Psychologie et sexualité dans les ‘quartiers’ : « Provocation et violence sont le début d’un processus de métissage »

par Colette Bériot, psychologue, « animatrice en éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle » .

[extraits] Les animateurs du planning familial sont aux prises avec de sérieux changements chez certains groupes de jeunes. Ces changements sont liés à des phénomènes sociétaux comme l’hypersexualisation des médias mais aussi à “l’ethnicisation” de nombreuses écoles.

(…) Trop souvent, le travail d’animation  d’Education à la vie relationnelle, affective et sexuelle (E.V.R.A.S.) se concentre sur la transmission des valeurs d’un idéal humaniste occidental. Du point de vue de notre idéal progressiste d’émancipation des femmes, les positions machistes [des jeunes de quartiers. ndlr] sont difficiles à entendre. Mais sommes-nous cohérents ?

On passe sous silence les discriminations dont sont victimes ces jeunes. Quand on aborde les questions de sexualité, on ne pense pas nécessairement à s’interroger sur les conditions dans lesquelles ils se construisent.

Ils sont pour la plupart les héritiers d’un parcours d’exil souvent douloureux. (…) Comment concilier un héritage familial, culturel, religieux, avec les exigences contradictoires de la société où ils sont censés construire leur avenir ?

Aborder les questions de sexualité en faisant l’impasse sur ces questions constitue une forme de violence faite à ces jeunes.

Les positions machistes exprimées sont à mettre en lien avec la lutte que ces garçons doivent mener pour occuper une place digne dans notre société.

Quotidiennement, ils affrontent racisme et ségrégation. Face à ces questions, garçons et filles n’affrontent pas les mêmes réalités. Eux, plus qu’elles, souffrent d’une infériorisation sociale due à leur origine et leur apparence corporelle.

Si la féminité prête le flanc au machisme, elle écarte en revanche plus volontiers le regard raciste. “Elles” sont bienvenues dans les boîtes de nuit ! L’émancipation des femmes est alors vécue par les hommes de leur communauté comme une forme de trahison de la solidarité “raciale” et sociale.

Cette situation permet de mieux comprendre l’enjeu crucial que constitue le contrôle des femmes et particulièrement le contrôle de leur sexualité.

Dans cette perspective, la virginité des filles prend une valeur symbolique. Il s’agit d’un enjeu de dignité du clan tout entier, dans une société qui l’infériorise.

Ce n’est pas seulement leur libération personnelle qui est en jeu, c’est aussi et surtout leur loyauté à l’égard de leur communauté.

(…) Les garçons sont déchirés entre le désir d’expériences sexuelles et le devoir de s’assurer une épouse fidèle garante de la dignité familiale. Les filles, elles, sont écartelées entre la solidarité “raciale” et le désir d’émancipation.

En pleine traversée de l’adolescence, leur identité est en complète réorganisation. Ils ne savent pas très bien qui ils sont ni qui ils veulent être. La provocation, les conduites à risques et, dans certains cas, la violence constituent un appel à la confrontation, un appel à la loi, voire au conflit pour définir l’autre et, par voie de conséquence, se définir soi-même.

Ils cherchent à mettre l’adulte hors de lui, espérant ainsi accéder à son fond de vérité. Quand l’adulte sera déstabilisé, triste ou en colère, le jeune aura accès à de l’authentique, de l’inédit.

La provocation, vue sous cet angle, fait partie d’une tentative de construction identitaire complexe.

C’est le début d’un processus de métissage, une tentative d’harmonisation de leurs différents repères culturels.

Pour cette élaboration difficile, il apparaît fondamental de fournir à ces jeunes des repères mixtes et des passerelles, de leur permettre de se former auprès d’adultes “réconciliateurs”.

Une construction identitaire harmonieuse ne pourra se faire sans que soit reconnue la culture de leurs familles.  Il semble préférable de commencer par aborder le culturel d’entrée de jeu, travailler avec la diversité et les différences.

Il s’agit de quitter une position ethnocentrique et d’adopter une position “cosmopolite”.

Alors, seulement peut se nouer un dialogue qui enrichira les uns et les autres, fondation d’un réel échange interculturel, source de métissage pour les jeunes mais aussi pour nous.

La Libre Belgique

Marseille : La pauvreté, «responsable des violences» selon des élus PS

Les élus socialistes marseillais, Samia Ghali et Patrick Mennucci, ont estimé aujourd’hui que la pauvreté et l’échec scolaire étaient responsables des violences dans la citée phocéenne, après la mort d’un mineur de 17 ans jeudi soir dans un règlement de comptes et le décès d’un trentenaire mortellement blessé dans une rixe.

