Interdits alimentaires : le casse-tête des cantines scolaires

Un directrice d’école maternelle en région parisienne fait part des difficultés de plus en plus grandes pour la gestion des particularismes alimentaires, essentiellement juifs et musulmans, dans les établissements scolaires.

A plus de 50 ans, dont trente passés dans l’Education nationale, cette directrice d’une école située dans un quartier réputé à haute mixité culturelle et religieuse : un hangar qui sert de mosquée jouxte l’école, une communauté loubavitch plutôt dynamique à proximité, et, dans l’école, une majorité d’enfants dont les parents sont issus de l’immigration. Elle affirme que les choses se sont compliquées seulement récemment avec les familles.

Que faire si un jeune Omar, dont les parents auront précisé à l’enseignant qu’il était musulman, réclame du rab de saucisses-lentilles à la dame de la cantine ? « En début d’année, je préviens les parents : je ne garantis rien en la matière. Je ne suis pas en mesure de leur promettre que ça n’arrivera pas.(…)»

Certaines écoles ont décidé de mettre en place des dossiers alimentaires complets précisant à titre individuel qui mange quoi. C’est cependant laborieux à mettre en place. Souvent, ceux qui tentent de concilier pragmatisme et exigeances des parents finissent par trier sans faire trop de détail. Les critères sont alors plus ou moins subtils : le prénom de l’enfant, la couleur de sa peau, etc.
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Immigration : avis de tempête sur l’Europe

Nabil Ennasri, diplômé de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, est membre du Collectif des musulmans de France (CMF). Il affirme que les inquiétudes des Européens sont bien liées au bouleversement engendré par des décennies d’immigration massive. Et qu’il pourrait y avoir des lendemains difficiles «pour les millions de citoyens européens de confession musulmane».

La situation qui règne en France à la suite de la votation suisse interdisant la construction des minarets a quelque chose de surréaliste. Cette première moitié du mois de décembre 2009 a vu la France – et, avec elle, tout le continent européen – plongé dans une espèce de psychose collective, où la peur de l’islam et le danger de la présence des musulmans en Europe ont dominé toutes les discussions. (…)

L’espace médiatique a été archi dominé par la controverse dont les médias raffolent et que l’extrême droite européenne a malheureusement réussi à placer au cœur du débat européen : le spectre de la présence de plus en plus visible de dizaines de millions de musulmans sur le continent. (…)

Disons-le sans fioritures : toute cette excitation collective trouve largement racine dans le fait que de plus en plus d’Européens ont du mal à accepter le fait que leur pays a changé.
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Grande-Bretagne : « Don’t call extremists ‘extremists’ »


En Grande Bretagne, il n’est plus permis aux ministres d’utiliser des mots comme “islamiste” et “fondamentaliste”. Cela risque d’offenser les musulmans…

• Un guide officiel de 8 pages dresse la liste des mots que les ministres ne doivent pas utiliser lorsqu’ils évoquent le terrorisme en public. Le guide donne des alternatives politiquement correctes.

• Les ministres ne doivent pas faire référence à l’extrémisme musulman, car cela établit un lien entre islam et violence. Ils sont incités à parler de terrorisme et d’extrémisme violent à la place.

«Il faut éviter de laisser entendre que certaines communautés sont à blamer»

• ‘Fondamentaliste’ et ‘djihadiste’ sont également interdits, car ils établissent un « lien explicite » entre musulmans et terrorisme.

• Les ministres doivent employer les mots ‘criminels’, ‘meurtriers’ ou ‘voyous’ à la place. Le mot ‘radicalisation’ doit être remplacé par lavage de cerveau, et il faut éviter de parler de musulmans modérés ou radicaux, car cela « divise la communauté ».

• Le guide, publié par le très discret Service de Recherche, d’Information et de Communication du ministère de l’Intérieur, conseille aux ministres « d’éviter de laisser entendre que certaines communautés sont à blamer » pour le terrorisme. Lire la suite

Vote anti-minarets : les banques suisses sont sereines

Les dignitaires des Émirats arabes unis étaient trop occupés par la glissade des marchés boursiers et les inquiétudes planétaires sur la dette de Dubaï, pour prendre le temps de réagir au vote des Suisses. Et si aucun appel au boycott ne s’est encore fait entendre, le premier réflexe des milieux économiques suisses a été de rentrer la tête dans les épaules, même s’ils ne croient pas à un impact concret.

Du côté des banques, on n’est pas inquiet. «Je ne vois pas pourquoi la clientèle du Golfe retirerait ses avoirs de Suisse,» s’étonne Philippe Steffen, patron de la société de gestion institutionnelle Oryx Finance, à Genève.

