Comment les entreprises gèrent la diversité religieuse

Avec le ramadan qui débute ce vendredi, les conflits et les incompréhensions risquent de se multiplier dans les entreprises. Témoignages sur la gestion de la question religieuse au quotidien.

Une responsable de la communication d’EDF refuse de toucher au téléphone et à l’ordinateur le vendredi, jour du sabbat. A Orange, un téléconseiller sort son tapis de prière dans le centre d’appels. Et interdit à ses collègues de manger car c’est le ramadan. Par courriel, ce salarié a même ordonné à sa manager de s’habiller décemment, arguant qu’elle offensait le Prophète. A Areva, un sikh veut garder son turban sur la photo de son badge d’accès à un site nucléaire, alors que les collaborateurs doivent être reconnaissables, et donc nue tête.(…)

L’Expansion

(Merci à Dany)

«Une religion antiraciste étend son emprise et subjugue les élites»

Pour Marc Crapez, chercheur en science politique, le nouveau ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, est un socialiste modéré qui savait tenir tête à l’extrême-gauche dans son livre de 2008 Pour en finir avec le vieux socialisme comme dans son livre de 2011 L’énergie du changement. Mais il semble complètement «phagocyté par une déferlante idéologique»…

Voici maintenant l’annonce d’un dispositif de lutte contre les soi-disant contrôles de police au faciès. Cela avalise une enquête sur les contrôles d’identités publiée en 2009. Une équipe d’universitaires s’est postée dans un quartier de Paris où transitent des bandes et où sévit du trafic de stupéfiants. Elle a constaté que les gens d’origine africaine sont six à sept fois plus contrôlés.

Heureusement, car la finalité du contrôle d’identité étant une efficacité dissuasive et répressive, il consiste à cerner au jugé, en fonction de l’expérience professionnelle, la clientèle la plus plausible, en l’occurrence à cibler prioritairement, dans cette zone-là, ceux qui se désignent eux-mêmes comme des «capuches», l’accoutrement comptant davantage que la pigmentation de la peau. […]

Cette religion [«antiraciste»] est en train d’éliminer toute trace de vraisemblance. Le responsable du journal Charlie hebdo, plastiqué par des fous d’Allah, déclare sans rire que ceux-ci ne «sont pas des musulmans» mais des abrutis. L’un n’empêche pourtant pas l’autre et l’on n’entend aucun journaliste déclarer que les catholiques intégristes ne sont pas des catholiques.

Les Echos (Merci à kalamine)

«Les jeunes voient dans la religion une chance»

Interview du plus jeune évêque de France, Nicolas Brouwet, 49 ans, est aussi, depuis le 11 février, le nouvel évêque de Tarbes et Lourdes. Il a beaucoup travaillé en aumôneries avec des jeunes et incarne une nouvelle génération d’évêques.

Confirmez-vous par votre expérience cet intérêt nouveau des plus jeunes générations pour la religion ?

Je constate deux choses: tout d’abord que les jeunes n’ont plus les préventions de leurs aînés vis-à-vis de la religion. Dans notre société très laïque, la foi en Dieu n’est plus portée par des structures sociales, par des comportements de masse ; du coup elle apparaît à des jeunes comme un espace où la liberté peut s’exercer pleinement, quitte même à devenir un lieu d’expression personnelle dont les parents non croyants n’ont pas la clé. […]

Mais pourquoi les chrétiens ne parviennent pas à transmettre leur héritage religieux quand les juifs et les musulmans réussissent ?

