Prison : Les repas halal et casher compatibles avec le principe de laïcité

Servir des repas « confessionnels », c’est-à-dire halal ou casher, en prison ne contreviendrait pas au principe de laïcité, a estimé mardi le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue. Fin novembre 2013, le tribunal administratif de Grenoble a enjoint le centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier (Isère) de servir des repas hallal à ses détenus musulmans au nom de la liberté d’exercer sa religion, une première. Le ministère de la Justice a indiqué qu’il ferait appel de ce jugement.

«Le principe de laïcité ne s’oppose nullement, tout au contraire, sauf discrimination fondée sur l’origine religieuse, à la confection ou à la distribution d’aliments +confessionnels+ dans les lieux privatifs de liberté », a écrit le Contrôleur dans son rapport annuel, publié mardi.

Aujourd’hui, la plupart des établissements pénitentiaires proposent des repas sans porc, mais pas de repas intégrant des aliments respectant les rites confessionnels.

«Faut-il autoriser ou non ces viandes confessionnelles ? Oui, dès lors que rien (dans les) contraintes du service public ne s’y oppose», a déclaré M. Delarue lors d’une conférence de presse de présentation de son rapport annuel.

« Ces viandes, pour nous, font partie de la manière dont une personne peut exercer ou non son culte », a fait valoir le Contrôleur, qui a cité des témoignages de détenus indiquant qu’ils « (crevaient) de faim parce qu’(ils ne pouvaient) pas se nourrir ».

M. Delarue a souligné que des repas différenciés étaient déjà servis dans les établissements pénitentiaires, le plus souvent pour des raisons médicales. Servir des repas halal ou casher n’induirait pas de coûts supplémentaires et pas de difficulté de gestion, selon lui.

Le Point

Un rapport, avec l’aval de Taubira, préconise de libérer les détenus souffrant de troubles mentaux

Un groupe de travail mis en place par Christiane Taubira préconise, dans un rapport non encore publié auquel La Croix a eu accès, de suspendre les peines de détenus atteints de troubles psychiatriques.

Libérer les malades mentaux, telle est l’une des propositions phare du groupe de travail « Santé-Justice » mis en place l’an dernier par Christiane Taubira et Marisol Touraine.

Dans un rapport remis récemment aux deux ministres, le groupe d’experts préconise d’étendre le dispositif des suspensions de peine aux détenus présentant des « troubles de nature psychiatrique ».

Une proposition détonante qui pourrait, à terme, bouleverser la physionomie des prisons. On évalue en effet entre 20 et 30 % le pourcentage de détenus souffrant de troubles psychotiques (schizophrénie, psychose, paranoïa, bouffées délirantes aiguës, etc.)

Les libérations pour raison médicale restent pour l’heure extrêmement limitées. Seuls 253 condamnés en ont bénéficié en 2012, un nombre infime si on le rapporte aux 90 982 personnes placées sous écrou cette même année. Ces libérations ont été prononcées dans deux cas de figure : soit le pronostic vital du détenu était engagé, soit son état de santé était jugé « durablement incompatible avec le maintien en détention ».

Ce dernier point fait pour le moment l’objet d’une lecture très restrictive : les médecins n’envisagent souvent la santé du détenu que sous l’angle somatique, et non sous l’angle psychique. Une aberration pour le groupe de travail, qui préconise de réécrire l’article codifiant les suspensions de peine (720-1-1 du code de procédure pénale) afin d’en étendre le périmètre.

Le rapport « Aménagements et suspensions de peine pour raison médicale » justifie sa proposition en soulignant qu’actuellement, « la situation des personnes est regardée essentiellement sous le prisme de l’offre de soins existante en prison, et non sous celui de la dignité humaine ».

Difficile de savoir quelles suites seront données à cette préconisation. Une chose est sûre, le ministère de la justice est a priori en phase avec un tel projet.

Le groupe de travail comptait en effet plusieurs représentants de la chancellerie (Direction générale des services, Direction des affaires criminelles et des grâces, Direction de l’administration pénitentiaire). Tous, sans exception, se sont prononcés en faveur de la libération des malades mentaux.

