Les églises, un héritage précieux à protéger

La France a partie liée avec l’Eglise depuis le baptême de Clovis – autant dire depuis ses origines. Le général de Gaulle l’avait dit au journaliste américain David Schoenbrun: «La France commence avec Clovis. (…) L’élément décisif pour moi, c’est que Clovis fut le premier roi à être baptisé chrétien.» La monarchie franque puis française devint tôt, et demeura longtemps, le bras armé de l’Eglise contre des prétentions germaniques à l’empire universel ; ce qui n’empêcha pas certains de ses chefs – de Philippe le Bel à Louis XIV et à Napoléon Ier – de s’opposer au Saint-Siège, dans une suite de bras de fer épiques.

Au XVIIIème siècle, la libre pensée des Lumières devait s’attaquer en profondeur à ces vieilles racines ; et le combat des philosophes allait fournir, au siècle suivant, un ciment inespéré à la République maçonnique, avant de culminer dans la fameuse loi séparant l’Etat de l’Eglise – texte auquel, de nos jours, tout le monde ou presque se raccroche…

Cela posé, il me paraît aussi vain de nier les fameuses «racines chrétiennes» de notre pays – réaffirmées naguère par le président Sarkozy à Saint-Jean-de-Latran – que d’en démentir l’héroïque émancipation. Ces dernières décennies, il est vrai, les coups de boutoir d’une autre religion, l’islam, contre la laïcité, ont pu passer, aux yeux de certains chrétiens, pour la revanche du spirituel sur l’esprit radical de 1905 – ces adversaires rentrés de la laïcité n’hésitant pas, à l’occasion, à souffler de loin sur les braises…

Le legs le plus visible de cette France chrétienne, c’est son «blanc manteau d’églises», autrefois célébré par le chroniqueur bourguignon Raoul Glaber. Incomparable tissu d’églises paroissiales, abbatiales, collégiales, cathédrales, mais aussi de baptistères et de chapelles, de pardons, d’enclos et de lanternes-aux-morts, de temples aussi, plus discrets – le tout constellant villes et campagnes de trésors romans, gothiques ou autres.

Alors que l’on compte par douzaines ceux de ces monuments qui, actuellement, menacent ruine, se pose la question d’un éventuel financement public de nouveaux lieux de culte, musulmans ceux-là. Je n’ai nulle intention de prendre part, dans ces colonnes, à une telle polémique ; mais qu’il soit permis à l’amoureux d’histoire de rappeler cette vérité toute simple, que les édifices chrétiens de France ne sont pas seulement – et d’ailleurs pas tous – des lieux de culte ; pour un œil neutre comme celui de l’Etat, ils sont aussi et surtout le témoignage d’un passé, d’une histoire, bref – pour peu qu’on ose encore prononcer ce mot: d’une identité.

Le Figaro

«Il n’y a plus rien de naturel à ce que les fonctionnaires votent pour la gauche»

Directeur de recherche au CNRS (Cevipof), Luc Rouban, spécialiste de la fonction publique, revient sur l’hypothèse d’un gel de l’avancement des fonctionnaires, évoquée jusqu’au sein du gouvernement mais démentie hier par le Premier ministre.

La majorité va-t-elle s’aliéner la fonction publique ?

Les déclarations contradictoires des socialistes créent un climat qui va surtout inquiéter les petits personnels, dont la seule perspective est précisément l’avancement d’échelon à l’ancienneté. Et qui sont les plus prompts à se mobiliser.

Y a-t-il un profil des fonctionnaires qui votent FN ?

Ce sont les petits fonctionnaires, ceux qui n’ont pas fait d’études supérieures : en 2012, 30% ont voté FN, soit à peu près autant que chez les employés du privé. Mais, même chez les cadres du public, le FN a progressé : 6% des suffrages exprimés au premier tour de la présidentielle de 2007, contre 11% cinq ans plus tard, soit davantage que chez les cadres du privé (9%).

Y a-t-il encore un vote de classe des fonctionnaires ?

