Le CFCM contre la mention de la religion en cas d’agression

Le président du Conseil national du Culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, a souhaité vendredi qu’en cas d’agression, il ne soit pas fait mention de l’appartenance religieuse de l’agresseur ou de l’agressé, ceci afin d’éviter « les généralisations ».

[...]

« Selon lui, une agression contre un musulman n’est pas forcément un acte anti-musulman. Dans notre pays, les agressions émanant d’imbéciles existent, la probabilité pour que l’agressé soit musulman n’est pas nulle, comme la probabilité pour que l’agresseur soit musulman n’est pas nulle. Et je pourrais dire autant pour les juifs, pour les catholiques, les protestants ».diversité

« Il faut être très attentif à ce que les agressions ne soient pas forcément caractérisées sans qu’il y ait des éléments probants qui permettraient de qualifier l’acte d’anti-musulman ou d’antisémite », a-t-il insisté.

M. Moussaoui a dit « comprendre l’angoisse et l’inquiétude des Juifs de France suite à ce qui s’est passé à Toulouse (ndlr trois enfants juifs et un rabbin assassinés par Mohamed Merah, en mars) mais je dis à nos coreligionnaires juifs qu’il n’est pas dans notre intérêt à ce que tout acte, je dirais d’incivilité ou acte d’agression, soit systématiquement qualifié d’antisémitisme« .

Il ne faut « pas confondre des jeunes qui peuvent être désoeuvrés et qui commettraient un acte délictueux, inacceptable » avec l’ensemble des jeunes, et il ne faut pas « que leur origine religieuse soit mise en avant et que des généralisations quelquefois approximatives soient faites », a ajouté M. Moussaoui.

Il a également indiqué que « depuis les élections passées, on a observé une diminution des actes anti-musulmans ».

Le président du CFCM a également affirmé au chef de l’Etat que les musulmans de France souhaitaient « être considérés comme citoyens à part entière« , que l’organisation de leur culte était leur « affaire » et a demandé que « les moyens qui permettraient son indépendance soient mis en oeuvre, notamment les financements ».

« Sur toutes ces questions, le président Hollande a été très attentif, très à l’écoute », a-t-il affirmé.

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Démission de la Grande mosquée de Paris du Conseil Français du Culte Musulman

La Grande Mosquée de Paris a démissionné du Conseil Français du Culte Musulman, a appris mercredi Atlasinfo.
Cette démission de la GMP fait suite à des divergences concernant la réforme du CFCM, l’instance représentative du culte musulman, et surtout à une volonté d’affaiblir le CFCM, présidé par le franco-marocain Mohammed Moussaoui.
« La GMP se tire une balle dans le pied. Elle se discrédite. Le recteur Dalil Boubakeur apparaît comme celui qui divise la communauté musulmane de France au lieu de la rassembler », confie à Atlasinfo une source proche du dossier du culte musulman.

« Le président du CFCM Mohammed Moussaoui est un homme modeste, sérieux et pragmatique. Cela ressemble plus à un règlement de compte. C’est l’éternelle rivalité algérienne », ajoute cette source.

(…)

Atlas Info

(Merci à Zatch)

Bernheim pour une manif juifs-musulmans (màj)

Addendum du 02/04/2012 :

(…) Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, a souligné la « difficulté » d’organiser une telle manifestation.

Il a relevé « le risque d’être instrumentalisé politiquement » et ajouté que le CFCM, « en pleine restructuration, n’est pas en mesure d’organiser une manifestation de cette nature ».

« On ne serait pas capable de mobiliser », a-t-il jugé.

M. Moussaoui a toutefois estimé que la « réflexion mérite d’être lancée », soulignant que « ça a été fait au niveau local, là où l’organisation est beaucoup plus facile, à Lyon, Rouen et d’autres endroits ».

Les responsables des communautés juives et musulmanes avaient prévu d’organiser le 25 mars à Paris une marche silencieuse commune en mémoire des victimes du « tueur au scooter », mais y avaient finalement renoncé.

S’y était substituée une autre marche organisée par des associations.

Ouest-France

Le grand rabbin de France Gilles Bernheim a souhaité dimanche que soit organisée à Paris « une très grande manifestation » associant juifs et « musulmans modérés », en réaction aux tueries perpétrées par Mohamed Merah. (…)

« Je souhaiterais qu’il y ait une très grande manifestation de la République jusqu’à la Bastille, avec des milliers et des milliers de musulmans modérés

et la communauté juive s’y associerait, afin de dire ‘ce n’est pas, ce n’est plus possible’ », a-t-il ajouté.

