Impôts, Etat, réformes, internet : 1789, c’est maintenant ?

Pour Eric Verhaeghe, président de l’APEC (Association pour l’emploi des cadres), les points communs ne manquent pas entre la situation actuelle et la période qui a précédé la Révolution française. Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages «Jusqu’ici tout va bien», «Au coeur du MEDEF: Chronique d’une fin annoncée», et «Faut-il quitter la France ?».

Premier trait commun : Comme en 1789, la France connaît une profonde transformation des modes de communication. Aujourd’hui, c’est Internet qui met n’importe quel Français en contact immédiat avec n’importe qui d’autre dans le monde. Cette formidable immédiateté dans la transmission de la pensée et des idées bouleverse l’ordre social traditionnel.

Comme dans toutes les époques qui semblent indécodables, où l’on sent bien que quelque chose va se passer mais on ne sait pas encore quoi, le réflexe premier est celui de l’analogie : quelle période, dans notre passé, constitue le meilleur paradigme pour comprendre le chemin que nous empruntons à tâtons aujourd’hui ?

En 1788, Louis XVI se montre incapable de vaincre les résistances internes qui bloquent les indispensables réformes. Au centre de celles-ci, la réforme fiscale occupe la même importance qu’aujourd’hui …

Il y a d’abord cette immense crise des finances publiques que l’Etat ne parvient pas à résoudre. On ne dira d’ailleurs jamais assez que le crise des années 2010 est bien plus grave que la crise des années 1780. L’Etat de Louis XVI dépensait en moyenne 25% de plus que son budget annuel. Cette proportion s’élève aujourd’hui à plus de 30%, avec près de 90 milliards de déficit sur des recettes de 300 milliards.

Il y a aussi cette déliquescence du pouvoir central, qui semble impuissant à reprendre la main sur le désordre ambiant. En 1788, Louis XVI se montre incapable de vaincre les résistances internes qui bloquent les indispensables réformes. Au centre de celles-ci, la réforme fiscale occupe la même importance qu’aujourd’hui: l’impôt de l’Ancien Régime ne mobilise pas les vraies ressources du pays et est vécu, comme injuste et inefficace.

Il y a ce mille-feuilles territorial qui morcelle l’Ancien Régime et rend le pays ingouvernable, comme dans la France d’aujourd’hui. Dans leur grande sagesse, au fond, les Jacobins avaient compris que la géographie administrative française n’était viable que dans un Etat très centralisé. C’est la décentralisation voulue par la gauche en 1981 qui a fait le lit de la décision publique. […]

Second trait, souligné par Tocqueville dans l’Ancien Régime et la Révolution: les révolutions naissent de l’improvisation, et non d’un acte conscient et concerté. C’est la force des choses qui entraînent un peuple dans une révolution, dont la conscience est toujours rétrospective. D’une certaine façon, une révolution naît de l’impossibilité d’y échapper, mais certainement pas de la volonté de la faire, même si l’historiographie nous a convaincus du contraire. […]

Au fond, la grande ressemblance entre la France d’aujourd’hui et celle de 1789 est qu’une révolution y est tout aussi possible qu’improbable.

Le Figaro

Robert Redeker : Comment l’immigré a remplacé le prolétaire autochtone aux yeux de la gauche

Le philosophe Robert Redeker s’interroge sur la mutation de l’imaginaire de gauche. Dans celui-ci l’immigré a pris la place de la classe ouvrière autochtone, punie pour avoir abandonné la lutte des classes.

Le vocabulaire de la gauche a profité des trois dernières décennies pour évincer les termes de prolétariat et de prolétaire. Exhumés des souvenirs de la Rome antique, ces mots s’étaient imposés, malgré le dégoût qu’ils suscitaient, dans la langue politique au XIXème siècle. […]

Pourquoi ne pas le remplacer, cet ingrat prolétaire autochtone, par de nouveaux levains de l’histoire? Pourquoi pas par le travailleur immigré? Par le sans-papier? Par le jeune de banlieue? Pourquoi pas par le Rom? L’échec de mai 68 a causé la péjoration du peuple.