Comme chez l’ensemble des Français, la dimension privative du vote prend de plus en plus le pas sur les intérêts collectifs. Mais l’élément qui détermine le plus le vote des fonctionnaires, c’est le tandem âge-patrimoine. Même dans le vote des enseignants à la dernière présidentielle, la dimension patrimoniale – bien plus que le revenu – est une bonne clé de lecture : ceux qui ont des gros patrimoines ont voté à droite, comme dans le secteur privé.

Sur le plan générationnel, il y a une fracture entre les quinquas et les sexas, qui votent beaucoup plus à droite, et les fonctionnaires plus jeunes, qui se partagent entre la gauche et, de plus en plus, l’extrême droite.

La fonction publique n’est donc plus un vivier naturel pour la gauche ?

Il n’y a plus rien de naturel à ce que les fonctionnaires votent pour la gauche. Lors du premier tour de la présidentielle de 1988, le vote des salariés du public pour la gauche dans sa diversité représentait 67% des suffrages exprimés, contre 55% en 2012. […]

Libération

France : Le plus beau pays du monde (Vidéo): « Une idéologie quasi nationaliste », « un repli identitaire », « c’est intellectuellement dangereux »

[mise à jour du 28 décembre]

[extrait de Rue 89 sur le documentaire "France : Le plus beau pays du monde" ]

Le site d’extrême droite™ Fdesouche a signalé la diffusion du « Plus Beau Pays du monde ».  (…) Dans une tribune publiée sur Le Plus, un consultant médias critique sévèrement le documentaire, dénonçant son idéologie quasi-nationaliste :

« La télévision publique doit ouvrir les horizons, encourager le public à sortir de ses frontières géographiques et intellectuelles, conduire les téléspectateurs vers des territoires méconnus. Il faut avoir l’esprit bien étriqué, avoir bien peu voyagé et être bien égocentrique pour affirmer que l’Hexagone est ce qu’il y a de plus beau. En un mot comme en cent : c’est intellectuellement dangereux. »

Pour Gérard Mermet, cette vague d’émissions surfe sur des réflexes inconscients :

« Ces émissions davantage autocentrées suggèrent un repli identitaire. Elle disent : “Restons dans ce beau pays” et transmettent des émotions passéistes. Car les images qu’on nous montrent sont parfois loin de la France contemporaine. Ces émissions sont justement faites pour éviter qu’on parle de cette France-là. »

Rue89

—————— ci dessous, article du 23 décembre ————

Jacques Malaterre, le réalisateur de ce film, déclare son amour à la beauté de notre pays. Il y brosse une multitude de paysages (plaines, vallées, montagnes) allant jusqu’à explorer les fonds marins corses, en passant par les lacs vosgiens, les causses, les gorges du Tarn, le marais poitevin, la forêt de Fontainebleau, la Lozère…

Vidéo sur Fortune

Pays Bas : 2 nouveaux projets de lois pour réduire les allocations sociales aux étrangers non-communautaires

Le gouvernement hollandais présentera au parlement deux nouveaux projets de lois pour réduire toutes les formes d’allocations sociales aux Marocains Redisant à l’Etranger (MRE). Il veut d’abord officialiser et approfondir la collaboration avec le Maroc pour connaître le patrimoine des MRE des Pays Bas, au Maroc. Il veut ensuite suspendre l’assurance maladie des Hollandais lorsqu’ils se trouvent à l’étranger. Ces deux projets de lois seront donc discutés alors que la justice néerlandaise vient de désavouer l’action du gouvernement à l’égard des immigrés.

Le gouvernement des Pays-Bas présentera, début septembre, deux nouveaux projets de loi pour surveiller les étrangers non-communautaires et réduire leurs droits sociaux. Les MRE sont parmi les premiers visés. […] Ce projet de loi intervient dans le cadre du débat général en Europe sur les fraudes aux allocations familiales dont sont suspectés les immigrés.