Cette proposition pourrait resurgir lors du débat sur la réforme pénale prévue en avril. Et sous forme d’amendement lors de l’examen du projet de loi sur la prévention de la récidive. Voilà qui promet des discussions animées au Parlement. Les tenants de la ligne sécuritaire ne manqueront pas de fustiger, une fois de plus, le « laxisme » du gouvernement en matière pénale.

Côté prison, l’idée de libérer les malades mentaux fait l’unanimité. L’association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire (ASPMP) comme l’Observatoire international des prisons (OIP) ou encore les syndicats de surveillants dénoncent tous depuis des années la présence en prison de personnes n’ayant rien à y faire…

La Croix

Allemagne : Yehya, un caïd à l’ombre (Vidéo)

Du gang de quartier à la prison pour mineurs, Yehya, un jeune Berlinois d’origine palestinienne, raconte son adolescence faite de vols et de violence. Un témoignage dérangeant.

Quand Christian Stahl le rencontre, Yehya a 14 ans. Ce garçon poli, qui l’aide à porter ses packs de bouteilles d’eau, est le fils de ses voisins, des réfugiés palestiniens venus du Liban. Mais aussi le chef d’un gang de Neukölln, un quartier de Berlin. Surpris, le réalisateur décide de suivre le garçon caméra à la main.

Multirécidiviste, présenté des dizaines de fois devant le juge des enfants, Yehya finit par être condamné à trois ans de détention. Du parloir de la prison, il raconte son ascension rapide dans la hiérarchie carcérale, son rapprochement avec l’islam, la violence des rapports avec les autres prisonniers.

«En 2025, la laïcité ne sera plus qu’un lointain souvenir»

Alors que François Hollande et le gouvernement se sont réunis pour réfléchir à la France de 2025, Johnmaxence, élève ingénieur et militant UMP, nous livre sa vision personnelle la France pour cette même année.

Dans ce climat social tendu, l’union nationale devrait être de mise, mais les revendications communautaires sont de plus en plus pressantes. Les pouvoirs publics sont dépassés par le phénomène, et l’Assemblée Nationale vote régulièrement des textes qu’elle n’a pas les moyens de mettre en oeuvre.

Tout d’abord, le décrochage économique de la France aura continué et se sera même accéléré. En effet, la succession de mesures et de contre-mesures annoncées par les gouvernements successifs n’auront eu pour seuls effets que d’alourdir un code du travail déjà bien chargé et de brouiller la visibilité des entrepreneurs. Découragés, ces derniers ont donc décidé d’aller fonder ou développer leurs entreprises dans d’autres pays. […]

La dette ayant poursuivi son ascension vertigineuse, l’Union Européenne s’est résolue à imposer à la France un plan drastique de retour à l’équilibre des finances et de réduction des déficits. L’austérité à la grecque, en somme. […]

Les Français souffrent aussi de l’insécurité qui a explosé dans le pays. Les places dans les prisons manquent toujours, les criminels et les délinquants sont en liberté, et la France a encore connu en cette belle année 2025 les émeutes estivales dans les banlieues, devenues habituelles. […]

L’Express

« On ne doit pas construire de nouvelles prisons ! » (Delapierre/RMC)

Dans les GG de RMC, le bras droit de Jean-Luc Mélenchon, François Delapierre, donne la vision de la justice et de l’ordre du Front de gauche. Il se dit opposé à l’interdiction du voile musulman.

« On invente [...] des ennemis imaginaires. J’en prends qu’un parce que c’est le plus caricatural : la question du terrorisme islamiste. On est convaincu que c’est une menace absolument terrible pour notre pays ! » – François Delapierre

« La ligne Taubira, c’est la ligne sérieuse ! » – François Delapierre

Document exclusif. Prisons, «les non-convertis sont marginalisés» (Valeurs actuelles)

Dans un document explosif sur «le prosélytisme en détention», des surveillants décrivent la menace que représente l’intégrisme islamique dans les établissements pénitentiaires et la situation des non-musulmans.