De héros, d’idole, de substitut du Christ pour assurer le salut de l’homme dans l’histoire, il devint le Beauf, il devint Dupont-Lajoie, il devint le sujet méprisé du populisme.

Les mots prolétaire et prolétariat en sont venus à passer de vie à trépas aussi pour une autre raison: les prolétaires – comprenons : les prolétaires autochtones, européens – n’étaient pas au rendez-vous.

Dans les années 70 une formule devenue cliché méprisant s’est répandue chez les intellectuels de gauche: «le peuple manque». Il n’est jamais au rendez-vous que la théorie a fixé pour lui. En mai 68, puis dans les années 70, les prolétaires, ces ingrats, ont manqué. On – c’est-à-dire les battus de mai – a commencé dès lors à le haïr, le peuple! On a commencé dès lors à le désaimer, le prolétaire. De héros, d’idole, de substitut du Christ pour assurer le salut de l’homme dans l’histoire, il devint le Beauf, il devint Dupont-Lajoie, il devint le sujet méprisé du populisme. La formule des bourgeois apeurés par les partageux d’autrefois était reprise, implicitement, par ceux qui allaient donner naissance au nouvel antiracisme: «salauds de pauvres!» Salauds de prolétaires au gros rouge qui tache! Salauds de souchiens pue-la-sueur! Ils n’ont pas voulu de la révolution, ces Dupont-Ducon! Eh bien nous nous tournerons vers d’autres!

Ainsi, l’immigré devint le mime raté du prolétaire. Il en est perçu aussi comme la punition: la promotion de l’immigré est la punition infligée au prolétaire pour avoir manqué à son devoir historique ! […]

Pour assurer le salut de l’humanité, il y eut, chez Saint-Simon, les savants et les industriels ; les travailleurs et les femmes, chez Auguste Comte ; les prolétaires, chez Marx ; les étudiants, chez Marcuse. Nous rencontrons dans la gauche actuelle les immigrés comme étant la nouvelle figure du groupe chargé d’opérer le basculement de l’histoire. Auprès de ce fantôme de la gauche qu’est la gauche morale et sociétale contemporaine, l’immigré, le sans-papiers, le Rom, endossent le double rôle d’ersatz et de Père Fouettard du prolétaire.

Le Figaro (Merci à Chantecler)

Histoire : Le « mystère Louis XVII » en voie d’élucidation ? La thèse Naundorff relancée (MàJ vidéo)

Addendum 09/04/14 : Au Coeur de l’Histoire, émission du 08/04/14, avec Bruno Roy-Henry.

———————————–

Addendum 02/04/14 :

[Les] travaux scientifiques complémentaires et nécessaires, évoqués ici et là, ils portent sur des cheveux de Naundorff remis gracieusement par M. Christian Crépin [...] Pour l’instant, nous nous contenterons de dire que lesdits travaux sont très prometteurs- Bruno Roy-Henry

Extraits de Secrets d’Histoire sur l’énigme Louis XVII/Naundorff :

———————————–

tombe Naundorff
Tombe de Karl-Wilhem Naundorff.

Addendum 30/03/14 : Ph. Delorme conteste l’analyse ADN du Pr. Lucotte.

Voir son post Facebook (aussi présent sur Le Figaro).

NDLR : Philippe Delorme est aussi connu pour contester l’authenticité de la tête de Henri IV, dont l’ADN mitochondrial ne correspond pas à celui d’Anne de Roumanie. L’ADN mitochondrial d’Anne de Roumanie a servi de base au Pr. Cassiman pour écarter Naundorff. – Le Point

———————————–

« l’identité entre Naundorff et Louis XVII est démontrée. En effet, la probabilité pour qu’un autre Bourbon (enfant légitime ou naturel) ait été Naundorff, est infime ! » – Bruno Roy-Henry, historien.

