Aubagne : trois jeunes roms interpellés pour vols

Trois jeunes Roms âgés de 30, 14 et 12 ans ont été interpellés par la police d’Aubagne, dimanche après-midi dans un restaurant de la zone commerciale de La Martelle, pour vol en réunion. Après une série de vols dans les magasins et les restaurants, la police avait organisé une « planque ». Le mode opératoire des trois individus interpellés était bien rodé.

Tout en proposant la vente d’un journal, ils profitaient de l’inattention de leurs victimes pour dérober des petits objets comme des téléphones portables ou des lunettes… Le premier faisait glisser l’objet sous le journal puis le passait à sa soeur. Le duo retrouvait ensuite un complice majeur garé à l’extérieur. Pris en flagrant délit, ils ont tenté de s’échapper en voiture. Dans leur fuite, ils ont percuté l’arrière d’un véhicule qui circulait puis celui des policiers, les blessant très légèrement avant d’être interpellés quelques mètres plus loin sur le parking d’Auchan.

Placés en garde à vue, ils ont reconnu les faits et auraient déclaré avoir « paniqué ». Ils ont été déférés aujourd’hui au Parquet pour une comparution immédiate et devront répondre de vol en réunion, dégradation de bien public, dégradation de bien privé et violence aggravée sur policiers.

La Provence

France : Au cœur d’un trafic d’enfants roms

Un procès au Tribunal de Paris révèle les détails d’un trafic de mineurs roms entraînés à voler en France.

Le dossier montre aussi que les mis en cause et leurs proches ont réalisé de nombreux investissements immobiliers (immeubles et villas) près de Tandarei, leur région natale.

À la question apparemment banale «comment ça va?», il répond «très bien. Les enfants me rapportent beaucoup d’argent et d’autres choses…». Remus Stoian, un Rom de Roumanie, âgé de 40 ans, est accusé d’avoir initié, pour exploiter leur talent, plus d’une dizaine d’enfants roumains au vol. Il a déjà été condamné à cinq ans de prison, mais il a fait appel. Vendredi devant le tribunal de Paris, il a nié méthodiquement la plupart des faits reprochés. […]

Courant 2009, les policiers s’intéressent à une série d’agressions opérées selon la même technique: une poignée d’enfants ou d’adolescents entourent une personne – une femme le plus souvent – occupée à composer son code au distributeur bancaire. Pour la distraire, ils posent un journal ou une pétition sous le nez de la victime, en profitent pour taper la touche correspondant au montant le plus élevé possible, avant de prendre la fuite avec les billets. Ceux qui résistent risquent des coups. […]

Les enquêteurs remontent le fil jusqu’à un camp rom à Saint-Denis. Les écoutes révèlent un véritable trafic entre la France, la Roumanie et même l’Angleterre. Les enfants tournent, pris en main localement par des chefs de réseaux. […]

Les interrogatoires mettent en lumière un système clanique organisé: un camp est dirigé par un chef, qui vend les emplacements aux nouveaux arrivants. Les perquisitions menées sur place ont permis de mettre la main sur d’importantes sommes en liquide, des billets d’avion montrant d’incessants allers et retours Paris-Bucarest, des bordereaux d’envoi d’argent en Roumanie de plusieurs milliers d’euros à chaque fois. Le tout souvent caché dans les vêtements des femmes. À partir des aveux des enfants, les enquêteurs ont évalué les sommes en jeu à près de 100 000 euros. «Mais les montants réels sont bien plus importants», estime une source judiciaire. […] Actuellement, près de 200 enfants roms seraient ainsi exploités. Plusieurs enquêtes préliminaires ont été ouvertes.

Le Figaro

Les Gitans se plaignent des Roms

«On n’est pas des Roms, on est des Gitans », s’exclame Jonathan du haut de ses 8 ans. Sa mère, Betty, sourit et acquiesce : « Roms, Manouches, Gitans… on est différents. Même si on est tous des gens du voyage, on n’a pas la même culture. » Le sujet des Roms est particulièrement sensible : « On n’a surtout rien à voir avec eux, on ne parle pas la même langue, on ne fait pas la manche et on nettoie nos caravanes! » s’indigne une autre mère de famille, installée dans la caravane voisine. Des crispations qui se renforcent depuis que les Roms font la une de l’actualité. « Quand je vois les reportages à la télé, j’ai honte parce que les gens nous mettent dans le même sac », continue-t-elle.

