France : la double stratégie du Qatar (vidéo)

Diffusion d’un autre reportage de la chaîne de TV Russe RT (Russia Today) sur les investissements plus que douteux du Qatar dans les banlieues françaises où il est expliqué sans détour la double stratégie de ce pays arabo-musulman [...]

« Sans travail, les « jeunes » se tournent vers la religion et la violence et c’est catastrophique pour la République et pour la France. » – Leila Leghmara

« Nos services de sécurité savent parfaitement que la Qatar a une double stratégie. D’un côté une stratégie économique pour faire de l’argent, de l’autre une stratégie de nature religieuse et politique. » – Eric Denécé

 

Révoltes en Europe

Qatar : un poète condamné à la perpétuité

Jeudi, un tribunal du Qatar a condamné à la prison à vie le poète Mohammed Ibn al-Dhib al-Ajami pour incitation à la révolution et diffamation de l’émir, communiquent les médias qataris.

Dans ses poèmes al-Ajama a fait l’éloge des révolutions du Printemps arabe encouragées par ce riche Etat du Golfe et a critiqué la monarchie absolue. (…)

La voix de la Russie

Porcinet « Winnie l’ourson » censuré au Qatar

(ANSAmed) – DOHA – Des modèles en bikini dans le magazine féminin Italien Grazia et Porcinet, le meilleur ami de Winnie-the-Pooh, sont tombés sous la censure du Qatar.

L’émir Hamad bin Khalifa al-Thani a officiellement aboli la censure en 1995, mais le gouvernement continue de noircir les images jugées insultantes pour l’islam, comme certaines parties du corps des modèles portant des bikinis, et le personnage de Porcinet, qui met en scène un animal que la religion musulmane dit impur.

Le Qatar s’est placé 114ème sur 179 pays dans le classement 2011-2012 de Reporters Sans Frontières sur la liberté de la presse, mais la censure semble être ici plus culturelle que politique: alors que les publications étrangères sont relativement rares dans les kiosques nationaux, Doha a accès a l’Internet et aux médias avec points de vue critique.

Cependant, le gouvernement il y a quelques mois, a placé des annonces dans les journaux à la recherche de personnel qualifié pour censurer les publications allemandes, italiennes et japonaises. Un Italien qui souhaite rester anonyme, et qui a postulé pour un poste, a dit que l’ANSA ne lui avait posé aucune question sur son parcours professionnel. L’entretien d’embauche se composait de la traduction d’un article sur les crimes de passion et de violence domestique, de l’italien en anglais. Le demandeur a par la suite appris que le gouvernement pourrait décider ne pas aller jusqu’au bout du projet, après tout.

ANSA

(Merci à Papy Tromblon et Chounds pour la traduction)

Nantes : Assalam, une « mosquée ouverte » aidée par un Qatari

L’Association islamique de l’ouest de la France (AIOF) offre un nouveau lieu de culte aux musulmans de Nantes avec l’inauguration de la mosquée Assalam et de son centre culturel, samedi 17 novembre. L’immense espace cultuel et culturel a l’ambition d’ouvrir ses portes à tous et de développer les relations entre musulmans et non-musulmans.

Avec son minaret haut de 17 mètres et son dôme qui change de couleur au gré de la lumière, la mosquée Assalam illumine la ville de Nantes.  (…)

Pour bâtir ce projet qui a germé il y a une quinzaine d’années, il a fallu casser la tirelire : il a coûté dans sa totalité 5 millions d’euros. Un financement qui a pu se faire « grâce à des dons des fidèles sans aides de la mairie et autres subventions », précise M. Guerroumi.

Pour cela, l’AIOF a organisé une grande collecte dans des mosquées d’Europe « jusqu’à Helsinki (Finlande, ndlr ». « On a commencé la collecte par nous-mêmes, ensuite dans les environs de Nantes puis dans toute la France ; et nous avons par la suite décidé de sortir de la France pour collecter dans toute l’Europe », rappelle le président de l’AIOF.

Mais cette collecte n’a pas permis de récolter les 5 millions nécessaire à ce projet. « A la fin, on a vécu des moments difficiles. On a commencé à se plaindre et à la suite d’un article paru dans un journal à ce sujet, un donateur du Qatar s’est manifesté. Il a décidé de nous aider à hauteur de 2 millions d’euros, en mémoire de son père décédé. Il a directement réglé ce montant aux entreprises qui s’occupaient des travaux », ajoute-t-il.

