Associations et syndicats publient un petit manuel pour s’attaquer aux «idées fausses» de l’extrême droite

Des associations et syndicats tels que la CGT, FSU, l’Unef ou la Ligue des droits de l’homme soutiennent cet ouvrage, qui décortique 73 arguments sur l’immigration, l’insécurité, l’islam, pour les démonter.

Comment affronter la pensée d’extrême droite sur d’autres terrains que celui de la morale ? Des syndicats (CGT, Solidaires, FSU, Unef, UNL, Fidl) et associations (Ligue des droits de l’homme, Mrap, JOC) ont mené cette réflexion, face à la «banalisation préoccupante» des antiennes répétées notamment par le Front national. Ils soutiennent la publication d’un livre, En finir avec les idées fausses propagées par l’extrême droite.

«Sortir de l’euro permettrait de revenir au franc et d’avoir des prix plus compétitifs pour les produits exportés»; «les travailleurs sans papiers ne payent pas de cotisations sociales ni d’impôts»; «il y a trop de main-d’œuvre disponible et pas assez d’emploi pour tout le monde», etc. Des affirmations qui seraient, selon les organisations partenaires du petit ouvrage, reprises avec de plus en plus d’aplomb, de moins en moins de complexes. Du bon sens, se voient rétorquer les militants associatifs ou syndicaux. «Ces idées, on ne les entend plus simplement dans les meetings ou sur les plateaux de télé, mais aussi dans les cafés, les usines», s’inquiète l’éditeur Bernard Stéphan (Ed. de l’Atelier).

La porte-parole de Solidaires, Annick Coupé, reconnaît que sur le terrain, son syndicat s’est souvent trouvé démuni, en mal d’arguments pour contrer la progression de ces positions xénophobes et réactionnaires : «L’année dernière, nos équipes militantes ont assisté totalement sidérées à la montée du Front national et ne savaient pas quoi répondre.» Pour Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, de tels discours sont d’autant plus délicats à déconstruire que des partis comme celui de Marine Le Pen savent désormais choisir leurs mots. «Le FN vient sur le terrain du syndicalisme en tentant de nous instrumentaliser, utilise des termes généreux et les détourne en faisant croire qu’il a des réponses sociales», a-t-elle constaté.

L’idée était donc de disséquer les rengaines de l’extrême droite pour les démonter à l’épreuve des chiffres et des faits. De lancer «une offensive sur le fond», décrit l’auteur Pierre-Yves Bulteau. Le journaliste décortique 73 «idées reçues» sur l’immigration, l’UE et l’euro, l’insécurité, l’islam, la concurrence entre les travailleurs, etc. L’ouvrage aurait pu passer davantage le programme du FN à la moulinette du fact-checking, fournir plus de chiffres et de données précises. Il s’agit en fait moins d’un travail de désintox que d’un contre-argumentaire. Objectif assumé par les partenaires à la recherche d’objections pour répliquer dans les entreprises, les facs et les lycées : «On veut en faire un outil militant pour armer les membres de nos organisations qui nous demandent comment répondre», explique Bernadette Groison (FSU).

Pédago, le petit manuel tiré à 17 000 exemplaires, fournit des munitions intéressantes. Sur le prétendu manque à gagner que représentent les travailleurs étrangers pour la France, il explique que si ceux-ci perçoivent 47,9 milliards d’euros de l’Etat (allocations, prestations de santé, retraites), «ils en reversent 60,3 milliards en impôts, cotisations et taxes à la consommation. Soit un solde positif de 12,4 milliards.» Concernant l’intégration des Roms, il rappelle que sur la période 2007-2013, la France «a touché 1,7 milliard d’euros» du Fonds social européen : 53 projets d’insertion ont pu être montés, mais au bénéfice «principalement de gens du voyage ou de personnes vivant en campement, c’est-à-dire une majorité de Français et non de Roms».

Libération

Les «grandes» associations antiracistes interpellent François Hollande à l’Elysée (Vidéo)

Les quatre «grandes associations antiracistes» (Mrap, LDH, Licra, Sos Racisme) ont appelé vendredi François Hollande, lors d’une rencontre inédite à l’Elysée, à avoir «une parole forte» contre le racisme, ont rapporté les participants. < Il s’agissait de leur première rencontre commune avec le chef de l’Etat.