Europe1

Le CFCM souhaite que l’islam « soit dissocié définitivement du terrorisme »

Le Conseil français du culte musulman a exprimé jeudi soir dans un communiqué de son président Mohammed Moussaoui le souhait que l’islam « soit dissocié définitivement du terrorisme », après la mort du tueur au scooter Mohamed Merah.

Réaffirmant « sa condamnation totale de toute idéologie qui fait l’apologie de la haine et de l’extrémisme en se réclamant à tort de la religion musulmane », le CFCM « salue » les propos du Président de la République Nicolas Sarkozy, « qui a mis en garde une nouvelle fois contre tout amalgame ou stigmatisation à l’encontre des Musulmans de France ».

TF1 News

La campagne électorale accroît les clivages dans les instances musulmanes

De l’abattage rituel à la hiérarchie des civilisations, les controverses touchant l’islam qui ponctuent la campagne électorale, ont contribué à accroître les clivages dans les différentes composantes d’un culte musulman en France qui peine à parler d’une seule voix.

(…) Au ministère de l’Intérieur, chargé des cultes, on admet que «la sérénité nécessaire pour engager une réforme du CFCM n’est plus réunie, du fait de l’élection présidentielle qui agite les esprits.» (…)

Si au ministère, on parle d’un «assemblage de mécontents assez hétéroclite, qui n’offre aucune alternative», le risque, selon Franck Frégosi, spécialiste de l’islam au CNRS, est que «le CFCM passe pour représenter davantage les pouvoirs publics auprès des musulmans que les musulmans auprès des pouvoirs publics

Ainsi, la réaction de M. Moussaoui aux propos de François Fillon sur les «traditions ancestrales» d’abattage rituel a parfois été jugée tardive et timide par rapport à celle du Crif.

Le recteur de la Mosquée de Lyon Kamel Kabtane avait regretté que «le CFCM (ait été) dans l’incapacité de s’affirmer face aux pouvoirs publics, même face à des violations flagrantes de la laïcité». «Reste que Mohammed Moussaoui, a su lever des blocages, et que le CFCM n’aurait pas vu le jour si la puissance publique n’était intervenue pour forcer les acteurs institutionnels à se mettre d’accord», relève Franck Frégosi.

«Mais, en cette période électorale, il y a eu un certain nombre de prises de position très véhémentes à l’égard de l’islam», explique le chercheur selon qui «certains secteurs musulmans commencent à être excédés par cette surenchère, par ces campagnes systématiques qui prennent l’islam comme un repoussoir

Selon lui, certaines organisations comme l’UOIF, qui avait perdu de sa légitimité lorsqu’elle participait au dispositif officiel du CFCM, pourraient saisir cette occasion pour se recrédibiliser auprès d’une base militante:

«Face à une forme d’+islam domestiqué+, l’UOIF, proche des Frères musulmans, pourrait tenter de reconquérir la part de marché, plus revendicative, qu’elle avait perdue.»

DNA

Sarkozy s’efforce de rassurer les musulmans de France

Le président Nicolas Sarkozy a assuré mercredi aux musulmans de France qu’ils avaient « leur place dans la République », souhaitant que la campagne ne connaisse plus de polémique blessante comme celle sur la viande halal. Des propos plutôt bien accueillis par les hauts responsables musulmans, qui ont toutefois estimé qu’il fallait « rester vigilant ».

(…) Le président de La République en a profité pour « dire à nos compatriotes de confession musulmane qu’ils ont naturellement le droit de vivre leur foi ». Il a surtout souhaité que « durant cette campagne électorale, certains de nos compatriotes ne se sentent pas blessés par des polémiques qui n’ont pas lieu d’être »
Nicolas Sarkozy, qui brigue un second quinquennat, faisait allusion à la controverse sur le halal lancée il y a trois semaines par la candidate du Front national à la présidentielle Marine Le Pen.