Aujourd’hui, l’AIOF doit encore régler « 300 à 400 000 € » aux entreprises qui ont participé au chantier, qui a duré trois ans. Autant dire que sans l’aide de ce donateur généreux, qui a contribué à presque 50 % du projet, le chantier était loin de voir le bout du tunnel. Mais avec ce donateur privé, on est loin du cas de la mosquée de Saint-Etienne, financée en grande partie par le Maroc et qui appartient désormais au royaume.  (…)

Saphir news

François Hollande renoue avec l’Arabie saoudite

Le chef de l’État fera étape au Liban, dimanche, avant d’aller à Djedda où il sera reçu par le roi Abdallah.

Visite éclair mais grandes ambitions: au Moyen-Orient pour la première fois depuis son élection, François Hollande entend mettre à profit une courte étape en Arabie saoudite, dimanche, pour remettre ce pays au centre de son échiquier diplomatique. Quelques heures plus tôt, à Beyrouth, il s’est déjà entretenu de la Syrie, un fil rouge de son périple, avec le président libanais Michel Sleimane. Il s’agit, précise-t-on à Paris, de donner «un geste politique fort, de soutien et d’appui à la souveraineté du Liban, à la préservation de son intégrité et de son unité face aux risques de déstabilisation».

Pas question, affirmait-t-on à l’Élysée avant l’échéance saoudienne, de léser la relation avec le Qatar, dont Nicolas Sarkozy avait fait un pilier de sa politique arabe.

La lune de miel semble d’ailleurs se poursuivre entre Paris et le micro-rival du royaume wahhabite. L’idée est plutôt «de faire autant avec le Qatar et davantage avec l’Arabie saoudite», indique-t-on.

Mais à l’heure où le fonds d’investissements promis par Doha aux banlieues françaises suscite, à droite et à gauche, de plus en plus de réserves, le choix du chef de l’État pour sa première visite prêtera à commentaires. (…)

Pour repartir du bon pied avec ce partenaire stratégique, le nucléaire iranien, qui préoccupe Ryad au plus haut point, et la crise syrienne, sur laquelle les deux pays sont en pointe, seront matière à convergences.

Les Saoudiens soutiennent militairement les franges les plus radicales de la rébellion syrienne, ce qui ne manquera pas toutefois de soulever des questions côté français.

Autre volet de coopération, les échanges universitaires (1 200 Saoudiens étudient en France) et culturels seront également mis en avant, malgré des «différences de civilisation», invoque-t-on, qui touchent notamment aux droits de l’homme (et particulièrement des femmes). (…)

Le Figaro

Qatar est-il le nouveau nom de « l’impérialisme », de « la mondialisation », de « l’Internationale islamique »… ?

Illustration des contradictions qui rendent complexe la géopolitique qatarie : Dioncounda Traoré, président de la République du Mali par intérim, a quitté Bamako pour rejoindre Doha, capitale du Qatar. Avion à disposition, « entretiens en tête-à-tête » avec Cheikh Hamad Bin Khalifa al-Thani, « séance de travail élargie aux délégations », déjeuner en commun, etc. L’émir a prôné la voie du dialogue assurant que l’on ne savait jamais à quoi aboutissait la guerre. Bamako devrait donc échanger la guerre contre une assistance qatarie au développement… !

Ce propos mesuré n’étonne pas. Le médiateur de la crise malienne, au titre de la Cédéao, est le président du Faso, Blaise Compaoré ; et le patron de la diplomatie burkinabè est Djibrill Y. Bassolé dont « les Qataris sont les amis » (Bassolé est intervenu sur le dossier du Darfour au nom de l’ONU et de l’UA, d’où sa proximité avec le Qatar, partie prenante dans l’affaire). Doha et Ouaga sont sur la même longueur d’onde. Rien de surprenant. Et on peut même penser que Ouaga a joué les facilitateurs dans ce contact entre l’émir et le président par intérim ; occasion, dans le même temps, de marginaliser le premier ministre malien, Cheick Modibo Diarra, qui ne cesse d’appeler, lui, « aux armes » (cf. LDD Mali 048/Mardi 2 octobre 2012).

Mais tandis que Traoré visite le Musée d’art islamique (MIA) de Doha (inauguré voici tout juste quatre ans, en novembre 2008, il est l’œuvre de Ieoh Mong Pei et, accessoirement, de Jean-Michel Wilmotte), à Paris la DGSE, après enquête, assurait le Quai d’Orsay « que le Qatar n’avait pas envoyé des agents sous couverture humanitaire auprès des djihadistes qui contrôlent le Nord du Mali »*.

A Paris toujours, des Maliens se sont rassemblés devant l’ambassade du Qatar pour protester contre ce soutien de Doha aux « islamistes » du Nord.

Et à Alger – où le Qatar n’est pas en odeur de sainteté, plus encore depuis la visite de l’émir à Gaza –, la presse s’insurge contre le jeu trouble de l’émir du Qatar.