Cette réunion de travail a également été l’occasion de souligner que le mouvement antiraciste a besoin d’être soutenu : matériellement pour pouvoir réaliser des missions de grande ampleur, et dans le discours public en étant appuyé par une volonté politique affirmée et incarnée au plus haut sommet de l’Etat.

Ont aussi été abordées les questions d’actualité: droit de vote des étrangers aux élections locales, contrôles d’identité dit « au faciès », traitement des Roms et réforme des lois sur l’immigration.

«em>On a fait le constat d’un déficit de parole forte sur les questions d’égalité, de racisme et d’antisémitisme», a déclaré Pierre Mairat, vice-président du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), à l’issue de la réunion.

«Nous l’avons appelé à avoir une parole forte, à tenir un discours fondateur qui, pour nous, fait défaut, a renchéri le président de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), Alain Jakubowicz.

Le président «nous a entendu et nous a dit qu’il lui faudrait se saisir d’une occasion», a ajouté Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des droits de l’Homme (LDH).

Les associations ont également déploré «l’absence d’interlocuteur doté de moyens et de visibilité», a précisé Ibrahim Sorel-Keita, vice-président de SOS Racisme, qui a pour sa part défendu l’idée d’un «ministère de l’Egalité».

Le Point ; Licra

Le Mrap envoie Renaud Camus au tribunal

Suite à une plainte du Mrap, l’écrivain et idéologue d’extrême droite Renaud Camus comparait aujourd’hui pour «incitation à la haine raciale» devant le tribunal correctionnel de Paris. En cause, les propos tenus par le président du Parti de l’in-nocence, défendu par un conseiller de Marine Le Pen, lors des premières «Assises sur l’islamisation de nos pays», organisées en décembre 2010 à Paris par le Bloc identitaire et Riposte laïque.

 

«Nous n’avons pas affaire à des voyous, mais à des soldats», dont l’objectif est de faire fuir les «indigènes» blancs, avait notamment déclaré Camus, en martelant son refrain sur le «grand remplacement», théorie fantasmatique selon laquelle les Français seraient menacés d’être démographiquement évincés par des peuples non européens.

Apprécié au FN, Camus a aussi de l’écho chez les partisans de la Manif pour tous et au-delà. Alain Finkielkraut et Robert Redeker font partie des témoins cités par la défense.

Libération

Une famille avec 5 enfants en voie d’expulsion

Une famille russe originaire d’Ingouchie avec cinq enfants, dont un bébé de 10 mois né en France, a été placée aujourd’hui au centre de rétention du Mesnil-Amelot en Seine-et-Marne dans l’attente de son expulsion en Russie, ont affirmé les ONG Mrap et RESF. [...]

« Les parents maîtrisent parfaitement le français, les enfants sont scolarisés avec succès en collège et école primaire: tous les critères de la circulaire Valls du 28 novembre 2012 étaient réunis pour une régularisation qui leur a été refusée », soulignent le Mrap et RESF. [...]

Le Figaro

Les Ingouches sont un peuple musulman soufi de Ciscaucasie habitant majoritairement la république russe d’Ingouchie. – Wikipédia

« Jour de colère » : le MRAP va déposer plainte

Communiqué de presse du MRAP

 

« Non à l’ultra-droite ! Non à la haine raciste !

Le MRAP dénonce la manifestation organisée le à Paris le 26 janvier par des formations d’extrême-droite.

A la veille de la commémoration de la soixante-neuvième année de la libération du camp d’Auschwitz, cette manifestation agrégeait dans la même haine  antirépublicaine, les chrétiens intégristes homophobes et les nationalistes racistes islamophobes, renforcés par la composante radicale du public de l’antisémite Dieudonné.

Les organisateurs ayant semé le vent de la haine ne pouvaient que récolter la tempête de la violence en fin de cortège.