Le Figaro du 29/03/14 :

Les résultats d’une nouvelle analyse accréditeraient l’hypothèse que le fils de Marie-Antoinette et de Louis XVI ne serait pas mort en 1795 à la prison du Temple, mais cinquante ans plus tard en Hollande.

Grâce à l’ADN, l’un des plus grands mystères de l’Histoire, l’un des plus polémiques aussi, est peut-être en train de s’éclaircir. Le mythe de Karl-Wilhelm Naundorff, mort en Hollande en 1845, qui prétendait être Louis XVII, le fils de Marie-Antoinette et de Louis XVI emprisonné à l’âge de 7 ans au Temple et décédé officiellement en 1795, est relancé par une nouvelle révélation.

Alors que des études ADN commandées par les Bourbons il y a une quinzaine d’années – pour en finir avec ce fantasme historique et cet «imposteur» – avaient «définitivement» attesté que Naundorff n’était pas Louis XVII, de nouvelles analyses démontreraient que son descendant direct est bien un Bourbon.

Cette découverte inédite revient au Pr Gérard Lucotte, généticien et anthropologue, et à l’historien Bruno Roy-Henry, à l’initiative de cette enquête dans les profondeurs moléculaires. C’est le descendant mâle de la branche aînée de Naundorff, un libraire de 40 ans vivant en France, qui a soumis ses gènes au microscope du Pr Lucotte. Il s’agit d’Hugues de Bourbon – la lignée des Naundorff porte le nom des Bourbons par «une courtoisie de la cour de Hollande», explique un historien, légalisée par plusieurs jugements de la justice française mais toujours très contestée par les Bourbons. Il est le fils de Charles Louis Edmond de Bourbon, descendant très médiatique de Naundorff, décédé en 2008, que beaucoup de gens appelaient «Monseigneur» en soulignant sa ressemblance criante avec Henri IV.

Hugues de Bourbon, descendant de Naundorff, «fait partie de la famille».
- Le professeur Lucotte, généticien et anthropologue

Les prélèvements sur le jeune Hugues ont eu lieu à La Rochelle, il y a deux ans. L’étude a porté sur les marqueurs du chromosome Y (spécifique de la lignée mas­culine). Au contraire de la précédente, il y a 15 ans, qui portait sur l’ADN mitochondrial (spécifique de la lignée féminine), prélevé sur Anne de Roumanie, descendante de Marie-Antoinette par la branche Habsbourg, et avait été comparé à l’ADN contenu dans un os de Naundorff. Ces ­recherches, conduites par le Pr Cassiman, avaient alors exclu toute parenté maternelle Habsbourg. Cette fois, l’analyse du chromosome Y du descendant Naundorff a été comparée avec l’haplotype des Bourbons grâce à «un profil du chromosome Y» de la maison royale établi en octobre dernier par le Pr Cassiman. Résultat: «On retrouve chez lui l’essentiel des marqueurs du chromosome Y des Bourbons, il fait partie de la famille», conclut le Pr Lucotte. Publiés dans la revue scientifique International Journal of Sciences, ces résultats seront présentés samedi par le généticien devant le Cercle d’études Louis XVII.

Outre la vérité historique, les enjeux et passions sont de taille, compte tenu des intérêts patrimoniaux et de la prétention symbolique au trône de France. Selon son entourage, Hugues n’aurait toutefois «pas du tout les revendications» de son défunt père qui prétendait au trône de France en cas de retour de la monarchie.

