Visas : Le Canada exige les données biométriques pour les ressortissants d’une vingtaine de pays musulmans

Les autorités canadiennes exigeront, à partir de janvier 2013, les données biométriques (empreintes digitales) des Algériens demandeurs de visas touristiques ou d’études, selon un communiqué du ministère canadien de la citoyenneté et de l’immigration. Cette mesures concerne aussi les ressortissants de 28 autres pays.

La majorité des pays touchés par la mesure, on l’aura deviné, sont arabes et musulmans – une vingtaine. Parmi ces pays, on peut citer l’Afghanistan, l’Albanie, l’Arabie Saoudite, l’Egypte, le Liban, le Pakistan, le Soudan et la Tunisie. Tous les pays du Maghreb sauf le Maroc sont touchés par l’obligation faite à leurs citoyens de fournir leurs données biométriques.

Cette obligation ne concerne pas «les résidents permanents du Canada, les enfants de moins de 14 ans, les personnes âgées de plus de 79 ans, et les diplomates en mission officielle avec les membres de leur famille». Dans son communiqué, le ministère canadien de la citoyenneté et de l’immigration explique qu’ «à l’arrivée d’une personne au Canada, ses données biométriques seront utilisées pour vérifier qu’il s’agit bien de la même personne qui s’est vue accorder une autorisation pour pouvoir voyager.»

Les autorités canadiennes ont tenu à préciser que d’autres pays exigent les données biométriques : «le Royaume-Uni, l’Australie, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande, les pays de l’espace Schengen de l’Union européenne, le Japon, la Corée du Sud, les Émirats arabes unis, l’Indonésie, la Malaisie et l’Arabie saoudite». [...]

El Watan

Dans les pays musulmans, ceux qui n’observent pas le jeûne du ramadan se cachent

Si des centaines de millions de musulmans observent scrupuleusement le jeûne du mois sacré de ramadan du lever au coucher du soleil, une minorité d’entre eux se cache pour boire, manger ou fumer pendant la journée. La pression de la communauté est importante et, dans certains pays, leur comportement est hors-la-loi. (…)

La pression familiale ou amicale est généralement suffisante pour encourager les contrevenants à se cacher. Amri, un responsable marketing de Kuala Lumpur en Malaisie, explique qu’il mange dans sa voiture pendant qu’il conduit et qu’il garde une bouteille d’eau au fond de son sac au bureau. S’il est athée, la loi et la société le considèrent comme musulman.

« Je suis sûr que certains de mes collègues ne jeûnent pas toujours, mais c’est quelque chose que personne ne veut admettre. A moitié par peur d’être attrapé (par les autorités), à moitié par peur d’être jugé négativement par les gens », juge Amri.

« Je ne crois pas au jeûne », déclare le propriétaire d’un supermarché palestino-américain de Los Angeles. Elevé près de Jérusalem dans une famille musulmane pieuse, il a perdu la foi après s’être installé aux Etats-Unis il y a des dizaines d’années.

Récemment, le quinquagénaire a été réprimandé par son fils Basil, 32 ans, alors qu’il mangeait innocemment un gâteau dans sa voiture près de Ramallah, en plein ramadan. « Basil me frappe la main. Il me dit: ‘Papa, papa, qu’est-ce que tu fais? Tu ne peux pas! Regarde à tous ces gens qui nous regardent!’ », raconte-t-il. « J’avais quelque chose dans la bouche. J’ai arrêté de mâcher à cause de la peur. Les gens étaient en train de me regarder ».

L’observance religieuse s’est accrue de façon importante depuis les années 1970 dans les régions musulmanes, alors que l’Islam politique s’affirmait et que les idéologies nationalistes et communistes disparaissaient.

Le poids nouveau pris par les partis politiques islamistes après le Printemps arabe devrait renforcer encore cette tendance, selon Chadi Hamid du think tank Brookings Doha Center. 

Le nouvel Observateur

Quand les idéologues antiracistes refusent de voir l’esclavage pratiqué dans les pays musulmans

En 2006, Christiane Taubira estimait qu’il ne fallait pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane lorsqu’on parlait d’esclavage. Celle-ci continue pourtant de nos jours ; un désastre humanitaire passé sous silence. Et pour cause : il paraît difficile dans l’état actuel des modes de pensée d’accepter l’idée que des victimes puissent être bourreaux.

Atlantico : Dans un article de L’Express, Christiane Taubira estime qu’il ne faut pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane lorsqu’on parle d’esclavage. Elle parlait bien sûr du passé.

Pourtant, vous expliquez que c’est un phénomène toujours existant.

Jean-Patrick Grumberg : Exactement, c’est un phénomène quotidien. Il continue essentiellement dans les pays musulmans, notamment la Mauritanie qui a par trois fois édicté des lois pour interdire l’esclavage, sans succès. L’ambassadrice des États-Unis en Mauritanie, Joe Ellen Powell, a d’ailleurs déclaré en mars 2012 sur CNN que l’esclavage est un problème de tous les jours, répugnant, et qu’elle travaillait activement pour lutter contre cela.

Une militante des droits de l’Homme, Amel Daddah, docteur en sociologie, et mauritanienne, a elle déclaré que cette question est une partie intégrante de l’Islam.

Je pense qu’avec persévérance, une bonne connaissance du terrain et de l’éducation, il y a de fortes chances pour qu’un jour – s’il y a une volonté politique et des moyens financiers – ils arriveront à régler le problème. Mais il n’existe pas qu’en Mauritanie : dans les pays du Golfe,

des enfants pakistanais sont importés par centaines pour servir de jockeys dans les courses de chameaux, qui sont très prisées par les princes du pétrole. (…)

Atlantico