Histoire : Le « mystère Louis XVII » en voie d’élucidation ? La thèse Naundorff relancée (MàJ vidéo)

Addendum 09/04/14 : Au Coeur de l’Histoire, émission du 08/04/14, avec Bruno Roy-Henry.

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Addendum 02/04/14 :

[Les] travaux scientifiques complémentaires et nécessaires, évoqués ici et là, ils portent sur des cheveux de Naundorff remis gracieusement par M. Christian Crépin [...] Pour l’instant, nous nous contenterons de dire que lesdits travaux sont très prometteurs- Bruno Roy-Henry

Extraits de Secrets d’Histoire sur l’énigme Louis XVII/Naundorff :

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tombe Naundorff
Tombe de Karl-Wilhem Naundorff.

Addendum 30/03/14 : Ph. Delorme conteste l’analyse ADN du Pr. Lucotte.

Voir son post Facebook (aussi présent sur Le Figaro).

NDLR : Philippe Delorme est aussi connu pour contester l’authenticité de la tête de Henri IV, dont l’ADN mitochondrial ne correspond pas à celui d’Anne de Roumanie. L’ADN mitochondrial d’Anne de Roumanie a servi de base au Pr. Cassiman pour écarter Naundorff. – Le Point

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« l’identité entre Naundorff et Louis XVII est démontrée. En effet, la probabilité pour qu’un autre Bourbon (enfant légitime ou naturel) ait été Naundorff, est infime ! » – Bruno Roy-Henry, historien.

Le Figaro du 29/03/14 :

Les résultats d’une nouvelle analyse accréditeraient l’hypothèse que le fils de Marie-Antoinette et de Louis XVI ne serait pas mort en 1795 à la prison du Temple, mais cinquante ans plus tard en Hollande.

Grâce à l’ADN, l’un des plus grands mystères de l’Histoire, l’un des plus polémiques aussi, est peut-être en train de s’éclaircir. Le mythe de Karl-Wilhelm Naundorff, mort en Hollande en 1845, qui prétendait être Louis XVII, le fils de Marie-Antoinette et de Louis XVI emprisonné à l’âge de 7 ans au Temple et décédé officiellement en 1795, est relancé par une nouvelle révélation.

Alors que des études ADN commandées par les Bourbons il y a une quinzaine d’années – pour en finir avec ce fantasme historique et cet «imposteur» – avaient «définitivement» attesté que Naundorff n’était pas Louis XVII, de nouvelles analyses démontreraient que son descendant direct est bien un Bourbon.

Cette découverte inédite revient au Pr Gérard Lucotte, généticien et anthropologue, et à l’historien Bruno Roy-Henry, à l’initiative de cette enquête dans les profondeurs moléculaires. C’est le descendant mâle de la branche aînée de Naundorff, un libraire de 40 ans vivant en France, qui a soumis ses gènes au microscope du Pr Lucotte. Il s’agit d’Hugues de Bourbon – la lignée des Naundorff porte le nom des Bourbons par «une courtoisie de la cour de Hollande», explique un historien, légalisée par plusieurs jugements de la justice française mais toujours très contestée par les Bourbons. Il est le fils de Charles Louis Edmond de Bourbon, descendant très médiatique de Naundorff, décédé en 2008, que beaucoup de gens appelaient «Monseigneur» en soulignant sa ressemblance criante avec Henri IV.

Hugues de Bourbon, descendant de Naundorff, «fait partie de la famille».
- Le professeur Lucotte, généticien et anthropologue