« Je crois que l’arrivée des Roms en France nous a causé du tort, reprend Betty. On récupère leur mauvaise image, les gens font l’amalgame. » La voisine confirme : « Aujourd’hui, les gens sont de plus en plus méfiants. Quand ils nous voient arriver quelque part, on dirait qu’ils voient des démons débarquer chez eux. » Cette image, Betty n’en peut plus : « Je suis française, de génération en génération, la seule différence avec les autres Français, c’est que je vis dans une caravane. » Elle pense finir par renoncer à cette vie, « même si c’est ma culture ».

Le Parisien

Entre 100 et 150 Roms évacués

Des campements abritant entre 100 et 150 personnes roms dans trois villes de Seine-et-Marne étaient en cours d’évacuation aujourd’hui, a indiqué la préfecture, confirmant une information de France Bleu. Le démantèlement de quatre « groupements » sur trois sites, à Champs-sur-Marne, Chelles et Bussy-Saint-Georges, « a pour objectif de faire exécuter des ordonnances » de la justice dans ce sens, a-t-on assuré à la préfecture.

« Ces camps sont dans des situations sanitaires et d’hygiène extrêmement limites, à la fois pour les personnes elles-mêmes et les populations vivant aux environs », a-t-on fait valoir.

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Le Figaro

France : Les évêques appellent à faciliter l’insertion des Roms

Les évêques français ont appelé aujourd’hui les autorités à faire leur maximum pour faciliter l’insertion des Roms dans la société, sans condamner les évacuations de campements illégaux.

«Nous appelons les pouvoirs publics à travailler sans relâche à l’insertion des Roms», écrivent les membres du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF) dans un communiqué.

«Les problèmes de salubrité et de sécurité publique sont réels. Quand les conditions d’hébergement se révèlent dangereuses, il appartient aux responsables de prendre des mesures adéquates», précisent-ils. […]

Le Figaro

Guéant : des minorités « criminogènes »…

L’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant (UMP) a déclaré jeudi qu’il ne fallait pas inciter des minorités « très criminogènes » d’origine roumaine ou bulgare, à s’ancrer en France.

Interrogé par Canal + sur un prolongement de sa politique par son successeur socialiste Manuel Valls, ce proche de Nicolas Sarkozy a parlé d’ »une continuité dans le verbe », observant qu’ »en matière de sécurité, il faut adopter un certain réalisme ». Mais « ce n’est pas tout à fait la même chose », a-t-il estimé, citant « l’expulsion des personnes qui constituent des campements irréguliers ».

Il n’a pas employé le mot « Roms »: « je ne l’utilise jamais, j’ai toujours dit des personnes de nationalités roumaine et bulgare, je ne fais pas de distinctions ethniques ». « Nous appliquions nous aussi les décisions de justice », a dit M. Guéant. « Mais nous ne créions pas d’incitation à leur ancrage sur le territoire. Nous savons que ce sont des minorités très criminogènes, d’une criminalité extrêmement cruelle d’ailleurs, parce qu’elle utilise beaucoup les enfants », a argumenté l’ex-ministre. [...]

Le Figaro

Pour la dignité des Roms en Europe : Roma Pride !

obilisation politique et culturelle pour dénoncer le racisme et les discriminations dont les Roms, Tsiganes, Manouches sont particulièrement victimes, et pour l’égalité des droits, la Roma Pride sera organisée sous l’égide de l’EGAM dans quinze pays européens le dimanche 7 octobre prochain.
En France, la mobilisation sera organisée notamment avec SOS Racisme, l’Union Française des Associations Tsiganes – UFAT, l’Union des étudiants juifs de France – UEJF, la Confédération étudiante, France Liberté Voyage,… et se tiendra à Paris, Bordeaux et Rennes.

(publié ces derniers jours ou le sera dans les tout prochains jours dans the Guardian (Grande-Bretagne), Kathimerini (Grèce), Wiener Zeitung (Autriche), Publico (Portugal), The Day (Ukraine), Telegraf (Lettonie), Pravda (Slovaquie), Die Zeit (Allemagne), Pravo (République Tchèque), Magyar Narancs (Hongrie), Sega (Bulgarie), le Corriere della sera (Italie)…)

La lassitude ou le désespoir auraient pu finir par nous gagner. Les persécutions contre les Roms, Tsiganes, Gitans et Manouches ne sont-elles pas séculaires ? Les stéréotypes qui s’abattent sur eux n’ont-ils pas traversé les siècles, les pays et les régimes politiques ? Ne serait-il pas illusoire de penser « normaliser » une situation qui peut apparaître désespérée ?