Dans un communiqué, le député-maire de secteur, Patrick Mennucci, explique que la situation de violence «n’est pas étrangère à la pauvreté économique de la ville, aux 30% de Marseillais vivant sous le seuil de pauvreté, aux 25% d’échec scolaire, de l’abandon des quartiers du nord et de quelques quartiers du centre là où les règles ne sont pas les mêmes que dans le reste du pays».

De son côté, la sénatrice-maire des 15e et 16e arrondissements de Marseille, Samia Ghali, qui avait prôné fin août un recours à l’armée dans les quartiers nord de Marseille, a déploré, dans une interview sur Europe 1, que l’«Ecole de la République n’apporte pas assez de réponses à ces jeunes». «C’est l’école du crime qui les forme, c’est pas l’école de la République», a affirmé la sénatrice, demandant la mise en place «de contrats d’apprentissage dès 14 ans.»

Enfin, le président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, Eugène Caselli (PS)L’élu souligne que les «réseaux de trafiquants (…) gangrènent les quartiers de notre ville les plus en souffrance économique, sociale et urbaine. »

Le Figaro

Val-de-Marne : nouvelle fusillade à Villeneuve-Saint-Georges, un blessé

Une nouvelle fusillade a éclaté cette nuit dans le quartier du Bois-Matar, à Villeneuve-Saint-Georges. Vers 2 h 30, un homme a été pris pour cible par un tireur armé d’un fusil à pompe.

Immédiatement conduit aux urgences par l’un de ses amis, il a été grièvement blessé à l’épaule par une gerbe de plomb.

[...] Dimanche dernier, vers 20 heures, une autre fusillade s’était produite dans ce même quartier et avait blessé deux jeunes. L’enquête sur ces deux faits est confiée à la police judiciaire du Val-de-Marne. Une ancienne rivalité avec deux autres quartiers de Limeil-Brévannes et Valenton pourrait être à l’origine de ces deux fusillades

Le Parisien

Visite des quartiers nord de Villeneuve St Georges 94190

Insultes envers la police à 0’47 / 1’18

Nice. Agressions : «La détresse du personnel soignant dans les quartiers»

Deux infirmières ont été agressées la semaine dernière dans le quartier de l’Ariane.

L’une, victime d’un vol et d’une chute dans les escaliers d’un immeuble, est blessée aux cervicales et au poignet. Elle ne veut plus revenir travailler dans le quartier.

La seconde, poursuivie par un agresseur en voiture, s’en tire sans dommages physiques. Elle retournera travailler à l’Ariane, mais ne veut plus subir de telles violences. Une illustration de la pression quotidienne subie par le personnel soignant intervenant dans les quartiers.

Nice Matin (Merci à antibarbare)

Banlieues : Et si on officialisait le communautarisme ?

Plans banlieues, politique de la ville, rénovation urbaine… Que faire des banlieues et des «quartiers populaires» ? Des auteurs préconisent une approche «communautarienne» à l’anglo-saxonne «au moins à titre expérimental».

Par exemple, les mouvements religieux sont très présents dans le community organizing à l’anglosaxonne, ce qui dans le contexte du rapport qu’entretient la France à l’islam dans les banlieues pose des questions évidentes.

Depuis le début des années 2000, la politique de la ville était un mélange d’action sur l’urbanisme des quartiers, avec le programme national de rénovation urbaine (PNRU) de Jean-Louis Borloo démarré en 2003, et une action plus axée sur la sécurité. La droite avait trouvé une sorte d’équilibre entre sa main gauche qui reconstruit et embellit, et une main droite qui tape sur le délinquant.

La PNRU, visait davantage à diluer à les maux des quartiers (chômage, pauvreté, ségrégation) en reconstruisant à l’horizontal les barres détruites qu’à éradiquer ces problèmes.

En jouant donc sur la dispersion mais aussi sur la fameuse mixité sociale, souvent utilisé comme euphémisme politiquement correct de la mixité ethnique.