Les prélèvements sur le jeune Hugues ont eu lieu à La Rochelle, il y a deux ans. L’étude a porté sur les marqueurs du chromosome Y (spécifique de la lignée mas­culine). Au contraire de la précédente, il y a 15 ans, qui portait sur l’ADN mitochondrial (spécifique de la lignée féminine), prélevé sur Anne de Roumanie, descendante de Marie-Antoinette par la branche Habsbourg, et avait été comparé à l’ADN contenu dans un os de Naundorff. Ces ­recherches, conduites par le Pr Cassiman, avaient alors exclu toute parenté maternelle Habsbourg. Cette fois, l’analyse du chromosome Y du descendant Naundorff a été comparée avec l’haplotype des Bourbons grâce à «un profil du chromosome Y» de la maison royale établi en octobre dernier par le Pr Cassiman. Résultat: «On retrouve chez lui l’essentiel des marqueurs du chromosome Y des Bourbons, il fait partie de la famille», conclut le Pr Lucotte. Publiés dans la revue scientifique International Journal of Sciences, ces résultats seront présentés samedi par le généticien devant le Cercle d’études Louis XVII.

Outre la vérité historique, les enjeux et passions sont de taille, compte tenu des intérêts patrimoniaux et de la prétention symbolique au trône de France. Selon son entourage, Hugues n’aurait toutefois «pas du tout les revendications» de son défunt père qui prétendait au trône de France en cas de retour de la monarchie.

Que le jeune Naundorff soit un Bourbon n’établit pas pour autant que «l’enfant du Temple» a survécu et qu’il est le fruit de sa descendance. Enfin pas encore. Cette découverte de Lucotte et Roy-Henry n’est que la première étape d’une série de travaux à venir. Pour savoir si Naundorff était bien Louis XVII, il faudrait établir son ADN complet. Or, il y a quatre mois, des cheveux de Naundorff ont été ré­cupérés par des scientifiques. Qui chercheront à prouver que l’ADN mitochondrial Habsbourg – démenti il y a quinze ans – est bel et bien dans ses cheveux. Ces scientifiques remettent en cause la qualité et l’authenticité des prélèvements d’os sur Naundorff, lors de ces tests anciens, car le cercueil avait été ouvert en 1950 lors de la restauration du tombeau.

Le Figaro

Tribune de Bruno Roy Henri (l’un des deux signataires de l’étude)

L’article scientifique (en anglais)

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Wikipédia : Karl-Wilhelm Naundorff, présumé Louis XVII.

Naundorff
Karl-Wilhem Naundorff.

Karl-Wilhelm Naundorff, mort le 10 août 1845 à Delft, est un horloger prussien. Il fut le plus célèbre de ceux qui au XIXe siècle déclarèrent être le dauphin, fils de Louis XVI lequel, d’après ces prétendants, ne serait pas mort à la prison du Temple en 1795.
De 1810 à 1845, Karl-Wilhelm Naundorff essaya en vain de se faire reconnaitre par la famille royale comme Louis XVII. Il se constitua une cour, nomma des aides de camps, des officiers d’ordonnance, un ministère, etc.
Expulsé par les gendarmes de Louis-Philippe Ier, il trouva refuge en Angleterre, puis en Hollande, où il mit au point la « Bombe Bourbon » et devint directeur des ateliers de Pyrotechnie de Delft. [...]

Wikipédia

28 février 1794 : Massacre des Lucs-sur-Boulogne

Le massacre des Lucs-sur-Boulogne est le plus célèbre et le plus important massacre perpétré par les troupes républicaines des colonnes infernales pendant la guerre de Vendée.

Le 28 février 1794, tuant et incendiant sur leur passage, les colonnes des généraux Cordellier et Crouzat se dirigent vers le village des Lucs-sur-Boulogne. Mais sur le chemin, ils sont attaqués et mis en fuite par les troupes de Charette. Cependant, après sa victoire, Charette, obligé de pratiquer la guérilla, doit se retirer. Martincourt, un lieutenant de Cordellier, s’en aperçoit et après avoir rallié plusieurs fuyards, se dirige vers Les Lucs avec l’intention d’y exercer des représailles.


