Suprématie du Maroc sur le contrôle des mosquées en France

Les mosquées de France sont en grande partie sous la tutelle du Maroc, seuls 220 lieux de culte dépendent, encore, de l’Algérie d’après le quotdien Achourouk Al Yaoumi.

L’Etat français ne voit pas d’un mauvais oeil cette guerre entre le Maroc et l’Algérie sur le contrôle des mosquées. Elle n’est pas aussi dangereuse comme l’est l’avancée des salafistes qui commencent à tisser leur toile sur certains lieux de culte musulmans.

«L’Algérie perd sa tutelle sur des centaines de mosquées en France». C’est le titre d’un article paru, il y a deux jours, au conservateur Achourouk Al Yaoumi. Le quotidien arabophone, très proche des milieux islamistes favorables au président Abdelaziz Bouteflika et à ses initiatives de paix avec les groupes djihadistes, révèle que la guerre que se livrait, depuis des années, Rabat et Algérie sur le contrôle des lieux de culte musulman dans l’hexagone s’est conclue par une nette victoire du royaume.

Chiffre à l’appui, il assure que sur les 2000 mosquées qui dépendaient directement de la Grande mosquée de Paris, c’est-à-dire Alger. Il ne reste, aujourd’hui, que 220 mosquées dirigées par des imams venus du voisin de l’Est dans le cadre de missions organisées par le ministère des Affaires Religieuses. Une hémorragie à grande vitesse. […]

Pour éviter que les 220 mosquées, encore sous la tutelle de l’Algérie, ne tombent dans le giron du Maroc, des religieux proposent la création d’une entité calquée sur le modèle de la Fondation Mohammed VI pour la promotion des œuvres sociales des préposés religieux. Un organisme qui aura l’avantage de dépendre du droit algérien et du coup permettra d’éviter qu’un Français ne soit désigné ordonnateur de paiement si c’était le cas pour une association constituée selon la loi française.

yabiladi

Blague d’un pilote sur le roi du Maroc : Air France assignée en justice

[...] Air France est assignée devant le tribunal des référés de Bobigny (Seine-Saint-Denis) le 25 février après qu’un de ses commandants de bord a plaisanté sur le Roi du Maroc, à la suite d’un retard au décollage du vol AF 2497 Casablanca-Paris, le 5 décembre dernier.

Au micro, le pilote avait ironisé sur ce retard de vingt minutes de son vol dû à la présence sur la piste de l’avion de sa majesté Mohammed VI.

D’après RTL qui a rapporté cette information, le commandant avait encouragé les passagers mécontents à «s’adresser directement à Mohammed VI, Palais Royal, Rabat». Cette petite phrase n’a pas laissé tous les passagers indifférents. Certains se sont constitués en collectif et ont décidé d’attaquer la compagnie aérienne française.

Ils dénoncent « l’expression la plus infâme d’un certain complexe de supériorité hérité de la période coloniale… ». L’affaire a fait grand bruit au Maroc. [...]

Le Parisien

Merci à Resistencia

Interdiction d’une manifestation devant le château, en France, du roi du Maroc

Quand la liberté de manifester se voit frappée d’interdiction en France, c’est la liberté d’expression sacralisée que l’on muselle, surtout celle des citoyens français de confession musulmane doublement choqués par le film anti-islam et les caricatures injurieuses du Prophète, et en l’occurrence d’opposants marocains à la monarchie absolutiste qui règne sans partage sur le royaume de l’Atlas.

Cette petite entorse à la démocratie, qui ne suscite aucune protestation des Cassandre passés maître dans l’art de jouer les démocrates en danger, ne s’applique qu’à une certaine catégorie de la population, et n’a pas épargné le  »Collectif pour la dénonciation de la dictature au Maroc » qui avait appelé les Marocains de toutes tendances confondues à se rassembler devant un château, propriété du roi du Maroc, situé à Betz, à 70 km de Paris, pour dénoncer les injustices du régime.

