Paul Jorion : « Nous vivons un désastre annoncé »

Vous écrivez, dans « La guerre civile numérique » (Editions Textuel, 2011), que nous sommes dans une « situation prérévolutionnaire ». N’est-ce pas exagéré ?

Non, le parallèle peut être fait avec 1788 : tout le monde a bien analysé la situation, mais la classe dirigeante reste « assise  sur ses mains », comme on dit en anglais, elle espère que les choses vont s’arranger d’elles-mêmes. C’est criminel.

Vous pensez donc que les gens vont se révolter ?

Oui… Les mouvements d’indignés sont des protestations qui restent assez domestiquées. Dans certains pays, les gens réagissent en fonction de leur degré de souffrance : ils manifestent un peu quand ils souffrent un peu, et davantage s’ils souffrent plus… Mais en France, on n’a pas cette tradition. On encaisse jusqu’à un certain seuil, et puis ça explose.

Et vous pensez que nous y sommes ?

Oui, on arrive à un seuil. Cela se manifeste de manière indirecte, dans le nombre de gens qui se disent prêts à voter pour le Front national. Je discutais l’autre jour avec un chauffeur de taxi : il m’a fait une analyse de la situation qu’on dirait d’extrême gauche, et à la fin il m’a expliqué qu’il allait voter pour Marine Le Pen…

Le Progrès

(Merci à COOL)

La crise et maintenant la panique ?

France 3, émission « Ce soir ou jamais » du 13 septembre 2011. Un débat pour comprendre et ou nous en sommes de la crise.

Avec les invités suivants:

- Alain Cotta, économiste, ancien professeur à HEC et professeur émérite à l’université Paris Dauphine. Auteur de : « Sortir de l’euro ou mourir à petit feu » (Plon), « Le règne des oligarchies » (Plon) dans lequel il analyse la concentration des pouvoirs économiques, politiques, sociaux et surtout financiers dans nos soit disant démocraties.

- Michel Camdessus, ancien directeur général du F.M.I (1987-2000)

- Paul Jorion, Sociologue, anthropologue et  ingénieur financier. Le grand public le connaît surtout pour avoir été l’un des premiers à prédire la crise, en annonçant dès 2006 la crise des subprimes. Il a publié, entre autres, « Crise du capitalisme américain », « L’argent, mode d’emploi », « Le capitalisme à l’agonie » et récemment « La guerre civile numérique » (textuel).

- Jean Tulard, Historien, spécialiste de Napoléon Bonaparte et de la Révolution, membre de l’Académie des sciences morales et politique. Il vient de publier « Talleyrand ou la douceur de vivre » (Bibliothèque des introuvables)

Partie 1 :

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Crise : le système est au bord du gouffre ? Faisons un pas en avant !

La violence de la crise aurait dû provoquer une remise en question du système. Paradoxalement, la rapidité du sauvetage et les moindres conséquences de la crise par rapport à celle de 1929 font que rien n’avance. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir les solutions en main.

Des intellectuels alternatifs se sont levés

Venus de toutes les familles de pensée, de la gauche (Frédéric Lordon, Jacques Généreux, Emmanuel Todd, Jean-François Kahn ce week-end sur son blog dans un très bon papier), du libéralisme humaniste (Jean-Luc Gréau, Maurice Allais), du libéralisme étasunien (Paul Krugman, Joseph Stiglitz, Robert Reich) ou d’ailleurs (Jacques Sapir, Paul Jorion), un nombre toujours plus important d’économistes et d’intellectuels nous proposent des solutions pour refonder le système économique. Laurent Pinsolle propose ici les 18 mesures emblématiques qu’il a retenues. Oui, un autre monde est possible !

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