«Homophobie, un mot trop gentil » (màj)

Tribune de Sylvain Bourmeau dans Libération

Imaginerait-on devoir parler de noirophobie ou de femmophobie plutôt que de racisme ou de sexisme ?

Homophobie est un mot gentil. Trop gentil. Pas le plus approprié pour désigner des discours et des comportements discriminatoires envers les homosexuels, l’irrationnelle phobie ainsi soulignée venant presque les expliquer, si ce n’est les justifier, au nom d’une supposée pathologie.

Il nous manque donc un mot plus juste, c’est-à-dire plus sévère, pour qualifier ce que, depuis quelques mois, nous entendons plus fort qu’auparavant, de façon décomplexée comme aime désormais à se qualifier une certaine droite : ce flot de paroles souvent anodines et parfois hargneuses, ces actes souvent négligeables mais parfois violents, libérés, déverrouillés par l’attitude complaisante de quelques (ir)responsables politiques. Car la peur qui nous inquiète, c’est plutôt celle qu’éprouvent au quotidien nombre de gays et lesbiennes qui se sentent à raison en insécurité. […]

Libération

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Complément 1: Sylvain Bourmeau, directeur adjoint de la rédaction de Libération, ex-directeur adjoint des Inrockuptibles. est resté dans les mémoires pour avoir déclaré que l’arabe était « une langue de France » (voir la vidéo ci-dessous)
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Complément 2: Quant à l’insécurité, il écrivait notamment le 19 aout 2012 dans Libération.

«Revenue au pouvoir , il est plus que temps que la gauche (…) renoue avec ses principes et démontre clairement que le réalisme se situe du côté de ceux qui jamais ne cherchent à attiser les peurs en confondant, par exemple, insécurité et sentiment d’insécurité.»

Libé

Mariage pour tous : «Une France bigote et inquiète, provinciale et parisienne à 50% et blanche à 99%» (El Pais)

Les opposants au «mariage pour tous» seraient représentatifs d’une «France effrayée et méfiante», selon la presse internationale.

«Je ne peux pas m’empêcher de penser à la montée du fascisme en Europe dans les années 30 et à la façon choquante dont les personnes les plus civilisées perdent soudain la tête face à ce qu’elles estiment différent. Les êtres humains font de la résistance au changement. A l’époque c’était le socialisme ou le communisme qui ont entrainé des bandes de voyous dans la rue. Aujourd’hui, ce sont les droits des homosexuels». (The Daily Beast )

Le Daily Telegraph rapporte le florilège de propos lancés par les anti : «Hollande veut du sang, il en aura», de la «blonde peroxydée» Frigide Barjot ou encore «le coup d’Etat législatif» de l’orateur du groupe UMP sur le projet Taubira Hervé Mariton. […]

Le correspondant d’El Pais écrit : «La France, la nation qui a inventé les droits de l’homme est aujourd’hui un pays effrayé et méfiant où prolifèrent les phobies. L’islamophobie a envahi la campagne électorale. Le racisme et la xénophobie […] font partie du langage courant. Et l’homophobie a commencé à montrer son visage le plus violent depuis que François Hollande a décidé de lancer la nouvelle loi sur le mariage homosexuel». […]

Reporter de guerre, la journaliste américaine Janine di Giovanni, dans The Daily Beast écrit que l’agression perpétrée le 7 avril à Paris est intervenue au moment où l’on célébrait l’anniversaire du génocide rwandais : «Je ne fais pas de comparaison, mais en triant de vieilles photos d’il y a 19 ans, et en me souvenant des morts entassés, de l’odeur de la mort dans ce lieu torturé, il est difficile de tolérer ce que les humains peuvent se faire les uns aux autres. J’ai eu cette même impression écœurante quand j’ai regardé le visage brutalisé de Bruijn».[…]

Courrier International

Le délai de prescription d’un an pour les délits de presse à raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion est constitutionnel

Sur renvoi de la Cour de cassation, le 22 janvier 2013, le Conseil constitutionnel s’est prononcé sur deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) relatives à l’article 65-3 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, dans sa rédaction résultant de la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004, qu’il a jugé conforme à la Constitution.

L’article 65-3 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse instaure, pour certains délits prévus par cette loi, un délai de prescription d’un an, par dérogation au délai de droit commun de trois mois prévu par l’article 65 de cette même loi.