« Le hold-up électoral des révoltes arabes en Tunisie, Egypte, Libye, Maroc, la guerre civile en Syrie et les bruits de bottes dans l’avancée des djihadistes dans le Sahel, sont à mettre sur le compte de ce petit richissime pays du golfe arabo-persique […]

Grâce à sa chaîne satellitaire qui ne parle jamais du Qatar sauf à travers ses spots publicitaires, Cheikh Hamad Ben Khalifa al-Thani a pesé sur les destins des autocrates arabes déchus et étendu son influence sur une vaste région, du Golfe à l’Atlantique. Même le Sahel n’y a pas échappé », écrivait ce matin (jeudi 25 octobre 2012) Djamel Bouatta dans le quotidien algérien Liberté.

Alors quel jeu joue le Qatar ? Celui de « l’impérialisme », celui de la « mondialisation », celui de « l’Internationale islamique » ? (…)

Le faso

Quand le Qatar se mêle du programme des lycées français

Le Qatar, pourtant pas francophone pour un sou, est entré il y a 15 jours dans l’Organisation internationale de la Francophonie comme membre associé. (…)

Sa passion pour la langue de Molière a poussé l’émirat wahhabite à s’intéresser de très près au programme du lycée Voltaire de Doha, géré par la Mission :

il a notamment interdit un livre d’histoire religieuse qui parlait de la chrétienté au Moyen Age et remplacé un manuel d’enseignement de l’arabe par un ouvrage mêlant apprentissage de la langue et de la religion. Pour s’être plainte de cette censure auprès des autorités françaises, la Mission va être contrainte de plier bagage fin décembre.

Le Qatar ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il veut « financer des établissements du type du lycée Voltaire dans le Golfe et en Afrique » avec l’ambition de « devenir le pôle de la francophonie régionale » en concurrence avec la France, alerte un connaisseur du dossier.

Avant d’accuser : « Notre diplomatie, qui devrait s’interroger sur cette stratégie d’influence, est prise de court car elle n’a qu’une vision à court terme. »

(…) Le Nouvel Obs
(Merci à Pat Riot)

Foot : Les Marocains s’intéressent au Paris FC

Après le Qatar au PSG, le Maroc pourrait prochainement prendre le contrôle du PFC, le Paris Football Club. Des investisseurs marocains souhaitent racheter le club de la capitale : la banque Wafa et le PDG des Ciments du Maroc, Mohamed Chaibi. Le président Ferracci veut garder le contrôle et privilégie un simple apport de capital, dicté par la situation financière du club.

Même si, sur le terrain, la situation n’est guère folichonne (l’équipe est 18e et relégable), il se passe décidément toujours quelque chose en coulisses du côté du Paris FC. Cinq mois après la montée en puissance de Pierre Ferracci, devenu actionnaire majoritaire (65%), après avoir provoqué le départ de Guy Cotret et la préférence accordée au projet avec les académies Jean-Marc Guillou, le club est encore soumis à de nouvelles agitations.

Sa santé financière notamment soulèverait de nombreuses questions. En début de saison, un déficit de 1 M€ avait été budgété par les actionnaires. Aujourd’hui, les pertes seraient d’ores et déjà nettement supérieures. Une rentrée de nouveaux capitaux permettrait donc de faciliter le recrutement nécessaire de 3 ou 4 nouveaux joueurs et d’afficher une copie plus présentable lors du prochain passage devant la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG).

Le PFC serait aujourd’hui dans la ligne de mire de plusieurs investisseurs. Deux sont étrangers et marocains : la banque Wafa et le PDG des Ciments du Maroc, Mohamed Chaibi. Plus en retrait jusqu’à présent, le 3e investisseur est, lui, français, et serait déjà implanté dans le milieu du sport. […]

Afrik.com
Le Parisien

Le FN questionne l’identité du PSG

«Le PSG est-il encore un club français ?» Eric Domard, conseiller au sport de Marine Le Pen pose cette question dans un communiqué publié aujourd’hui sur le site du Front national. «Détenu par des fonds qataris depuis 2011, le Paris Saint-Germain est-il encore un club français ou devient-il sous la férule de ses nouveaux dirigeants, un vecteur de l’entrisme de l’émirat islamique en France ?», demande-t-il.

Pour le conseiller spécial de l’ex-candidate à la présidentielle, il est urgent de mettre en place «une nouvelle réglementation dans le processus d’acquisition des clubs sportifs qui doit imposer la présence d’investisseurs locaux à hauteur de 50%». Le Front national exige que les clubs de football français soient «perçus comme appartenant au patrimoine sportif de la ville à laquelle il sont rattachés».