«Où mettraient-ils leurs fonds : à Dubaï ?»

Suite et commentaires sur Fortune

Faut-il des musulmans dans l’armée US ?

Tiré de Libération
Suite à la récente fusillade de Fort Hood, le débat sur la présence  de musulmans au sein de l’armée américaine est relancé. Ces dernières années, l’armée américaine a fait un effort délibéré pour tenter de recruter des musulmans. Pour profiter de leurs « compétences linguistiques » ou aider à « gagner les cœurs » en Irak ou en Afghanistan.

Des primes ont été offertes aux engagés parlant arabe, dari, persan, kurde ou pachto, ainsi qu’un accès accéléré à la citoyenneté américaine pour ceux qui ne l’auraient pas encore. 3572 musulmans déclarés servent aujourd’hui dans les forces armées américaines, selon les chiffres du Pentagone. Selon les associations comme l’American Muslim Armed Forces and Veteran Affairs Council, le nombre réel dépasserait toutefois les 20 000, beaucoup préférant ne pas faire état de leur religion dans l’armée.

Toute cette politique de recrutement semble aujourd’hui ébranlée par la fusillade de Fort Hood: quelques hommes politiques ou commentateurs suggèrent que l’armée n’aurait fait là… qu’introduire « l’ennemi » dans ses rangs. Pour Allen West, ancien officier à Fort Hood et candidat au Congrès pour les prochaines élections de 2010, la fusillade de Fort Hood fut une «attaque de la jihad islamique ».

« Notre pays est tellement paralysé par la political correctness que nous avons permis à un ennemi vil et résolu d’ouvrir une brèche dans ce qui devrait être l’endroit le plus sûr de l’Amérique, une base de l’armée » écrit cet ultra-conservateur sur son site de campagne.

Mais tous ces commentaires sur « l’ennemi dans les rangs » sont bien sûr juste à l’opposé de ce que la hiérarchie militaire américaine veut entendre. Officiellement, la ligne de l’armée n’a pas changé : les musulmans restent les bienvenus dans les rangs.

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«Un jour, les musulmans que vous avez enrolés dans vos polices européennes et dans vos armées se lèveront. Et ils vous écraseront.»
Omar Bakri Mohammed, The Daily Telegraph, 21 janvier 2007

Hervé Morin : l’identité nationale est «évolutive»

Le président du Nouveau centre et ministre de la Défense, Hervé Morin, a mis en garde sur les risques du débat sur l’identité nationale lancé par le gouvernement car il ne faudrait pas « stigmatiser une partie des Français».

«Ce débat est intéressant, mais il faut qu’il soit dynamique, que ce ne soit en aucun cas un débat nostalgique ou comportant des relents passéistes », a-t-il lancé sur Canal+.

L’identité nationale est « évolutive » et ne doit pas être l’expression de la « nostalgie d’un modèle qu’on estimerait figé à jamais », d’une « France éternelle qui ne saurait évoluer », a-t-il souligné, s’exprimant «en tant que président du Nouveau centre ».

Le débat, a encore insisté M. Morin, ne doit pas conduire « à stigmatiser une partie des Français » dans « un pays où il y sept millions de musulmans et dans une société métissée comme (l’est) la société française ».

Source : Le Figaro (Merci à frank)

Identité «nationale» : le rêve américain d’Esther Benbassa

Pour Esther Benbassa, l’assimilation n’a plus aucune chance de fonctionner en nos temps de fortes revendications identitaires ou communautaires. Comme elle n’envisage pas de contrôler l’immigration d’aujourd’hui et de demain, elle estime qu’il vaudrait donc mieux «faire rêver les Français enracinés» et les immigrés. Elle en a trouvé le modèle : les Etats-Unis.

Il y a certes un débat à mener sur l’identité comme telle d’abord, ses transformations, ses reconstructions, ses ambiguïtés, sur celle de la France réelle, ensuite, largement métissée et hétérogène. (…)

La France a toujours souhaité assimiler ses nouveau-venus, de leur faire abdiquer leurs identités d’origine, pour qu’ils épousent sans restriction celle d’une France majestueuse et mère de toutes les vertus. Ce modèle, pourtant, largement imaginaire d’ailleurs, n’a aucune chance de fonctionner en nos temps de fortes revendications identitaires et/ou communautaires. (…)

Une chose est sûre, une fois arrivés en France, les immigrés, aujourd’hui, ne rêvent plus. Or c’est de rêve que nous avons besoin. Le rêve américain, ayant drainé des millions d’immigrés, a servi d’aiguillon à leur réussite et les a incités, alors même que leur vie était difficile, à se confondre avec leur nouveau pays et à contribuer à son essor.