Mais il ne fait pas bon protester contre Mohammed VI dans la patrie des droits de l’Homme,

qui préfère bâillonner l’expression d’une vérité ô combien dérangeante au risque de ternir définitivement son blason, selon laquelle le Maroc utilise la torture dans son propre pays et contre des opposants impliqués dans le conflit au Sahara occidental, comme l’a déclaré le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, mardi dernier. (...)

Oumma

La mosquée de Saint-Etienne devient propriété du royaume du Maroc

Après discussions, l’association centre socioculturel marocain de Saint-Etienne a cédé ce lieu de culte au ministère marocain des Affaires islamiques qui en assurera le fonctionnement.

La grande mosquée Mohammed VI de Saint-Etienne qui a été inaugurée en grande pompe le 19 juin, vient d’être cédée au ministère des Affaires islamiques du Maroc. Cela signifie que cette mosquée est la propriété de l’État marocain, comme toutes les mosquées du royaume. Cette décision a été entérinée par l’assemblée générale de l’association centre socioculturel marocain de Saint-Etienne. Le Maroc, par l’intermédiaire de son de roi, a largement participé à la construction de cet édifice religieux de 1 400 m². Il en a financé une grande partie.

Il faut désormais faire vivre ce lieu qui devrait s’enrichir d’un centre culturel dans les prochains mois. Ce ne sont pas les moyens financiers limités de l’association qui peuvent assurer un fonctionnement normal de cette mosquée. Ce transfert va soulager le centre socio culturel marocain, puisque le fonctionnement de la mosquée et du futur centre culturel sera assuré par le ministère marocain des Affaires islamiques. [...]

Le Progrès

(Merci à Saucisson_Pinard_)

Maroc : « Mohammed VI, le grand malentendu », le livre qui fait polémique

Entretien avec l’auteur : (…)

http://img17.imageshack.us/img17/5728/731462portraitduroiduma.jpg

Comment expliquez-vous le titre Mohammed VI: le grand
malentendu? Est-ce un malentendu entre le Roi et vous?

Ali Amar: Non. C’est un malentendu à deux niveaux. L’avènement d’un jeune Roi au pouvoir était porteur de grand espoir. Avec Mohammed VI, on s’attendait à une clarification du jeu politique, à une consolidation des institutions démocratiques; ce qui passe par une désacralisation des centres de pouvoir.

Malheureusement, cela
ne s’est pas produit, la monarchie absolue est devenue une hyper monarchie.

Le second malentendu est celui de l’image moderne et ouverte que véhicule Mohammed VI, qui occulte les réalités du Maroc.

Un Maroc où la torture sévit encore et où la liberté d’expression est restreinte.

Si l’on se compare aux pays du monde arabe, nous sommes, certes, les mieux lotis, mais pourquoi ne pas se comparer à des pays d’Amérique latine? Et, pourquoi pas à l’Espagne, notre voisin du nord? (…)

Algérie-Focus

Pourquoi le roi du Maroc veut se payer l’islam de France ?

Mohammed VI dépense sans compter pour édifier des mosquées en France. Une stratégie pour rester proche de ses ouailles hors du royaume.

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En bon Commandeur des croyants, le roi du Maroc Mohammed VI a réglé, rubis sur l’ongle, la somme rondelette de 787.000 euros pour achever les travaux de la nouvelle mosquée «Bilal» de Blois. Portant le nom du premier muezzin de l’islam, l’édifice cultuel couvrira une surface de 1.500 m2  sur deux niveaux, avec une salle de prière de 420 m2, d’une capacité de 1.000 fidèles, et un modeste minaret de 9,20 m.

Sur place, c’est l’association musulmane «Vivre ensemble» qui encaisse. Pour ses promoteurs, il s’agit de soutenir un islam «tolérant comme au Maroc», selon les termes du Vice-président de l’association. La concession est que l’imam sera marocain et adoubé par les instances religieuses du pays.

Un maintien de la soumission au roi

Quatrième tête couronnée la plus riche du monde arabe, le souverain chérifien sait se montrer prodigue lorsqu’il s’agit de financer l’islam en Europe.