Il ne s’agit pas, écrivent-ils, «de juger ni de stigmatiser une pratique religieuse. Cependant, considérant les conséquences et les dérives remettant en cause la souveraineté de l’Etat au sein de ses établissements pénitentiaires, il est du devoir de notre administration de mieux appréhender ce phénomène afin de pouvoir assurer ses missions de garde et de réinsertion dans de meilleures conditions, ainsi que de garantir sa sécurité et celle de ses personnels.» Ce document date de mai 2011 «mais rien n’a changé depuis», assurent-ils. Extraits.

Les non convertis font l’objet de pressions, de menaces, d’injures et de violences. Ils ne peuvent participer (ou difficilement accéder) aux activités collectives proposées par l‘administrations pénitentiaires. [.. .]

Les Bibles sont retirées sous la menace et remplacées sous la menace par des Corans.

La seule exception faite (parfois) concerne les détenus issus du grand banditisme, et/ou du terrorisme tels que les Basques, les Corses et la mafia marseillaise qui bénéficie d’un fragile pacte de non-agression en contrepartie de la reconnaissance de l’autorité islamique.

Valeurs actuelles (Merci à Emmanuel Allot)

Floride : Union sacrée des détenus musulmans et juifs pour obtenir de la nourriture halal ou casher

En Floride, les prisonniers juifs et musulmans se sont ligués pour déposer une plainte commune par l’intermédiaire de la Division des droits civils du Département de la Justice des États-Unis.

Si l’on vous dit repas halal et si l’on ajoute veto de l’administration, vous pensez aussitôt cantines scolaires, croisade laïciste contre la fantasmatique «halalisation de la France», et tout le battage politico-médiatique qui a l’art de monter en épingle la simple exigence de ne pas manger de viande. Le casher échappant miraculeusement à l’anathème général…

Bien loin de la France, et dans l’univers impitoyable des prisons de Floride, casher et halal sont logés à la même enseigne : ils ne sont pas au menu ! Soumis au même régime alimentaire drastique qui leur interdit de s’alimenter conformément aux prescriptions respectives de leur religion, les prisonniers juifs et musulmans se sont ligués, comme un seul homme, contre le Département d’Etat des Services correctionnels. […]

C’est à un juge fédéral de Miami qu’il reviendra de statuer sur l’affaire alimentaire à l’origine d’un rapprochement entre juifs et musulmans qui, sur une autre scène que celle du milieu clos de la prison, aurait une forte charge symbolique.

oumma

La France compte 67 839 détenus, un nouveau record

Un total de 67 839 personnes étaient incarcérées début mai en France, selon des chiffres publiés vendredi par l’Administration pénitentiaire, un record, au-delà du précédent sommet de décembre 2012 (67 674 détenus).

Un nouveau record enregistré malgré la diffusion d’une circulaire par la Chancellerie fin 2012, incitant à faire l’aménagement de peine une priorité, afin de « désengorger » les prisons.

La France est depuis longtemps pointée du doigt pour sa surpopulation carcérale. Un rapport publié à Strasbourg par l’organisation paneuropéenne (NDLR: rapport disponible en anglais ici) le 3 mai révélait que la France est présente dans le top 20 des pays comptant plus de détenus que de places disponibles. [...]

Sud Ouest
(Merci à Domi)

Paris : Les Soeurs du Dépôt quittent le Palais de justice

Fin avril, les religieuses de la Congrégation de Marie Joseph et de la Miséricorde, qui, depuis près de cent cinquante ans, assuraient une présence au Dépôt du palais de justice de Paris, ont cessé leur mission. Le magistrat et historien du Palais, Etienne Madranges, leur rend hommage.