Et ce tout en préservant leur culture et leur religion, et même en continuant de pratiquer longtemps leur langue d’origine, parallèlement à l’anglais. C’est ce rêve américain qui fonde le patriotisme américain et qui attire là-bas non seulement les populations pauvres et/ou issues des pays en faillite démocratique, mais aussi les élites des pays dits développés.

Comment faire rêver de la France aussi bien les Français « enracinés » que les immigrés et leurs descendants ? Ce n’est pas un ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration qu’il nous faut, mais le ministère d’une France confiante dans toutes ses forces vives, d’une France ouverte, à la fois humble et innovante, capable de se vivre et de se penser telle qu’elle est, non telle qu’elle fut ou s’imagine qu’elle fut.
(Source)

Paris : difficile «vivre-ensemble» dans les cimetières

La cohabitation entre les différentes confessions et nationalités devient de plus en plus problématique dans les 20 cimetières de Paris et sa proche banlieue. Malgré le statut laïc des cimetières, les municipalités s’adaptent aux demandes des communautés juives et musulmanes.

Depuis plus d’un siècle, les carrés confessionnels n’existent plus à proprement parler. En 1881, une loi a entériné le caractère laïc des cimetières : selon elle, l’aménagement de ces lieux doit rester totalement neutre. Pour autant, les carrés confessionnels clôturés, créés depuis 1804, sont restés en place. Au Père-Lachaise (XXe), on peut ainsi encore voir la trace du mur du carré juif dressé en 1809 ou la haie qui délimitait l’espace musulman créé en 1858.

En outre, la Ville de Paris a maintenu la tradition héritée des carrés. «Paris s’est toujours efforcé de regrouper les défunts selon leur confession», explique Christian Charlet, ancien historien des cimetières à la mairie de Paris. Et, depuis quelques années, cette tendance a été encouragée par plusieurs circulaires du ministère de l’Intérieur.

Tandis que le cimetière de Pantin (93) accueille un important espace réservé aux juifs séfarades, celui de Bagneux (92) abrite une zone dédiée aux juifs ashkénazes et celui de Thiais (94) des « divisions » pour les musulmans, les juifs, les Asiatiques ou les orthodoxes. Mais la cohabitation entre ces différentes confessions ou nationalités pose parfois problème. «On assiste à des tensions lors des inhumations, par exemple lorsque des chiites découvrent que les sépultures d’à côté sont occupées par des sunnites », explique Pascal-Hervé Daniel, chef du service des cimetières de la Ville.
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Suisse : union sacrée contre l’interdiction des minarets

Le 29 novembre, les citoyens helvétiques devront se prononcer lors d’un référendum sur l’acceptation ou non de minarets dans leur pays. Si les musulmans sont divisés, les associations juives et l’Eglise catholique condamnent une éventuelle interdiction.

Extrait du communiqué de la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) et de la Plateforme des Juifs Libéraux de Suisse (PJL) :

(…)L’initiative compromet par ailleurs la paix religieuse et nuit aux efforts d’intégration des musulmans en Suisse.

La FSCI et la PJLS restent cependant lucides face au danger des extrémismes religieux. Elles prennent au sérieux les inquiétudes de la population qui craint le risque de propagation en Suisse d’idées extrémistes. Mais loin de résoudre les problèmes, une interdiction des minarets génère chez les musulmans en Suisse un sentiment d’exclusion et de discrimination. (…) (Source)

Pour les évêques catholiques du pays, « l’interdiction générale de construire des minarets fragiliserait les efforts nécessaires pour établir une attitude d’accueil réciproque dans le dialogue et le respect mutuel »

(Source) (Merci à Latine)

L’islamisation en bref

• Art, islamisation et aplaventrisme : un artiste a déclenché la colère des musulmans en Belgique en représentant un espace de prière musulman composé de tapis et de paires de chaussures, parmi lesquelles une paire d’escarpins rouges. La vitrine de l’exposition a été la cible de jets de pierre et l’œuvre a été retirée. « La communauté musulmane identifie ces chaussures à une femme ou une prostituée, qui serait en prière parmi les hommes, ce qui est perçu comme un acte contre l’Islam« . Source

• La rappeuse franco-chypriote Diam’s convertie à l’islam ? Mélanie Georgiades, de son vrai nom, était sur le point de craquer sous la pression de la célébrité et des médias : « Les médecines n’ont pas pu guérir mon âme, alors je me suis tournée vers la religion« . Sources 123 – Voir Diam’s au naturel : « Merci, putain, merde »

• Allemagne : Un tribunal de Berlin a jugé  qu’un lycée municipal devait fournir une salle de prière aux étudiants musulmans, sans quoi il portait atteinte au droit à la liberté de religion garanti par l’Allemagne. (source)