Que le jeune Naundorff soit un Bourbon n’établit pas pour autant que «l’enfant du Temple» a survécu et qu’il est le fruit de sa descendance. Enfin pas encore. Cette découverte de Lucotte et Roy-Henry n’est que la première étape d’une série de travaux à venir. Pour savoir si Naundorff était bien Louis XVII, il faudrait établir son ADN complet. Or, il y a quatre mois, des cheveux de Naundorff ont été ré­cupérés par des scientifiques. Qui chercheront à prouver que l’ADN mitochondrial Habsbourg – démenti il y a quinze ans – est bel et bien dans ses cheveux. Ces scientifiques remettent en cause la qualité et l’authenticité des prélèvements d’os sur Naundorff, lors de ces tests anciens, car le cercueil avait été ouvert en 1950 lors de la restauration du tombeau.

Le Figaro

Tribune de Bruno Roy Henri (l’un des deux signataires de l’étude)

L’article scientifique (en anglais)

—————————

Wikipédia : Karl-Wilhelm Naundorff, présumé Louis XVII.

Naundorff
Karl-Wilhem Naundorff.

Karl-Wilhelm Naundorff, mort le 10 août 1845 à Delft, est un horloger prussien. Il fut le plus célèbre de ceux qui au XIXe siècle déclarèrent être le dauphin, fils de Louis XVI lequel, d’après ces prétendants, ne serait pas mort à la prison du Temple en 1795.
De 1810 à 1845, Karl-Wilhelm Naundorff essaya en vain de se faire reconnaitre par la famille royale comme Louis XVII. Il se constitua une cour, nomma des aides de camps, des officiers d’ordonnance, un ministère, etc.
Expulsé par les gendarmes de Louis-Philippe Ier, il trouva refuge en Angleterre, puis en Hollande, où il mit au point la « Bombe Bourbon » et devint directeur des ateliers de Pyrotechnie de Delft. [...]

Wikipédia

28 février 1794 : Massacre des Lucs-sur-Boulogne

Le massacre des Lucs-sur-Boulogne est le plus célèbre et le plus important massacre perpétré par les troupes républicaines des colonnes infernales pendant la guerre de Vendée.

Le 28 février 1794, tuant et incendiant sur leur passage, les colonnes des généraux Cordellier et Crouzat se dirigent vers le village des Lucs-sur-Boulogne. Mais sur le chemin, ils sont attaqués et mis en fuite par les troupes de Charette. Cependant, après sa victoire, Charette, obligé de pratiquer la guérilla, doit se retirer. Martincourt, un lieutenant de Cordellier, s’en aperçoit et après avoir rallié plusieurs fuyards, se dirige vers Les Lucs avec l’intention d’y exercer des représailles.


L’Ombre d’un doute : Robespierre, bourreau de la Vendée ? présenté par Franck Ferrand (France 3 – 2012)

Commentaires sur le blog Histoire.

Ukraine : Le président Ianoukovitch a fui la capitale, des groupes paramilitaires contrôlent Kiev (màj Ianoukovitch destitué)

16h40 : Les députés ukrainiens destituent le président Ianoukovitch et fixent au 25 mai la tenue d’une élection présidentielle [NDLR : le même jour que les élections européennes]

Les députés ukrainiens ont destitué, samedi 22 février, le président Viktor Ianoukovitch et fixé au 25 mai la tenue de la prochaine élection présidentielle. Les députés de la Rada ont déclaré le chef de l’Etat, qui a quitté Kiev, dans l’incapacité constitutionnelle d’exercer ses fonctions.

Le chef de l’Etat avait auparavant dénoncé un « coup d’Etat » et refusé de démissionner, alors que l’Ukraine traverse actuellement une crise politique sans précédent.

Le Monde


14h40 : Le palais présidentiel aux mains des insurgés


Le président Viktor Ianoukovitch a fui la capitale ukrainienne. Selon Russia Today, Kiev serait entre les mains de groupes paramilitaires (Russia Today).

Direct depuis la place Maïdan :
Image de prévisualisation YouTube

Israël pourrait bien être l’actuel vainqueur des printemps arabes.