Pour Michel Kokoreff et Didier Lapeyronnie dans Refaire la cité, l’avenir des banlieues, auteurs de Refaire la cité, l’avenir des banlieues il est nécessaire de prendre quelques distances avec la culture jacobine française et d’oser, au moins à titre expérimental, aller regarder du côté de l’approche communautarienne anglosaxonne. […]

Ils appellent à l’établissement d’un «communautarisme civique». Aïe ! le mot qui fâche est-il lâché ? Serions-nous en territoire miné? Attention aux amalgames : le community des Américains se traduira plutôt par collectif, communauté territoriale que par la notion de communauté ethnique et culturelle, à laquelle on associe en général en France, et pour le fustiger, ce fameux communautarisme. […]

Reste que si on souhaite s’appuyer sur les communautés à la mode américaine, l’idéal républicain de l’individu citoyen qu’il s’agit d’émanciper de ses appartenances en prend un coup. Et l’importation de ces nouvelles approches risque de faire débat. […]

slate

Casser la mécanique de la violence dans les quartiers (Rue 89)

J’ai longtemps hésité avant de commenter la tribune de Pierre Pelot publiée mardi sur Rue89. C’est un cri violent, sans nuance, un piège à trolls et commentaires bien hardcore. Ce brûlot expose brutalement une nette montée de la tension intercommunautaire. Je ne commenterais pas la forme, mais le fond.

Depuis mon retour en France il y a trois ans, j’observe aussi cette dégradation, surtout dans les zones de mélange entre la classe moyenne paupérisée, blanche mais pas seulement, et les populations les plus précarisées, très majoritairement issues de l’immigration récente.

L’immense majorité des Français se contrefout de ce qui se passe dans les ghettos des lointaines cités dortoirs. Mais les quartiers défavorisés des communautés urbaines et même des centres-villes connaissent aussi les nuisances liés au trafic de drogues, en premier lieu du cannabis, qui représente au moins 50% de l’activité criminelle dans ces zones.

Plus difficile de cacher les nombreuses frictions et la haine qui y monte chaque jour d’avantage. Le business crée une tension palpable qui exacerbe toutes les relations humaines et favorise la violence et la peur. (…)

Rue 89

La Chaîne Parlementaire s’engage à «valoriser l’image des territoires urbains et de leurs habitants»

La Chaîne Parlementaire (LCP) a signé un accord avec l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé). Objectif ? «Valoriser l’image des territoires urbains et de leurs habitants» sur le petit écran.

Aujourd’hui, LCP signe cet accord. Demain, nous comptons toucher les chaînes privées.

Ce partenariat, d’une durée d’un an, repose sur plusieurs points : LCP s’engage à continuer la production et la diffusion du magazine mensuel Bondy Blog Café et de l’émission Égaux mais pas trop, deux programmes «mettant en valeur la diversité et la prévention des discriminations». L’ Assemblée nationale facilite l’accueille de stagiaires et autres jeunes en alternance, issus des quartiers populaires, aux différents postes de la Chambre des députés. Troisièmement, LCP poursuit le parrainage des classes prépas ESJ/ Bondy Blog.

Une «Journée (ou nuit) de la Diversité» est également en préparation et sera proposée aux spectateurs le 21 mai 2013, fête mondiale de la diversité culturelle. Un événement aux contours encore flous: «Nous ferons peut-être quelques directs, ou une compilation d’émissions sur cette thématique. Rien n’est arrêté» prévient Gérard Leclerc, président de LCP. […]

Respect Mag

Jeunes «Français issus de l’immigration ou des quartiers» sur le départ

Il n’y a pas que les exilés fiscaux, nombreux sont les jeunes diplômés à opter pour l’étranger afin d’entamer leur carrière professionnelle. Iymen a recueilli quelques témoignages, entre désillusion et espoir.

C’est sûr que je regrette certains attraits de la France, comme la sécu. Ici, mieux vaut ne pas avoir mal aux dents !

Ces derniers temps, personne n’a échappé à la polémique concernant le départ d’un des plus grands acteurs du cinéma français, pour un pays où il fait très froid et cela pour des raisons fiscales. Mettons en lumière des personnes qui quittent la France pour des raisons plus sérieuses et honorables. Ne réussissant pas à trouver un travail, étant discriminé ou renvoyé à leur milieu d’origine, beaucoup de jeunes issus de l’immigration ou des quartiers décident de quitter la mère patrie pour un avenir meilleur. […]

Sans hésitation Sana choisit Dubaï. […] De plus elle ne se sent plus en sécurité en France. Pour elle, la délinquance y est de plus en plus flagrante et violente, surtout dans les transports en commun. Selon elle, la mentalité en France n’est pas un facteur qui la pousse à rester pas plus que le stress ambiant d’ailleurs. A cela, s’ajoute la stigmatisation.[…]

Il est vrai qu’on a vu des ministres issus de la «diversité», comme on se plaît à le dire souvent, mais quand on regarde l’hémicycle à l’assemblée nationale ou la tête des PDG ou des cadres de grandes entreprises et des présentateurs du JT, on est loin de la France «Black Blanc Beur». Et c’est de cela que doit se préoccuper le gouvernement car Obélix peut se rendre où il veut, il restera français pour tout le monde.

Le Bondy Blog