 

Les requérants soutenaient que cette durée particulière de prescription portait atteinte aux principes d’égalité devant la loi et devant la justice. Le Conseil a écarté ces griefs et jugé l’article 65-3 de la loi du 29 juillet 1881 conforme à la Constitution.
Le Conseil constitutionnel a relevé que l’article 65-3 prévoit un allongement du délai de la prescription pour le délit de provocation à la discrimination ou à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, réprimé par l’article 24, alinéa 8, de la loi de 1881, les délits de diffamation et d’injure publiques commis aux mêmes fins, prévus et réprimés par l’article 32, alinéa 2, et l’article 33, alinéa 3, et le délit de contestation des crimes contre l’humanité, prévu et réprimé par l’article 24 bis de la même loi.
Le Conseil constitutionnel a jugé qu’en portant de trois mois à un an le délai de la prescription pour les délits qu’il définit précisément, l’article 65-3 de la loi du 29 juillet 1881 a pour objet de faciliter la poursuite et la condamnation des auteurs de propos ou d’écrits incitant à la discrimination, à la haine ou à la violence, diffamatoires ou injurieux, à caractère ethnique, national, racial, ou religieux ou contestant l’existence d’un crime contre l’humanité.

La différence de traitement qui résulte de ce délai de prescription particulier pour les infractions poursuivies ne revêt pas un caractère disproportionné au regard de l’objectif poursuivi.

Lexisnexis.Fr

Le conseil de l’Europe appelle la Grèce à agir face à l’extrême droite et à l’ interdire «si nécessaire»

Le conseil de l’Europe a appelé mardi Athènes à prendre d’urgence des mesures face à «l’impunité» des crimes racistes en Grèce et à interdire «si nécessaire» le parti néonazi Aube Dorée, une proposition accueillie avec scepticisme par les autorités grecques.

«Il y a besoin d’actions urgentes» face à l’augmentation des crimes racistes et à la recrudescence de discours de haine en Grèce qui «visent en premier lieu les migrants et représentent une menace sérieuse pour l’Etat de droit et la démocratie», selon ce rapport du commissaire aux droits de l’Homme du conseil de l’Europe, Nils Muiznieks.

Il estime qu’en Grèce les lois anti-racisme nationales et internationales ont été utilisées de manière «inadéquate, voire pas du tout» pour sanctionner les individus ou organisations incitant à la haine. […]

Une proposition accueillie avec scepticisme par Athènes qui estime, dans ses réponses au rapport, que l’attitude à adopter face à Aube Dorée est «complexe». Réagir au problème par des «» réponses émotionnelles pourrait avoir l’effet inverse ou apporter davantage de résultats indésirables».», souligne le gouvernement grec. […]

Libération

Les tensions ethniques que la France refuse de regarder en face [Malika Sorel]

[ Avec comme point de départ le lynchage mortel sur l'A13, Atlantico.com évoque longuement les problèmes ethniques et culturels dus à l'immigration en France. Interviews de Malika Sorel, Maxime Tandonnet, Guylain Chevrier et Tarik Yildiz ]

[trois courts extraits]

Il y a des éléments importants à relever, comme le fonctionnement en meute. Lors de l’accrochage sur l’A13, [les protagonistes] appellent aussitôt leurs potes en renfort (…) Il n’y a pas d’individu mais seulement un groupe, une bande, une meute qui tente d’imposer ses propres règles, à savoir la loi du plus fort.

La règle qui leur a été proposée était celle des Français, soit à l’amiable. Cela présente deux tares selon leur mentalité : c’est un règlement français et de plus, il est perçu par eux comme un règlement de type féminin : soit l’humiliation suprême.

On se retrouve dans une situation où des populations différentes doivent cohabiter sur un même territoire sans partager le même socle de principes et de valeurs, et c’est au peuple de la terre d’accueil que l’on demande de mettre ses normes collectives en sourdine.

Lire l’article intégral sur Atlantico

 

Manif pour tous/radicalisation : « Quand c’est les musulmans qui manifestent en hurlant ‘mort aux juifs’, personne n’est gazé » (RMC) (màj)

Un auditeur interpelle Claire O’Petit sur son attitude vis-à-vis d’Isabelle et des manifestants anti-mariage homo. Bernard Debré prend la défense de l’auditrice.