Les Pays-Bas ont déjà la possibilité d’obtenir des informations sur le patrimoine immobilier des Marocains au Maroc, «mais ils ne peuvent poser que des questions précises sur la possession ou non d’une maison, par exemple», explique Abdou Menebhi. Si c’est le cas, l’administration hollandaise supprime les allocations sociales dont bénéficie la famille marocaine en Hollande. […]

yabiladi

Patrimoine : Chartres a fêté l’Assomption

A l’occasion de l’Assomption, la ville de Chartres reçoit traditionnellement plus de 10 000 visiteurs. Des pèlerins, parfois des touristes, se rendent à la Cathédrale pour y découvrir le voile de Marie, la mère de Jésus. Chartres est en effet l’unique cathédrale de France à posséder une telle relique, offerte par le Roi Charles II, dit le Chauve. Ce voile est conservé depuis 876. Depuis cette date, le joyau de la ville de Chartres est devenu un lieu de pèlerinage.

(…) France 3 Centre

Londres : Polémique sur un coq «symbole du chauvinisme français». (Vidéo)

Un coq géant de 4,7 mètres couleur bleu roi a élu domicile jeudi dans le centre de Londres sur la célèbre place Trafalgar, suscitant les critiques acerbes de défenseurs du patrimoine britannique qui voient dans cette sculpture un symbole du chauvinisme français. L’oeuvre, création de l’artiste allemande Katharina Fritsch, va reposer fièrement pendant dix-huit mois sur «le quatrième piédestal» de l’esplanade touristique londonienne.

Ce socle, qui aurait dû accueillir une statue équestre, est resté vide pendant 150 ans et reçoit régulièrement depuis 1998 des oeuvres d’art.

Katharina Fritsch a beau se défendre : «le coq est un symbole du renouveau, du réveil et de la force», tout le monde au Royaume-Uni ne l’entend pas de la même oreille, le gallinacé étant aussi l’emblème de la France conquérante. Cette statue est «parfaitement inappropriée», a estimé une association de défense du patrimoine, la Thorney Island Society, dans une lettre adressée aux élus de Londres. Le coq est d’autant plus mal accepté qu’il trône à quelques mètres seulement de la statue de l’amiral Nelson, héros britannique, vainqueur des troupes napoléoniennes à la bataille de Trafalgar en 1805.

Le maire de Londres, Boris Johnson, défend ce choix : la statue controversée est «un symbole de la capitale mondiale culturelle et artistique». […]

Le Point (Merci à c_pas_vrai)

Gesté (Anjou) : La mairie PS fait détruire une église contre la volonté de la justice

La Mairie (PS) de Gesté, en Anjou, a envoyé ses bulldozers en dépit de plaintes déposées par des administrés.

Un référé de suspension est en cours pour stopper les pelleteuses et un appel à manifester jeudi devant leurs mâchoires a été lancé sur les réseaux sociaux par plusieurs associations, auxquelles se joindrait le Printemps français.

Les 2 600 habitants de Gesté (Maine-et-Loire) en ont les bras qui tombent. Des pelleteuses sont arrivées mardi en Anjou pour démolir leur église, immense édifice néogothique du XIXe siècle, situé au cœur de la ville. La population est d’autant plus sous le choc que la municipalité (PS), qui a voté la démolition en 2007 pour reconstruire une église moderne de taille plus modeste, s’est vu refuser le permis de démolir par les autorités administratives. L’Association Mémoire vivante du patrimoine gestois (AMVPG), constituée de 40 familles locales opposées au projet, avait en effet obtenu l’annulation du permis par la cour d’appel du tribunal administratif de Nantes, en février 2012. Décision confortée par le Conseil d’État qui, en décembre 2012, avait rejeté le pourvoi en cassation de la municipalité.

«Détruire le patrimoine est déjà scandaleux, mais des élus qui passent par-dessus les lois pour le faire, où est-on ?», s’indigne Jean Woznica, secrétaire général de l’AMVPG. «Une destruction en toute illégalité» qui fait bondir l’Observatoire du patrimoine religieux (OPR), qui recense cinq églises démolies en France depuis janvier, contre «cinq à dix pour toute l’année 2012», s’inquiète Maxime Cumunel, porte-parole de l’OPR.

«Reste que des juges ont tranché de manière définitive que l’église présentait assez d’intérêt pour ne pas être détruite. Le maire se fiche du monde, c’est un bras d’honneur au tribunal administratif, au Conseil d’État et aux habitants» […]

Le Figaro (Merci à Ripper2 et Padamalgam & Fopastigmatizé)

Vins de l’Élysée : la vente tourne au vinaigre à Drouot (màj)

Addendum 31/05/13

Des opposants au mariage pour tous ont tenté de perturber la première partie des enchères, jeudi soir, à l’hôtel des ventes parisien.

