Hérault : affrontement entre deux groupes de « jeunes » pour un regard mal interprété

Un affrontement entre deux groupes de jeunes a eu lieu vendredi, vers 21 h 30, aux abords du centre commercial Carrefour de Saint-Clément-de-Rivière.

C’est un regard mal interprété qui pourrait être à l’origine de l’altercation qui a fait un blessé : un jeune homme qui a pris un coup de barre de fer derrière la tête.

Sérieusement touché au cuir chevelu, il a été immédiatement évacué vers le CHU de Montpellier, où il devait en sortir quelques heures plus tard.

Les mises en cause ont pris la fuite.

Midi Libre

Bouches-du-Rhône : Julien, 26 ans, tabassé à mort pour «un simple regard de travers»

Julien Mendy, 26 ans, a été tabassé pour «un simple regard de travers» à la sortie d’une discothèque marseillaise. Le jeune homme plongé dans le coma, a subi une très lourde opération cérébrale, effectuée mardi, «l’opération de la dernière chance à cause de plusieurs oedèmes». Hier soir l’un des deux suspects a été interpellé par les gendarmes.

Il avait tout pour lui. Une belle gueule, une bande d’amis, un talent pour le football -il venait de signer pour jouer défenseur dans l’équipe première du FC Côte Bleue et a notamment évolué dix années, dans les petites catégories, à l’OM-, un emploi en rayon chez Carrefour et surtout, surtout, une compagne enceinte de 4 mois. […]

À 20 heures, à la sortie de ce rassemblement festif, un seul regard de travers a fait basculer l’existence de Julien. Les témoignages sont formels et concordants -une vingtaine de personnes ont été entendues par les enquêteurs de la brigade de recherches de Salon et ceux de la brigade territoriale de Velaux-, c’est bien un simple regard qui a mené à des insultes puis à une bagarre entre Julien et un autre jeune homme. Une rixe qui a tourné à l’affrontement entre la bande des Marseillais -Julien et ses trois amis- et celle de jeunes originaires du pourtour de l’Étang de Berre qui étaient, selon les témoins, une petite vingtaine.

La suite des faits donne le frisson : un jeune homme de la bande adverse est allé chercher un revolver dans sa voiture et a tiré deux coups en l’air. L’affolement et la violence sont alors à leur comble et Julien reçoit «une pierre de la taille d’un écran d’ordinateur sur l’arrière de sa tête» comme le précisait hier un enquêteur. Il s’écroule et plusieurs jeunes hommes lui infligeront alors des coups de pied dans la tête. «Il n’a pas un seul bleu sur le reste du corps», précise encore un proche. […]

La Provence

Aiat Fayez : «Je fais mes valises» (2)

Le 14 octobre, Libération avait publié un premier texte de Aiat Fayez intitulé «Je fais mes valises», dans lequel il expliquait qu’il allait quitter la France en raison «de la xénophobie ambiante» (Fdesouche). L’équipée se poursuit en Hongrie où il entreprend les démarches pour obtenir un titre de séjour.

« Elle constate que j’ai suffisamment d’argent sur un compte bancaire pour tenir quelques années en Hongrie »

Dans le taxi qui me mène de l’aéroport au centre-ville de Budapest, le chauffeur remarque mon anglais teinté d’accent français : il me regarde dans le rétroviseur avec un sourire. «J’adore la France !», dit-il en français. Je souris. Mais il insiste. Il énumère les villes qu’il aimerait visiter. Il s’essaie à l’accent français. «Vive la France !» J’essaie de regarder l’extérieur, de retrouver le calme. Pendant un feu rouge, au centre-ville, deux femmes font la manche entre les voitures. Le chauffeur me regarde dans le rétroviseur : «Nous, on a les Tsiganes. Vous, vous avez les étrangers.» Je ne sais pourquoi je me sens obligé d’acquiescer vaguement de la tête. (…)

Suite sur Libération (Merci à Grichka)

Aiat Fayez : «Je fais mes valises»

Aiat Fayez, écrivain, est arrivé en France il y a dix ans pour y faire des études de philosophie. Il ne supporte plus le «mépris», «l’atmosphère», la «pression» envers les étrangers devenus, d’après lui, insoutenables. Il fait ses valises.

 » Je ne vais plus demander le renouvellement de mon titre de séjour annuel. Je ne veux plus rester ici. Je ne peux plus affronter le regard des Français. »

Je fais mes valises. Je range mes affaires. Je débarrasse ce qui ne servira à rien. Je vends ce qui peut se vendre. J’emporte le minimum, qui est déjà de trop. J’aurai quatre valises en tout et pour tout. Ma vie se résume à quatre valises. A 31 ans. Dix ans après avoir foulé le sol français pour faire des études de philosophie. Le thésard abdique. Il n’a pas le temps de terminer sa thèse.
Des aléas ont assiégé ses projets. Des aléas presque subjectifs. Des aléas que le thésard perçoit, que je perçois (pourquoi me cacher ? Par peur de qui maintenant que je suis derrière l’ordinateur ?) un peu partout autour de moi. Il y a d’abord le sentiment que l’opinion publique se durcit jour après jour. Puis il y a la constatation que les gens dans la rue me regardent autrement. (…)

Suite sur Libération

Extrait de Cycle des manière de mourir, P.O.L. (2009) :

L’étranger aujourd’hui ne peut plus sortir de chez lui. S’il sort de chez lui, l’étranger est torturé rien qu’à l’idée de la haine qui l’entoure. Pour marcher dans la rue, l’étranger doit baisser la tête, se faufiler pour ne pas se faire remarquer. Pour arriver dans sa rue, pour atteindre sa maison, l’étranger en vient à marcher à quatre pattes.

Editions P.O.L

Lille : deux ans de prison pour une agression dans le métro

Mercredi vers 16 h, station Gambetta, dans le métro de Lille. Un jeune homme âgé de vingt ans est agressé par trois «hurluberlus», pour reprendre l’expression de la procureure Mélanie Belot.

Une agression sans aucun motif. «Il a fait le beau, il m’a regardé mal», a dit hier soir en guise d’explication Omar Turki, 20 ans. Le prévenu déjà condamné à dix reprises, avait vidé avant l’agression une bouteille de vodka achetée à Euralille. Il a agi avec un mineur (dont le cas ira devant un juge des enfants) et un autre jeune resté inconnu.

«Quand on choisit cette coiffure, il ne faut s’étonner qu’on vous regarde, surtout quand le voyageur est placé en face de vous», remarque la procureure en désignant cette petite moquette de cheveux au sommet d’un crâne par ailleurs rasé qu’affectionnent certains jeunes gens. Défendue par Me Aurélie Panier, le prévenu écope de deux ans de prison.

Nord Eclair (Merci à Witten)