L’Ombre d’un doute : Robespierre, bourreau de la Vendée ? présenté par Franck Ferrand (France 3 – 2012)

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Ukraine : Le président Ianoukovitch a fui la capitale, des groupes paramilitaires contrôlent Kiev (màj Ianoukovitch destitué)

16h40 : Les députés ukrainiens destituent le président Ianoukovitch et fixent au 25 mai la tenue d’une élection présidentielle [NDLR : le même jour que les élections européennes]

Les députés ukrainiens ont destitué, samedi 22 février, le président Viktor Ianoukovitch et fixé au 25 mai la tenue de la prochaine élection présidentielle. Les députés de la Rada ont déclaré le chef de l’Etat, qui a quitté Kiev, dans l’incapacité constitutionnelle d’exercer ses fonctions.

Le chef de l’Etat avait auparavant dénoncé un « coup d’Etat » et refusé de démissionner, alors que l’Ukraine traverse actuellement une crise politique sans précédent.

Le Monde


14h40 : Le palais présidentiel aux mains des insurgés


Le président Viktor Ianoukovitch a fui la capitale ukrainienne. Selon Russia Today, Kiev serait entre les mains de groupes paramilitaires (Russia Today).

Direct depuis la place Maïdan :
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Israël pourrait bien être l’actuel vainqueur des printemps arabes.

[Article relayé par le site officiel de la chambre de commerce France Israël]

Une opinion de Dominique Moïsi, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris  : « La guerre en Irak – qui a conduit à la chute du régime de Saddam Hussein en 2003 – a eu un vainqueur évident : l’Iran. L’intervention militaire menée par les Etats-Unis a été à l’origine de l’affaiblissement des alliés traditionnels de l’Amérique, les régimes sunnites au Moyen-Orient, et du renforcement de son principal ennemi dans la région, la République islamique.

Dix ans plus tard, il semblerait que nous assistions une nouvelle fois à des développements ironiques dans la région : Israël semble pour l’instant être le seul véritable vainqueur des révolutions du “Printemps arabe”. La plupart des Israéliens contesteraient avec force cette interprétation. Leur environnement régional est beaucoup plus instable et imprévisible. Le système israélien de défense anti-missile “Dôme de fer” interceptait il y a quelques jours une roquette lancée depuis le Sinaï qui visait le port d’Eilat.

Contrairement au passé, aucune frontière israélienne n’est désormais sûre, surtout le long de la frontière avec l’Egypte. Aucune alliance implicite ne peut être garantie. Tous les scénarios sont ouverts. Israël peut-il rester une oasis de stabilité, de sécurité, de modernité et de croissance économique dans un environnement si explosif ?

La réponse est non, bien sûr. Israël pourrait être tenté de se considérer comme un genre d’arche de Noé d’aujourd’hui, mais ce n’est pas le cas. Tel-Aviv est devenue un mélange de San Francisco, Singapour, et São Paulo, mais la ville demeure toujours à moins de 300 kilomètres de Damas. Pour les pessimistes (ou les réalistes, selon votre point de vue), Israël doit rester en alerte maximale pour limiter les risques auxquels il est confronté. Mais surtout, de nombreux Israéliens (si ce n’est la plupart d’entre eux) estiment que ce n’est pas le moment de faire preuve d’imagination ou d’audace.

Un Moyen-Orient trop impliqué dans ses luttes intestines [...]

 

Israël Valley, merci à Bourgmestre

FDS Musique – Le classique français

L’époque classique en musique est relativement courte. De 1750, année de la mort de Bach, à 1800, une esthétique domine: le style dit « galant ». Mozart, et avant lui Haydn en Allemagne, en sont les plus illustres représentants. La France, en proie aux tourments de l’époque révolutionnaire, aura son compositeur « officiel », François-Joseph Gossé, dit « Gossec ». A ses côtés, André Grétry et Étienne Méhul s’illustrent par leur savoir-faire.

François-Joseph Gossec (Gossé de son vrai nom) (Vergnies, le 17 janvier 1734 – Passy, le 16 février 1829) est un compositeur, violoniste, directeur d’opéra et pédagogue français.

