Sciences Po, pionnière dans l’enseignement du «gender»

À Paris V, VII, VIII, à Strasbourg ou à Lille III, la théorie du genre est abordée, au gré des disciplines, plus souvent en sociologie, en histoire ou en philosophie qu’en droit. À Sciences Po, on enseigne le «gender» depuis trois ans.

En master, Sciences Po réserve au sujet une place de choix à travers le «grand cours» (enseignement de tronc commun) de la philosophe Geneviève Fraisse intitulé «Sexes, démocratie et création».

Pionnière dans le domaine, Sciences Po a choisi d’en faire en 2010, sous l’égide de Richard Descoings, un objet d’enseignement et de recherche présent dans chacune de ses disciplines. Proposé conjointement avec l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), il porte le nom de Presage (Programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre).

«Nous ne cherchons pas à former nos étudiants spécifiquement au genre. Nous visons une ouverture intellectuelle de tous les étudiants à ces questions», explique Hélène Périvier, codirectrice du programme. À ce jour, un tiers des élèves du collège universitaire – trois premières années – ont choisi un cours lié à ce thème, en économie, droit, histoire, sciences politiques et sociologie. Économiste, étudiant «la division sexuée du marché», Hélène Périvier résume l’objectif visé: «Comment comprendre que le sexe d’un individu détermine autant son positionnement social, politique et économique dans la société ? »

Au total, une vingtaine d’enseignants-chercheurs, essentiellement des femmes, sont réunis autour de la question. […]

Le Figaro

Sciences Po : « Non, tout n’est pas à jeter dans le legs de Richard Descoings »

On a beaucoup entendu parler des « dysfonctionnements » – pour reprendre un mot du rapport de la Cour des comptes, trop cité, sans doute – dans la gestion de Sciences Po. Sans relâche a été mise à bas la statue de celui qu’on avait jadis adoré, son défunt directeur.

Cependant, avec la situation de Sciences Po, nous assistons à l’alourdissement de l’héritage d’une méthode de gestion considérée, semble-t-il, comme trop légère. Nous vivons le « fixement » d’une vision universitaire qui existait essentiellement dans le mouvement. La fixer, arrêter le mouvement, c’est arrêter la vie. Arrêter la vie de Sciences Po, la ralentir en tout cas, touche un public également restreint a priori – celui des diplômés issus de cette institution.

Mais il en est tout autrement : alors que les universités françaises peinent à se repenser, prises dans les pièges de leur propre mission démocratique, alors que les grandes écoles, pour leur part, ne parviennent guère à s’extraire de leur extrême élitisme ; alors que certaines institutions acceptent la fatalité qui fait d’elles les centres de formation en France du marché du travail international, tandis que d’autres s’enferment dans le refus du monde dans lequel nous vivons ; dans ce contexte critique s’est fait sentir la nécessité de concevoir un nouveau modèle. Un modèle ouvert sur le monde, en même temps qu’aux prises avec les points de tension de la société française, fondé sur la compréhension du fait que la diversité peut être une politique universitaire.

Un modèle qui puisse, par sa flexibilité et sa créativité, servir de partenaire pour les autres universités d’envergure mondiale. Ce modèle a été celui de Sciences Po, au temps de Richard Descoings. Et il n’est pas vain que deux de ses directeurs adjoints aient été de grandes figures du savoir international : Hervé Crès et Bruno Latour, dont la quasi-totalité de l’oeuvre a été publiée en anglais par les Presses universitaires de Harvard.

Sciences Po est devenu un modèle d’espoir dans la société française, certes, à travers les conventions passées avec des lycées de zones défavorisées ; mais aussi, et plus généralement, en proposant à une jeunesse en crise la possibilité de rêver à un avenir. Ce rêve, et la possibilité pour ce rêve de devenir réalité, ont nourri, soutenu, porté une génération entière d’étudiants, à qui désormais beaucoup était de nouveau possible.

(…) Le Monde

Sciences Po / Descoings : la Cour des comptes engage des poursuites

La Cour des comptes saisit la Cour de discipline budgétaire et financière. La Cour transmet au parquet général. Des irrégularités récurrentes ont été constatées dans la gestion de Sciences Po sous la direction de Richard Descoings.

Faiblesses des contrôles internes et externes, défaut de vigilance des instances de direction… les Sages de la rue Cambon préconisent une remise en ordre et une clarification afin d’éviter de nouveaux dysfonctionnements.