Selon Eric Domard, le Qatar est un pays qui est un «soutien affiché des mouvements djihadistes, qui après les banlieues, investit le monde du sport pour des raisons pour le moins obscures, et ce avec la bénédiction de l’UMP et du PS».

Le Figaro

Syrie : Rumeurs, désinformation, intoxication et manipulations…

Le régime syrien et son opposition armée s’affrontent depuis dix-sept mois. Sur le terrain et dans les médias. La rumeur est devenue une arme de destruction de l’adversaire. Valeurs actuelles revient sur plusieurs de ces manipulations.

Le 25 mai, Houla, une petite ville au nord de Homs, est frappée par des tirs de mortier et des bombardements : 108 personnes, dont 49 enfants, sont tuées. D’après l’enquête du Frankfurter Allgemeine Zeitung, ce massacre a été commis par des anti-Assad et la grande majorité des victimes appartiennent aux minorités chiite et alaouite, favorables au pouvoir. Cette version des faits a été très peu reprise dans la presse internationale.

Alors que l’insurrection continue et que les forces gouvernementales tentent de regagner, pied à pied, le terrain abandonné devant les insurgés, une guerre secrète oppose les deux camps sur le terrain de la communication. Les armes sont les lobbies à l’oeuvre dans chaque camp, les médias internationaux et leurs reporters, généralement plus sympathiques à l’égard des insurgés et beaucoup plus durs pour le gouvernement de Bachar al-Assad.

Les rebelles ont beaucoup appris dans ce domaine, aidés par des conseillers liés aux intérêts hostiles au régime actuel, financés par des réseaux liés à la Turquie, au Qatar, à l’Arabie Saoudite. […]

La mort à Homs, le 11 janvier, du journaliste de France 2 Gilles Jacquier, 43 ans, est presque un cas d’école. […]Damas nie aussitôt toute implication dans cet incident tragique, mais sa défense est inaudible. Personne ne veut y croire, surtout pas les médias occidentaux. […] Assez vite, pourtant, au-delà des certitudes nées sous le coup de l’émotion, il a fallu se rendre à l’évidence : ce sont bien les combattants de l’opposition qui ont bombardé le groupe de journalistes. L’enquête judiciaire va le prouver. […]

Valeurs actuelles

Sarkozy, l’ami discret du Qatar

Selon Le Canard enchaîné, Nicolas Sarkozy se serait discrètement rendu au Qatar juste avant d’aller à New York pour sa première conférence internationale en tant qu’ancien chef d’Etat.

Nicolas Sarkozy et Hamad ibn Khalifa Al-Thani, l’émir du Qatar, se connaissent depuis longtemps et l’accession du premier à l’Elysée n’a fait qu’enrichir cette relation.

C’est donc sans surprise que l’ancien président de la République s’est rendu discrètement au Qatar le 8 octobre dernier, juste avant d’aller à New York où il tenait sa première conférence internationale.


Nicolas Sarkozy et Hamad ibn Khalifa Al-Thani, l’émir du Qatar alors reçu à l’Elysée en septembre 2011

Le journal satirique révèle que Nicolas Sarkozy a déjeuné avec l’émir Khalifa al-Thani, notamment célèbre en France pour être le propriétaire du PSG dont l’ex-président est supporter, puis a dîné avec Jassim al-Thani. Une discrète escale dont le but est sans doute de garder de bons contacts avec un émir de plus en plus influent au sein de la communauté internationale.

Depuis son arrivée au pouvoir, en 1995, le monarque qatari cherche à nouer des relations économiques et culturelles avec la France.

C’est surtout à partir de l’élection de Nicolas Sarkozy que les liens entre les deux pays se sont resserrés. La France est ainsi devenue le deuxième investisseur étranger au Qatar, tandis que le petit pays du Golfe persique a lancé plusieurs projets en France.

Et notamment ce fonds d’investissement pour les banlieues françaises, initié sous Nicolas Sarkozy mais concrétisé fin septembre par le gouvernement socialiste.

C’est également entre 2007 et 2012 que l’émir du Qatar s’est offert le PSG, mais aussi des actions dans des grandes groupes français comme Vinci, Veolia Environnement ou encore Lagardère. Selon des informations de presse, ce serait d’ailleurs Nicolas Sarkozy qui aurait intronisé Hamad ibn Khalifa Al-Thani dans le milieu footballistique, à l’époque où le Qatar obtenait l’organisation de la Coupe du monde de football pour 2022.

Tout en entretenant de bons rapports avec Nicolas Sarkozy, le tandem exécutif de l’émirat a toutefois cherché à se rapprocher du Parti socialiste, avec qui il avait peu de contacts. Ainsi, François Hollande a reçu l’émir, en août dernier, et son Premier ministre, un peu plus tôt en juin.

Le JDD