Né sous Louis XV, deux ans après Haydn (1732-1809), il a 16 ans à la mort de Bach (1750), 22 ans à la naissance de Mozart (1756) qui deviendra son ami, 32 à la mort de Jean-Philippe Rameau (1764); il sert le Prince de Condé et le Prince de Conti et dirige l’École royale de Chant, futur Conservatoire de Musique dont il est membre du Directoire.

Nommé compositeur officiel pendant la Révolution française, c’est aussi le musicien le plus honoré sous Napoléon Ier (membre de l’Institut, Légion d’honneur… ). (Wikipédia)
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Histoire : Varennes, 20-25 juin 1791. La fuite de la famille royale et la fin de la monarchie

La fuite de Louis XVI et de sa famille dans la nuit du 20 au 21 juin 1791 n’est pas qu’un des multiples rebondissements de la période révolutionnaire. Ses conséquences en font un des épisodes cruciaux de la Révolution. Un événement charnière qui va ternir l’image du roi et contribuera au renversement de la monarchie.

Après son installation forcée aux Tuileries, le 6 octobre 1789, la famille royale n’est plus vraiment libre de ses mouvements. Surveillée de près, ses sorties sont contrôlées.

Le 19 février 1791, le départ pour Rome des tantes de Louis XVI, inquiètes des lois anti-religieuses, jettent la suspicion sur la famille royale. Comme l’année précédente, Louis XVI souhaite passer la Semaine Sainte puis la belle saison avec sa famille au château de Saint-Cloud. Il fixe le départ au 18 avril. Aussitôt connue la nouvelle de ce projet, les milieux révolutionnaires affirment que le Roi veut quitter Paris pour faire ses Pâques avec un prêtre non assermenté. Au moment du départ, une foule hostile entoure le carrosse et l’empêche de partir. La famille royale doit donc rentrer aux Tuileries. En montant les marches du perron, Marie-Antoinette lance aux grenadiers : «Vous avouerez à présent que nous ne sommes pas libres !»

 L’arrestation de Louis XVI et de sa famille à Varennes chez l’épicier et procureur Jean-Baptiste Sauce

Comme le lui avait conseillé Mirabeau, décédé le 2 avril 1791, et encouragé par le comte suédois, Axel de Fersen, Louis XVI décide de rejoindre le quartier général du marquis de Bouillé, à Montmédy, près de la frontière du Luxembourg. Il sait que les troupes du marquis lui sont fidèles. [...]

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Histoire : Alexis Corbière (FdG) : « Lundi 21 janvier, je mange de la tête de veau… »

Communiqué d’Alexis Corbière (Front de Gauche) :

220 ans après l’exécution du ci-devant Louis Capet le 21 janvier 1793, on peut encore saluer avec humour, mais enthousiasme intact, la grande portée politique de cet immense évènement qu’est la Révolution française, non ?

D’autant plus que, je crois savoir que quelques illuminés se réuniront de leurs cotés dans une cinquantaine de messes (quelle honte pour les ecclésiastiques qui se prêtent à cela) pour célébrer la mémoire de Louis XVI. Oui, oui cela existe encore. Le si sympathique comédien mondain Lorant Deutsch, qui a trouvé tant de défenseurs quand je m’en suis pris publiquement à son Métronome si nostalgique des têtes couronnées, y a même participé les années passées. Peut être sera-t-il encore demain à l’Eglise Saint-Germain l’Auxerrois pour pleurer la fin de la monarchie ?

Moi, en tout cas avec quelques amis, je mangerai une bonne tête de veau. Farouche partisan en 2013, de l’abolition de la peine de mort sur toute la planète (aboli en France grâce à la gauche en 1981 seulement), j’avoue que je reste fidèle à la parole de Saint-Just lors du procès du Roi : « Cet homme doit régner, ou mourir ». L’histoire est parfois tragique. Mais, le succès de la Révolution est la naissance de la première République en France, agressée militairement par des armées étrangères, était à ce prix.

