Politique de la ville. Michel Destot (PS) : «La question qui se pose est celle du peuplement»

Le projet de loi de réforme de la politique de la ville a été présenté en Conseil des ministres. Un projet encourageant pour Michel Destot, maire PS de Grenoble, président de l’Association des maires des grandes villes de France.

La question qui se pose est celle du peuplement : on ne peut rénover un quartier si on ne vise pas une plus grande mixité. Il faut une homogénéité plus grande qu’aujourd’hui, où on a des quartiers qui sont au contraire très codés, avec beaucoup de logements sociaux, de familles monoparentales, d’origine étrangère, etc…

Le critère pour donner la priorité à un quartier sera son niveau de pauvreté. Est-ce pertinent ?

Oui, le critère de pauvreté est pertinent si on veut partir de la réalité de ces quartiers. C’est dans les ZUS [zones urbaines sensibles, ndlr] que le taux de chômage est le plus élevé, et l’écart s’est encore creusé avec la crise. Un habitant sur trois y vit en dessous du seuil de pauvreté, et de plus en plus, cela pèse sur les jeunes qui vivent mal la déscolarisation, la discrimination à l’emploi etc. […]

Libération (Merci à Henry_LXVIII)

Plan gouvernemental pour les banlieues : réactions dans le quartier de Hautepierre à Strasbourg (vidéo)

Le plan banlieue présenté hier par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault doit améliorer la vie des banlieues dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et la rénovation urbaine. Réactions dans le quartier de Hautepierre à Strasbourg.


Plan gouvernemental pour les banlieues… par France3Alsace

(…) france 3 Alsace

« Au fond, la mixité sociale, c’est Brice Hortefeux qui en parle le mieux : « Quand il y en a un, ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes » ! »

Dans Le Point, interview de Renaud Epstein, sociologue, maître de conférences en sciences politiques à l’université de Nantes, sur l’échec de la politique de la ville depuis 10 ans.

[...] La situation est la même aux Pays-Bas, qui partagent avec la France deux caractéristiques : une forte présence de l’immigration postcoloniale et une forte pression exercée par des partis populistes ou racistes sur l’ensemble du système politique. Quand on parle de rétablir la mixité sociale dans les quartiers, c’est de mixité ethnoraciale qu’il est avant tout question. Au fond, la mixité sociale, c’est Brice Hortefeux qui en parle le mieux : « Quand il y en a un, ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes » !

Comment peut-on faire pour modifier le visage des quartiers ?

La leçon de dix ans de rénovation urbaine, c’est qu’il ne suffit pas de modifier le visage des quartiers pour modifier les visages des quartiers, qui restent colorés. Mais est-ce un problème ?

Le Point

Education : Les 1.000 postes créés iront d’abord vers les «quartiers» et «les zones urbaines sensibles»

Le ministre délégué à la Ville François Lamy veut que «le maximum des 1.000 postes» créés en primaire à la rentrée «soit bien dans les quartiers qui en ont besoin», et a écrit au ministre de l’Education Vincent Peillon en ce sens.

«Un de mes objectifs est (…) que le maximum des 1.000 postes à la rentrée soit bien dans les quartiers qui en ont besoin», dans «les zones urbaines sensibles», et «ma première action a été d’écrire à Vincent Peillon, le ministre de l’Education ; et de le voir d’ailleurs», pour cela, a affirmé le ministre. [….]

Les académies de Créteil et Versailles, en banlieue parisienne, se sont taillées la part du lion, avec respectivement 80 et 100 postes. «c’est le démarrage de l’action parce que je sais la complexité du ministère de l’Education nationale, je sais ses pesanteurs, je sais aussi qu’il n’a pas la même géographie prioritaire que nous», a poursuivi François Lamy. Sur la politique de la ville, «j’ai beaucoup rencontré d’élus, beaucoup visité de quartiers, et (…) tout le monde était à peu près d’accord sur ce qu’il fallait faire. Et ça m’a permis de constater aussi que tout le monde était d’accord pour dire que ça ne s’était pas fait», a-t-il insisté. […]

France Soir

L’armée dans les banlieues ou «l’échec criant du politique»

A Sevran, (Seine-Saint-Denis), le maire Stéphane Gatignon (EELV) a demandé l’intervention de l’armée dans la ville pour «faire cesser les règlements de comptes». Hacène Belmessous, auteur du livre Opération banlieues : comment l’Etat prépare la guerre urbaine dans les cités françaises (La Découverte, 2010), nous livre son analyse.

Y Faire intervenir l’armée, c’est acter l’échec du politique, celle qui fait sens et société. Cela reviendrait également à considérer la banlieue comme le territoire de l’ennemi intérieur.

Comment en est-on arrivé là ? Lorsque Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale, diminue chaque année le nombre de postes d’enseignants dans les écoles publiques ; lorsque les habitants de ces quartiers se trouvent aplatis par la vision néo-libérale du territoire, sous perfusion sociale, comme le sont certains bénéficiaires du RSA, ou contraints de «vivre» avec des salaires de misère ; lorsqu’ils sont piégés par ces processus de discrimination à l’emploi, aux logements les plus valorisés, mais aussi dans l’accès aux services publics […]

Pourtant, l’idée qu’une intervention de l’armée règlera le problème n’est qu’un leurre. D’ailleurs les militaires que j’ai rencontrés au cours de mes recherches me l’ont dit : «On ne tire pas sur nos concitoyens».