Le Figaro

Sciences Po: la Cour des comptes éreinte la gestion de l’ère Descoings

La Cour des comptes veut mettre fin à une époque. Les 210 pages du rapport établi entre septembre et juin 2012 sont un long réquisitoire qui appelle à réformer Sciences Po Paris sans délai. Selon nos informations, la juridiction financière envisagerait de saisir la ministre de l’enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, du cas Sciences Po dès cette semaine. Cette dernière avait demandé, le 3 septembre, aux dirigeants de la prestigieuse école parisienne de geler la procédure de désignation du successeur de Richard Descoings, l’ex-directeur, mort à New York le 3 avril, jusqu’à la publication du rapport définitif de la Cour, attendue en novembre.

Ce rapport que Le Monde s’est procuré in extenso, et dont il avait donné la substance le 9 juillet, condamne les années Descoings, en estimant que

« la politique de développement de Sciences Po n’a pu être mise en œuvre qu’au prix d’une fuite en avant financière et d’une gestion peu scrupuleuse des deniers publics »

.Mais il remet aussi en cause l’absence totale de contrôle interne et externe.

Les primes des dirigeants

C’est par là que le scandale a débuté. Mediapart avait révélé les très grosses primes que s’octroyaient les dirigeants de Sciences Po. La Cour a décrypté ces petits arrangements entre amis à partir des bulletins de paye.

Entre 2005 et 2011, la rémunération annuelle brute du patron de l’Institut d’études politiques (IEP) a crû de 60,4 %.

Elle a culminé à 537 246,75 euros en 2010, « tombant » à 505 806,29 l’année suivante. « A titre de comparaison, la rémunération annuelle brute du président d’un autre grand établissement universitaire était de 160095,61 euros en 2011″

, fustige la Cour. Celle-ci déplore l’irrégularité de certaines primes: « L’indemnité mensuelle de [Richard Descoings] ne repose sur aucun contrat formel et n’a pas été votée en conseil d’administration. »

Jean-Claude Casanova, le président de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP, qui gère l’IEP) a vu sa prime passer de 16500 euros en 2007 à 36000 en 2010 et 2011 (contre 9375,72 pour son prédécesseur).

Elle a même été de 69000 euros en 2009, année où il a été décidé de porter, avec effet rétroactif, cette indemnité mensuelle de 1500 euros à 3000 euros.

Non seulement la Cour déplore que le conseil d’administration n’ait pas été consulté mais elle rappelle aussi que

« les modalités de rémunération du président et de l’administrateur ne respectent pas les règles fixées par le code général des impôts »

. Pas plus, d’ailleurs, que « le cadre fixé pour les établissements publics [ou] celui des organismes à but non lucratif ».

Le Monde

L’ancien directeur de Science-Po, Richard Descoings, serait mort d’une crise cardiaque

L’ancien directeur de Science-Po, Richard Descoings, est mort d’une crise cardiaque, a confimé la porte-parole du bureau du Chief Medical Examiner au Figaro mercredi. «Il est mort de cause naturelle à 13h28. La cause est une maladie d’hypertension artérielle, en clair c’est une crise cardiaque» a indiqué Ellen Borakove.

Richard Descoings, 53 ans, avait été retrouve mort le 3 avril dernier dans sa chambre d’hotel à New York. L’epouse de l’universitaire, Nadia Descoings, a été avertie mardi soir.

Si l’autopsie a pris si longtemps, c’est parce que c’est la routine, a indiqué la porte-parole. «Nous avons du faire une enquête complète, cela prend beaucoup de temps en particulier avec les tests de toxicologie» a déclaré Ellen Borakove.

Le Figaro

Décès de R.Descoings : réactions en ZEP (Vidéo)

France 3 Régions – 6 avril 2012

« Le directeur de l’Institut d’Études Politiques de Paris, Richard Descoings, est décédé mardi 04 avril à New York dans des circonstances non élucidées. Le responsable de la prestigieuse école de la rue St-Guillaume avait contribué à la rendre accessible aux élèves de ZEP. Réactions à Vaulx-en-Velin. »

« Il voulait donner accès à Sciences-Po à des élèves méritants »

Surpris par les réactions à la mort de Descoings, un sociologue explique

Quelques jours après le décès à New York de Richard Descoings, directeur de Sciences Po Paris pendant 16 ans, le professeur de science politique de l’Université de Nanterre, Alain Garrigou, réagit aux réactions attristées. Elles proviennent à la fois des étudiants, des anciens et de nombreux journalistes. Interviewé en exclusivité par MCE, l’auteur de Les élites contre la République, Sciences Po et l’ENA, émet les premières critiques de son action

Plus généralement, que pensez-vous de l’écho médiatique élogieux qui fait suite à sa disparition ?