Une fois la provocation volontaire de ma part écartée, il va de soi que je fêterai demain la mort de la tyrannie, qui causa tant de malheur, et non celle d’un être humain (toujours déplorable).

[...] Défendre le sens de la grande Révolution reste un enjeu de première importance et très contemporain. Je l’ai ici déjà écrit de multiples fois. Méfiez vous de tous ceux qui insultent la Révolution. En général, ce qu’ils mijotent et soutiennent en 2013 n’a rien de bon. [...]

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Histoire : 21 janvier 1793, exécution de Louis XVI

exécution Louis XVI
Exécution du roi Louis XVI, le 21 janvier 1793. Gravure d’après dessin de Fious.

Louis XVI perd son titre de roi de France lors de la prise des Tuileries la journée du 10 août 1792, avant que la République ne soit proclamée par la Convention le 22 septembre. Dès lors que la monarchie est officiellement abolie, la personne du roi devient encombrante et la question du jugement se pose très vite.

Maximilien de Robespierre donne d’emblée le ton :

« Quel est le parti que la saine politique prescrit pour cimenter la République naissante ? C’est de graver profondément dans les cœurs le mépris de la royauté et de frapper de stupeur tous les partisans du roi. [...] Louis ne peut donc être jugé ; il est déjà condamné, ou la République n’est point absoute. [...] j’abhorre la peine de mort prodiguée par vos lois ; et je n’ai pour Louis ni amour ni haine ; je ne hais que ses forfaits. J’ai demandé l’abolition de la peine de mort à l’Assemblée que vous nommez encore constituante ; et ce n’est pas ma faute si les premiers principes de la raison lui ont paru des hérésies morales et politiques [...] Oui, la peine de mort, en général est un crime [...] mais un roi détrôné au sein d’une révolution qui n’est rien moins que cimentée par des lois justes [...] ne peut rendre son existence indifférente au bonheur public [...]. Je prononce à regret cette fatale vérité… mais Louis doit mourir, parce qu’il faut que la patrie vive. »

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Histoire : Des députés UMP cosignent une loi avec Marion-Maréchal Le Pen pour la reconnaissance du « génocide vendéen » (MàJ)

Communiqué d’Alexis Corbière (Front de Gauche) :

Pour la première fois des députés UMP et FN font un projet de loi commun. Il a bien évidement pour ciment la haine de la Révolution.

Cette proposition de loi (PPL) déposée par sept députés UMP, dont un ancien ministre, et Mme Marion Maréchal-Le Pen (FN), demande que soit reconnu un « génocide vendéen en 1793-1794 ». C’est un acte grossier de manipulation historique, indigne de parlementaires français. [...]

Blog d’Alexis Corbière

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Plusieurs députés UMP, dont le chef de file de la Droite populaire Lionnel Luca et et l’ancien secrétaire d’Etat aux Anciens combattants puis à l’Intérieur et aux Collectivités territoriales Alain Marleix, ont cosigné une proposition de loi avec la députée FN Marion Maréchal-Le Pen. [...]

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André Glucksmann : «Une part de notre destin se joue à Damas»

Plaidoyer d’André Glucksmann en faveur des révolutions dans le monde arabe et dénonciation de la passivité des Européens sur les «massacres en Syrie».

Foin de naïveté. La mondialisation n’est pas qu’affaire de gros sous, elle ne se borne pas aux flux financiers et aux échanges économiques.

Janvier 2011 – décembre 2012. Après l’euphorie vient la dépression, les révolutions arabes n’auraient-elles entraîné que le passage de dictatures militaires à des dictatures religieuses menaçantes, en Egypte comme en Tunisie ? Nous autres, Européens désabusés, oublions facilement les retournements et les longues péripéties de notre accession à une encore imparfaite démocratie : notre «printemps des peuples» date de 1848. Que de temps, que de sang écoulé depuis ! [….]

