Vœux. Manuel Valls présente sa conception de la laïcité devant la Fédération protestante

A l’occasion des vœux de la Fédération protestante de France jeudi 10 janvier à Paris, le ministre de l’Intérieur et des cultes Manuel Valls a défini sa vision d’une « laïcité apaisée » qui n’est pas la négation du fait religieux. Et égratigné Georges Clémenceau comme «bouffeur de curés».

Il fait aussi référence au 850e anniversaire de Notre-Dame de Paris, la mosquée de Strasbourg et la synagogue de Mulhouse.

Devant lui, il y a non seulement les leaders protestants, mais aussi le Grand rabbin de France, Gilles Bernheim, le patron du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, et le nonce apostolique, Mgr Luigi Ventura, seul représentant qualifié de l’Eglise catholique. […]

Le but n’est pas seulement de faire comprendre aux protestants qu’il les apprécie sincèrement. Si Manuel Valls établit un parallèle entre l’ADN des protestants et le « pacte républicain », c’est qu’il est utile, en ces temps troublés, d’établir une convergence philosophique entre les valeurs de gauche et au moins l’une des grandes interprétations du christianisme, le protestantisme. Positionnement très habile : Valls sait que la majorité des chrétiens en France sont des catholiques non pratiquants, qui se reconnaissent dans un esprit protestant au sens large. C’est-à-dire un christianisme davantage axé sur la promotion de l’individu qu’à l’attachement à un corpus doctrinal ou une hiérarchie. […]

Bien qu’il soit en terre protestante, Manuel Valls fait clignoter de petits marqueurs symboliques à l’égard de tous. Il recompose une France kaléidoscopique : «On peut critiquer la France, qui a beaucoup de défauts. Mais c’est le pays qui accueille l’islam comme la deuxième religion de France. Je suis convaincu qu’elle a la capacité d’être cette vieille terre chrétienne, catholique, qui a vu les guerres de religions, où le protestantisme a joué un rôle essentiel, qui accueille l’une des plus vieilles communautés juives du monde, d’autres religions, l’islam, en dépit des difficultés du moment, des attaques contre les édifices, les lieux de culte.» […]

La Vie

Pierre Haski : «Des drapeaux algériens place de la Bastille : choquant ? Pas vraiment»

Pierre Haski , cofondateur de Rue 89, né à Tunis en 1953, ne trouve pas choquante la présence de drapeaux étrangers place de la Bastille, en particuliers algériens.

Voici le retour du drapeau algérien en symbole d’une invasion fantasmée, régulièrement réchauffé.

Choquant ? Les avis diffèrent, mais pour ma part, pour m’être baladé à Bastille une partie de la soirée, j’ai trouvé cela bon enfant. Ces jeunes des quartiers venaient célébrer un moment fort de la vie républicaine en affichant leur double identité :

-celle de citoyen français, passablement malmenée ces dernières années, comme l’a montré la sale campagne électorale de l’UMP pour draguer sur les terres du FN ;

-celle de leur pays d’origine ou plutôt celle de leur famille car la plupart sont nés en France, refuge identitaire face à la marginalisation économique et sociale, face à la stigmatisation culturelle et politique.

Ces drapeaux algériens n’étaient pas agités contre la France, mais au contraire pour une France qui leur promet aujourd’hui de rétablir le pacte républicain entre tous les citoyens, comme l’a exprimé François Hollande dans son discours à la foule place de la Bastille, au milieu de la nuit. […]

Rue 89

Marseille – Nicolas Sarkozy : « On ne réduit pas la nationalité française à une adresse »

Le président-candidat Nicolas Sarkozy a réaffirmé dimanche son hostilité au vote des étrangers aux élections locales en France, mettant en garde contre « le risque du vote communautaire » qui ferait « voler en éclat notre pacte républicain ».

« Quand on aime la France, on ne réduit pas la nationalité française à une adresse et on ne prend pas le risque du vote communautaire qui ferait peser sur les élus locaux une http://img694.imageshack.us/img694/682/94805577.jpgpression communautariste immense et voler en éclat notre pacte républicain », a-t-il lancé lors de son premier grand meeting de campagne à Marseille (sud-est).

Des propos qui visent son rival

Le candidat visait notamment son principal rival, le socialiste François Hollande, qui s’est déclaré favorable au vote des étrangers (hors Union européenne) aux élections locales.

Revirement

Sans expliquer son revirement, alors qu’il n’était en 2005 lui-même pas hostile au vote des étrangers non communautaires à des scrutins locaux (…)

RTL.be

Quotas : «Laurent Blanc ne devrait plus avoir le moindre rôle au sein du service public»

Alain Loret, directeur de la Faculté des sciences du sport de l’Université de Rouen, estime que le foot est un service public et qu’à ce titre, Laurent Blanc devrait en être exclu.