Par bien des aspects en effet, les violences contre les Roms en Europe semblent sans fin, et les difficultés pour qu’ils soient enfin pleinement insérés dans la société européenne, insurmontables.

Par exemple, en Europe centrale et balkanique, une puissante logique mortifère pousse à leur effacement. Ainsi, relégués à la lisière des grandes agglomérations, ils sont entassés dans des quartiers séparés par des murs, sans eau courante ni électricité, dans de nombreux villages. C’est le cas notamment en République Tchèque à Ostrava, en Slovaquie à Michalovce, Košice, Prešov et Svinia, en Roumanie à Tarlungeni et Baia Mare, d’où les Roms ont été récemment expulsés vers une usine chimique désaffectée pleine de produits hautement nocifs. On ne compte plus les ghettos urbains en Bulgarie, où le parti Ataka avait organisé en 2011 des manifestations aux cris de « Les Roms en savon ! » dans une vingtaine de villes. En Hongrie, les milices paramilitaire du Jobbik terrorisent les Roms, comme à Gyongyospata qu’ils sont obligés de fuir, et entraînent régulièrement des meurtres racistes tandis que le gouvernement organise, sous couvert de mesures anti-fraudes aux allocations sociales, de véritable camps de travail ouverts pour Roms.
De plus, les expulsions continuent en France comme sous le précédent pouvoir, et elles se poursuivent en Allemagne, Suède et Italie.
Enfin, les discriminations raciales quotidiennes concernant la santé, le travail, les loisirs et l’éducation persistent au Kosovo, au Portugal, en Serbie, en Croatie ou encore en République Tchèque.

Alors que cet état de fait aurait pu nous faire sombrer dans le désespoir, c’est à l’engagement, pour la dignité et pour l’égalité des droits, qu’il nous pousse.
C’est pourquoi, dimanche 7 octobre, nous marcherons dans nos pays, en tête de la société civile européenne unifiée sur tout le continent, de la Norvège à la Serbie et du Portugal à la Pologne, en passant par l’Italie, la Roumanie, la Hongrie et la Bulgarie, pour clamer ensemble : « Roma Pride ! »

Malgré ce qu’avancent les oiseaux de mauvais augure et les désespérés de lassitude, notre espoir de voir les individus issus d’une des plus anciennes communautés européennes reconnus dans leur dignité n’est pas vain.

En effet, au niveau institutionnel, l’Union Européenne a accompli certaines avancées : pour la première fois, tous les Etats Membres ont dû élaborer et présenter à la Commission, fin 2011, une « Stratégie nationale d’insertion des Roms ».
Cependant, comment croire que certaines stratégies puissent être suivies d’effet quand elles ne sont dotées d’aucun budget ni d’aucun calendrier ? Comment ne pas comprendre qu’il s’agit alors d’évitement, propice à la perpétuation des violences et des discriminations ?

Surtout, émerge aujourd’hui en Europe une élite Rom dont l’objectif est simple et clair : la pleine égalité, des devoirs et des droits. Cette élite, composée de femmes et d’hommes politiques, d’intellectuels, d’artistes et de militants, n’est pas isolée. Elle est à la fois fortement ancrée dans les communautés et partie intégrante de la société civile européenne.
La Roma Pride est donc une mobilisation d’auto-émancipation et d’accompagnement à l’auto-émancipation par le politique, portée par la société civile quelles que soient les origines des individus et des organisations impliqués, car l’universalisme est notre inspiration et la pleine insertion dans la société notre revendication partagée.

Cette pleine insertion ne signifie pas une acculturation ou la rupture du lien de transmission de cultures, d’identités et d’histoires riches de leurs diversités et qui font partie intégrante du patrimoine européen.
Elle signifie, partout, la fin des meurtres racistes, le démantèlement des ghettos, la fin de la stigmatisation des Roms à des fins politiques et la fin des lois discriminatoires et des dispositions « exceptionnelles » qui en pratique visent les Roms, comme celles concernant les accords de Schenghen et qui entravent la liberté de circulation en Europe. Elle signifie une lutte résolue pour déconstruire les stéréotypes, pour combattre les discriminations à l’emploi et au logement, et la fin de la ségrégation dans l’éducation. Elle signifie, enfin, la reconnaissance des responsabilités individuelles et nationales dans les persécutions contre les Tsiganes, notamment de la part des pays d’Europe alliés à l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Pour l’égalité des droits, la pleine insertion dans la société européenne et le respect de la dignité de tous, marchons ensemble le 7 octobre dans toute l’Europe pour la Roma Pride !

Mediapart