L’esprit Canal+ : derrière la dérision, le fanatisme

[court extrait d'un long article]

L’esprit Canal+, aujourd’hui si sûr de lui et de ses « valeurs », est né d’une ambition de racoler des CSP+ [catégories socio-professionnelles supérieures NDLR] pour une chaîne payante diffusant, outre des films, du foot, des blagues et du cul…

Autrement dit l’alliance de l’argent et de la vulgarité dans un grand éclat de rire expulsant de la fête les peine-à-jouir. L’esprit canal peut être vu comme le condensé d’un certain esprit des années 80 : une gauche « moins coco que cokée », le triomphe des pubards, la salsa effrénée d’une nouvelle bourgeoisie urbaine sans scrupule n’ayant conservé, en guise de morale, qu’un pin’s « Touche pas à mon pote » et son vote socialiste.

L’esprit Canal est un symptôme flagrant du retournement concret des idéaux de la gauche. Comment les défenseurs du peuple sont devenus ses plus féroces contempteurs, en se muant en une élite inculte et agressive. Comment les irrévérencieux se sont faits gardiens du dogme en utilisant la dérision pour neutraliser tout contradicteur et se dispenser d’avoir à justifier aucun de ses arguments. Comment les comiques sont devenus des pompeux, les « généreux » des friqués cyniques, les avant-gardistes des réactionnaires jaloux de leurs prérogatives.

L’esprit Canal, c’était l’impertinence, ce fut le mépris. Ce n’est plus désormais qu’une grimace de haine fanatique et satisfaite. Il est vraiment l’heure de se désabonner…

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Complément

Journalistes et politiques : la proximité jusque dans l’intime (vidéo)

Le couple formé par le chef de l’État et une journaliste en vue représente l’illustration symptomatique de la complicité entre la classe politique et le monde médiatique. Exemple puisé au plus haut niveau de l’État, il est pourtant loin d’être isolé. Trop souvent confinés aux rubriques people, ces nombreux couples soulèvent la question de l’indépendance des journalistes. Et si ces deux professions n’en formaient plus qu’une seule ?

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L’extrême droite développe sa critique des médias

Longtemps apanage de l’extrême gauche, la critique des médias s’est déplacée et professionnalisée à l’extrême droite.

Ce mardi soir, rue d’Athènes à Paris, l’extrême droite célèbre sa grande messe anti-médiatique. Au menu ? La remise de “Bobards d’or”, des statuettes dorées à l’effigie de Pinocchio. Depuis trois ans, cette cérémonie annuelle retransmise sur plusieurs sites phares de la réacosphère (Novopress, Fdesouche, Nouvelles de France), vise à récompenser les “pires mensonges proférés par les médias au nom du politiquement correct”. (…)

Autre tête de pont de la blogosphère d’extrême droite, le blog Fdesouche a quant à lui choisi de ne pas produire de contenu mais d’agréger des articles provenant de sites d’information grand public. La sélection de leurs sources visant à mettre en avant un phénomène au détriment de tous les autres. “Nous tirons parti de la frilosité des médias à traiter de sujets (immigration-islam-insécurité”, explique Pierre Sautarel, co-animateur du site.

Sur ce navire amiral de la réacosphère, les médias sont les ennemis auto-désignés puisqu’ils n’ont de cesse de “cacher la vérité aux Français” (alors que Fdesouche la leur révélerait).

“Leur critique des médias et du politiquement correct créé une émulation collective et une solidarité de fait entre les lecteurs du site. Fdesouche se mue en contre-société initiatique regroupant des membres qui savent déjouer la censure des médias”, analyse ainsi le sociologue Yannick Cahuzac.

(…)

Les Inrocks

Politique, médias, affaires : les secrets de Matthieu Pigasse (infographie Ojim)

L’Observatoire des Journalistes et de l’Information Médiatique propose une infographie sur  l’homme d’affaires et de médias Matthieu Pigasse (Le Monde, Les Inrocks, Parti Socialiste, banque Lazard…).

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Racisme anti-français : licenciée après avoir témoigné ?

Début décembre, le Front National Jeunesse (FNJ) lance une campagne de sensibilisation visant à dénoncer le « racisme anti-Français ». La campagne comporte deux volets : une affiche et trois vidéos publiées sur le site du FNJ. L’affiche montre une jeune femme, le visage peint aux couleurs nationales, en train de crier, avec ce slogan : « Assez de racisme anti-Français. On est chez nous ! ». Les vidéos sont des témoignages à visage caché de deux jeunes filles et d’un garçon victimes de ce racisme.

Selon Minute, l’une de ces trois vidéos, celle de Charlotte, aurait été retirée du site car des confrères de la jeune femme travaillant « pour un grand hebdomadaire national » auraient reconnu sa voix. « Dénoncée par ses collègues, elle a été convoquée par ses employeurs qui ont très vite mis les points sur les « i », lui intimant notamment l’ordre de retirer son témoignage ». N’étant pas employée en CDI, la jeune femme serait ainsi sur le départ.

« Imagine-t-on le scandale si un salarié précaire, d’origine immigrée, subissait des pressions de son employeur et la vindicte de ses confrères, simplement pour avoir osé raconter sa souffrance dans le cadre d’une campagne antiraciste ? » se demande l’hebdomadaire.

OJIM