Dans une société où la peur de l’autre et l’exclusion sont des thèmes devenus récurrents, la portée médiatique et le rôle symbolique du sélectionneur des Bleus, parce qu’ils sont considérables, ne doivent pas être entachés du moindre doute. Pour cette seule raison, Laurent Blanc ne devrait plus avoir le moindre rôle au sein du service public.

[…] dans notre pays le sport est d’utilité publique et son développement s’inscrit dans les fonctions régaliennes de l’Etat. A ce titre, ce dernier doit le promouvoir et l’organiser de façon à permettre l’accès de tous à la pratique. Cela quel que soit le niveau : du simple match du weekend à la Coupe du monde. Aucune entrave ne doit pouvoir opérer qui limiterait l’expression des potentialités sportives de chaque citoyen. […]

En réalité, au cours de cette funeste réunion, Laurent Blanc n’était tout simplement pas dans son rôle. Il est payé pour faire de l’audimat, pas pour faire du social. Sa réussite professionnelle passe par des victoires internationales. Or, aujourd’hui le business modèle du foot mondial repose sur un idéal type : l’équipe d’Espagne et des joueurs comme Messi, c’est-à-dire petits, vifs et habiles et non pas grands, costauds et puissants. Il faudrait donc sans tarder revoir les fondamentaux techniques et tactiques de l’équipe de France. La difficulté pour Laurent Blanc comme pour la majorité des observateurs qui sont enclins comme moi à lui laisser le bénéfice du doute est qu’il ajoute immédiatement, toujours selon Mediapart : «Les Espagnols, ils m’ont dit : ‘Nous, on n’a pas de problème. Nous, des blacks, on n’en a pas.’»

L’ambivalence de ses propos laisse donc planer une incertitude. […]

Le Monde

Les Français adhèrent-ils aux valeurs de notre pacte républicain ?

Par Malika Sorel

Cette question peut surprendre. Elle mérite toutefois d’être posée, à l’aune d’un passage d’un récent discours prononcé par le Président de la République : « Rester soi-même et s’intégrer : il n’y a pas de contradiction. Ceux qui prétendent le contraire n’adhèrent pas aux valeurs de notre pacte républicain, a fortiori lorsqu’ils tentent de dissuader ou de culpabiliser celles et ceux qui ne demandent qu’à vivre selon les moeurs et les usages de notre pays. »

Moi, Malika Sorel, citoyenne française issue de l’immigration arabe, affirme haut et fort ne pas être républicaine au sens où le Président de la République le suggère dans son discours. Je suis en effet, comme des millions de Français, profondément convaincue qu’il n’est pas possible de devenir Français en restant soi-même lorsqu’on est issu de l’immigration extra-européenne. S’intégrer exige d’avoir préalablement renoncé à une part de soi-même, celle qui est en contradiction avec les valeurs du pacte républicain du peuple français.

Je l’ai toujours dit et écrit : l’identité française n’appartient pas à la classe politique. Elle appartient au peuple français, qui en assure la transmission de génération en génération afin d’en garantir la survie. »

Je suggère à tous ceux de mes lecteurs qui partagent ma perception de l’adhésion au pacte républicain français, d’adresser un message en ce sens au Président de la République. Il ne faut pas lui en vouloir ; il ne sait peut être pas !!! Je pense que c’est aux citoyens français de lui dire ce qu’être français signifie pour eux.

Puzzle de l’integration

(Merci à Force Bleue)

Delanoë : «La France, un pays dépouillé de ses valeurs»

Le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë, s’inquiète de la situation de la France et de la perte de ce qu’il considère comme ses valeurs : «l’esprit d’ouverture et la force de la tolérance». En particulier, il dénonce la stigmatisation d’une «composante de la population» et le débat «nauséabond» sur l’identité nationale. Il s’insurge également contre la déprogrammation de l’œuvre d’un cinéaste israélien et de la polémique sur le dernier prix Goncourt [Marie Ndiaye].

Il y a un peu plus de soixante-dix ans, Montherlant publiait un petit livre ardent et lucide, L’Equinoxe de septembre, dans lequel il dénonçait l’esprit de Munich, décrivant l’atmosphère délétère de la France de la fin des années 1930. On y voit s’élever la coalition des égoïsmes, la haine de tous contre tous et la résignation érigée en principe. (…)

Car notre pays semble à nouveau privé de repères, attiré vers les abîmes du renoncement. En février, un rapport du médiateur de la République décrivait une société « fracturée » et dominée par un état d’esprit « mêlant angoisse et rancœur, prêt à se déverser dans les pires exutoires« .La France semble arriver à un moment où tout ce qui avait forgé son pacte républicain serait en phase de liquidation.

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