[Article relayé par le site officiel de la chambre de commerce France Israël]

Une opinion de Dominique Moïsi, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris  : « La guerre en Irak – qui a conduit à la chute du régime de Saddam Hussein en 2003 – a eu un vainqueur évident : l’Iran. L’intervention militaire menée par les Etats-Unis a été à l’origine de l’affaiblissement des alliés traditionnels de l’Amérique, les régimes sunnites au Moyen-Orient, et du renforcement de son principal ennemi dans la région, la République islamique.

Dix ans plus tard, il semblerait que nous assistions une nouvelle fois à des développements ironiques dans la région : Israël semble pour l’instant être le seul véritable vainqueur des révolutions du “Printemps arabe”. La plupart des Israéliens contesteraient avec force cette interprétation. Leur environnement régional est beaucoup plus instable et imprévisible. Le système israélien de défense anti-missile “Dôme de fer” interceptait il y a quelques jours une roquette lancée depuis le Sinaï qui visait le port d’Eilat.

Contrairement au passé, aucune frontière israélienne n’est désormais sûre, surtout le long de la frontière avec l’Egypte. Aucune alliance implicite ne peut être garantie. Tous les scénarios sont ouverts. Israël peut-il rester une oasis de stabilité, de sécurité, de modernité et de croissance économique dans un environnement si explosif ?

La réponse est non, bien sûr. Israël pourrait être tenté de se considérer comme un genre d’arche de Noé d’aujourd’hui, mais ce n’est pas le cas. Tel-Aviv est devenue un mélange de San Francisco, Singapour, et São Paulo, mais la ville demeure toujours à moins de 300 kilomètres de Damas. Pour les pessimistes (ou les réalistes, selon votre point de vue), Israël doit rester en alerte maximale pour limiter les risques auxquels il est confronté. Mais surtout, de nombreux Israéliens (si ce n’est la plupart d’entre eux) estiment que ce n’est pas le moment de faire preuve d’imagination ou d’audace.

Un Moyen-Orient trop impliqué dans ses luttes intestines [...]

 

Israël Valley, merci à Bourgmestre

FDS Musique – Le classique français

L’époque classique en musique est relativement courte. De 1750, année de la mort de Bach, à 1800, une esthétique domine: le style dit « galant ». Mozart, et avant lui Haydn en Allemagne, en sont les plus illustres représentants. La France, en proie aux tourments de l’époque révolutionnaire, aura son compositeur « officiel », François-Joseph Gossé, dit « Gossec ». A ses côtés, André Grétry et Étienne Méhul s’illustrent par leur savoir-faire.

François-Joseph Gossec (Gossé de son vrai nom) (Vergnies, le 17 janvier 1734 – Passy, le 16 février 1829) est un compositeur, violoniste, directeur d’opéra et pédagogue français.

Né sous Louis XV, deux ans après Haydn (1732-1809), il a 16 ans à la mort de Bach (1750), 22 ans à la naissance de Mozart (1756) qui deviendra son ami, 32 à la mort de Jean-Philippe Rameau (1764); il sert le Prince de Condé et le Prince de Conti et dirige l’École royale de Chant, futur Conservatoire de Musique dont il est membre du Directoire.

Nommé compositeur officiel pendant la Révolution française, c’est aussi le musicien le plus honoré sous Napoléon Ier (membre de l’Institut, Légion d’honneur… ). (Wikipédia)
Lire la suite

Histoire : Varennes, 20-25 juin 1791. La fuite de la famille royale et la fin de la monarchie

La fuite de Louis XVI et de sa famille dans la nuit du 20 au 21 juin 1791 n’est pas qu’un des multiples rebondissements de la période révolutionnaire. Ses conséquences en font un des épisodes cruciaux de la Révolution. Un événement charnière qui va ternir l’image du roi et contribuera au renversement de la monarchie.

Après son installation forcée aux Tuileries, le 6 octobre 1789, la famille royale n’est plus vraiment libre de ses mouvements. Surveillée de près, ses sorties sont contrôlées.