Lire : Le Washington Post souligne la surreprésentation des musulmans dans les prisons françaises. Le Monde (2008)

Au Palais de Justice de Paris, on les appelait les Sœurs du Dépôt. J’allais parfois leur rendre visite. On discutait dans leur petit jardin, seul espace vert du Palais, qui conservera sans doute longtemps la trace de celles qui, dans un désintéressement total et avec un engagement constant, guidées par leur foi, ont œuvré avec tant d’humanité au service des êtres et de leur âme et au service de la justice. En ce début de printemps, elles quittent le Palais. Pas tout à fait définitivement, car elles reviendront ponctuellement en journée. Mais elles n’y habiteront plus et n’assureront plus ce service exceptionnel qu’elles nous offraient. En cause, la moyenne d’âge, élevée, et surtout l’absence de «recrues» depuis onze ans au sein de la Congrégation, qui a toujours eu pour objectif principal, depuis sa fondation au 19e siècle, l’accompagnement des prisonniers, et qui était présente au Dépôt de Paris depuis cent quarante huit ans.

Leur statut de contractuelles du service public, rémunérées sous forme de subvention par la préfecture de police, avait été contesté devant le juge administratif par certains fonctionnaires soucieux de laïcité, qui demandaient leur expulsion au motif que le service public d’une République laïque ne saurait s’associer des religieuses. Le Conseil d’Etat, en 2001, avait rejeté leurs arguments en observant que, dès lors que l’intervention des soeurs était exclusive de tout prosélytisme, le principe de laïcité ou celui de neutralité du service public n’était pas remis en cause. […]

Le Monde

L’Europe en surpopulation carcérale

La moitié des pays européens sont en situation de surpopulation carcérale, certains dépassant les 150 prisonniers pour 100 places, selon un rapport publié aujourd’hui par le Conseil de l’Europe.

Plus d’un détenu sur cinq est par ailleurs étranger, une proportion qui dépasse le tiers dans les pays d’Europe de l’ouest.

Une vingtaine des 47 pays membres de l’organisation paneuropéenne comptent plus de prisonniers que de places disponibles, dont la France (113,4 prisonniers pour 100 places), la Belgique (127,2) ou encore la Hongrie (138,2), d’après ce rapport compilant des données de 2011.

En la matière, le trio de tête est composé de la Serbie (157,6), de la Grèce (151,7) et de l’Italie (147), selon ce document annuel du Conseil de l’Europe, alors que les prisons européennes accueillent en moyenne 99,5 détenus pour 100 places. […]

Mais il y a de très fortes disparités derrière cette moyenne: on compte ainsi moins de 50 détenus pour 100.000 habitants dans certains pays comme l’Islande, alors que la proportion dépasse les 200 dans plusieurs pays d’Europe de l’Est. […]

Le Figaro

Belgique: les détenus pourront commander films et repas par informatique

L’informatisation sera au coeur des préoccupations de la Direction générale des Etablissements pénitentiaires (DG EPI) durant les cinq prochaines années, ressort-il jeudi de la présentation de son plan de management 2012-2018.

La première phase de ce travail d’informatisation consistera en une mise à jour du programme de gestion des détenus, qui est en place depuis 1998.

D’autre part, la DG EPI compte informatiser un certain nombre de services qui doivent améliorer l’organisation de la détention.

Il s’agit notamment de permettre aux détenus d’effectuer des achats de produits de cantine par voie numérique, de téléphoner ou encore de commander un film directement depuis leur cellule, ce qui réduira substantiellement le travail des gardiens, souligne-t-on.

Les dossiers entièrement informatisés permettront également d’éviter toutes sortes d’erreurs de procédure en ce qui concerne les demandes d’appel, de libération, etc., prévoit la Direction générale. Cette informatisation concernera dans un premier temps les trois nouvelles prisons qui ouvriront respectivement leurs portes en novembre à Marche, en février 2014 à Beveren et à l’été 2014 à Leuze. Les premiers établissements existants qui bénéficieront du système seront les prisons d’Ittre et Hasselt.

La DG EPI emploie quelque 9.000 collaborateurs et gère plus de 12.000 détenus répartis au sein de 38 établissements pénitentiaires.

RTBF