(…) Sur les 43,2 millions de Français inscrits sur les listes électorales, 3,9 millions sont musulmans, estime ce responsable associatif. « C’est pas négligeable », souligne-t-il à deux mois de la présidentielle. (…)

(…) L’islam de France était déjà passé d’un islam « toléré » à un islam « accepté », a analysé le recteur de la mosquée de Paris. « Aujourd’hui, je pense que le geste du président de la République a permis de concevoir (…) que l’islam de France est un islam estimé ».

Le Nouvel Observateur

Les lieux de culte musulmans ont doublé en vingt ans

Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, estime qu’entre 100 et 150 mosquées sont en cours de construction.

Le nombre de mosquées et de salles de prière musulmanes a doublé en France ces vingt dernières années, passant de 1 000 à 2 000 environ.

Très précisément, le ministère de l’Intérieur et des Cultes en dénombrait 150 en 1976, 900 en 1985 et 1 555 en 2001. Dix ans plus tard, les lieux de cultes musulmans se chiffrent à exactement 2 368 , mais cela tombe à 2 052 si l’on retire Mayotte et les collectivités d’outre-mer.

À titre de comparaison, 45.000 églises catholiques quadrillent le territoire. S’y ajoutent 3 000 lieux de culte protestants (dont 1 800 salles évangéliques), 280 synagogues et 150 pagodes ou salles de méditation bouddhistes.

Autre précision : pour 1 mosquée (90 en France), il existe 200 salles de prière (plus de 1.800 dans l’Hexagone). Ce qui explique la variation constante des chiffres les plus officiels, car les «salles de prière» s’ouvrent et se ferment facilement. Soit, en moyenne, une mosquée en bonne et due forme par département, même si cette approche n’est pas significative, tant l’islam est concentré dans les zones urbaines. [...]

Celle tout d’abord du nombre de musulmans en France. En l’absence de recensement -interdit sur le critère religieux-, les estimations oscillent entre 2,1 millions (dernière étude de l’Ined et de l’Insee) et 5 à 6 millions pour la majorité des spécialistes et des instituts de sondages.

Sans entrer dans l’aspect financier, deux questions au moins se posent. Celle tout d’abord du nombre de musulmans en France. En l’absence de recensement -interdit sur le critère religieux-, les estimations oscillent entre 2,1 millions (dernière étude de l’Ined et de l’Insee) et 5 à 6 millions pour la majorité des spécialistes et des instituts de sondages.

Les responsables musulmans estimant que 1 mètre carré est nécessaire par personne pour la prière et que, la surface actuelle avoisinant les 300.000 mètres carrés, il manquerait bel et bien, dans l’hypothèse la plus basse, près de la moitié de la surface nécessaire.

Mais ce manque de place n’explique pas, à lui seul, les crises récurrentes -de plus en plus rares- occasionnées par les prières dans la rue. Car les musulmans, majoritairement sunnites en France, sont très divisés. Ils choisissent, ou refusent, de se rendre à la mosquée selon leurs origines nationales et ethniques. D’autres encore, jugeant «indigne» de prier dans la rue, préfèrent rester chez eux.

Le Figaro

Mohammed Moussaoui : « La laïcité est une grande chance pour les musulmans »

Pour Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, la laïcité est une grande chance.

Avez-vous le sentiment que l’islam fait peur en France ?
Il y a surtout une vraie méconnaissance plus qu’une peur. Les premiers musulmans en France étaient des ouvriers seuls. L’islam est devenu plus visible quand les familles sont arrivées. Un milliard de musulmans pratiquent leur rituel dans le monde, dans des sociétés modernes et démocratiques. Le mouton qu’on égorge dans la baignoire, ça n’existe pas.[...]

Y a-t-il un problème d’intégration des musulmans ?
C’est aux musulmans de s’adapter aux lois de la République. Mais les phéno- mènes les plus marginaux sont les plus visibles et alimentent les peurs. Il y avait bien plus de prières dans la rue il y a vingt ans qu’aujourd’hui.[...]

Comment réagissez-vous à la demande de Copé de parler français dans les mosquées ?
On ne peut pas interdire le prêche en arabe. La liturgie coranique est en arabe. Par contre, les imams doivent parler français. Je suis choqué par ceux qui ne font pas l’effort de l’apprendre. Un tiers d’entre eux encore ne le parlent pas.[...]

on aurait tout intérêt à enseigner l’arabe à l’école publique [...]On peut aussi faire passer des messages républicains dans un cours d’arabe.[...]

Le Midi Libre