Fait particulièrement grave, durant la manifestation, les membres du cortège se réclamant de Dieudonné se sont livrés à un déferlement de haine collective antisémite sans précédent depuis longtemps. A l’unisson les antisémites scandaient «Juif la France n’est pas à toi».

Les coupables ce déferlement de haine antisémite doivent être lourdement sanctionnés.

Dans cette perspective, le MRAP entend déposer plainte entre les mains du Procureur de la République afin qu’il puisse diligenter une enquête afin d’en identifier les auteurs.

Béatrice Bourges, du « Printemps français », en affirmant devant les micros, qu’elle entend unifier toutes les  «colères» du cortège et les «respecter» devient, comme les autres organisateurs, complice de cette colère antisémite.

Le MRAP appelle à la plus grande vigilance contre cette radicalisation de l’ultra-droite qui annonce déjà de nouvelles initiatives.

Paris, le 27 janvier 2014. »

MRAP

Communiqué du MRAP : urgence d’une mobilisation contre le fascisme

Communiqué du MRAP

« Le MRAP tient à manifester son indignation à la suite à l’agression fasciste à l’arme à feu, vendredi 17 janvier 2014, lors d’un concert de soutien aux sans-papiers organisé par RESF à Clermont-Ferrand. Deux blessés ont dû être hospitalisés.
Le MRAP assure les victimes de toute sa solidarité.

Cette attaque fait suite à une série d’agressions dans la région de Clermont-Ferrand
à l’encontre de personnes de diverses origines, de femmes voilées, de couples homosexuels,
de syndicalistes.

Le MRAP dénonce ce climat délétère de montée des idées racistes et du rejet de
l’Autre.

Après le meurtre de Clément Méric, cette agression montre une fois de plus qu’il
y a urgence à se mobiliser contre la politique du bouc émissaire et la montée du
fascisme en France. »

Paris, le 20 janvier 2014.

MRAP

Propos sur les Roms : la plainte du MRAP contre Valls classée sans suite, JM Le Pen condamné

[N'est il pas étonnant que le même jour, dans deux affaires relatives à des propos sur les roms, une plainte contre un ministre soit classée sans suite alors que le président d'honneur du FN est condamné ?] 

[...] Dans les attendus de sa décision de classement, la commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR) estime notamment que « les propos incriminés s’insèrent dans un débat d’intérêt public, relatif au problème, qualifié par le ministre de +difficile et complexe+, de l’intégration des Roms ».

Hebergeur d'image

Le Figaro

Jean-Marie Le Pen condamné à une amende de 5.000 euros pour ses propos sur les Roms

UEJF, MRAP, SOS racisme, LICRA vs Twitter : Twitter cède et décide de collaborer

Twitter annonce, le vendredi 12 juillet, avoir fourni à la justice française « les données susceptibles de permettre l’identification de certains auteurs » de tweets antisémites, qui avaient valu au réseau social d’être la cible de poursuites de l’Union des étudiants juifs de France.
La transmission de ces données « met fin au litige » avec l’UEJF selon Twitter, et les deux parties « ont convenu de poursuivre activement leur collaboration (…)

Le 12 juin, la cour d’appel avait confirmé la décision du tibunal de grande instance de Paris, qui avait, en janvier, exigé de Twitter qu’il communique les informations concernant les auteurs de tweets racistes ou antisémites (…)

Le réseau social, dont le siège est à San Francisco, avait été assigné en référé (procédure d’urgence), fin novembre 2012, par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), J’accuse! (action internationale pour la justice), SOS Racisme, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra).

Accusé également pour la recrudescence de tweets homophobes au moment du débat sur la mariage homosexuel en France, Twitter avait déjà lâché du lest sous la pression des associations.(…)

Le Monde

Paris. Plusieurs centaines de Roms manifestaient ce dimanche pour réclamer le respect de leurs droits

Dans un climat politique délétère où certains, comme Christian Estrosi ou Jean Marie Le Pen stigmatisent les Roms, ceux-ci marchaient en direction du ministère de l’Intérieur.

Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées ce dimanche vers 15 heures place Saint-Michel (Ve) contre la destruction des bidonvilles de Roms et pour le relogement de ces populations. Romeurope, le MRAP, le Front de Gauche, EELV et plusieurs collectifs ont protesté contre la politique de répression menée contre ces ressortissants roumains et bulgares. Les manifestants devaient ensuite se rendre au ministère de l’Intérieur.

(…) France 3 Île de France

Le Parlement européen lève l’immunité de Marine Le Pen (màj)

Addendum 02/07/13

Réaction de Florian Philippot

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Le Parlement européen a décidé mardi de lever l’immunité de Marine Le Pen, ce qui ouvre la voie à une procédure judiciaire après des propos assimilant les « prières de rue » des musulmans à une « occupation ».

La voie est désormais libre pour l’ouverture d’une procédure judiciaire en France. Le Parlement européen a levé mardi l’immunité parlementaire de Marine le Pen. [...]

TF1 News

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Si la présidente du FN voit son immunité levée, elle sera renvoyée en correctionnelle pour «incitation à la haine raciale».

Le Parlement européen, réuni en séance plénière à Strasbourg, doit se prononcer mardi en fin de matinée sur la levée de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen. Il semble probable que les eurodéputés donnent leur feu vert au renvoi en correctionnelle de la présidente du FN. [...]

Le Figaro

Addendum 03/06/13

Le co-président du Mrap Pierre Mairat, à l’origine de la plainte contre Marine Le Pen, peine à convaincre les GG du bien fondé de la démarche. Avec Marie-Anne Soubré, Etienne Liebig et Pascal Perri.

« On voit bien aujourd’hui que la détestation de l’autre, la politique du bouc émissaire fait partie du fond de commerce de l’extrême-droite et de Marine Le Pen ! »  – Pierre Mairat

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Selon la BBC, un comité du Parlement européen a levé l’immunité parlementaire de Marine Le Pen, lors d’un vote secret cette semaine. Ce dernier doit encore être ratifié par les députés européens. Cette décision ouvrirait la voie à une mise en examen de la présidente du Front national, qui est visée depuis janvier 2011 par une enquête préliminaire pour «incitation à la haine raciale».

Un mois plus tôt à Lyon, Marine Le Pen avait comparé les prières de rue et l’Occupation. «Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde Guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c’est une occupation du territoire», avait-elle déclaré.

Le Figaro (Merci à Simon_McKay )

MRAP : “Le Maroc ne mérite pas d’être membre du conseil”

Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), une association française non gouvernementale créée depuis 1949 par d’anciens résistants, a estimé, lundi dans une intervention orale devant la 23e session du Conseil des droits de l’Homme, que le Maroc s’est discrédité de toute possibilité de candidature au Conseil onusien des droits de l’Homme à cause de son rejet de l’inclusion de l’observation et de la protection des droits de l’Homme dans le mandat de la mission de l’ONU au Sahara Occidental. Le représentant de cette organisation, agréée comme “Association nationale d’éducation populaire” en France et dotée du statut consultatif auprès de l’ONU, a souligné que, par ce rejet, le royaume du Maroc “s’est disqualifié des élections au Conseil des droits de l’Homme”.

Rappelons que le Maroc est candidat pour les élections à la candidature du Conseil des droits de l’Homme de Genève, alors que l’Algérie est le candidat soutenu par l’Union africaine à ce même siège.

Le Mrap a ouvertement critiqué l’attitude incompatible du Maroc, qui refuse de permettre à l’ONU de protéger les droits de l’Homme au Sahara Occidental alors qu’il œuvre par tous les moyens pour intégrer le Conseil onusien censé être en charge de la promotion et la protection universelles des droits de l’Homme.

L’organisation française a, en conclusion, estimé qu’il est grand temps pour le Haut-Commissariat des droits de l’Homme “d’envoyer une équipe d’enquête au Sahara Occidental afin d’évaluer la situation des droits de l’Homme et la situation des organisations non gouvernementales” sahraouies, soulignant qu’il est nécessaire “d’inclure dans le prochain rapport annuel de l’Office (du Haut-Commissariat des droits de l’Homme) une section dédiée aux territoires non autonomes”, tel le Sahara Occidental. (…)

Liberté-Algérie