Reste que les élus locaux se sentent piégés et doivent gérer la pénurie. Je pense que nous allons payer chèrement la fin de la politique de la ville, car c’est l’échec du droit commun.

Le Nouvel Obs

Le Mouvement des jeunes socialistes veut sauver les banlieues

Enième initiative vouée à tomber dans l’oubli, ou projet porteur de changement ? Après 30 ans d’échec de la politique de la ville, le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) tente une nouvelle approche avec le réseau «Cités en mouvement», un réseau destiné à dynamiser et désenclaver les banlieues en mettant en avant une image positive.

C’est juste des petites miettes à chaque fois. Il y a une vision postcoloniale du truc où l’homme blanc, de gauche, super bien éduqué et qui est bac +10, va te faire la morale et sait ce qui est bon pour toi. J’ai une vraie dent contre la gauche. (Nadir Dendoune, journaliste et écrivain)

«Nous n’avons pas besoin de bons sentiments, ni de stigmatisation. Nous voulons simplement prendre toute notre place dans l’avenir de notre pays», clame l’appel fondateur de Cités en mouvement.

«L’objectif est d’arriver à des mesures concrètes», assure Jonathan Debauve, de la direction des jeunes socialistes, qui cite, à titre d’exemple, la prochaine mise en ligne d’un site internet, vitrine des créations et des actions nées dans les quartiers. «Il s’agit de recréer des liens entre les politiques et les quartiers populaires, sur le long terme. Les hommes politiques ne venaient plus suffisamment dans ces endroits-là», poursuit-il. […]

Michel Fize, sociologue, se montre plutôt optimiste : «Ce qui est intéressant dans cette initiative, c’est qu’elle émane d’une organisation politique de jeunes. Ça me rappelle les actions des jeunesses communistes dans les années 30, 40 et 50.»[…]

Nouvel Obs

Zemmour : « La politique de la Ville, à quoi ça sert ? »

Ce n’est pas l’urbanisme qui provoque les ghettos, mais d’abord la délinquance qui fait fuir les gens honnêtes dès qu’ils le peuvent. On ne peut pas exalter les différences et obliger les gens trop différents à vivre ensemble. »


(Merci à Louve Normande)

Deux millions en chèques-vacances pour les habitants des quartiers difficiles

Cet été, 92 000 personnes issues des quartiers classés en politique de la ville ont profité d’aides de l’Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV), en partenariat avec l’initiative « Des vacances, moi aussi ! » mené par le secrétariat d’État chargée de la politique de la ville, dirigé par Fadela Amara.

En tout, 2 millions d’euros leur ont été consacrés. Elles ont pu, en partenariat avec Vacances ouvertes, la Fédération Léo Lagrange et La Jeunesse au plein air, bénéficier d’activités sportives ou de vacances au travers d’un accompagnement social.

La Croix

« Modernisation » de l’État : rupture ou révolution culturelle à la chinoise ?

La réforme de l’État constitue l’un des axes de la présidence de Nicolas Sarkozy. Elle est activement conduite par l’Élysée sous le nom de code RGPP : Révision générale des politiques publiques. La méthode est simple : on change tout, on lance tous les chantiers en même temps. C’est la rupture, pilotée par les grands corps de l’État, qui se placent par la même occasion hors de portée du séisme qu’ils provoquent chez les autres.

Le bouleversement est en effet considérable : fusion progressive des grands corps techniques et des services déconcentrés de l’État, fusion des services d’assiette et de recouvrement de l’impôt, modifications statutaires tous azimuts, externalisations, réforme des concours administratifs « pour plus de diversité, » suppressions d’emplois, recrutements de contractuels à tous les niveaux etc.…

Certaines réformes, prises isolément, sont parfois bienvenues. Mais leurs bénéfices sont dilapidés par la dynamique d’ensemble de « la réforme de l’État » : car le parti pris de tout changer en même temps, crée le chaos. La RGPP ne débouche pas sur l’efficience mais sur une gabegie contagieuse.

Le tout, conduit à un rythme d’enfer : les audits, les réformes, les réorganisations se succèdent. De quoi faire apparaître la révolution culturelle chinoise comme une paisible transformation.

Suite et commentaires sur Fortune

Livre noir des subventions de la région Alsace

Il n’y a pas que les régions de gauche qui gaspillent l’argent des contribuables. Celles de droite font ça aussi bien. La preuve par l’Alsace. Extraits du Livre Noir des subventions de la Région Alsace.

Vive les mosquées!

La grande mosquée de Strasbourg a reçu, en 2009, une subvention de 179 951 euros, sans compter le financement du matériel informatique pour 2 316 euros. La région avait déjà participé au projet de cette grande mosquée, en novembre 2004, par le versement d’une subvention de 506 571 euros.

Incontournable Politique de la Ville

L’Observatoire régional de l’intégration et de la ville (ORIV) a touché 152 449 euros pour la période 2000-2006, notamment pour la réédition du guide « Étrangers et immigrés en Alsace ». Plus une subvention de 23 000 euros en 2005.

Suite et commentaires sur Fortune