Le 19 février 1791, le départ pour Rome des tantes de Louis XVI, inquiètes des lois anti-religieuses, jettent la suspicion sur la famille royale. Comme l’année précédente, Louis XVI souhaite passer la Semaine Sainte puis la belle saison avec sa famille au château de Saint-Cloud. Il fixe le départ au 18 avril. Aussitôt connue la nouvelle de ce projet, les milieux révolutionnaires affirment que le Roi veut quitter Paris pour faire ses Pâques avec un prêtre non assermenté. Au moment du départ, une foule hostile entoure le carrosse et l’empêche de partir. La famille royale doit donc rentrer aux Tuileries. En montant les marches du perron, Marie-Antoinette lance aux grenadiers : «Vous avouerez à présent que nous ne sommes pas libres !»

 L’arrestation de Louis XVI et de sa famille à Varennes chez l’épicier et procureur Jean-Baptiste Sauce

Comme le lui avait conseillé Mirabeau, décédé le 2 avril 1791, et encouragé par le comte suédois, Axel de Fersen, Louis XVI décide de rejoindre le quartier général du marquis de Bouillé, à Montmédy, près de la frontière du Luxembourg. Il sait que les troupes du marquis lui sont fidèles. [...]

Suite et commentaires sur le blog Histoire.

Histoire : Alexis Corbière (FdG) : « Lundi 21 janvier, je mange de la tête de veau… »

Communiqué d’Alexis Corbière (Front de Gauche) :

220 ans après l’exécution du ci-devant Louis Capet le 21 janvier 1793, on peut encore saluer avec humour, mais enthousiasme intact, la grande portée politique de cet immense évènement qu’est la Révolution française, non ?

D’autant plus que, je crois savoir que quelques illuminés se réuniront de leurs cotés dans une cinquantaine de messes (quelle honte pour les ecclésiastiques qui se prêtent à cela) pour célébrer la mémoire de Louis XVI. Oui, oui cela existe encore. Le si sympathique comédien mondain Lorant Deutsch, qui a trouvé tant de défenseurs quand je m’en suis pris publiquement à son Métronome si nostalgique des têtes couronnées, y a même participé les années passées. Peut être sera-t-il encore demain à l’Eglise Saint-Germain l’Auxerrois pour pleurer la fin de la monarchie ?

Moi, en tout cas avec quelques amis, je mangerai une bonne tête de veau. Farouche partisan en 2013, de l’abolition de la peine de mort sur toute la planète (aboli en France grâce à la gauche en 1981 seulement), j’avoue que je reste fidèle à la parole de Saint-Just lors du procès du Roi : « Cet homme doit régner, ou mourir ». L’histoire est parfois tragique. Mais, le succès de la Révolution est la naissance de la première République en France, agressée militairement par des armées étrangères, était à ce prix.

Une fois la provocation volontaire de ma part écartée, il va de soi que je fêterai demain la mort de la tyrannie, qui causa tant de malheur, et non celle d’un être humain (toujours déplorable).

[...] Défendre le sens de la grande Révolution reste un enjeu de première importance et très contemporain. Je l’ai ici déjà écrit de multiples fois. Méfiez vous de tous ceux qui insultent la Révolution. En général, ce qu’ils mijotent et soutiennent en 2013 n’a rien de bon. [...]

La suite et les commentaires sur le blog Histoire.

Histoire : 21 janvier 1793, exécution de Louis XVI

exécution Louis XVI
Exécution du roi Louis XVI, le 21 janvier 1793. Gravure d’après dessin de Fious.

Louis XVI perd son titre de roi de France lors de la prise des Tuileries la journée du 10 août 1792, avant que la République ne soit proclamée par la Convention le 22 septembre. Dès lors que la monarchie est officiellement abolie, la personne du roi devient encombrante et la question du jugement se pose très vite.