Le don de Mohammed VI pour la mosquée «Bilal» est intervenu quelques semaines après celui de la mosquée de Turin, deuxième plus grande en Italie derrière celle de Rome, également financée par le roi du Maroc.

Quoi de plus normal que de vouloir assurer sa place au carré VIP de l’Eden d’Allah, auprès des généreux donateurs du Golfe? Loin de lui, toutefois, l’idée de promouvoir le wahhabisme et les «fous de Dieu» qui veulent islamiser le monde chrétien. Les deniers du roi ne financent que le rite malékite,

la jurisprudence islamique adoptée en terre chérifienne qui ordonne surtout aux ouailles de Sa Majesté, aussi françaises, républicaines et laïques soient-elles, obéissance au descendant du prophète qu’il est. (…)

Slate Afrique

Maroc : «L’identité nationale, facteur de cohésion et d’union»

Mohamed Ourya publie une tribune libre sur l’identité nationale marocaine dans Yabiladi.

Est-il donc besoin pour le peuple marocain, fort de l’unicité de son rite religieux et de l’authenticité de sa civilisation, d’importer des rites cultuels étrangers à ses traditions ? Nous ne le tolérerons pas, d’autant plus que ces doctrines sont incompatibles avec l’identité marocaine spécifique. (Mohammed VI, 30 juillet 2003)

Le retour en force des discours sur «l’identité nationale», «l’imaginaire national», «le grand récit national», et avant cela le Volkstum , est assez palpable depuis plusieurs décennies. En témoignent les titres des ouvrages parus récemment , ainsi que les débats politiques sur la question, versant à plusieurs occasions dans la xénophobie ou l’islamophobie comme en France, ou en douceur comme dans l’espace russe après l’éclatement de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) en 1991.

Le débat s’avère pertinent, d’autant plus que ces étrangers venus d’ailleurs sont porteurs de marqueurs identitaires et religieux, autres que celui judéo-chrétien occidental, une des principales sources du Moi occidental moderne. Toutefois, si la présence de l’Autre a perturbé l’identité nationale en Occident, l’éthos national marocain, quant à lui, semble insensible aux appréhensions susceptibles d’être générées par la présence d’un étranger, religieusement et moralement différent. D’ailleurs, d’un point de vue juridique, il reste difficile pour cet étranger d’acquérir la nationalité marocaine. […]

La question de la religion comme constituante de l’identité nationale ne concerne pas seulement des pays de l’espace arabo-musulman, comme le Maroc, que plusieurs sondages classent comme les pays les plus religieux du monde . D’ailleurs, pour le cas de la Pologne par exemple, l’équation, «Polonais égale Catholique», reste un des grands classiques de l’identité polonaise. […]

Yabiladi

Au Maroc, Sarkozy célèbre le TGV «made in France»

Nicolas Sarkozy a donné jeudi au Maroc le coup d’envoi des grands travaux du futur train à grande vitesse marocain en compagnie du roi Mohammed VI, auquel il doit renouveler le soutien politique de la France en pleine effervescence des «printemps arabes».

Malmené par la défaite historique de son camp aux élections sénatoriales et les «affaires» politico-judiciaires, le président français s’est offert un répit de quelques heures sous le soleil de Tanger, au nord du Maroc, pour y célébrer un succès devenu rare, celui du TGV «made in France» à l’étranger.[…]

Le prix de la nouvelle ligne est estimé à 1,8 milliard d’euros, auxquels il faudra ajouter tous les coûts d’infrastructure associés. Une part importante sera financée par la France elle-même, qui a débloqué un prêt de 920 millions d’euros. Un quart de la facture doit être payé par des pays «amis» du Maroc, comme l’Arabie saoudite, qui a elle-même lancé un appel d’offres pour la construction d’un TGV Jeddah-La Mecque-Médine, les Emirats arabes unis ou encore le Koweït. Le dernier quart sera financé par le budget marocain lui même.

Même ainsi pris en charge, le TGV «high tech» vendu par Alstom (400 millions d’euros pour 14 rames) est contesté au Maroc, où certains le considèrent comme un investissement de prestige inutile et coûteux. […]

Le Nouvel Obs