Il y eut d’abord l’ambiance des ventes d’exception, jeudi soir, à Drouot, à Paris. De celles, rares, qui attirent les médias du monde entier et se concluent par des agapes. La dispersion de 1200 bouteilles de la cave présidentielle française était de celles-là. [...]

Soudain, une rumeur monte du dehors de la salle où une foule compacte n’a pas pu entrer. «On veut du boulot, pas du mariage homo !», hurle-t-elle. Puis d’autres slogans d’opposants au mariage pour tous. Rien à voir avec les vins. Problème : les manifestants ont le look des amateurs assis dans le hall. Difficile, pour le service d’ordre de l’hôtel des ventes de s’y retrouver. C’est ainsi qu’un jeune se projette au-dedans, hurlant : «Hollande, ton vinaigre, on n’en veut pas !», jusque sous le nez du commissaire-priseur. Ghislaine Kapandji doit se résoudre à fermer définitivement les portes de Drouot, contrairement à la tradition qui veut qu’elles restent ouvertes. [...]

Le Figaro

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Qui l’aurait cru ? L’Elysée met aux enchères une partie de sa cave jeudi et vendredi à Drouot à Paris, une vente qui s’annonce très suivie en France comme à l’étranger, tant pour la rareté de certains crus que pour la symbolique de cette première. Les 1.200 bouteilles qui seront mises aux enchères ont quitté l’Elysée il y a plusieurs semaines pour une cave d’Issy-les-Moulineaux, où elles ont été exposées mardi et mercredi.

Hebergeur d'image

C’est en 1947, sous la présidence de Vincent Auriol, que la cave de l’Elysée a été créée. Depuis, elle n’a cessé de s’enrichir et de se renouveler, et compte plus de 12.000 bouteilles. L’Elysée a choisi d’en vendre une partie, afin de «permettre un renouvellement de sa cave par autofinancement», selon un communiqué de la salle de vente Drouot. «Dans un souci de saine gestion, le produit de cette vente sera réinvesti dans des vins plus modestes et l’excédent sera reversé au budget de l’Etat». [...]

20 Minutes

Moyen-Orientaux, Russes, Chinois… Ils s’offrent un morceau de France

Ils sont nombreux à être attirés par nos palaces, nos ­vignobles, nos griffes de luxe. Quand la France n’a plus les moyens d’entretenir et de développer ses ­richesses, ce sont les pays émergents, du Moyen-Orient à l’Asie, qui prennent le relais. Un processus inéluctable.

[...] On peut jouer les Cassandre et s’effrayer de voir filer nos labels entre des mains étrangères. On peut aussi y voir, comme Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, « une opportunité pour l’économie du pays », au même titre que les investissements venus des quatre coins du monde. En pleine crise, comment refuser ces mannes financières qui dopent la croissance ?

Décidé par Bercy, un clip publicitaire « Say oui to France » est diffusé actuellement dans le monde pour attirer les investisseurs dans notre pays. Seulement voilà, il y a des symboles de notre patrimoine auxquels il ne faut pas toucher.

« Le Qatar rachète la France » ont titré récemment les journaux télévisés. Dans « Le Journal du dimanche », Jaham Al-Kuwari, l’ambassadeur du Qatar en France, s’est aussitôt fendu d’une tribune intitulée « Pourquoi ce “Qatar bashing” ? ». L’émotion est forte, les mots sont durs : « Le conspirationnisme bat son plein, assorti d’une xénophobie à peine voilée. Qu’on le veuille ou non, cela a des airs de “délit de faciès”. »

Suite et commentaires sur Fortune

Vers la bétonisation de la colline de Vézelay?

Vézelay, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, ce beau village à flanc de colline dont la célèbre basilique ouvre sur de vastes paysages, où le temps semble ne pas avoir de prise ? Peut-être plus pour longtemps. Des transformations radicales se profilent. Les réactions à ce projet ne le sont pas moins.

 

Médiapart