Maximilien de Robespierre donne d’emblée le ton :

« Quel est le parti que la saine politique prescrit pour cimenter la République naissante ? C’est de graver profondément dans les cœurs le mépris de la royauté et de frapper de stupeur tous les partisans du roi. [...] Louis ne peut donc être jugé ; il est déjà condamné, ou la République n’est point absoute. [...] j’abhorre la peine de mort prodiguée par vos lois ; et je n’ai pour Louis ni amour ni haine ; je ne hais que ses forfaits. J’ai demandé l’abolition de la peine de mort à l’Assemblée que vous nommez encore constituante ; et ce n’est pas ma faute si les premiers principes de la raison lui ont paru des hérésies morales et politiques [...] Oui, la peine de mort, en général est un crime [...] mais un roi détrôné au sein d’une révolution qui n’est rien moins que cimentée par des lois justes [...] ne peut rendre son existence indifférente au bonheur public [...]. Je prononce à regret cette fatale vérité… mais Louis doit mourir, parce qu’il faut que la patrie vive. »

La suite et les commentaires sur le blog Histoire.

Histoire : Des députés UMP cosignent une loi avec Marion-Maréchal Le Pen pour la reconnaissance du « génocide vendéen » (MàJ)

Communiqué d’Alexis Corbière (Front de Gauche) :

Pour la première fois des députés UMP et FN font un projet de loi commun. Il a bien évidement pour ciment la haine de la Révolution.

Cette proposition de loi (PPL) déposée par sept députés UMP, dont un ancien ministre, et Mme Marion Maréchal-Le Pen (FN), demande que soit reconnu un « génocide vendéen en 1793-1794 ». C’est un acte grossier de manipulation historique, indigne de parlementaires français. [...]

Blog d’Alexis Corbière

_____________________________

Plusieurs députés UMP, dont le chef de file de la Droite populaire Lionnel Luca et et l’ancien secrétaire d’Etat aux Anciens combattants puis à l’Intérieur et aux Collectivités territoriales Alain Marleix, ont cosigné une proposition de loi avec la députée FN Marion Maréchal-Le Pen. [...]

Les commentaires sur le blog Histoire.

André Glucksmann : «Une part de notre destin se joue à Damas»

Plaidoyer d’André Glucksmann en faveur des révolutions dans le monde arabe et dénonciation de la passivité des Européens sur les «massacres en Syrie».

Foin de naïveté. La mondialisation n’est pas qu’affaire de gros sous, elle ne se borne pas aux flux financiers et aux échanges économiques.

Janvier 2011 – décembre 2012. Après l’euphorie vient la dépression, les révolutions arabes n’auraient-elles entraîné que le passage de dictatures militaires à des dictatures religieuses menaçantes, en Egypte comme en Tunisie ? Nous autres, Européens désabusés, oublions facilement les retournements et les longues péripéties de notre accession à une encore imparfaite démocratie : notre «printemps des peuples» date de 1848. Que de temps, que de sang écoulé depuis ! [….]

De sinistres soubresauts peuvent toujours survenir, ainsi à Kiev et Tbilissi, ainsi à Tunis et au Caire. Il n’en reste pas moins que nous sommes sortis des modèles jacobins, bolcheviques ou nazis. […]

Les Européens ont grand tort d’assister passivement au spectacle des reprises en main et d’observer passivement depuis un an l’extension des massacres en Syrie. Il ne s’agit pas d’obscénités circonscrites et locales, Bachar al-Assad instaure un précédent. […] Au Kremlin, à Pékin, à Téhéran, on compte sur toi, Assad mon frère, pour faire passer le goût insupportable de liberté qui pourrait gagner nos sujets, nos voisins et la planète entière. […]

Les modèles de révolutions douces, style Prague et Varsovie ou Tunis et Le Caire, sont aussi mondialement imitables, tout comme les répressions despotiques sans foi ni loi. Quelle figure de l’ordre du monde s’annonce pour demain ? Entre les revendications libertaires de la rue et la mort qui tombe du ciel, une part de notre destin se joue à Damas. […]

Libération