« Elle a eu des propos racistes, tout simplement. [...] Elle pourrait être attaquée pour propos racistes, et ça je ne l’admets pas. [...] Là, c’était du racisme pur et dur ! » – Claire O’Petit

A relire : Affrontements entre islamistes et forces de l’ordre devant l’Elysée : 150 interpellations

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Dans les GG de RMC, une auditrice soutient la radicalisation de la Manif pour tous. Elle se fait insulter par Claire O’Petit (Modem) lorsqu’elle évoque la complaisance des autorités envers les musulmans.

« Est-ce que vous avez vu près d’un million de musulmans venir dans les rues afin de critiquer la République ? Certainement pas Madame, ne dites pas n’importe quoi ! [...] Vous êtes une primaire dangereuse, Madame ! » – Claire O’Petit

A relire : « Manifestations pour la Palestine partout en France » et « Quand l’alliance islamo-gauchiste s’affiche à Paris »

Dans les pays maghrébins, au Maroc ou en Algérie, être noir peut être un problème.

On se souvient de la une absolument odieuse du magazine marocain Maroc Hebdo, qui consacrait en novembre 2012 un dossier sur les Noirs.

« des milliers de subsahariens au Maroc dans la clandestinité, vivant de mendicité et s’adonnant au trafic de drogue et à la prostitution. Ils font l’objet de racisme et de xénophobie. Ils posent un problème sécuritaire et humain pour le pays. »

Il y a quelques jours le site algérien Chouf Chouf publiait une chronique intitulée « Dans la peau d’un noir en Algérie ». Extrait.

« Un Noir avec une Blanche, couple improbable dans la rue algérienne. Regards en biais, phrases inaudibles, remarques étouffées dans la gorge, par ce racisme inassumé. L’égalité ? Quelle égalité quand la rue vous est, perversement, interdite ? Quelle égalité quand le pouvoir, tous les pouvoirs, ivres d’un jacobinisme hérité de l’adversaire d’hier, vous somment de retourner « chez vous », vos études universitaires terminées, grossissant ainsi les cohortes de chômeurs surdiplômés. Chez vous, comprendre, entre vous dans le Sud, jamais le mot « Noir » ne sera prononcé. Chez vous, aussi bien un lieu géographique, qu’un ensemble démographique. Chez vous, ce lieu qui m’est réservé, ainsi qu’aux « miens ». »

On le devine, ce racisme est réciproque. Il est des Noirs qui n’entendent le « Naar » – terme qui désigne l’Arabe — que comme un ancien esclavagiste à qui ces derniers ne pardonnent rien. De même, il n’est pas rare d’entendre des Arabes appelaient un Noir « ‘abd » (esclave).

Dieu merci, en France, notamment, les couples mixtes se multiplient entre Maghrébins et Noirs. De même, les mosquées favorisent la mixité : Noirs, Blancs, Jaunes, etc., les fidèles viennent des quatre coins du monde.

Sans parler de la période du hajj, pèlerinage dans les lieux saints de l’islam et pilier de l’islam, où là le foisonnement de cultures est souvent époustouflant, selon bien des musulmans l’ayant accompli.

Al Kanz

Une exposition contre le racisme

Après avoir récemment participé à la Journée internationale de lutte contre la discrimination raciale, le MRAP Côte-d’Or a proposé une exposition éducative.

Les affiches précisaient ce qu’est le racisme, la discrimination, en rappelant l’unicité du génome humain (cette découverte récente confirme l’inanité de la notion de race appliquée à l’espèce humaine), la permanence des migrations dans l’histoire de l’humanité, le ­glissement, opéré par l’ethnocentrisme, de la ­diversité aux préjugés, les théorisations raciales qui ont ­conduit aux pires pratiques d’exploitation ou d’extermination, la nécessité d’exercer, à son propre niveau, une veille citoyenne contre les préjugés, les discriminations, les propos ou les actes racistes et de faire connaître la loi qui permet à tout un chacun de se défendre face à de telles atteintes à la ­dignité et à l’égalité.
Bien Public

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Complément : ETHNIE

Selon Max Weber, l’ethnicité est le sentiment de partager une ascendance commune, que ce soit à cause de la langue, des coutumes, de ressemblances physiques ou de l’histoire vécue (objective ou mythologique). Cette notion est très importante sur le plan social et politique car elle est le fondement de la notion d’identité. Source