant 5 000 € de matériel photographique professionnel est embarqué ainsi que d’autres objets. Toutefois, le téléphone n’a pas été volé et la victime alerte la police, qui surgit très rapidement.

D’autant plus qu’une autre jeune fille, à quelques pas de là, a été agressée par les mêmes. Mais M., grièvement blessée, se trouve toujours à l’hôpital quand les deux agresseurs interpellés comparaissent, ce mardi, devant la présidente Alexa Fricot.

Mohamed Bouras, 20 ans et en séjour irrégulier, a porté le coup de couteau et manipulait les ciseaux. Amir Tounssi, 29 ans, en séjour irrégulier, prétend avoir modéré son ami.

[...] La procureure demande deux ans de prison et, malgré la plaidoirie de Me Eugénie Leman, ce sont bien deux ans avec mandat de dépôt qui tombent.

La Voix du Nord
(Merci à Nicolas)