Le christianisme, en Occident, vient d’affronter une terrible crise de la foi, ce qui n’est pas le cas, je crois, chez les juifs et chez les musulmans. À cette crise de la foi correspond automatiquement une crise de la transmission. Quand on n’est plus certain de ce en quoi on croit, on ne sait plus en parler à ses enfants. Par ailleurs, le christianisme insiste beaucoup sur une appropriation personnelle de sa propre foi. Il y a ce que des parents veulent transmettre et ce que des enfants ont envie ou non de reprendre à leur compte. C’est la liberté humaine qui est en jeu. Aucune structure ne peut garantir le maintien de la foi d’une génération à l’autre. Ce travail d’appropriation personnelle et de confrontation de la foi à la raison est tout à l’honneur du christianisme mais, du coup, il fragilise, pour ainsi dire, sa transmission. […]

Le Figaro

Suisse : « Le racisme, je le sens d’instinct »

Où commence le racisme ? Comment se manifeste-t-il au quotidien ? Comment affronter les discriminations ? Deux femmes racontent. Toutes les deux ont la peau sombre, un passeport suisse et une stratégie pour se défendre.

Pour Josefina Schnell-Ortiz, les discriminations sont un phénomène que l’on retrouve aux quatre coins de la planète : on peut être discriminé parce qu’on est noir, qu’on est blanc, qu’on est une femme, qu’on a une autre religion ou une autre opinion.

«La Suisse n’est pas plus raciste que d’autres pays, relève-t-elle. La peur de l’inconnu, de l’étranger, est un phénomène humain».

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Grande-Bretagne : harcelée par des collègues musulmans, une chrétienne est licenciée

Nohad Halaoui poursuit ses anciens employeurs à l’aéroport d’Heathrow pour licenciement abusif. Elle allègue qu’elle-même, ainsi que d’autres employés chrétiens à l’aéroport, ont été victimes de harcèlement systématique en raison de leur religion.

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Nohad Halaoui

Mme Halaoui, qui a immigré du Liban en 1977, a été licenciée en juillet après avoir travaillé 13 ans comme vendeuse de parfum dans la section Duty Free de l’aéroport. Selon le Christian Legal Centre, qui la soutient, cette cause soulève d’importantes questions juridiques ainsi que des interrogations sur le traitement différencié des musulmans et des chrétiens par les employeurs.

Ce pays est censé être un pays chrétien, mais la loi penche du côté des musulmans. »

Mme Halaoui, 47 ans, dit qu’elle a fait l’objet d’une plainte sous un prétexte fallacieux par un collègue musulman et qu’après avoir fait part de ses préoccupations en tant que chrétienne, c’est elle qui a été licenciée. «Ce pays est censé être un pays chrétien, mais la loi penche du côté des musulmans», a-t-elle dit.

Cette mère de deux enfants affirme s’être toujours bien entendue avec ses collègues musulmans et que les relations entre les employés de différentes confessions étaient bonnes dans le passé, mais que l’atmosphère est devenue de plus en plus pénible avec le nombre croissant d’employés épousant « l’islam fondamentaliste ».

Ils ont dit [...] qu’ils étaient venus ici dans le but de convertir les gens à l’islam. »

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Luxembourg / Religion : Remise en question du statut de l’école publique ?

La ministre de l’Éducation nationale envisage d’organiser des cours de sports séparés pour les garçons et les filles.

Des lycéens qui, par conviction religieuse, portent des couvre-chefs à l’école ou refusent de participer à certains cours et sollicitent de pratiquer leur religion à l’école : suffisamment de cas ont été recensés pour que cela préoccupe les directeurs d’établissement qui en ont fait part à la ministre de l’Éducation nationale, Mady Delvaux-Stehres.

Celle-ci travaille sur un projet d’instructions communes à donner aux écoles fondamentales et lycées publics pour gérer ce type de cas.

Dans une question parlementaire publiée ce mardi, le député André Bauler s’inquiète d’une telle mesure :

Madame la Ministre ne craint-elle pas de remettre en question le statut d’une école publique qui se veut neutre par rapport aux différentes convictions et pratiques religieuses ? »

[...] De son côté, la ministre de l’Éducation nationale, contactée par L’essentiel, a précisé que ces instructions ne seraient en aucun « obligatoires » et que les écoles seraient libres de les mettre en place ou pas.

L’essentiel Online – 15/11/2011