Au Maroc, Sarkozy célèbre le TGV «made in France»

Nicolas Sarkozy a donné jeudi au Maroc le coup d’envoi des grands travaux du futur train à grande vitesse marocain en compagnie du roi Mohammed VI, auquel il doit renouveler le soutien politique de la France en pleine effervescence des «printemps arabes».

Malmené par la défaite historique de son camp aux élections sénatoriales et les «affaires» politico-judiciaires, le président français s’est offert un répit de quelques heures sous le soleil de Tanger, au nord du Maroc, pour y célébrer un succès devenu rare, celui du TGV «made in France» à l’étranger.[…]

Le prix de la nouvelle ligne est estimé à 1,8 milliard d’euros, auxquels il faudra ajouter tous les coûts d’infrastructure associés. Une part importante sera financée par la France elle-même, qui a débloqué un prêt de 920 millions d’euros. Un quart de la facture doit être payé par des pays «amis» du Maroc, comme l’Arabie saoudite, qui a elle-même lancé un appel d’offres pour la construction d’un TGV Jeddah-La Mecque-Médine, les Emirats arabes unis ou encore le Koweït. Le dernier quart sera financé par le budget marocain lui même.

Même ainsi pris en charge, le TGV «high tech» vendu par Alstom (400 millions d’euros pour 14 rames) est contesté au Maroc, où certains le considèrent comme un investissement de prestige inutile et coûteux. […]

Le Nouvel Obs

Le «Mobilier national» : Main basse sur le patrimoine français

Olivier Cabanel, revient sur la «disparition» de 16 000 pièces du «Mobilier national».

C’est un vieux serpent de mer qui refait régulièrement surface avant de disparaitre à nouveau.

En effet, on sait que les ministres ont, entre autres privilèges, celui de pouvoir choisir des meubles, des pièces d’art, tableaux, tapisseries, pour leurs ministères mis à disposition par «le mobilier national», mais cela concerne aussi l’Assemblée Nationale, le Sénat, l’Elysée, les ambassades…

Le «Mobilier National» dispose ainsi de 200 000 pièces allant de tapisseries rares, vases précieux, tableaux, mobiliers anciens et très recherchés, et objets d’art divers… Ces objets sont inaliénables et leur propriété imprescriptible. Ils occupent une surface de 543 500 m2 dans des locaux ministériels loués pour 240 millions d’euros par an en Ile de France. lien

Lors de leur nomination, les ministres, ou élus, vont donc faire leur «marché» entre mobiliers et œuvres d’art, et la réglementation qui veut que chaque année, un état des lieux de ces objets prêtés soit fait, n’est manifestement jamais respectée. Du coup, des collaborateurs sur le départ sont soupçonnés de garder quelques «pièces» en souvenir de leur séjour au ministère, puisque les ministères n’envoient quasi jamais leur rapport de l’état des prêts. […]

Agoravox

L’UE envisage 6 milliards d’euros de prêts pour le sud de la Méditerranée

La Banque européenne d’investissement (BEI), bras financier de l’UE, s’est dite prête, mardi 22 février, à doubler ses prêts aux pays du sud de la Méditerranée, à environ 6 milliards d’euros pour la période 2011-2013, afin d’aider leur « transition » vers la démocratie.

L’objectif de la BEI est de « montrer que l’Europe est capable de réagir très vite » aux bouleversements en cours dans cette région, a précisé le vice-président de la BEI, Philippe de Fontaine Vive. [...]

Tunis pourrait bénéficier de près de 1 milliard d’euros de prêts de la BEI dès cette année. Outre la Tunisie, la région Méditerranée recouvre dans le budget de la BEI l’Algérie, l’Egypte, le Maroc, la Jordanie, le Liban, la Syrie, les territoires palestiniens et Israël. La Banque n’a en revanche « jamais été autorisée à agir en Libye », selon son président. [...]

Le Monde

(Merci à Latine)

La dette de l’Europe de l’Est ne sera pas remboursée

« La dette publique en Grèce n’est que la première d’une série de bombes européennes de la dette qui vont exploser, » avertit l’économiste Michael Hudson. Nombre de pays de l’Europe de l’est, à commencer par la Lettonie, très durement touchée par la crise, seront incapables de rembourser les prêts libellés en euros qui ont été accordés durant la période d’euphorie financière, prévient-il.

Les gouvernements devront bientôt choisir entre ruiner leurs économies et saigner à quatre veines leurs peuples pour rembourser ou bien renégocier la dette et la convertir en devises locales, provoquant ainsi des pertes dans le système bancaire européen. Le combat entre créanciers et débiteurs promet d’être acharné, à l’image de celui qui se déroule aujourd’hui entre la Grande Bretagne et l’Islande, mais l’issue ne faire guère de doute, selon lui. Entre la défense des intérêts de leurs mandants promis au servage de la dette, et ceux des banques étrangères, les gouvernements devront se déterminer et vont choisir, comme l’ont fait les islandais qui refusent de régler les dettes des banques privées.

Le papier des contrats, la finance prédatrice, les dettes odieuses, seraient-elles donc plus sacrées que les vies, la santé des économies et le bien être des sociétés ? Faute d’un allègement de la dette sous forme de réduction des créances, du recours à la monétisation et à l’inflation, à des impositions exceptionnelles sur les actifs spéculatifs, accompagnés par une réduction de la mobilité des capitaux et un contrôle renforcé sur le secteur bancaire, nombre de pays occidentaux risquent de s’enfoncer dans le marasme et la misère sociale – et pour longtemps – au moment même où les émergents accélèrent leur course.

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Economie : que faire ?

Par Patrick Reymond

Les différentes solutions sont très simples et ramènent à un monde antédiluvien : les Trente Glorieuses.

Lesdites années se sont caractérisées, non pas par une forte croissance, mais par un certain paramétrage, qui a permis la croissance.

D’abord, il faut purger la dette.

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Le fabuleux lobbying de la finance américaine

Par Hélène Rey, professeur à la London Business School

Le lobby (vestibule, couloir) de la Chambre des Communes (Angleterre), 1886

Les universitaires commencent à se pencher attentivement sur le lobbying des institutions financières aux Etats-Unis. Un récent article de recherche pose une question importante : pourquoi la régulation du marché des prêts immobiliers a-t-elle été si défaillante avant la crise ?

La réponse des auteurs est simple et riche d’enseignements : les principales institutions impliquées dans les excès des marchés des « subprimes » sont également celles qui ont dépensé le plus d’argent dans le lobbying des députés américains. Entre 2000 et 2006, les institutions financières américaines ont investi de 60 à 100 millions de dollars par an pour faire du lobbying.

Il ne paraît pas exagéré de penser que ces institutions ont influé sur la qualité de la régulation mise en place sur ces marchés. La puissance de feu des institutions financières américaines en termes de lobbying est énorme. Dans la dernière décennie, le profit du secteur financier a constitué environ 40 % des profits totaux de l’industrie américaine, alors qu’il n’avait jamais excédé 16 % de 1973 à 1985.

Le secteur financier est engagé à présent dans un lobbying forcené pour limiter la réglementation sur les produits dérivés, et sur le marché des « credit default swaps » en particulier, au coeur de bien des stratégies spéculatives.

Durant les neuf premiers mois de 2009, les institutions financières ont dépensé aux Etats-Unis 126 millions de dollars pour influencer le Congrès.

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