Immigration, UE, mariage gay ou comment se retrouver dans le camp des «méchants»

Est-il possible de proposer une approche nuancée des grands enjeux sociétaux actuels, sans se retrouver automatiquement classé dans le camp des «méchants» ? C’est la question que pose Jack Dion dans Marianne en évoquant une terreur «verbale».

Est-il possible de prôner la régulation de l’immigration sans se faire accuser de xénophobie rampante et de collusion involontaire avec l’extrême droite ?

Est-il possible d’être acquis au principe du droit au mariage des homos sans pour autant jeter tous ceux qui s’interrogent sur le sujet dans le sac infâme de l’homophobie ? Pour le Monde, Libération et d’autres, quiconque n’est pas un fervent partisan du «mariage pour tous» (formule laissant entendre que le célibat est un sacrilège) est d’office frappé d’un syndrome que le philosophe Didier Eribon appelle «le retour du refoulé homophobe». […]

Est-il possible d’être partisan du recours à la nationalisation, temporaire ou pas, sans être suspecté d’être un étatiste forcené ou un adepte de l’économie administrée ? […]

Est-il possible d’être un européen convaincu et de ne pas s’enthousiasmer pour une construction européenne qui va dans le mur ? Pour l’heure, toute voix critique à l’égard de cet archétype de bureaucratie qu’est une zone euro soumise aux grands vents du néolibéralisme et du dumping salarial est renvoyée dans les limbes de l’europhobie. […]

Comme par hasard, les tenants d’une immigration «libre» se recensent aussi bien dans le milieu patronal (ce qui peut se comprendre) que chez des bobos (ce qui est plus surprenant) aveuglés par leurs bons sentiments, et qui vivent loin des ghettos de la misère, protégés par la ségrégation ethnico-sociale qu’ils dénoncent par ailleurs.

Marianne (Merci à Zatch)

Banques : a-t-on le droit de nationaliser ?

Chaque jour amène son lot de nouvelles consternantes sur l’état de nos banques, et l’extrême division des banquiers face aux ripostes nécessaires. Ainsi, une dépêche AFP du 25 septembre nous apprend que le gouvernement aurait proposé, le 14 septembre, une recapitalisation des banques françaises. C’est la BNP qui l’a refusée.

A n’en pas douter, et au rythme de dégradation des marchés, l’intervention du contribuable dans la capitalisation des banques risque fort de s’imposer comme la seule solution pour juguler une explosion systémique. Là encore, il faudra probablement qu’un certain nombre d’étapes évitables, mais habituelles (celles qui consistent à attendre que chaque acteur privé ne puisse plus faire autre chose que reconnaître l’évidence : le système s’effondre et seule la garantie du contribuable est capable de remettre de l’ordre), soient franchies pour que la décision politique soit prise.

Beaucoup ont semé le doute sur la compatibilité des nationalisations avec le droit de propriété et la liberté du commerce garantis par nos institutions. Il est intéressant de disséquer cette question à partir des quelques précédents que nous connaissons, notamment la réaction du Conseil constitutionnel à la loi de nationalisation de 1982. »

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Côte d’Ivoire : Nationalisation de BNP Paribas et de la Société Générale

La Côte d’Ivoire a pris le contrôle des filiales de BNP Paribas et Société Générale, rapportent plusieurs sources de presse aujourd’hui. Laurent Gbagbo, le Président sortant à la légitimité contestée, « a pris des décrets afin que l’Etat de Côte d’Ivoire prenne le contrôle par une prise de participation totale et complète dans le capital de certaines de ces banques », indique un communiqué lu par le porte-parole de son gouvernement, Ahoua Don Mello, sur la télévision publique RTI.

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