Le Midi “libre”, un journal pro-clandestin

Le Midi Libre relate l’affaire Salimou Fofana du 22 juillet dernier. Ce guinéen résidant en France risquait 5 mois de prison pour être venu en aide à un compatriote clandestin. Il a été « relaxé sans peine » par le tribunal.

L’avis du journal : «Le jugement ferait-il alors jurisprudence ? On saura alors si la solidarité envers un sans-papiers risque de devenir un délit. En attendant, Salimou Fofana peut rentrer de Guinée l’esprit tranquille.» (source)

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Le journal est désormais connu pour son militantisme et son activisme en faveur des clandestins. Un lecteur a compilé sur une courte période de 2009 une partie des articles publiés sur le sujet, et relevé le notable soutien que le journal apporte aux organisations d’extrême-gauche comme RESF.

Articles publiés dans le Midi Libre :

  • 09 avril 2009 – RESF mobilise politiques et associations ->
  • 25 avril 2009 – RESF sera à la fête aujourd’hui à Mende ->
  • 26 avril 2009  – RESF, un antidote à la xénophobie -> Lire la suite

Préférence étrangère : le Républicain Lorrain, un journal « exemplaire »

En 5 semaines, le Républicain Lorrain a publié au minimum 13 articles clairement partisans et à la lisière du militantisme pour relater les pressions du MRAP sur les autorités pour régulariser G. Mouangue Mbella, clandestin camerounais. La préfecture a cédé.

  • 7 mai – Gustave libre d’étudier – Hier matin, le préfet de Moselle, Bernard Niquet, a levé l’obligation faite à Gustave Mouangue Mbella de quitter le territoire.
  • 7 mai  – Gustave pourra continuer à étudier à Forbach – Son prénom résonne sous un tonnerre d’applaudissements.
  • 7 mai  – Condamné à la clandestinité pendant 28 jours – «Quand on se noie, le pire des serpents peut être une bouée de secours si on s’accroche à lui ». Le proverbe est Camerounais. Gustave Mouangue Mbella s’en est inspiré.
  • 5 mai – La lutte continue pour Gustave. «Liberté d’étudier, Gustave infirmier ! », «Un visa pour Gustave ! » Hier, en fin de matinée, ils sont près de deux cents devant la préfecture.
  • 5 mai - Unis pour aider Gustave. «Nous, tout ce que nous voulons, c’est que Gustave puisse terminer ses études en France ».
  • 29 avril – Contre l’expulsion de Gustave- Après avoir manifesté leur désaccord et leur incompréhension dans les rues de Forbach, le 20 avril, amis, élus, politiques, associations et citoyens anonymes viennent de monter un comité de soutien.
  • 28 avril – Un comité de soutien à Gustave Mouangue Mbella – Réunis le 24 avril, les organisations (*) ainsi que des particuliers désirant soutenir Gustave Mouangue Mbella ont créé un comité de soutien. Celui-ci dénonce «la situation faite à Gustave »
  • 22 avril – «Un visa pour Gustave !» Le slogan a résonné, lundi après-midi, dans les rues de Forbach, scandé par près de 170 manifestants.
  • 21 avril – Solidarité pour un sans-papiers – Les étudiants et le personnel de l’Institut en soins infirmiers de Forbach ont manifesté en compagnie d’élus et autres associations pour réclamer la régularisation de Gustave Mouangue Mbella.
  • 8 avril – Un sans papier renvoyé par avion – L’étudiant camerounais, Gustave Mouangue Mbella, menacé d’expulsion est convoqué ce matin même à l’aéroport de Roissy.
  • 2 avril – Gustave sera expulsé – «On a perdu », lance, avec dépit, Nicole Musslé, membre du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples. Gustave, lui, a tout perdu. Ses ambitions se sont envolées. La France a décidé.
  • 1er avril – Un étudiant camerounais risque l’expulsion – Il manque à Gustave un petit papier. Un visa. Un sésame que les autorités françaises n’ont pas l’air de vouloir lui donner. Gustave Mouangue Mbella est Camerounais.
  • 1er avril – «Nous sommes réunis pour protester contre le traitement dégradant infligé aux migrants que tout démocrate ne peut accepter », lance Nicole Musslé, membre hyperactif du Mouvement contre le racisme

(voir les pages 1 et 2) ou la capture. (articles disponibles uniquement par abonnement)
Dans la même série : voir le Midi Libre

Kouchner : la liberté de la presse est une priorité … en Russie

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a assuré aujourd’hui, à l’occasion de la journée de la liberté de la presse, que cette cause était l’une des « priorités » de la diplomatie française.

« J’ai demandé que toutes les ambassades de France dans le monde soient avec vous (les journalistes) dès que la liberté de la presse est menacée. C’est l’une des priorités de notre diplomatie », a-t-il déclaré dans un message.

« Aujourd’hui, mes pensées vont tout particulièrement à Anastassia Babourova, jeune journaliste russe assassinée en pleine rue à Moscou il y a quelques semaines », a ajouté M. Kouchner.

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France : la mort de la presse

Fonte accélérée du lectorat, rapacité des distributeurs, gonflage des chiffres de diffusion pour attirer la publicité et alignement de la plupart journaux sur la même ligne éditoriale…

Extraits d’une interview de J.F. Khan :
« Les régies publicitaires des groupes de presse ont exigé des rédactions un alignement toujours plus grand des contenus. Calcul inepte, car les annonceurs et les centrales d’achat n’exigeaient rien de tel. Un seuil critique a été atteint en 1995. Les journaux se sont alors uniformisés au point que les lecteurs ont renoncé à les acheter.

Quand la chute du lectorat n’a plus pu se dissimuler derrière des chiffres de diffusion bidon, les annonceurs ont commencé à se retirer de la presse papier. Et les régies des groupes de presse à brader le tarif des pages au quart de leur prix. J’ai vécu en direct ce processus à la rédaction du Figaro Magazine (1990-1997).

Les commerciaux maison ne cessaient de faire pression sur la direction pour supprimer le caractère propre du magazine, et lui imposer les codes mentaux de ses concurrents. Cela en dépit des mises en garde à la fois desjournalistes et des centrales d’achat publicitaires. Ce qui s’est passé au FigMag s’est passé dans la plupart des groupes. Et la presse papier parisienne est tombée dans une grisaille qui a mis les lecteurs en fuite. » (source)