De sinistres soubresauts peuvent toujours survenir, ainsi à Kiev et Tbilissi, ainsi à Tunis et au Caire. Il n’en reste pas moins que nous sommes sortis des modèles jacobins, bolcheviques ou nazis. […]

Les Européens ont grand tort d’assister passivement au spectacle des reprises en main et d’observer passivement depuis un an l’extension des massacres en Syrie. Il ne s’agit pas d’obscénités circonscrites et locales, Bachar al-Assad instaure un précédent. […] Au Kremlin, à Pékin, à Téhéran, on compte sur toi, Assad mon frère, pour faire passer le goût insupportable de liberté qui pourrait gagner nos sujets, nos voisins et la planète entière. […]

Les modèles de révolutions douces, style Prague et Varsovie ou Tunis et Le Caire, sont aussi mondialement imitables, tout comme les répressions despotiques sans foi ni loi. Quelle figure de l’ordre du monde s’annonce pour demain ? Entre les revendications libertaires de la rue et la mort qui tombe du ciel, une part de notre destin se joue à Damas. […]

Libération

La Révolution française, fille de l’emprunt

Réduire une dette abyssale est l’obsession de la monarchie pendant tout le XVIIIe siècle. Finalement, acculé à la banqueroute, Louis XVI convoque les États généraux. Qui décident de changer les règles du jeu…

L’accomplissement du voeu de la nation : vue de la procession de l’ouverture des Etats-généraux sortant de Notre-Dame pour aller à St Louis, prise de la place Dauphine, à Versailles, le 4 may 1789 (estampe, auteur non identifié)

Le roi « ne payait ni les financiers, ni les négocians, desquels Il avoit emprunté des sommes considérables ; Il leur accordoit des surséances, ou des sauf-conduits contre leurs créanciers autre désordre qui dérangeoit et troubloit encore extremement le commerce, dans lequel on ne voyait presque plus d’argent. Le crédit […] étoit entièrement évanoui. Le discrédit étoit universel, le commerce anéanti, la consommation affaiblie de moitié, la culture des terres négligées ; les ouvriers passoient chez l’étranger. Enfin, le peuple étoit désolé, le paysan mal nourri et mal habillé ».

Ce tableau saisissant, qui pourrait, à quelques modifications près, s’appliquer à la Grèce ou à l’Espagne contemporaines, est dû à l’économiste Nicolas Dutot et brosse l’état de la France à la fin du règne de Louis XIV.

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Desouche Histoire : La noblesse contre la monarchie absolue (XVIIIe siècle)

Le thé à l'anglaise Michel-Barthélémy Ollivier
Michel-Barthélémy Ollivier, Le Thé à l’anglaise servi dans le salon des quatre-glaces au Palais du Temple à Paris en 1764.

Une idée longtemps admise, car entrant dans le schéma marxiste de la lutte des classes dominant dans les universités françaises au cours des années 1950-1970, voudrait que la noblesse et la bourgeoisie se soient opposées au XVIIIe siècle, la bourgeoisie étant finalement sortie victorieuse de cette « lutte des classes » à l’issue de la Révolution. La noblesse de la fin du XVIIIe n’aurait été qu’une vieille citadelle assiégée, garante des anciennes traditions et lois du royaume soumises aux coups de boutoirs de la bourgeoisie des Lumières. Et si elle était présente aux Etats généraux de 1789, ce ne pouvait être que pour s’opposer à toute tentative de réforme, conserver ses droits et privilèges.

Ces idées, enseignées longtemps dans les écoles et jusque dans les facultés, ont été balayées depuis les années 1980 environ mais persistent dans le grand public. Au contraire, la noblesse a très largement épousé les idées des Lumières (y compris la plus ancienne) qu’elle a contribué à façonner. Elle se montrait tout aussi critique que la bourgeoisie sur l’« arbitraire royal », le « despotisme ministériel », la censure, les inégalités dans la société, les entraves au libéralisme économique. Dans les décennies pré-révolutionnaires, il n’y a pas lieu d’opposer une pensée bourgeoise à une pensée noble.

I. La noblesse et les Lumières

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