L’écho dans la presse cette semaine est lié au fait qu’une grande partie des journalistes parisiens a étudié sur les bancs de Sciences Po Paris. Cette école n’est plus républicaine au sens propre, selon moi, car elle instaure la connivence entre les futurs acteurs de milieux de pouvoir. Ce que je démontrais dans mon livre Les élites contre la République, Sciences Po et l’ENA (2001).

Elle mélange des élèves qui deviendront banquiers, hauts fonctionnaires et journalistes… sans que cela ne pose de problème à personne.

Pourquoi critiquez-vous la transformation de l’école ces seize dernières années ?

J’avais effectivement préparé un article critique pour Le Monde diplomatique sur ce que Richard Descoings avait fini par faire de Sciences Po…qui ne sortira peut-être pas aujourd’hui. Il faisait suite aux révélations sur son salaire de 27 000 euros bruts mensuels et sur les rémunérations en général. Avec les super-bonus des cadres dirigeants de l’école, il avait introduit les principes de l’économie de marché dans une école publique. En choisissant de conserver l’adresse rue Saint-Guillaume alors que le loyer plombe les finances de l’école, il souhaitait mettre en avant le prestige de l’institution et rester proche des centres de pouvoir.

Pour moi, Richard Descoings a réinstauré l’Ecole libre de sciences politiques, une institution de production et surtout de reproduction des élites… avec pour stratégie de légitimation l’ouverture aux boursiers et aux élèves des lycées de banlieues.

MCE.tv

Richard Descoings, directeur de Sciences-Po, serait mort d’une overdose (MàJ)

05/04/12

Les enquêteurs soupçonnent l’universitaire français d’être mort d’une overdose de pilules et d’alcool. Dnainfo

Cops found gay-hookup Web sites on the laptop computer of a married French scholar whose naked corpse was found in a posh Midtown hotel room, law-enforcement sources said yesterday.

[Traduction] Les policiers ont trouvé des sites de rencontres homosexuelles sur l’ordinateur portable d’un universitaire français marié, dont le cadavre nu a été retrouvé dans la chambre d’un hotel huppé de Midtown à N.Y., ont indiqué les autorités hier.

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Richard Descoings, expert pour Hollande ?

En 2009, c’est au directeur de l’Institut d’études politiques de Paris (IEP), Richard Descoings, que Nicolas Sarkozy avait fait appel pour sauver la réforme du lycée, passablement mal engagée par le ministre de l’éducation nationale de l’époque, Xavier Darcos. Aujourd’hui, c’est auprès de François Hollande que M. Descoings reprend, en tant qu’expert, du service. C’est à ce titre qu’il participe aux travaux d’une commission créée par l’entourage du candidat socialiste pour travailler sur les discriminations.

Fait-il partie de l’équipe de campagne de M.Hollande ? « L’organigramme de l’équipe a été publié ; il n’a pas bougé depuis. Mais nous écoutons tous ceux qui ont de l’expérience. M. Descoings vient en tant qu’expert », explique Faouzi Lamdaoui, chef de cabinet du candidat, qui anime le groupe de travail.

Le Monde

20 personnalités appellent à supprimer les notes au primaire

Addendum du 19/11/2010 :

Le sociologue Pascal Bavoux, invité sur France-Culture lors du journal de 12h30 le jeudi 18 novembre 2010, explique pourquoi il est pour la suppression des notes au primaire.

Vingt personnalités se sont jointes à l’appel lancé par l’Afev pour réclamer la suppression des notes à l’école élémentaire, afin d’éviter une stigmatisation des élèves et la sélection par l’échec.

Parmi ces personnalités figurent le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, le directeur de Sciences Po Paris Richard Descoings, le sociologue François Dubet, le généticien et président d’université Axel Kahn, l’économiste Eric Maurin, l’écrivain Daniel Pennac ou l’ex-Premier ministre Michel Rocard.

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